Loi contre le gaspillage alimentaire : qui va financer la conservation des denrées ?

Créé le : 01/04/2016

L’Assemblée nationale a définitivement adopté  le projet de Loi contre le gaspillage alimentaire, le 3 février dernier. Le texte prévoit d’obliger les grandes et moyennes surfaces à passer des conventions avec des associations d’aide alimentaire. Les banques alimentaires soulignent une avancée. Tout en se demandant comment sera financée la logistique liée à la récupération et à la distribution de nouvelles denrées. Interview de Gaëtan Lassale, chargé des relations extérieures pour la Fédération des banques alimentaires.

Quelles sont, selon vous, les avancées apportées par la Loi de lutte contre le gaspillage alimentaire adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale ?

La loi va sans doute augmenter les dons de la part des magasins d’alimentation en leur demandant de conclure des conventions avec des associations. Mais il faut noter que la logique de dons mise en place avec les distributeurs depuis 30 ans fonctionne plutôt bien. En 2014, les associations ont récupéré 64 000 tonnes de denrées dont 34 000 dans des supermarchés. Cette dynamique va sans doute encore mieux fonctionner avec la loi.

Du coup, existe-il des points d’ombre ou des faiblesses dans le texte ?

Si le mouvement de dons s’accélère, il faut être en capacité d’y répondre. Il nous faut des camions pour transporter les denrées, des locaux et des chambres froides pour les stocker... Il faut aussi former les bénévoles pour trier les produits dans les meilleurs conditions. Tout cela a un coût. Mais aucun dispositif de soutien financier aux associations n’est prévu par le texte de loi. Cela nous inquiète. Le texte oblige tous les magasins alimentaires à passer une convention avec des associations qui pourront récupérer les invendus.

De quelles types de structures s’agit-il ?

Il s’agit spécifiquement d’associations habilitées. Cette habilitation, accordée par le ministère des Affaires sociales, est rendue obligatoire par la loi de modernisation de l’agriculture de 2010. Ce nouveau projet de loi invite les Grandes et moyennes surface (GMS) à conclure des conventions avec ces associations. Mais, avant le don, il impose aux GMS de faire de la prévention. Si les denrées ne peuvent pas être données, elles devront être utilisées pour faire de la méthanisation ou pour être compostées. 

Plus d'infos :

www.banquealimentaire.org 

Photo : Pixabay

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