Solidarité

LIONEL ASTRUC : « On ne peut pas réserver la transition écologique à des classes privilégiées »

Créé le : 08/03/2018
Lionel Astruc, à Marseille, en février 2018 - JD/LMDP

Lionel Astruc est journaliste et auteur. Ses sujets de prédilection ? L'écologie et la solidarité, qu'il juge indissociables. Nous l'avons rencontré à l'occasion des conférences de Vandana Shiva organisées par Sans Transition ! fin février à Marseille, Montpellier et Rennes. En mai 2017, il animait une série d’entretiens entre l'altermondialiste indienne et Nicolas Hulot, aboutissant à la publication récente de l'ouvrage Le Cercle vertueux chez Actes Sud. Maison d'édition avec laquelle Lionel Astruc prépare actuellement un projet de « ferme université » agroécologique, près d'Arles. Il nous en dit plus...

[ COMMUNIQUÉ ] L'Union Solidarité Laïque, soutient les sinistrés de l'Aude

Créé le : 18/10/2018

Les intempéries qui ont touché le département de l’Aude ont fait plusieurs victimes et causé des dégâts considérables ainsi que des milliers de sinistrés. L'union Solidarité Laïque lance un appel aux dons d’urgence pour apporter soutien et réconfort aux enfants du département. Les dons serviront à assurer des activités périscolaires et à financer des kits de loisirs, du petit matériel sportif et créatif.

13 morts, des milliers de sinistrés, des dégâts matériels importants, notamment dans les écoles et les centres de loisirs, tel est le bilan des intempéries qui se sont abattues sur le département de l’Aude.

Solidarité Laïque apporte d’ores et déjà son aide sur le terrain en lien avec ses partenaires qui gèrent des centres éducatifs sur place.

Pour mieux répondre aux besoins, elle lance dès aujourd’hui un appel aux dons d’urgence destiné à accompagner les enfants victimes de ces intempéries.

L’ESPER, la Ligue de l’enseignement, des syndicats enseignants ont déjà rejoint la mobilisation. Elles seront rejointes par d’autres organisations membres de Solidarité Laïque liées à l’économie sociale et solidaire et à l’éducation populaire qui feront prochainement connaître leur engagement.

Cet appel à dons permettra

–        d’apporter un soutien de première urgence aux familles victimes des intempéries

–        d’aider les structures éducatives touchées et d’apporter un soutien aux activités pédagogiques

–        de proposer des activités de loisirs et de réconfort aux enfants traumatisés par ces inondations

–        d’équiper en kits sportifs et créatifs

Avec Prizle, acheter c'est aussi donner !

Créé le : 30/04/2018
Marie Monziols, co-fondatrice de Prizle - DR

Prizle, une extension pour moteurs de recherches développée par des entrepreneurs montpelliérains, permet de donner de l'argent à des associations tout en faisant des achats en ligne. Simple, rapide et gratuit pour les utilisateurs !

Soutenir une cause en achetant des meubles, un short ou en réservant un hôtel. C'est ce que propose Prizle, depuis le 14 mars dernier. Il suffit pour cela de vous inscrire sur le site www.prizle.com. Et de désigner l'association référencée par le site la plus proche de vos engagements ou préoccupations personnelles : La Fédération des Banques Alimentaires, Bibliothèques sans Frontières, Bloom, Entourage, la Fédération Internationale de Powerchair Football, Jaccede, Le Refuge, Plan international, Prison Insider, SINGA France ou Vaincre les Maladies Lysosomales. Vous devez ensuite installer une extension sur les navigateurs Google Chrome ou Firefox.

Donner sans augmenter le prix d'achat

Lorsque que vous ferez du shopping en ligne sur l'un des 770 sites de e-commerce (Monoprix, Casino, Carrefour, Castorama, Go Sport ou encore Booking...) partenaires de Prizle, ce dernier reversera un pourcentage de votre achat à l'association que vous avez choisi. Et ce sans augmenter le prix du produit que vous avez acheté.

« Nous sommes partis du constat que les associations avaient de plus en plus de mal à accéder à des ressources. Mais aussi qu'il était compliqué pour toute une frange de la population, notamment les 20-30 ans, de donner. L'idée est donc aussi de s'adresser à un nouveau public de donateurs », explique Marie Monziols, cofondatrice de Prizle.

Car avec cet outil, même si vous ne payez pas plus cher, c'est bien vous qui faites le geste en orientant le don. « Celui-ci s’élève à en moyenne à 5-6% du prix de vente du bien ou service. Mais nous avons constaté qu'il pouvait atteindre 20% du montant total sur des opérations de soldes ». Loin d'être négligeable ! Et indolore pour nos comptes en banque.

Une petite vidéo pour vous expliquer le fonctionnement de Prizle :

Plus d'infos : www.prizle.com

DES TOITS EN BOIS SOLIDAIRE

Créé le : 20/09/2017
Un chalet en construction dans l'atelier de Bois & Cie - Crédit : Bois et cie

Proposer un logement écologique, démontable et solidaire aux personnes en difficulté. C'est l'objectif de l'association toulousaine Bois & Cie, au travers de son projet Toits & Cie. Une initiative soutenue par la Fondation Macif et présentée dans le cadre de la Fête des Possibles, samedi 23 septembre. Entretien avec Chloé Vienot, coordinatrice du projet.   

Sous quelles impulsions a été lancé le projet Toits & Cie ?

Toits & Cie est né il y a sept ans. Au départ, le projet était mené de manière bénévole dans le cadre de l'association Bois & Cie. Bois & Cie collecte et valorise du bois pour concevoir des aménagements de jardins, des abris... L'atelier fait travailler des personnes en insertion. Parmi les salariés, il y avait des personnes qui rencontraient souvent des problèmes de logement. Nous avons alors fait le lien entre notre activité et ces situations. L'idée était de permettre à ces gens de construire leur maison de façon mutualisée. En ville, il existe de nombreux terrains laissés vacants. Nous avons proposé une solution de logement adaptée à la gestion de l'hébergement d'urgence pour les collectivités locales. Il s'agit de constructions en bois démontables, conçues avec des matériaux locaux et écologiques.

Il y a trois ans, nous avons organisé une levée de fonds pour financer des actions de recherche et développement. Nous avons fait valider les plans par des bureaux d'études. Puis nous avons commencé à commercialiser les habitats. Nos cibles sont les bailleurs sociaux, les structures d'insertion par le logement et les collectivités locales.

Parallèlement, pour fiancer le projet, nous développons une offre commerciale qui s'adresse aux gîtes, campings et particuliers.

Concrètement, à quoi ressemblent ces maisons ?

Ce ne sont pas des abris mais de véritables maisons isolées. Des petites maisons qui respectent les normes de l'habitat classique. Nous proposons actuellement deux modèles : une Mini-Home de 20 m² et une Opti-Home de 35 m². Le bois provient de forêts du Tarn. Les parois sont isolées en laine de bois. Nous ne sommes pas tenus de respecter la réglementation thermique (RT) en dessous de 50 m² mais nous sommes très proches de la RT 2012. Nous tentons actuellement d'atteindre les objectifs de la RT 2020. Un petit chauffage électrique est installé dans les maisons. Mais comme le logement est très bien isolé, il s'agit d'un chauffage d'appoint.

Les chalets sont construits en trois semaines, en atelier. Puis ils sont montés en une à deux semaines, en fonction du site et du modèle. Le tout repose sur un système de pilotis bétonnés, implantés directement dans le sol, sans fondation.

 

Modèle de chalet pouvant être réalisé dans le cadre de Toits & Cie - Crédit : Bois & Cie

 

Quel est le coût des chalets ?

Les chalets coûtent 35 000 euros (pour la Minim-Home) et 55 000 euros (pour l'Optim-Home). Bien qu'ils soient démontables, ils peuvent être utilisés comme un habitat durable. Les modèles sont modulables : il est possible d'assembler les différents modules de plusieurs manières, un peu comme un jeu de Lego. Nous travaillons actuellement sur un modèle de 60 m². Nous avons notamment des demandes de particuliers qui souhaitent loger des personnes âgées dans des bâtiments de plain-pied.

Quelles sont les collectivités et structures qui travaillent avec vous actuellement ?

Nous avons une dizaine de structures partenaires. La Ville de Toulouse nous a acheté un habitat qu'elle utilise en amont de son parcours d'insertion. Nous avons également des partenariats avec des bailleurs sociaux et une structure d'insertion par le logement. Il est possible d'embaucher des futurs habitants dans nos chantiers d'insertion, de les prendre en stage ou bien de les faire participer au montage des maisons. C'est une façon de favoriser l'appropriation des logements par leurs occupants.

Vous présentez Toits & Cie dans le cadre de la Fête des Possibles. Quand sera-t-il possible de vous rencontrer ?

Nous organisons des visites de notre atelier et d'une maison témoin le samedi 23 septembre, de 14h à 18h. Rendez-vous au 27 bis allées Maurice Sarraut, à Toulouse, métro Patte d'oie !

Loi contre le gaspillage alimentaire : qui va financer la conservation des denrées ?

Créé le : 01/04/2016

L’Assemblée nationale a définitivement adopté  le projet de Loi contre le gaspillage alimentaire, le 3 février dernier. Le texte prévoit d’obliger les grandes et moyennes surfaces à passer des conventions avec des associations d’aide alimentaire. Les banques alimentaires soulignent une avancée. Tout en se demandant comment sera financée la logistique liée à la récupération et à la distribution de nouvelles denrées. Interview de Gaëtan Lassale, chargé des relations extérieures pour la Fédération des banques alimentaires.

Quelles sont, selon vous, les avancées apportées par la Loi de lutte contre le gaspillage alimentaire adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale ?

La loi va sans doute augmenter les dons de la part des magasins d’alimentation en leur demandant de conclure des conventions avec des associations. Mais il faut noter que la logique de dons mise en place avec les distributeurs depuis 30 ans fonctionne plutôt bien. En 2014, les associations ont récupéré 64 000 tonnes de denrées dont 34 000 dans des supermarchés. Cette dynamique va sans doute encore mieux fonctionner avec la loi.

Du coup, existe-il des points d’ombre ou des faiblesses dans le texte ?

Si le mouvement de dons s’accélère, il faut être en capacité d’y répondre. Il nous faut des camions pour transporter les denrées, des locaux et des chambres froides pour les stocker... Il faut aussi former les bénévoles pour trier les produits dans les meilleurs conditions. Tout cela a un coût. Mais aucun dispositif de soutien financier aux associations n’est prévu par le texte de loi. Cela nous inquiète. Le texte oblige tous les magasins alimentaires à passer une convention avec des associations qui pourront récupérer les invendus.

De quelles types de structures s’agit-il ?

Il s’agit spécifiquement d’associations habilitées. Cette habilitation, accordée par le ministère des Affaires sociales, est rendue obligatoire par la loi de modernisation de l’agriculture de 2010. Ce nouveau projet de loi invite les Grandes et moyennes surface (GMS) à conclure des conventions avec ces associations. Mais, avant le don, il impose aux GMS de faire de la prévention. Si les denrées ne peuvent pas être données, elles devront être utilisées pour faire de la méthanisation ou pour être compostées. 

Plus d'infos :

www.banquealimentaire.org 

Photo : Pixabay

Chômage : le projet anti-crise d'ATD quart monde

Créé le : 03/12/2015

Le chômage, avec 2,4 millions de chômeurs de longue durée, en octobre 2015 (d’après l’Insee), n’a qu’à bien se tenir ! Le mouvement Agir Tous pour la Dignité (ATD) quart monde a lancé, en 2011, le projet national « Territoire zéro chômeur de longue durée ». L’association propose d’utiliser les coûts du chômage de longue durée pour créer de nouveaux emplois utiles à la société. Un projet de loi « d’expérimentation » a été déposé en novembre dernier, afin de tester cette méthode sur quatre territoires.

 

En attente de pouvoir être « expérimenté», le projet d’ATD quart monde « Territoire zéro chômeur de longue durée » est né, en 2011, d’un simple constat. « Un chômeur de longue durée coûte à la collectivité environ 15 000 € par an en prestations diverses », explique Patrick Valentin, responsable national du projet. Ce montant est relativement proche des 22 000 € annuels d’un smic à plein temps. « Si ces prestations pouvaient être directement versées pour financer des CDI, le coût manquant serait donc de 7 000 € » explique le responsable. Selon ATD, cette somme pourrait largement être couverte par les richesses de l’activité elle-même, sans dépenses publiques supplémentaires. « Concrètement, « L'objectif de l'opération est de proposer à toutes les personnes privées durablement d’emploi et qui le souhaitent, un CDI au SMIC, à temps choisi, adapté à ses compétences » explique Patrick Valentin. « D’autant plus qu’il existe, une multitude de travaux utiles à la société, non réalisés, car pas suffisamment solvables » ajoute-t-il.

Une grève du chômage

Pour faire parler du dispositif, une « grève du chômage » a été organisée le 15 octobre dernier sur les quatre territoires* locaux susceptibles de tester le projet « Territoire zéro chômeur de longue durée ». « Désherbage, classement de factures ou encore travaux de terrassement, ces opérations symboliques avaient pour but de promouvoir le projet » explique Denis Prost, responsable sur le territoire de Pipriac et Saint-Ganton (35). « Mais aussi de se préparer aux expérimentations qui commenceront, normalement, au second semestre 2016, pour 5 ans » ajoute-t-il. « Cette grève a permis d’impliquer les acteurs locaux. On a besoin de la mobilisation des entreprises et des élus pour développer le projet».

Des chômeurs qui veulent travailler

« Une façon aussi pour nous, en recherche d’emplois, de montrer que l’on veut travailler » explique Raphaël Le Gal, en recherche d’emploi depuis un an et demi dans la chimie industrielle. « J’ai participé à la grève du chômage et je veux trouver un CDI grâce au projet d’ATD. La méthode classique ne fonctionne pas, alors pourquoi ne pas essayer cette démarche inédite ».

*La Communauté de communes du pays de Colombey- sud Toulois (54), le territoire du grand Mauléon (79), les communes de Pipriac et Saint-Ganton (35) et la Communauté de commune « Entre Nièvres et Forêts » associée à Chateauneuf-Val-de-Bargis (58).

Plus d’infos

www.atd-quartmonde.fr

Photo : Des demandeurs d’emploi, le 15 octobre à l’occasion de la grève du chômage, mettaient en place un jardin partagé à l’initiative du foyer de vie d’adultes handicapés à Pipriac (35). © Roseline Martin

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