Energie

ANNE-MARIE ROBIC, Société Protection Paysages et Esthétique de France : « LE PROJET DE PARC ÉOLIEN DANS LA FORET DE LANOUÉE (56) EST UN DÉSASTRE »

Créé le : 20/07/2017
Anne-Marie Robic, déléguée à la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France). Crédits photos : Sites et Monuments (SPPEF)

16 éoliennes de 186 mètres de haut érigées sur 331 hectares. Voici le plan prévu par la société canadienne Boralex sur la partie sud-est de la forêt de Lanouée (56), deuxième massif forestier breton. Des riverains (l'association Vent de Forêt) ainsi que des défenseurs de la biodiversité et des paysages (l'association Bretagne Vivante) mènent une lutte sans relâche depuis plusieurs années à l’encontre de ce projet. À l’image de Anne-Marie Robic, déléguée du Morbihan pour la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France) que nous avons interviewé.

Un engagement non sans résultat puisque le 11 juillet dernier, le tribunal administratif de Rennes a officiellement annulé ce projet de parc éolien industriel. Ce dernier avaitr été lancé en 2007 avec l’achat de parcelles par la société française Louis Dreyfus. Le chantier a ensuite été cédé à l'entreprise Boralex, en 2016. Depuis, plus d’une dizaine de socles éoliens ont été construits.

Pourquoi vous opposez-vous au projet de parc éolien au cœur de la forêt de Lanouée ?

Ce projet éolien a été initié au nom du développement durable. Mais c'est un désastre. On parle de machines de 186 mètres de haut, tout de même. Il a donc fallu créer des chemins pour les déplacer en abattant des quantités folles d’arbres. On était dans une ZNIEFF (Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, ndlr) en raison de sa richesse écologique. C’était un réservoir de biodiversité qui abritait 60 espèces protégées ! Et ces travaux ont un impact direct sur la vie animale du territoire. Toutes les grenouilles ont été décimées. Quand les camions sont arrivés, les oiseaux ont foutu le camp. Il y avait 16 espèces de chiroptères (chauves-souris, ndlr) dont 5 qui étaient inscrites à la Directive Européenne « Habitat-Faune-Flore ». C’est une richesse faunistique exceptionnelle. Mais avec les vibrations dans le sol causées par les machines, tous les animaux de terre se sont enfuis. C’est triste à voir. À terme, la forêt finira peut-être en désert animalier.

 

Sur 16 éoliennes, environ 13 socles ont déjà été installés. Comment se fait-il que les permis soient annulés alors que les travaux sont sérieusement engagés ?

C’est en partie la faute des constructeurs. Une fois que les permis de construire ont été délivrés en février 2014, on a immédiatement déposé des recours. Non pas un, mais six (autorisation d’exploitation, dérogation aux espèces protégées, défrichement, …). Tant que l’affaire n’est pas exemptée de tout recours, ils ont pris un gros risque en commençant les travaux. Un risque qui s’élève à 64 millions d’euros ! Sachant que le tribunal administratif de Rennes reconnaît que la nature, les sites et les paysages naturels sont d’intérêt public, Boralex n’aurait jamais dû y toucher. Il est vrai que l’affaire a un peu traîné … Du coup, quand la constitution des socles a commencée en 2017, on a lancé un référé. Ce jugement en urgence a validé la suppression des travaux. Par la suite, Boralex a annoncé sa volonté de faire appel. On part pour une bataille juridique qui peut encore durer trois ou quatre ans. Un long combat au bout duquel on demandera la remise en état du site avec reboisement et destruction des socles. Le juge a retenu plusieurs arguments en notre faveur dans chaque recours ! Donc on est très confiants sur la suite des opérations.

Pourquoi s’opposer à l’éolien alors que nous savons que la transition énergétique est aujourd’hui nécessaire ?

Je sais qu’on a encore du mal avec cette vision là. Et pourtant, ce n’est pas avec des engins d’une telle puissance que l’on va résoudre les problèmes qui ont été causés par l’industrialisation, les énergies fossiles, et autres. On ne résout pas des dégâts provoqués par des machines, par d’autres machines. C’est avec des moyens à échelle humaine que le problème va pouvoir être traité. Pas avec ces instruments éoliens géants ! L’éolien représente uniquement 4% de notre consommation énergétique totale. Ce n’est donc pas une énergie rentable. Je n’ai pas de recette miracle à apporter, je ne suis pas compétente à ce niveau-là. Mais je défends les paysages et je connais la loi qui les protège. Tout ce qui m’importe est la sauvegarde de notre biodiversité. Moi qui ai 66 ans, je ne verrai plus jamais la forêt comme elle l’a été. C’est un bouleversement.

Plus d’infos :
La SPEEF
L'association Vent de forêt
L'association Bretagne Vivante
La société Boralex
La société Louis Dreyfus

MONTPELLIER (34) : COMWATT PROPOSE DE PRODUIRE ET DE CONSOMMER AU MIEUX SON ÉNERGIE SOLAIRE

Créé le : 12/07/2017
Grégory Lamotte, fondateur de ComWatt. Crédits photo : Abadie Laurie

Depuis la loi du 9 mai 2017 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations photovoltaïques implantées sur bâtiment une prime en faveur de l’autoconsommation est accordée à tous. Éclairage sur le fonctionnement et l’intérêt de l'autoproduction énergétique avec Grégory Lamotte, fondateur de ComWatt, entreprise montpelliéraine (34) spécialiste de l'autoproduction et de l'autoconsommation d'énergies renouvelables.

« Aujourd’hui, les énergies renouvelables sont devenues les moins chères du monde ». C’est ce qu’affirme et revendique Grégory Lamotte, expert énergéticien auprès de l’Assemblée nationale et fondateur de ComWatt. Implantée à Montpellier (34), sa start-up est spécialisée dans l’autoproduction et la gestion intelligente et active des consommations d’énergie. Grégory Lamotte explique que l’énergie solaire, tous frais compris, coûte 26 euros du mégawatt. L’énergie éolienne la suit de près puisqu’elle s’élève à 35 euros du mégawatt. Le charbon (50€/mégawatt), le gaz (70€/mégawatt) et le nucléaire 110€/mégawatt) sont quant à eux entre deux et quatre fois plus onéreux que le photovoltaïque.

« Le prix du solaire a été divisé par dix en dix ans », précise le responsable de ComWatt. Cette différence de prix est la conséquence directe de la démocratisation de cette technologie. Chaque nouvelle génération de panneaux photovoltaïques est plus performante et moins chère que son aînée. De ce fait, « le prix baisse en moyenne de 20% tous les 20 mois », assure Grégory Lamotte. Alors que l’énergie solaire était la plus chère il y a 40 ans, elle est devenue la plus compétitive du monde, défend l'entrepreneur.

 

« Le transport de l’énergie coûte plus cher que l’énergie elle-même »

Pourtant, le prix de l’énergie pourrait être encore moins élevé car « le transport coûte plus cher que l’énergie elle-même », déplore Grégory Lamotte. À titre d’exemple, sur une facture électrique de 100 euros en France, 33% de la somme provient de l’électricité, 33% des taxes et 33% du transport. Le calcul est assez simple. Avec une énergie produite sur place par les panneaux solaires d’un foyer, les frais de transport sont nuls et 33% du montant de la facture énergétique disparaît.

L’incapacité de stockage des énergies

« Aujourd’hui, en France, nous avons plus d’un an de capacité de stockage de gaz et plusieurs mois de pétrole disponibles », ponctue le fondateur de ComWatt avant de s’étonner que « nous ayons seulement dix minutes de stockage d’électricité ». Ce n’est pas la technologie disponible qui empêche le stockage d'électrons mais son coût.

Bien que l’énergie solaire ne « coûte que 10 centimes par kilowatt, EDF le propose à 16 centimes », annonce cet expert énergéticien. Pour un foyer, l'intérêt est donc de consommer l'énergie solaire qu'il produit au plus près de ses besoins. C’est à ce moment que ComWatt intervient. La start-up propose un boîtier intelligent permettant de réguler la consommation énergétique de tous les appareils d’un foyer. En branchant simplement des prises connectées reliées à une box centrale, les appareils ménagers fonctionneront quasi-exclusivement au moment où l’énergie solaire est produite.

La box ComWatt

Savoir utiliser l’énergie au bon moment

Sachant qu’un cumulus peut maintenir l’eau chaude à la même température durant 48 heures et qu’une personne consomme quotidiennement cinquante litres d'eau, il sera activé seulement une heure et au moment du pic de chaleur. De même, le chauffage ou la climatisation seront mis en marche au moment opportun. C'est-à-dire de manière à ce que la température ambiante soit idéale au moment où les habitants arrivent dans le foyer. Le but : éviter  que les appareils ne tournent toute une journée.

« Oui, on peut couper un frigo », et c’est ce que propose ComWatt. Grâce à leur inertie thermique, un réfrigérateur et un congélateur sont capables de conserver les aliments sans risque sanitaire pendant 25 heures. Inutile donc qu’ils fonctionnent sans interruption. Ce principe s’applique à presque tous les appareils d’un foyer. Et cela diminue la consommation énergétique par deux. Et, par la même occasion, la facture énergétique du foyer. « En déplaçant la consommation, nous arrivons à consommer de l’énergie au moment où elle est produite sans impacter votre confort », conclue Grégory Lamotte.

Les énergies renouvelables, facteur d’emploi

Selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les énergies solaires et éoliennes demandent six fois plus de main d’œuvre que le charbon, le nucléaire et le gaz. Puisque ce ne sont pas des emplois délocalisables, les énergies renouvelables représentent un gisement d’emplois effectif. Ilek, plateforme d'achat et de vente directe d’énergie renouvelable, s’est lancée dans le mouvement en novembre 2016. Depuis, elle propose de se fournir en énergie renouvelable produite par de petits producteurs régionaux. Ainsi, chacun peut consommer l’excédent énergétique de l’autre. Grégory Lamotte illustre la situation de la manière suivante : « dans un quartier, vous allez pouvoir proposer votre surplus d’énergie au garage du coin qui consomme beaucoup en semaine. Et à l’inverse, le garage va pouvoir vous passer son surplus d’énergie durant le week-end. Cela créé des solidarités locales ».

Une aide financière de l’État pour installer des panneaux photovoltaïques

Notons par ailleurs qu'en matière de photovoltaïque, l’État propose une prime à l’investissement sur l’installation de panneaux solaires en autoconsommation. Cette prime s’élève en moyenne à 400€ par kilowatt installé, soit environ 7 m² de panneaux solaires. Une offre ouverte à tous, sans condition de revenus. Cependant, le montant de la prime fluctue selon l’intérêt des citoyens : plus ces derniers feront appel à cette prime, plus son montant diminuera. Ce système cherche à encourager les plus réticents à franchir le premier pas en faveur d’une autonomie énergétique des ménages. Pourquoi pas vous ?


Plus d'infos :
https://www.comwatt.com/

Muriel Nivert-Boudou, Cress Languedoc-Roussillon : "l'habitat est une des principales entrées de la lutte contre l'exclusion"

Créé le : 14/10/2016

De la précarité à l’efficacité énergétique : quelles sont les solutions apportées par l'Economie sociale et solidaire (ESS) ? Les 4èmes rencontres ESS - organisées par la Chambre régionale de l'Economie Sociale et Solidaire (Cress) de Languedoc-Roussillon, la Fondation Macif Provence-Méditerranée - auront lieu le mardi 18 octobre, au Pôle Réalis de Montpellier. L'habitat sera au coeur de cet événement dont Sans Transition ! est le partenaire. Présentation du programme avec Muriel Nivert-Boudou, Déléguée Générale de la Cress LR.

Les rencontres ESS logement et habitat sont cette année consacrées à la précarité énergétique. Pourquoi cette thématique ?

Nous organisons ces rencontres chaque année depuis 2013, avec la Fondation Macif Provence Méditerranée. L'idée est de montrer que l'Economie sociale et solidaire est présente dans quasiment tous les secteurs d'activité. Et qu'elle est particulièrement bien représentée dans celui de l'habitat et du logement. De nombreux acteurs de l'ESS travaillent sur l’efficacité énergétique et la lutte contre la précarité énergétique. Le besoin de se chauffer est un besoin fondamental auquel les acteurs de l'ESS se sont très précocement intéressés. L'action de structures comme la fondation Abbé Pierre ou encore les Compagnons bâtisseurs montrent aussi que l'habitat est une des principales entrées de la lutte contre l'exclusion.

Comment va se dérouler la demi-journée ?

Celle-ci se déroulera au Pôle Réalis, structure portée par le Conseil Régional d'Occitanie destinée à l'accompagnement d'entreprises de l'ESS. Le programme s'ouvrira par une table-ronde animée par Magali Chouvion, rédactrice en cheffe du magazine Sans Transition ! Occitanie. Il s’agira d'échanger autour des solutions pouvant être mises en place pour lutter contre la précarité énergétique. Les participants sont la directrice du Gefosat, organisme de conseil dans la maîtrise de l'énergie, le coordinateur régional de projets d'auto réhabilitation des Compagnons bâtisseurs et un représentant d'ATD Quart Monde. La fondation Macif Provence-Méditerranée présentera, elle, une étude qu'elle a coordonnée, sur la précarité énergétique (voir ci-dessous). Après cet échange, des rencontres flash seront organisées pour permettre aux personnes de faire plus ample connaissance et de faire émerger entre elles des opportunités de marchés ou de partenariats à l'échelle des territoires.

A quels publics s'adressent les rencontres ?

Elles s'adressent à tous les publics qui peuvent être intéressés par ces problématiques de la précarité et de l’efficacité énergétique. Mais elles concernent tout particulièrement des professionnels du logement et de l'habitat. L'idée est aussi d'ouvrir ce moment à des structures - publiques ou privées - extérieures au monde de l'ESS. Cela peut être l'opportunité pour les acteurs de l'économie sociale de développer des marchés avec d'autres structures, comme les offices HLM, par exemple.

Plus d'infos :

www.sans-transition-magazine.info/4emes-rencontres-ess-logement-et-habitat-0

 

 

Louis Lippi, coordinateur régional de l'Association des délégués de l'économie social (Adess) du groupe Macif, présente l'étude "Habiter mieux"

Habiter mieux est issu d'un projet national porté par la Macif qui fut décliné dans plusieurs régions - dont Provence-Méditerranée. Nous avons fait le choix de travailler sur la thématique de la précarité énergétique et de se doter d'un outil de connaissance de cette problématique. Le but : connaître les usages et pratiques de nos sociétaires en matière d'occupation de leur logement. Nous avons fait appel à un certain nombre de nos partenaires associatifs qui ont transmis à leurs adhérents des questionnaires, au cours de l'année 2015. Environ un millier nous sont revenus. Ils font ressortir le fait que tout le monde est conscient de l'importance de l'efficacité énergétique des logements. Ce problème concerne tout le monde. Mais plus les personnes ont de faibles ressources, plus elles ont du mal à y faire face. Les dépenses énergétiques sont un poste de dépenses plus important pour les personnes démunies que pour le reste de la population. Et il est donc d'autant plus compliqué pour elles de trouver les moyens de faire des travaux car une partie importante de leur budget passe déjà dans le chauffage. Il est donc nécessaire d'aider d'abord les personnes qui sont dans une situation de précarité économique. Plusieurs freins à la rénovation ont été identifiés : le manque de moyens, bien-sûr, mais aussi de temps, ou le manque de confiance aux artisans. Avec nos partenaires, nous avons donc proposé une série de solutions pour aider les personnes à faire face à ces situations".  

Plus d'info :

www.fondation-macif.org

Christian Guyonvac'h : « la centrale à gaz de Landivisiau ne réduira pas la dépendance énergétique de la Bretagne »

Créé le : 11/04/2016

Christian Guyonvarc’h est adjoint au maire de Guipavas (29), près de Brest, et vice-président de Brest Métropole. Ce membre de l’Union démocratique bretonne (UDB) est un ardent opposant au controversé projet de centrale à gaz de Landivisiau. Pour lui, la construction d’un tel équipement menacerait le développement des énergies renouvelables en Bretagne. 

Les promoteurs de la centrale expliquent qu’elle est nécessaire pour l’indépendance énergétique de la Bretagne. Vous dites précisément le contraire. Pourquoi ?

Parce que la France importe la totalité du gaz qu’elle consomme. D’ailleurs, le terminal gazier du port de Saint-Nazaire, à Montoir-de-Bretagne, doit recevoir du gaz de schiste américain à partir de 2018. La centrale serait approvisionnée avec ce gaz si elle devait se construire. D’autre part, Direct Énergie, le futur exploitant de la centrale, prévoit un rendement énergétique de 54 %. Le reste (46 %) ne serait que pure perte. Nous avons aussi calculé que la centrale émettrait autant de gaz à effet de serre en 6 mois que les circulations automobiles du Finistère et des Côtes-d’Armor réunies sur la même période. Ce projet ne va pas réduire la dépendance énergétique de la Bretagne et il n’est ni propre, ni économique.

Pour quelles raisons dîtes-vous que ce projet s’oppose au développement des énergies renouvelables ?

Il existe un projet de ligne électrique marine entre le Finistère-nord et l’Irlande. Cette ligne pourrait être opérationnelle dès 2022. Le but est d’assurer une interconnexion entre les réseaux éoliens français et irlandais et ainsi pallier la fragilité du réseau breton. Mais nous craignons que la centrale ne menace ce projet. Nous avons également peur qu’elle mette à mal les investissements dans les solutions de stockage d’électricité d’origine renouvelable. Stockage qui permettrait de faire face à l’intermittence de la production (éolienne, solaire notamment) qui dépend des aléas climatiques.

Cette situation renvoie donc, selon vous, à l’organisation du marché électrique français ?

Oui. Car le marché français est organisé selon une logique de flux et non pas de stockage. Pourtant, des solutions existent. Comme les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Les STEP consistent à superposer deux bassins d’eau. De l’eau est pompée pour la stocker dans le bassin du haut lorsque les consommations sont faibles. Puis cette eau est relâchée pour alimenter une turbine lorsque les consommations sont élevées. Notons que la Suisse utilise les STEP pour stocker de l’électricité nucléaire achetée à la France en heure creuse, au moment où elle coûte peu cher. Elle revend ensuite cette même électricité à la France en heure de forte consommation à un prix plus élevé. C’est aberrant. Mais cela ne fera que s’accentuer si nous ne développons pas nos propres solutions de stockage, en France comme en Bretagne.

Plus d'infos :

www.nonalacentrale.fr

Photo : Manifestation contre le projet de centrale de Landivisiau, à la Pointe du Raz, le 7 décembre 2015 © Collectif Gaspare

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