Scop

[ ESS ] Le réseau des entreprises coopératives en AURA solidaire et résilient face à la crise

Créé le : 14/05/2020

Alors que la crise sanitaire impacte fortement l'activité économique des entreprises coopératives d'Auvergne-Rhône-Alpes, les valeurs qui fondent le réseau des Scop et des Scic (solidarité, pérennité, force du collectif...) résonnent avec encore davantage de force et de sens aujourd'hui. Plusieurs solutions inédites ont été rapidement mises en place et détaillées un communiqué de presse publié par le réseau.

Le PPES, un financement simple et rapide pour soutenir la trésorerie des coopératives

En réponse immédiate à la crise, le Mouvement coopératif, via sa holding financière Socoden, a mis en place un Prêt participatif d'entraide et solidaire (PPES). Ce financement simple et rapide a pour but de soutenir la trésorerie des coopératives le temps de la mise en place des reports de charges fiscales, sociales et bancaires, du chômage partiel et du prêt garanti par l'Etat. Déjà 2 millions d'euros ont été débloqués depuis le 13 mars, permettant à près de 90 entreprises de bénéficier d'un prêt moyen de 23 000 euros, accordé sous 48h et versé sous 7 jours.

Au fil des ans, la holding Socoden est devenue un véritable outil de solidarité, alimenté par les cotisations des Scop et des Scic du Mouvement. Aujourd'hui, après 50 ans d'existence, plus de 3 000 entreprises ont été financées, sous forme de prêts participatifs simples ou bonifiés. Un panel d'outils complémentaires nationaux et régionaux vient compléter ces aides, pour financer du haut de bilan notamment.
 

Un accompagnement renforcé avec une équipe sur le pont


En complément de ces mesures financières, l'Union régionale a renforcé ses équipes dédiées au suivi des coopératives, en augmentant ses effectifs de 42 %. Ainsi, 95 % des adhérents ont pu être contactés dès les quinze premiers jours du confinement. Des outils innovants ont été mis à la disposition des dirigeant·e·s, pour rompre leur isolement et leur apporter des solutions concrètes et rapides [...]

> Lire le communiqué de presse en intégralité.

[Covid-19] : Un carnaval A'tipik

Créé le : 07/05/2020
équipe d'A'tipik . crédit : Julien Dezécot

Par Julien Dezécot

Face au coronavirus, l'entreprise d'insertion 13 A'tipik, basée à Marseille, réalise des masques homologués en coton, tant pour les personnels soignants que pour les particuliers. Grâce à ses 25 salariés, elle pourrait produire jusqu'à 30 000 masques dans les prochains mois. Et ainsi permettre, avec les autres ateliers improvisés de France, un déconfinement progressif et sécurisé de la population.

Clac, clac, clac, clac… Une vingtaine de machines à coudre ronronnent, au rez-de-chaussée du 10 rue des Antilles, à Marseille. Leurs aiguilles piquent inlassablement le coton blanc, dans un va-et-vient mécanique qui bat la mesure. Masqués, une vingtaine de salariés en insertion s'appliquent à confectionner, depuis mars, une myriade de tissus nacrés, pour protéger particuliers et professionnels.

Situé au pied de la Bonne Mère, l'atelier de couture 13 A'tipik produit désormais les fameux masques FFP2, ainsi que des blouses de protection. Cet atelier de haute couture et prêt-à-porter a obtenu – comme une quarantaine d'autres structures - l'appel d'offres du ministère de la Défense, pour produire ces protections homologuées.

Téléphone en main, cheveux de jais et regard bienveillant, Sahouda, la cinquantaine, est une entrepreneuse sociale dans l'âme. « Encore un appel à produire des masques..., souffle-t-elle en raccrochant. Mais mon carnet de commandes est déjà plein ! » Maintenant, il va lui falloir négocier des délais de production car tous ses clients veulent les masques dès à présent, alors qu'ils mettront 3 ou 4 mois à produire les 30 000 unités souhaitées. Parmi les clients, des structures publiques comme les hôpitaux de Martigues ou des mairies de la région Sud, et d’autres privées, avec les fédérations du BTP.

atelier A'tipikcrédit photo : Julien Dezécot

En consultant les réseaux sociaux sur son smartphone, Sahouda se réjouit. C'est une très bonne nouvelle qui tombe pour la fondatrice de l'atelier, ancienne salariée d'une mission locale à Avignon. « Nos masques viennent juste de permettre au Gang des casseroles marseillais – un collectif associatif composé notamment de la Banque alimentaire et des Apprentis d'Auteuil- de servir des repas sains aux plus démunis dans de bonnes conditions sanitaires ». Au même moment, c'est une pharmacienne et un citoyen du quartier qui toquent à l'atelier, pour tenter de commander à leur tour les précieux sésames, vendus entre 3 et 4 euros pièce. Tandis que Sahouda accepte l'aide de son neveu pour venir travailler à l'atelier la semaine prochaine...

Avant le Coronavirus, « on a commencé par réaliser des masques pour nous, pour pouvoir continuer à travailler, avec des chutes de tissus, poursuit Sahouda. C'est l'une des salariés, Shanon, sourde et malentendante, qui a créé un modèle qui nous plaisait. Puis je me suis dit, début mars, et si on produisait une petite série de 300 en coton, pour les donner aux gens de notre entourage ? » Mais l'aventure ne s'arrêtera pas là. Sahouda se blesse accidentellement à la jambe le jour du confinement, mi-mars. Vissée devant son ordinateur, elle découvre l'appel d'offres du ministère. Un coup de fil et quelques essais plus tard, l'atelier qui confectionnait jadis du prêt à porter féminin de qualité, notamment pour de grandes marques, se métamorphose en carnaval solidaire pour produire des masques.

Comme dans une famille

Si les masques sont récents dans cet atelier d'insertion créé il y a 9 ans, la solidarité y est quant à elle ancrée depuis toujours. « Nous sommes comme une petit famille au sein de l'atelier. Dès que les uns ou les autres ont des soucis, ils savent qu'ils peuvent venir m'en parler et que j'ai toujours une oreille attentive pour eux », souligne Sahouda dans une forme de management maternaliste. Elle poursuit : « J'ai reçu un à un tous les salariés avant de me lancer dans ce pari des masques, en leur demandant s'ils étaient prêts à venir travailler masqués à l'atelier ou de chez eux et à s'engager avec moi. » Résultat : seule une salariée angoissée par le Covid-19 s'est vu, en lien avec son médecin, proposer un arrêt maladie. Quatre autres, des personnes soit âgées soit fragiles, travaillent désormais de leur domicile. « Je leur ai apporté les machines à coudre chez eux. Et tous les autres ont souhaité revenir à l'atelier. », rebondit Sahouda, convaincue que le travail est l'outil indispensable pour exister en société. « Mais pour que chacun s'épanouisse, le travail ne doit pas être qu'une contrainte », souffle-t-elle. Et l'entreprise doit pouvoir accompagner les salariés, en leur proposant notamment de ne pas travailler le mercredi pour pouvoir s'occuper de leurs enfants ou d'avoir des horaires calés sur l'école, entre 9h et 16h. Et même d’avantage selon Sahouda. « Lorsqu'ils cherchent un logement, je me porte caution pour les salariés et chacun donne un petit quelque chose pour faciliter l’emménagement. C'est moi qui prends parfois rdv chez le médecin. Il m'est même arrivé de régler la dette de certains en échelonnant ensuite sur leur salaire... »

Les mains parallèles à la table de couture, Najet, une petite brunette réservée, s'applique à finaliser sa pièce. Ses doigts guident le tissu dans un tempo maîtrisé. Depuis un an, elle est l'une des 15 femmes qui travaillent à l'atelier. « La couture, c'est ma passion », déclare-t-elle spontanément. Malentendante, Nadjet a obtenu un CAP-BEP couture avant d'intégrer l'atelier. Et à la fin de son CDDI, contrat à durée déterminée d'insertion de 2 ans maximum, elle aimerait si possible pouvoir rester car « le travail est agréable et diversifié ».

Assis à côté d'elle depuis 3 mois, Djamel, 42 ans, se régale dans son boulot. Après une carrière dans la restauration à Marseille, il décide de se réorienter, pour retrouver des horaires de travail « plus normaux ». Et pour mieux s'occuper de sa fille de 11 ans. « Il me fallait du sens et des horaires adaptés, résume-t-il. Ici, j'ai les deux grâce au Plie qui m'a conseillé de frapper chez A'tipik! ». Le Plie, c'est Le Plan local pour l’insertion et l’emploi de Marseille. Cet outil de politique territoriale propose un accompagnement individualisé et renforcé des publics. Leurs conseillers sont en lien avec de nombreux chantiers d'insertion. « À la fin de mon contrat, j'aimerais moi-aussi créer une entreprise dans le domaine du textile, du vintage, pour donner une seconde vie aux habits », espère Djamel, avant de reprendre le travail.

Changement de vie possible

Amel, la quarantaine, regard pétillant, travaille également au Plie comme conseillère. Mais aujourd'hui, elle est ici comme bénévole : « Sahouda m'a dit : c'est chaud en ce moment, j'ai voulu lui donner un coup de main ! Pour moi qui suis en télétravail avec un salaire assuré, c'est bien plus confortable que pour ces TPE traversées par la crise actuelle. Nous devons vraiment les soutenir ! », explique cette femme engagée dans l'économie sociale, par ailleurs organisatrice au sein du Plie des Rencontres solidaires pour les entreprises d'insertion.

Un peu plus loin dans l'atelier, Saïd, 31 ans, est un ancien détenu qui a appris les rudiments de la couture en prison.  Ancien peintre en bâtiment, il travaille ici depuis près de 2 ans. « J'aime beaucoup le boulot, je me sens bien, ça m'aide pour trouver un équilibre avec ma femme et mes 2 enfants car ici on travaille sans pression, sans avoir la boule au ventre. Grâce à 13 Atipik, j'ai pu passer le code et bientôt le permis, c'est eux qui me l'ont payé ! » Son idée une fois sa mission terminée : ouvrir un snack à Marseille pour y créer des sandwichs. En attendant, Saïd reste concentré sur sa machine à coudre. Il sait que ce changement de vie en cours est sur de beaux rails. Et que grâce à lui, d’autres personnes pourront bientôt reprendre le chemin du travail et de la vie sociale.

Plus d'infos
13atipik.com
plie-mpmcentre.org

 

Engagés contre le Covid

On dit souvent que la solidarité est dans l’ADN des coopératives. En ces temps de crise, elles participent activement à l'élan de solidarité sur les territoires, en produisant des masques mais aussi en s'adaptant, afin de lutter contre la pandémie. Zoom sur quelques entreprises résilientes en régions.

ELAN SOLIDAIRE
Six couturières de la coopérative d'activités Elan Créateur en Ille-et-Vilaine (35), ont uni leurs talents au sein du réseau des Couturières solidaires, pour fabriquer des masques en tissu, à toutes celles et tous ceux qui travaillent chaque jour au contact du public. Elles ont déjà réalisé une cinquantaine de masques pour les salariés des magasins Biocoop Scarabée de Rennes et continuent sur leur lancée !

FACILITER LA LECTURE
La Scop Librairie des Volcans, implantée à Clermont-Ferrand a eu une idée originale, en collaboration avec la Bibliothèque de l’Université Clermont-Auvergne : ouvrir une page Facebook dédiée au confinement. Les libraires et les bibliothécaires sollicitent ainsi des auteurs et des éditeurs, afin de mettre à disposition gratuitement des textes récents encore sous droits !

LIVRAISON À VÉLO
Le magasin Biocoop de Caen s’est appuyé sur la Scop Toutenvélo, afin de proposer une solution alternative à ses clients. Avec un panier d’achat minimum de 50 euros et à condition qu’ils habitent à deux kilomètres maximum du magasin, ils peuvent désormais être livrés en vélo. En maintenant les gestes barrière évidemment !

DON DE MATERIEL
Scop TI, coopérative provençale de thés et infusions, a fait don de matériel de protection aux soignants de la région. Ainsi, ce sont plus de 1 000 masques, blouses, combinaisons intégrales et charlottes qui ont été distribués aux hôpitaux d’Aubagne et de la Timone à Marseille.

LOCAUX A DISPOSITION
Alors que les activités de Hello Montélo, la plateforme de services e-commerce de Montélimar portée par la CAE Prisme, sont désormais dématérialisées, les locaux de la Scic ne restent pas vides. Ils servent de points de collecte de paniers de producteurs locaux, trois fois par semaine.

[ ESS ] La coopération au service des territoires !

Créé le : 25/11/2019

A l’occasion de la matinale dédiée aux sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), organisée à Nice par l’Union régionale des sociétés coopératives (Urscop Paca-Corse) le 10 octobre dernier, ce modèle entrepreneurial a pu être mis en exergue au regard de sa valeur ajoutée : « un outil de développement des territoires et de transition écologique ». La parole à 2 entrepreneures italiennes - venues de Ligurie - et une chercheuse de l’université de Gênes, venues pour partager leur expériences dans le cadre du projet Me.Co. Un projet financé par le fonds européen de développement régional. Me.Co. est un projet transfrontalier impliquant 8 partenaires dont 3 français, telle l’Union régionale des sociétés coopératives Paca- Corse.

« Impluser un tourisme durable »

Paola Ferrari, salariée de la coopérative Brigi, basée à Mendatica :

« Nous sommes une coopérative de territoire, qui oeuvre dans le tourisme durable autour de Mendatica en Ligurie. Un parc aventures, de la randonnée, un refuge, des activités pour les enfants…, sont autant de champs explorés par notre entreprise. Nous participons au développement local en recrutant des personnes d’autres territoires (14 salariés), qui ensuite vont participer elles aussi à la renaissance d’activités économiques et sociales locales en milieu rural.»

Plus d’infos : Brigi sur Facebook

« Un projet festif d'innovation sociale »

Federica Scibetta, cofondatrice de la coopérative Il Cesto à Gênes :

« Notre coopérative propose d’abord un projet social. Nous offrons des services aux familles, aux mineurs, aux adolescents, aux sans-abris et aux migrants. Il Cesto travaille dans le centre historique de Gênes et organise des échanges festifs avec ces personnes. Les éducateurs avec lesquels nous travaillons participent à l’amélioration du vivre-ensemble en proposant un projet culturel, dans ce quartier qui était historiquement diffi cile et aux mains de la mafia italienne et qui a profondément changé

Plus d’infos : www.ilcesto.org

« Favoriser l'emploi local »

Cécile Sillig, chercheuse à l’université de Gênes, cheffe de file du projet Me.Co :

« Me.Co -‰Mentoring et communauté‰- est un projet transfrontalier franco-italien proposé par le programme Interreg Maritime, fi nancé par le fonds européen de développement régional. L’objectif du projet est de favoriser l’emploi local, en soutenant la création et le développement des coopératives de territoire en Italie, ainsi que les formes de coopératives
similaires que sont les Scic en France

Plus d’infos :
interreg-maritime.eu/fr/web/meco/projet
Et la page facebook : facebook.com/MeCoProject

« Relier l’alimentation durable à l’aménagement du territoire  »

Jean-Louis Millo, élu à la municipalité de Châteauneuf-Grasse

« Nous avons créé une association sur la commune de Châteauneuf  qui a pour objectif de faire revenir  les agriculteurs au cœur de la ville. Pour cela, un point de vente en circuit court a vu le jour et garantit aux agriculteurs la venue régulière de consommateurs. La municipalité s’est opposée à l’urbanisation des terres et a acquis 200 hectares de terrains agricoles. Notre ambition est d’inciter les propriétaires à confier leurs terrains à des agriculteurs qui travaillent en circuit court

Plus d'infos : www.ville-chateauneuf.fr

« Des vacances accessibles à tous  »

Roland Bedin, coordinateur du CLAJ Jeunesse camping :
« CLAJ Jeunesse camping est une association d’éducation populaire qui gère 5 centres de vacances en Région sud Provence Alpes-Côte d’Azur et un en Corse. Son objectif est d’ouvrir la Côte d’Azur aux gens modestes. Depuis sa création, 35000 à 40 000 nuitées ont été enregistrées. L’association est une entreprise sociale. Les bénéficiaires payent une pension très modeste. Mais aujourd’hui, les contraintes administratives ne sont plus les mêmes et il est de plus en plus difficile de boucler notre budget. Les Scic, sont un moyen parmi d’autres, de redynamiser un tourisme jeune et populaire.»

Plus d'infos : www.clajsud.com

 

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[ECONOMIE] : Comment redonner du sens à l’ESS ?

Créé le : 21/11/2019
Menuiserie Baron © CG Scop – Stéphanie Tëtu / La Company.

Photo : Menuiserie Baron © CG Scop – Stéphanie Tëtu / La Company.

Par Guillaume Bernard

À l’occasion du mois de novembre, décrété mois de l’Économie sociale et solidaire, Sans transition !a souhaité faire le point sur le sens de cette appellation et (ré)interroger ce qu'elle implique, tandis qu'elle se transforme et s'ouvre désormais aux sociétés commerciales. Alors l'ESS, gage de véritables valeurs ou simple étendard porté par certaines structures ?

Alors que se développent de véritables start-up de l’ESS lorgnant, par exemple, sur les marchés juteux du bio et du « local », et quand l’objet social de l’entreprise est plus valorisé que sa structure juridique (scop, mutuelle, association…), ne risque-t-on pas de perdre ce qui faisait la spécificité de l'Économie Sociale et Solidaire ? À l’occasion du mois de l’ESS, Sans transition ! s’est penché sur la question.

Gratin d’endives à la truite fumée, tourte au poulet et à la poire, le tout certifié bio et pour 10 à 20 minutes de préparation. Ni besoin de réfléchir à la recette ni même d’aller faire ses courses. Le nouveau concept innovant de l'entreprise Rutabago est à mi-chemin entre l'amap et la livraison de plats préparés à domicile : c’est le « panier prêt à cuisiner ». Fondée en 2016 par trois ingénieurs, l’entreprise, basée dans le 18e arrondissement parisien, livre ses paniers directement chez vous et ce partout en France. Si ses résultats sont pour l’instant modestes, ils ne devraient pas tarder à exploser. « Nous livrons actuellement 240 000 repas par an. Courant 2020, nous allons atteindre le million...

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[INTERVIEW SONORES] - Jacques Landriot, Confédération générale des SCOP : « L'innovation sociale est indispensable pour développer les coopératives »

Créé le : 01/12/2017

Nous nous sommes entretenus avec Jacques Landriot, président de la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives, à l'occasion des troisièmes Rencontres de l'Innovation sociale, le 1er décembre 2017, au Pôle Réalis de Montpellier. Cette figure de l'économie sociale et solidaire, ancien dirigeant du groupe Up (chèque déjeuner), a évoqué avec nous sa volonté de porter à 70 000 le nombre d'emplois coopératifs. 

MURIEL DECOUT, URSCOP MIDI-PYRÉNÉES : LE TERREAU COOPÉRATIF DE LA RÉGION EST TRÈS ANCIEN

Créé le : 16/05/2017

L'Urscop (Union régionale des sociétés coopératives de production) de l'ex-région Midi-Pyrénées a 80 ans cette année. Plusieurs événements sont destinés à fêter ce qui sera sans doute son dernier anniversaire, puisque la structure se prépare à fusionner avec sa sœur de l'ex-Languedoc-Roussillon au sein d'une future Urscop Occitanie. Entretien avec Muriel Decout, directrice de l'Urscop Midi-Pyrénées. 

 

Muriel Decout, directrice de l'Union régionale des Scop de Midi-Pyrénées - DR

 

L'Union régionale des Scop (Urscop) de l'ex-région Midi-Pyrénées a 80 ans cette année. Ça se fête ?

Oui. Nous organisons plusieurs événements pour l'occasion : le premier aura lieu lors de notre assemblée générale, le 10 juin prochain, à Brassac, dans le Tarn. Il s'agira d'un temps festif, ouvert à nos adhérents et nos partenaires, axé autour des mutations et des transitions. Nous souhaitons montrer que durant les 40 ou 50 dernières années, les coopératives ont été soumises à de nombreux changements, aussi bien au niveau des métiers que de l'environnement économique et social des entreprises. Il nous faut envisager ensemble ce qui va changer demain. Il nous faut réfléchir sur la communication et la façon de s'organiser pour préparer à nous développer davantage.

Puis nous avons souhaité proposer des événements, en direction du grand public, organisés dans plusieurs lieux du territoire afin de faire connaître les coopératives. Le premier aura lieu le 16 juillet à Cologne, dans le Gers. L'orchestre de chambre de Toulouse viendra donner un concert sous la halle de la commune. L'événement est co-organisé avec la Scic Le Colibri qui propose toute l'année des événements culturels.

Ensuite, en partenariat avec la Scop Editions 138 qui édite le magazine culturel Clutch et qui a cinq ans cette année, nous allons fêter en même temps nos anniversaires. Pour l'occasion, nous allons organiser un événement au Bikini, salle de musiques actuelles de Toulouse, le... Le but est de faire connaître les coopératives à un public de jeunes dans le cadre d'un moment festif.

Enfin, en association avec l'union commerciale des artisans, des industriels et des commerçants de Carmeaux et le train de Jaurès, nous participeront à l'anniversaire du Viaduc de Viaur (12), le 16 septembre prochain. Nous ferons une halte importante à Carmeaux, lieu emblématique de l'histoire des coopératives, puisque Jaurès a soutenu en son temps le combat des ouvriers de la verrerie de Carmeaux pour la création de leur usine à Albi. Ce sera notamment l'occasion d'évoquer la transmission d'entreprises en coopérative.

Quelle place tiennent Midi-Pyrénées et la région toulousaine dans l’histoire nationale des coopératives ?

Nous avons ici un terreau coopératif très ancien. La Verrerie d'Albi date du début du XXe siècle et fait partie de l'histoire de la région. Par ailleurs, un département comme le Gers possède une tradition de coopération très ancienne, que les historiens font remonter au Moyen-Age.

Si l'Urscop s'est créée en 1937, autour d'une quinzaine de coopératives, c'est qu'il y avait déjà un contexte fertile. Par la suite, la dynamique de création des coopératives a été assez lente parce que, jusqu'en 1978, il fallait fonder une société anonyme pour pouvoir créer une coopérative, ce qui nécessitait d'employer au moins sept personnes dès le départ. Ce n'est qu'en 1984 que les coopératives ont pu être créées avec deux salariés minimum. La possibilité offerte aux entreprises de petite taille de choisir le statut coopératif pour se développer a été tardive.

Mais, depuis quelques années, nous observons une démocratisation de ce statut. Celui-ci est mieux connu et mieux compris. Il correspond aussi aux attentes de personnes qui cherchent à monter des entreprises dans lesquelles sont intégrées collaboration et gouvernance participative.

Est-ce que l'entrepreneuriat en coopérative est en augmentation dans la région ?

L'ex-région Midi-Pyrénées est une des plus dynamiques en terme de création de coopératives. Et nous avons le taux de progression le plus fort. Mais nous sommes la troisième région pour le nombre de structures, après l'Ile-de-France et Rhône-Alpes.

Nous avons créé 29 coopératives en 2016. Nous constatons cet important rythme de création depuis trois ou quatre ans.

À l'heure où nombre de nos concitoyens s'inquiètent des délocalisations et de la financiarisation de l'économie, est-ce que la coopérative est une forme d'entrepreneuriat alternatif ?

Oui, c'est certain. D’ailleurs nous avons senti, après la crise de 2008, une meilleure compréhension de ce que l'on pouvait proposer comme mode d'entreprendre. Les travailleurs d'une coopérative sont copropriétaires de l'entreprise, leur objectif est de maintenir, de développer et de transmettre un outil de travail. L'idée n'est pas de faire des profits au travers du capital et encore moins de délocaliser l'outil de production pour augmenter ce capital. Nous sommes non-délocalisables : nous n'avons pas encore vu des salariés décider de se délocaliser eux-mêmes !

Est-ce que l'Urscop Midi-Pyrénées prévoit de fusionner avec celle de Languedoc dans le cadre de la création de la nouvelle grande région Occitanie ?

Oui. Nous avons un projet de fusion qui interviendra fin 2017-début 2018. C'est une chose qui se prépare et qui se travaille. Mais cela va se faire tranquillement. Et nous n'avons pas voulu nous donner de calendrier trop contraignant pour que l'organisation ait le temps de se mettre en place. Cela va permettre de mutualiser des moyens et de travailler encore plus en synergie. Mais en même temps, nos adhérents sont en attente de plus de proximité. Et il faut que nos équipes soient présentes sur tous les territoires de la région.

Plus d'infos :  www.scopmidipyrenees.coop/sites/fr/unions-regionales/les-scop-midi-pyrenees/

Pierre Auriau, Urscop Languedoc-Roussillon : « l'emploi dans les coopératives est non-délocalisable »

Créé le : 22/08/2016
Union régionale des Scop Languedoc Roussillon

Introduire plus de démocratie dans l'entreprise ? Répartir plus équitablement les profits ? Réinjecter les bénéfices dans le projet ? Pierre Auriau, directeur adjoint de l'Union régionale des Scop de Languedoc-Roussillon nous explique pourquoi reprendre une entreprise en coopérative. Retrouvez notre dossier, « Reprendre en coopérative, une vrai bonne idée ? » dans le premier numéro de Sans Transition !

Plus d'infos :

www.scop-lr.coop

« La SCOP peut faire peur »

Créé le : 16/06/2016
Crédit : PhoneAlchemist

Passer en SCOP, ce n’est facile, et encore moins quand on est jeune. Pourtant, en 2014, plus de 400 dirigeants de Scop et de Scic ont moins de 35 ans. 15.5% des entreprises sont dirigées par des jeunes, d’après la confédération générale des SCOP. Rencontre avec un de ces jeunes entrepreneurs, Joachim Bourquardez. Il est le gérant administratif de l Scop PhoneAlchemist, basée à Marseille. 

« Dès que nous avons été majeurs, nous avons fondé Phone Alchemist. Nous avons toujours eu envie d’entreprendre différemment, d’avoir une forme un peu innovante, plus horizontale, sans hiérarchie. Puisque nous avons fondé la société très jeune, nous n’avons pas été formés dans les grandes entreprises. Nous avons choisi de passer en SCOP. On voulait quelque chose de contraignant et de durable. La question de la forme de l’entreprise se pose naturellement quand on est jeune. Il s’agit d’un format pour tout le monde. L’âge moyen du personnel des SCOP est inférieur à 40 ans. Par contre, certains partenaires financiers ne comprenaient pas cette démarche. Le problème est que le statut de SCOP n’est pas très connu et peut faire peur. Cependant, il n’y a pas eu de réticence au sein de l’entreprise. Quand on le vit au quotidien, il y a une certaine fluidité dans les décisions, de travailler en équipe. Le mode du fonctionnement correspond plutôt bien aux jeunes, justement. Notre équipe est jeune mais cela tient plutôt du fait que nous travaillons dans les nouvelles technologies. Au fur et à mesure, nous trouvons des personnes qui apprécient ce type d’organisation. »

Plus d'infos : 

https://www.phonealchemist.com/ 

Aquaclim Service : « Partager l’entreprise est un juste remerciement aux employés »

Créé le : 15/06/2016
Légende : l’équipe d’Aquclim Service est composée de 13 salariés. Crédits photos : Aquaclim Service

Créée en 2009, Aquaclim Service était, comme beaucoup d’entreprises d’artisanat, constituée sous forme d’EURL, entreprises unipersonnelle à responsabilité limitée. L’entreprise lorientaise se développe assez vite au point d’avoir près de 12 employés en 2014. Le fondateur de l’entreprise préfère alors passer en SCOP.

 

" Cette entreprise de chauffage, de ventilation et de rénovation de salle de bain a pris le pari de devenir une SCOP, sous l’impulsion de Ronan Olivin, fondateur et aujourd’hui gérant de la structure. « Être chef d’entreprise est assez lourd. L’embauche d’un nouveau salarié est par exemple un choix difficile lorsque l’on est seul et qui peut amener à des conflits avec les autres employés. En SCOP, on discute ensemble de ces décisions.» Car, « partager l’entreprise est un juste remerciement aux employés. Ils ont travaillé presqu’autant que moi pour le développement de l’entreprise. Ils doivent récupérer le juste résultat de leurs efforts. Ma réussite est une réussite commune. »

Pour autant, le passage en SCOP ne s’est pas fait sans difficulté. Il a fallu près de 8 mois avant que l’entreprise devienne une coopérative. «  Nous avons eu une phase de questionnements et d’adaptation durant laquelle les salariés devaient trouver leur place, il a fallu redéfinir les rôles.» Le passage en SCOP permet de réinvestir dans les employés et dans l’entreprise, ce qui l’a rendue beaucoup plus forte.  « Il y a une réelle implication de la personne. On garde les forces vives dans l’entreprise. » Il s’agit aussi pour tout le monde de faire bien son travail. «En tant que gérant, je peux être remis en cause tous les 4 ans. Si mes associés pensent que je ne suis pas bon, ils peuvent décider de nommer un autre gérant », conclut le chef d'entreprise. "

 

Reprendre en Scop ?

La nouvelle revue Sans Transition ! sort fin juin. Elle vous invite à comprendre et vous engager dans cette société qui nous est chère. Ce magazine propose un dossier complet sur la reprise en Scop et un entretien avec Benoît Hamon, ancien ministre et député des Yvelines. 

 

Plus d’infos :

www.aquaclimservice.fr

Aurélie Fréjoux : « Une manière de décider ensemble »

Créé le : 13/06/2016
Aurélie Fréjoux © CIBC

Basé à Castres, le CIBC du Tarn-Centre Inter-institutionnel de Bilan de Compétences 81- accompagne les adultes salariés ou demandeurs d’emplois qui cherchent à se reconvertir. Fondé en 1986 par l’Etat, le CIBC 81 devient une association en 2004. Repris en Scop par 16 salariés dix ans plus tard, ce statut permet-il de conserver les valeurs et les activités de l’association ? Aurélie Fréjoux, gérante de la nouvelle Scop, nous explique.

« La coopération est avant tout une façon de décider ensemble. Elle ne change pas notre manière de travailler. Tout le monde réalise sa mission, en se responsabilisant. En tant qu'association, nous nous inscrivions déjà dans un champ économique concurrentiel. Le statut associatif ne correspondait plus à notre façon de fonctionner, ni à l’exigence de nos activités.  Avec la transformation en Scop, nous travaillons davantage autour de valeurs communes. Nous ne dépendons plus de subventions, et les salariés sont valorisés et majoritaires. C’est un choix de statut plus adapté, voté par l’assemblée générale du CIBC. 16 salariés sur 18 sont désormais associés. Si la forme juridique a évolué, nous avons gardé nos clients et poursuivi les mêmes activités. Par ailleurs, nous nous inscrivons dans un réseau régional, l'union régionale des scop, qui favorise la coopération. La mutation en Scop a renforcé ce réseau à Albi, Mazamet, Graulhet, Gaillac et Lavaur. » 

 

Reprendre en Scop ?

La nouvelle revue Sans Transition ! sort fin juin. Elle vous invite à comprendre et vous engager dans cette société qui nous est chère. Ce magazine propose un dossier complet sur la reprise en Scop et un entretien avec Benoît Hamon, député de la circonscripton des Yvelines et conseiller municipal à Trappes (78). 

 

Plus d'infos : 

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31406 

http://www.cibc.net/contenus/centre2.php?num=60 

 

Caroline Sénécal

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