[EDITO] La machine à perdre

Publié le lun 13/09/2021 - 10:40

Par Julien Dezécot

La saison des primaires est ouverte. Aux écologistes de démarrer le bal. Qui sera l’élu·e du parti cette année ? Fort de son score de 15 % aux Européennes, Yannick Jadot était parti sur une belle lancée mais sa proposition de rassembler les écologistes de tous bords (de la France Insoumise à Cap 21) dès le premier tour de la Présidentielle, n’a pas été bien reçue par les militants et les militantes au sein du parti. Cette erreur stratégique résonne avec le souvenir de la victoire aux primaires écologistes de 2011 d’Eva Joly au détriment de Nicolas Hulot - crédité alors de plus de 10 % d’intentions de vote dans les sondages. La juge avait ensuite plafonné à 2% lors de l’élection présidentielle… La machine à perdre des écolos serait-elle de nouveau en route ?

Peu importe finalement car, une fois cette première étape passée (qui n’a recueilli à l’heure où nous bouclons ce numéro que 13 000 inscriptions d’électeurs et d’électrices), se posera la question des alliances, inéluctables sous la 5e République. Or parmi les « favoris », qui sont également ceux qui ont reçu le plus de soutiens d’élu·es, Yannick Jadot et Eric Piolle ont assuré qu’ils maintiendraient « quoi qu’il en coûte » une candidature écologiste aux Présidentielles. Au même titre que Jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise ou les Communistes. Autrement dit, plus question de soutenir ou de s’effacer devant un·e autre candidat·e de gauche qui risquerait de trahir un éventuel accord collectif (souvenir du renoncement de François Hollande en 2012...). Les appels à une primaire citoyenne, dont celui du député Pierre Larrouturou, en vue d’une candidature unique de la « gauche plurielle », ne font pas non plus d’émules. Pourtant plébiscitée par le corps électoral lassé d’avaler des couleuvres, le coche d’une primaire ouverte de la Gauche, à laquelle auraient été associés les écologistes et la France Insoumise, s’éloigne peu à peu. Sauf peut-être du côté des Républicains, qui pourraient utiliser cet outil démocratique pour départager leurs candidat·es... à droite !

Deviendrait-il alors le seul rempart possible au duel Marine Le Pen/Emmanuel Macron ? Une chose est sûre, ce scénario ne fera pas revenir les électeurs et les électrices aux urnes…