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Yannick Jadot, député européen EELV : "Sans Mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins"

Créé le : 27/10/2016
Crédit : FD / LMDP

Sans Transition s'est entretenu avec Yannick Jadot dans le cadre d'une rencontre organisée par Attac Marseille, mardi, pour la semaine de la transition citoyenne. L'occasion de parler du Tafta et de Notre-Dame-des-Landes avec le député européen du Grand-Ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Mais aussi de la primaire d'Europe Ecologie les Verts à laquelle il se porte candidat. 

Pourquoi rendre visite à Attac lors de la semaine de la transition ?

Nous affrontons aujourd'hui une telle urgence écologique, sociale, démocratique qu'il nous faut arriver à travailler ensemble. Je sais, au travers du combat que je mène contre le Tafta, que si nous avions pas la mobilisation des mouvements citoyens, des villes et des régions qui se sont déclarées "hors-Tafta", nous ne serions pas arrivés à faire bouger le parlement européen. Autre exemple : nous avons obtenu l'interdiction du chalutage en eau profonde. Or s'il n'y avait pas eu la mobilisation de l'ONG Bloom, une pétition rassemblant 900 000 signatures et l’engagement des réseaux militants-citoyens, nous n'aurions pas gagné. Sans mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins. Dans un même temps, en tant qu'élus, nos votes sont parfois la traduction politique et réglementaire de ces combats citoyens.

Le président Hollande a récemment déclaré vouloir faire sortir la France des négociations du Tafta. Avez-vous l'espoir que le projet soit enterré ?

Le projet et la négociation sont très enlisés parce que du côté européen, nous assistons à une mobilisation pour la défense de l'environnement, des services publics, des droits sociaux, de la santé, de l'agriculture ou encore de la protection des données personnelles. Et, de leur côté, les américains ne veulent pas lâcher leurs marchés publics qui favorisent intelligemment les PME et un certain nombre de secteurs économiques.

En revanche, je regrette profondément que le gouvernement soutienne le Ceta - projet d'accord de libre-échange avec le Canada. C'est en fait un autre Tafta qui va remettre en cause notre capacité à nous protéger. Mais aussi mettre à mal notre ce que l'on souhaite pour nos systèmes de santé, l'environnement, l'agriculture ou, tout simplement, pour notre démocratie.

Vous êtes élu du Grand-ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Vous connaissez bien le sujet de Notre-Dame-Des landes. Les résultats de la consultation de l'été dernier ont donné le "oui" gagnant. Est-ce que vous pensez que la mobilisation contre le projet peut continuer dans ce contexte ?

La mobilisation va continuer. Nous avons toujours dit que la consultation locale était biaisée et servait un objectif : obtenir un "oui". Nous menons toujours le combat sur place. Il faut encore expliquer que le bon-sens nous impose de ne pas faire cet aéroport, de conserver la biodiversité ainsi que les terres agricoles. Il faut ne pas favoriser de manière imbécile le transport aérien. Et puis, je tiens à souligner que la France reste mise en demeure par l'Union européenne car elle ne respecte pas les règles environnementales et les règles relatives aux projets. Donc, aujourd'hui, lorsque le gouvernement veut poser la première pierre de Notre-Dame-des-Landes, il est dans l'illégalité.

Vous vous présentez à la primaire d'Europe Ecologie les Verts. Qu'est-ce que la "transition" signifie pour le candidat que vous êtes ?

Pour moi, candidat, la transition c'est au fond donner le pouvoir aux citoyens. Il y a aujourd'hui partout, sur les territoires, des actions extraordinaires qui sont menées dans les domaines de l'alimentation, de l'agriculture, des transports, de l'école, des quartiers ou encore dans le secteur culturel. Mais, malheureusement, nous avons des dirigeants politiques qui passent leur temps à défendre le vieux monde. La transition, au fond, c'est le sens de ma candidature. C'est faire en sorte que la politique laisse la place aux citoyens qui font du bien à la société. Mais la transition c'est aussi permettre à la politique de contraindre les intérêts économiques néfastes pour la société.  

Michèle Rivasi : « Les autorités essayent de taire le risque nucléaire »

Créé le : 21/10/2016
Crédits : DR

La députée européenne Michèle Rivasi est qualifiée pour le second tour des primaires d'Europe Écologie les Verts. Nous l'avions rencontré en 2014 pour parler de la question du nucléaire, qu'elle connaît bien. Un sujet plus que jamais d'actualité, à l'heure où EDF a décidé d'étaler la fermeture de 5 de ses réacteurs, jusqu'à fin janvier...

Michèle Rivasi est la fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), créée en 1986, après la catastrophe de Tchernobyl. Elle préside Nuclear Transparency Watch, une ONG européenne, visant à prévenir le risque nucléaire par la transparence et la participation publique. Députée européenne EELV, cette militante est très active dans la lutte contre le nucléaire.

Vous affirmez que la sécurité sanitaire lié au nucléaire civile n’est pas suffisamment prise en compte par les pouvoirs publics. Pourquoi ?

Les rejets radioactifs liquides et gazeux des centrales nucléaires posent problème, même sans accident. En 2008, la centrale du Tricastin (26) a par exemple rejeté accidentellement 75 kilogrammes d’uranium (sous forme liquide) qui se sont répandus dans les cours d’eau. Des arrêtés préfectoraux avaient été pris pour interdire l’usage de l’eau, la baignade, les activités nautique, la pêche et l’irrigation dans le secteur de Bollène. Au cours de l’enquête effectuée, on a d’ailleurs pu découvrir que la nappe phréatique avait été contaminée avant même cet accident ! En 1980, un autre accident à Saint-Laurentdes- Eaux a abouti au rejet de plutonium dans la Loire. Le cas de l’usine de la Hague est aussi emblématique. On y rejette au large, dans la Manche, des quantités phénoménales d’éléments radioactifs. Il faut arrêter de croire que les dangers sanitaires n’existent qu’après un accident nucléaire. Le danger n’est pas la seule irradiation mais aussi la contamination à faibles doses, par ingestion via la chaîne alimentaire, et par inhalation.

Les salariés du nucléaire seraient donc les premiers à être exposés à un risque de contamination ?

Les salariés sont exposés à des risques de contamination au quotidien : en 2008 au Tricastin encore, lors d’une opération de maintenance, des substances radioactives se sont échappées, contaminant « légèrement » une centaine de salariés sur le site. Les sous-traitants, aussi appelés « viande à becquerels », sont les plus exposés : l’industrie nucléaire a d’ailleurs recours à leurs services et non aux salariés d’EDF car ils n’ont pas les mêmes moyens (syndicats) pour se défendre face à EDF. On considère en temps normal que l’exposition de la population à la radioactivité doit être inférieure à 1 millisievert/an, les salariés du nucléaire ont des normes 20 fois supérieures (20 mSv / an). Lorsqu’ils effectuent leurs missions de maintenance, les 22 000 sous-traitants français sont suivis grâce à un dosimètre individuel et personnel qu’ils doivent porter pour vérifier qu’ils ne dépassent pas les doses admissibles. Mais avec des indemnités journalières de 60 euros, certains sont tentés de laisser leur dosimètre au vestiaire ou de l’isoler avec du plomb, pour pouvoir travailler plus et ne pas dépasser leur dose annuelle admissible trop rapidement.

Et l’accident ? Est-ce un risque à prendre en compte en France ?

Nous avons la plus grande concentration de réacteurs nucléaires par habitant au monde, nous sommes donc particulièrement exposés à un accident. Certaines centrales sont situées dans des zones à risques (inondations, séismes, la conjugaison des deux pouvant mener à un événement de type Fukushima). En 1999, la tempête Martin et les grandes marées ont provoqué des vagues qui ont dépassé les digues de protection de la centrale du Blayais (Gironde). Les secours n’avaient pas accès au site à cause des inondations, nous avons évité le pire de peu. 16 réacteurs français sont menacés par ce type d’inondation en cas de forte tempête. Et il ne faut pas oublier les risques de séisme ou des actes terroristes qui pourraient très bien avoir les mêmes conséquences.

Journées d’été et rentrée politique pour Europe Ecologie les Verts

Créé le : 30/08/2016
De gauche à droite : Michel Forget, secrétaire régional de Bretagne, David Cormand, secrétaire national d’EELV, Marine Tondelier, membre du bureau exécutif déléguée aux Journées d’été. Crédits photos: Stéphanie - Sans Transition

Les 30e journées d’été d’Europe Ecologie Les Verts se sont déroulées du 25 au 27 août dernier, à Lorient, sur fond de primaires. Le maître mot de ces Journées d’été : réinventer le parti !

Europe Ecologie les Verts a fait sa rentrée politique à la faveur de ses 30e Journées d’été, qui se sont déroulées du jeudi 25 août au samedi 27 août, à Lorient (Morbihan). Au programme de cette édition : six conférences plénières et 70 ateliers pour ressouder les liens après les tensions des douze derniers mois marqués par les dissensions et de multiples départs, et pour préparer le marathon électoral de 2017 (présidentielle, législatives, sénatoriales). Avec un maitre-mot : réinventer le parti !

« Nous ne voulons plus être seulement des lanceurs d’alerte. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’écologie qu’aujourd’hui et l’appétence des citoyens est bien réelle. Notre responsabilité est de devenir majoritaire dans les propositions et les solutions », a expliqué David Cormand, le nouveau secrétaire national d’un parti qui refuse de se résigner au remake du match de 2012 (PS, LR, FN).

C’est plus particulièrement sur fond de primaire que se sont tenues ces 30e Journées d’été. Huit candidats sont déjà déclarés, dont quatre « cadres » : Karima Delli, Cécile Duflot, Michèle Rivasi et Yannick Jadot. Cécile Duflot et Yannick Jadot ayant déjà obtenu les parrainages nécessaires. « Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 août, pour un vote qui se déroulera fin octobre, début novembre », a précisé Julien Bayou, porte-parole d'EELV.

Agriculture, droits humains et accueil des migrants, Loi Travail, croissance, terrorisme, Brexit… les différents échanges et débats de ces Journées d’été sont amenés à booster, dans un esprit participatif, le projet qui sera défendu par EELV dans les mois à venir.

Réinventer le parti, c’est aussi « outiller les militants pour qu’ils puissent coécrire le programme présidentiel », a indiqué Marine Tondelier, membre du bureau exécutif déléguée aux Journées d’été, en annonçant le lancement d’une plateforme participative. Toutes les propositions évoquées lors de ces trois jours y seront mises en ligne. Cette plateforme sera également ouverte à tous les réseaux, collectifs, associations, partenaires…

 

Plus d’infos :

www1.eelv.fr

www.jde.eelv.fr

Stéphanie Biju

René Louail (EELV) : « L'agroalimentaire et l'agriculture industrielle vont piloter la politique environnementale bretonne »

Créé le : 13/01/2016

En Bretagne, le PS et la liste d'union des écologistes n'ont pas réussi à s'entendre entre les deux tours des élections régionales. Plus aucun élu écologiste ne siège à l'assemblée régionale. René Louail, tête de liste EELV-Bretagne Ecologie aux dernières élections, a de la rancœur envers Jean-Yves Le Drian. Mais il regarde vers l'avenir.

ST : Votre liste a atteint le score de 6,7% des voix au premier tour des dernières régionales. En 2010, vous faisiez 12,21% au premier tour et 17,37 au second. Comment expliquez-vous cette perte d'une bonne partie de votre électorat ?

RL :Nous avions pour ce scrutin une liste des écologistes réunis, mais pas d'union avec les régionalistes. En 2010, nous étions dans une autre dynamique et EELV avait le vent dans le dos. En 2015, la campagne et les débats n'ont pas eu lieu. Jean-Yves Le Drian a instrumentalisé la situation nationale et internationale pour éviter de parler de la situation bretonne. Nous n'avons jamais débattu avec lui sur les compétences de la région et de son bilan. Nous étions l'une des rares listes qui avaient un programme. Nous aurions aimé le partager. Nous avons tout de même fait un meilleur score que dans la plupart des autres régions. Mais il n'est pas suffisant. La montée de l'extrême droite a pris une telle place que l'environnement est passé au second plan. Alors que nous étions en pleine Cop21...

ST : Vous n'avez pas réussi à trouver d'accord avec J-Y Le Drian dans l'entre-deux-tours. Pourquoi ?

RL : En réalité, cela fait plusieurs mois que J-Y Le Drian a décidé de ne pas s'allier aux écologistes. Cela remonte au moment où Olivier Alain, président de la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, a rejoint sa liste. Olivier Alain a dit à Le Drian qui le rallierait uniquement s'il n'y avait pas d'alliance avec les écologistes au second tour. Le Drian nous a fait croire qu'il allait négocier alors que la décision était prise depuis longtemps ! La petite phrase lâchée par Le Drian lors du débat d'entre deux tour, « un peu ça va, beaucoup c'est trop » à propos des écologistes fait penser à la phrase de Sarkozy « l'environnement ça suffit ». Je crains que Le Drian ne soit demain l'allié de Bruno Retailleau, le président très à droite, des Pays-de-la-Loire. Notamment concernant l'évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

ST : Aucun élu écologiste ne siège donc au sein du conseil régional. Comment EELV Bretagne souhaite-t-il donner suite à son combat politique dans ce contexte ?

RL : Les 80 000 bretonnes et bretons qui ont voté pour notre liste ne sont en effet pas représentés au sein d'un Conseil régional soit-disant de gauche. L'agroalimentaire et l'agriculture industrielle vont piloter la politique environnementale bretonne. Ce qui est très grave. Le Drian a une responsabilité importante dans ce dossier. C'est l'homme des lobbies agro-industriels. Je ne lui fais pas confiance sur la question de l'environnement. Nous n'avons plus d'élus. Mais le combat écologiste continue. Notamment au travers des associations et des syndicats. Nous allons continuer à agir. Et nous serons à nouveau candidats pour la prochaine échéance électorale.

Plus d'infos :

www.bretagne.eelv.fr

Photo © DR

 

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