Scop

[INTERVIEW SONORES] - Jacques Landriot, Confédération générale des SCOP : « L'innovation sociale est indispensable pour développer les coopératives »

Créé le : 01/12/2017

Nous nous sommes entretenus avec Jacques Landriot, président de la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives, à l'occasion des troisièmes Rencontres de l'Innovation sociale, le 1er décembre 2017, au Pôle Réalis de Montpellier. Cette figure de l'économie sociale et solidaire, ancien dirigeant du groupe Up (chèque déjeuner), a évoqué avec nous sa volonté de porter à 70 000 le nombre d'emplois coopératifs. 

MURIEL DECOUT, URSCOP MIDI-PYRÉNÉES : LE TERREAU COOPÉRATIF DE LA RÉGION EST TRÈS ANCIEN

Créé le : 16/05/2017

L'Urscop (Union régionale des sociétés coopératives de production) de l'ex-région Midi-Pyrénées a 80 ans cette année. Plusieurs événements sont destinés à fêter ce qui sera sans doute son dernier anniversaire, puisque la structure se prépare à fusionner avec sa sœur de l'ex-Languedoc-Roussillon au sein d'une future Urscop Occitanie. Entretien avec Muriel Decout, directrice de l'Urscop Midi-Pyrénées. 

 

Muriel Decout, directrice de l'Union régionale des Scop de Midi-Pyrénées - DR

 

L'Union régionale des Scop (Urscop) de l'ex-région Midi-Pyrénées a 80 ans cette année. Ça se fête ?

Oui. Nous organisons plusieurs événements pour l'occasion : le premier aura lieu lors de notre assemblée générale, le 10 juin prochain, à Brassac, dans le Tarn. Il s'agira d'un temps festif, ouvert à nos adhérents et nos partenaires, axé autour des mutations et des transitions. Nous souhaitons montrer que durant les 40 ou 50 dernières années, les coopératives ont été soumises à de nombreux changements, aussi bien au niveau des métiers que de l'environnement économique et social des entreprises. Il nous faut envisager ensemble ce qui va changer demain. Il nous faut réfléchir sur la communication et la façon de s'organiser pour préparer à nous développer davantage.

Puis nous avons souhaité proposer des événements, en direction du grand public, organisés dans plusieurs lieux du territoire afin de faire connaître les coopératives. Le premier aura lieu le 16 juillet à Cologne, dans le Gers. L'orchestre de chambre de Toulouse viendra donner un concert sous la halle de la commune. L'événement est co-organisé avec la Scic Le Colibri qui propose toute l'année des événements culturels.

Ensuite, en partenariat avec la Scop Editions 138 qui édite le magazine culturel Clutch et qui a cinq ans cette année, nous allons fêter en même temps nos anniversaires. Pour l'occasion, nous allons organiser un événement au Bikini, salle de musiques actuelles de Toulouse, le... Le but est de faire connaître les coopératives à un public de jeunes dans le cadre d'un moment festif.

Enfin, en association avec l'union commerciale des artisans, des industriels et des commerçants de Carmeaux et le train de Jaurès, nous participeront à l'anniversaire du Viaduc de Viaur (12), le 16 septembre prochain. Nous ferons une halte importante à Carmeaux, lieu emblématique de l'histoire des coopératives, puisque Jaurès a soutenu en son temps le combat des ouvriers de la verrerie de Carmeaux pour la création de leur usine à Albi. Ce sera notamment l'occasion d'évoquer la transmission d'entreprises en coopérative.

Quelle place tiennent Midi-Pyrénées et la région toulousaine dans l’histoire nationale des coopératives ?

Nous avons ici un terreau coopératif très ancien. La Verrerie d'Albi date du début du XXe siècle et fait partie de l'histoire de la région. Par ailleurs, un département comme le Gers possède une tradition de coopération très ancienne, que les historiens font remonter au Moyen-Age.

Si l'Urscop s'est créée en 1937, autour d'une quinzaine de coopératives, c'est qu'il y avait déjà un contexte fertile. Par la suite, la dynamique de création des coopératives a été assez lente parce que, jusqu'en 1978, il fallait fonder une société anonyme pour pouvoir créer une coopérative, ce qui nécessitait d'employer au moins sept personnes dès le départ. Ce n'est qu'en 1984 que les coopératives ont pu être créées avec deux salariés minimum. La possibilité offerte aux entreprises de petite taille de choisir le statut coopératif pour se développer a été tardive.

Mais, depuis quelques années, nous observons une démocratisation de ce statut. Celui-ci est mieux connu et mieux compris. Il correspond aussi aux attentes de personnes qui cherchent à monter des entreprises dans lesquelles sont intégrées collaboration et gouvernance participative.

Est-ce que l'entrepreneuriat en coopérative est en augmentation dans la région ?

L'ex-région Midi-Pyrénées est une des plus dynamiques en terme de création de coopératives. Et nous avons le taux de progression le plus fort. Mais nous sommes la troisième région pour le nombre de structures, après l'Ile-de-France et Rhône-Alpes.

Nous avons créé 29 coopératives en 2016. Nous constatons cet important rythme de création depuis trois ou quatre ans.

À l'heure où nombre de nos concitoyens s'inquiètent des délocalisations et de la financiarisation de l'économie, est-ce que la coopérative est une forme d'entrepreneuriat alternatif ?

Oui, c'est certain. D’ailleurs nous avons senti, après la crise de 2008, une meilleure compréhension de ce que l'on pouvait proposer comme mode d'entreprendre. Les travailleurs d'une coopérative sont copropriétaires de l'entreprise, leur objectif est de maintenir, de développer et de transmettre un outil de travail. L'idée n'est pas de faire des profits au travers du capital et encore moins de délocaliser l'outil de production pour augmenter ce capital. Nous sommes non-délocalisables : nous n'avons pas encore vu des salariés décider de se délocaliser eux-mêmes !

Est-ce que l'Urscop Midi-Pyrénées prévoit de fusionner avec celle de Languedoc dans le cadre de la création de la nouvelle grande région Occitanie ?

Oui. Nous avons un projet de fusion qui interviendra fin 2017-début 2018. C'est une chose qui se prépare et qui se travaille. Mais cela va se faire tranquillement. Et nous n'avons pas voulu nous donner de calendrier trop contraignant pour que l'organisation ait le temps de se mettre en place. Cela va permettre de mutualiser des moyens et de travailler encore plus en synergie. Mais en même temps, nos adhérents sont en attente de plus de proximité. Et il faut que nos équipes soient présentes sur tous les territoires de la région.

Plus d'infos :  www.scopmidipyrenees.coop/sites/fr/unions-regionales/les-scop-midi-pyrenees/

Pierre Auriau, Urscop Languedoc-Roussillon : « l'emploi dans les coopératives est non-délocalisable »

Créé le : 22/08/2016
Union régionale des Scop Languedoc Roussillon

Introduire plus de démocratie dans l'entreprise ? Répartir plus équitablement les profits ? Réinjecter les bénéfices dans le projet ? Pierre Auriau, directeur adjoint de l'Union régionale des Scop de Languedoc-Roussillon nous explique pourquoi reprendre une entreprise en coopérative. Retrouvez notre dossier, « Reprendre en coopérative, une vrai bonne idée ? » dans le premier numéro de Sans Transition !

Plus d'infos :

www.scop-lr.coop

« La SCOP peut faire peur »

Créé le : 16/06/2016
Crédit : PhoneAlchemist

Passer en SCOP, ce n’est facile, et encore moins quand on est jeune. Pourtant, en 2014, plus de 400 dirigeants de Scop et de Scic ont moins de 35 ans. 15.5% des entreprises sont dirigées par des jeunes, d’après la confédération générale des SCOP. Rencontre avec un de ces jeunes entrepreneurs, Joachim Bourquardez. Il est le gérant administratif de l Scop PhoneAlchemist, basée à Marseille. 

« Dès que nous avons été majeurs, nous avons fondé Phone Alchemist. Nous avons toujours eu envie d’entreprendre différemment, d’avoir une forme un peu innovante, plus horizontale, sans hiérarchie. Puisque nous avons fondé la société très jeune, nous n’avons pas été formés dans les grandes entreprises. Nous avons choisi de passer en SCOP. On voulait quelque chose de contraignant et de durable. La question de la forme de l’entreprise se pose naturellement quand on est jeune. Il s’agit d’un format pour tout le monde. L’âge moyen du personnel des SCOP est inférieur à 40 ans. Par contre, certains partenaires financiers ne comprenaient pas cette démarche. Le problème est que le statut de SCOP n’est pas très connu et peut faire peur. Cependant, il n’y a pas eu de réticence au sein de l’entreprise. Quand on le vit au quotidien, il y a une certaine fluidité dans les décisions, de travailler en équipe. Le mode du fonctionnement correspond plutôt bien aux jeunes, justement. Notre équipe est jeune mais cela tient plutôt du fait que nous travaillons dans les nouvelles technologies. Au fur et à mesure, nous trouvons des personnes qui apprécient ce type d’organisation. »

Plus d'infos : 

https://www.phonealchemist.com/ 

Aquaclim Service : « Partager l’entreprise est un juste remerciement aux employés »

Créé le : 15/06/2016
Légende : l’équipe d’Aquclim Service est composée de 13 salariés. Crédits photos : Aquaclim Service

Créée en 2009, Aquaclim Service était, comme beaucoup d’entreprises d’artisanat, constituée sous forme d’EURL, entreprises unipersonnelle à responsabilité limitée. L’entreprise lorientaise se développe assez vite au point d’avoir près de 12 employés en 2014. Le fondateur de l’entreprise préfère alors passer en SCOP.

 

" Cette entreprise de chauffage, de ventilation et de rénovation de salle de bain a pris le pari de devenir une SCOP, sous l’impulsion de Ronan Olivin, fondateur et aujourd’hui gérant de la structure. « Être chef d’entreprise est assez lourd. L’embauche d’un nouveau salarié est par exemple un choix difficile lorsque l’on est seul et qui peut amener à des conflits avec les autres employés. En SCOP, on discute ensemble de ces décisions.» Car, « partager l’entreprise est un juste remerciement aux employés. Ils ont travaillé presqu’autant que moi pour le développement de l’entreprise. Ils doivent récupérer le juste résultat de leurs efforts. Ma réussite est une réussite commune. »

Pour autant, le passage en SCOP ne s’est pas fait sans difficulté. Il a fallu près de 8 mois avant que l’entreprise devienne une coopérative. «  Nous avons eu une phase de questionnements et d’adaptation durant laquelle les salariés devaient trouver leur place, il a fallu redéfinir les rôles.» Le passage en SCOP permet de réinvestir dans les employés et dans l’entreprise, ce qui l’a rendue beaucoup plus forte.  « Il y a une réelle implication de la personne. On garde les forces vives dans l’entreprise. » Il s’agit aussi pour tout le monde de faire bien son travail. «En tant que gérant, je peux être remis en cause tous les 4 ans. Si mes associés pensent que je ne suis pas bon, ils peuvent décider de nommer un autre gérant », conclut le chef d'entreprise. "

 

Reprendre en Scop ?

La nouvelle revue Sans Transition ! sort fin juin. Elle vous invite à comprendre et vous engager dans cette société qui nous est chère. Ce magazine propose un dossier complet sur la reprise en Scop et un entretien avec Benoît Hamon, ancien ministre et député des Yvelines. 

 

Plus d’infos :

www.aquaclimservice.fr

Aurélie Fréjoux : « Une manière de décider ensemble »

Créé le : 13/06/2016
Aurélie Fréjoux © CIBC

Basé à Castres, le CIBC du Tarn-Centre Inter-institutionnel de Bilan de Compétences 81- accompagne les adultes salariés ou demandeurs d’emplois qui cherchent à se reconvertir. Fondé en 1986 par l’Etat, le CIBC 81 devient une association en 2004. Repris en Scop par 16 salariés dix ans plus tard, ce statut permet-il de conserver les valeurs et les activités de l’association ? Aurélie Fréjoux, gérante de la nouvelle Scop, nous explique.

« La coopération est avant tout une façon de décider ensemble. Elle ne change pas notre manière de travailler. Tout le monde réalise sa mission, en se responsabilisant. En tant qu'association, nous nous inscrivions déjà dans un champ économique concurrentiel. Le statut associatif ne correspondait plus à notre façon de fonctionner, ni à l’exigence de nos activités.  Avec la transformation en Scop, nous travaillons davantage autour de valeurs communes. Nous ne dépendons plus de subventions, et les salariés sont valorisés et majoritaires. C’est un choix de statut plus adapté, voté par l’assemblée générale du CIBC. 16 salariés sur 18 sont désormais associés. Si la forme juridique a évolué, nous avons gardé nos clients et poursuivi les mêmes activités. Par ailleurs, nous nous inscrivons dans un réseau régional, l'union régionale des scop, qui favorise la coopération. La mutation en Scop a renforcé ce réseau à Albi, Mazamet, Graulhet, Gaillac et Lavaur. » 

 

Reprendre en Scop ?

La nouvelle revue Sans Transition ! sort fin juin. Elle vous invite à comprendre et vous engager dans cette société qui nous est chère. Ce magazine propose un dossier complet sur la reprise en Scop et un entretien avec Benoît Hamon, député de la circonscripton des Yvelines et conseiller municipal à Trappes (78). 

 

Plus d'infos : 

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31406 

http://www.cibc.net/contenus/centre2.php?num=60 

 

Caroline Sénécal

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