[OCCITANIE] - Marie Meunier-Polge, élue régionale à l'ESS : « Si l’Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux ! »

Créé le : 28/06/2018

Marie Meunier-Polge est conseillère régionale d'Occitanie déléguée à l'Economie sociale et solidaire (ESS). Elle exposait  les nouveaux objectifs de la région en matière d’Economie sociale et solidaire, au Pôle d'entrepreneuriat social montpelliérain, Réalis, le 27 juin dernier. Sans Transition lui a posé quelques questions. Notamment à propos des dernière évolutions du secteur et de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui pourraient diminuer les différences entre les entreprises «classiques » et celles de l'ESS...

Qu’est-il ressorti de cette rencontre au pôle entrepreneuriat social REALIS à Montpellier ?

Il s’agissait de présenter le plan de l’Economie sociale et solidaire de la région pour les trois ans à venir. La principale nouveauté de  ce plan est la création d’un fonds dédié à l’ESS pour soutenir les entreprises qui souhaiteraient s'inscrire dans ce champs ou qui auraient besoin d'un appui financier. Le dispositif « Pass Occitanie », qui a pour objectif de soutenir le développement des petites entreprises de moins de 40 000 euros, donne une réponse rapide aux sociétés dans l’urgence pour financer un projet. On poursuit surtout ce que nous avons déjà mis en place , et on approfondit les dispositifs dans le cadre de la grande région d’Occitanie qui compte désormais 13 départements.

Quels enjeux découlent de la fusion de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées en matière d'ESS ?

Les politiques de l’Occitanie Est et Ouest n’étaient pas les mêmes. Dans l’ex Languedoc-Roussillon, nous étions déjà positionnés fortement dans l’innovation sociale :  la région a été la première à mettre l’Economie sociale et solidaire dans son schéma de développement économique dès 2005. Petit à petit, on a poussé les entreprises conventionnelles à revoir leurs modèles. Il s’agit donc surtout d’uniformiser les dispositifs en place dans l’une et l’autre anciennes régions, avec l’aide des têtes de réseaux qui connaissent mieux les besoins spécifiques des territoires et entreprises.

L'Occitanie est-elle une région particulièrement dynamique en matière d'ESS ?

Cette économie d’innovation sociale représente 12,6 % de l’économie globale de la région, ce qui est très important ! Et cette dynamique est perceptible à tous les niveaux. Mon rêve serait que le rectorat permette à toutes les étudiants en terminale ES d’avoir au moins un jour dédié à l’Economie sociale et solidaire, durant l'année scolaire. Il faut partir du principe que le temps où une entreprise s’implantait  dans la région  et créait 4000 emplois est révolu. La ressource doit désormais venir de notre territoire.

Actuellement, il y a un débat autour du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, dite loi « Pacte ». Certains acteurs craignent que  l'intégration d'objets sociaux ou environnementaux dans les statuts des sociétés gomme les différences entre entrepreneuriat classique et ESS...

Pour l'instant nous sommes dans une économie capitaliste ou l’actionnariat est fort. Si l’économie conventionnelle et les entreprises classiques s’emparent des problématiques sociales, environnementales , tant mieux ! On ne dépouillera personne. Ça n’empêchera pas ’Economie sociale solidaire de continuer son cheminement personnel et de défendre ces valeurs-là.  Et si l'Économie sociale et solidaire peut rendre d’économie plus vertueuse, tant mieux !

Que pensez-vous de l’action du gouvernement en matière d'ESS alors que le secrétariat d'Etat dédié à ce secteur a été supprimé ?

On a un Haut-Commissaire à l’Economie sociale et solidaire, Mr Christophe Itier, mais je regrette la disparition du Secrétariat d’État. De plus, la loi Hamon de 2014 avait donné un vrai coup d’accélérateur à ce secteur. Cette loi est notre ciment et on s’appuie énormément dessus. Désormais ce n’est plus vraiment le même marquage politique. Mais je crois que si les choses bougent, c’est parce que les acteurs de la société les font bouger.

 

 

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