Réchauffement climatique

ALGUES VERTES – Yves-Marie Le Lay (Sauvegarde du Trégor) : "Il faut changer radicalement de modèle agricole"

Créé le : 17/07/2017
Yves-Marie Le Lay et Corinne Gravigny, respectivement président et vice-présidente de l'association Sauvegarde du Trégor. Dans l'estuaire du Gouessant, matériel de détection de gaz H2S à la main, ils arpentent les lieux où est mort un joggeur le 8 septembre 2016. Crédits photo : Sauvegarde du Trégor.

La Bretagne subit cette année d'importantes proliférations d'algues vertes sur ses côtes. Yves-Marie Le Lay, fondateur et président de l’association Sauvegarde du Trégor nous explique les causes de cet épisode et les solutions qu'il défend pour lutter contre ce phénomène. A 67 ans, cet ancien professeur de philosophie fait des marées vertes sa lutte quotidienne aux côtés des partisans de son association Haltes aux marées vertes.

Tout d'abord, rappelez nous, comment se forment les algues vertes ?

Pour qu’il y ait des marées vertes, il faut deux facteurs conjoints : de la lumière et du nitrate. Mais ce nitrate ne tombe pas du ciel. Il vient directement des excédents d’azote de l’agriculture intensive et des élevages de notre territoire. Dans les eaux calmes, protégées par les contours rocheux du littoral, le nitrate est répandu dans les baies sans être dispersé dans les eaux profondes. Une fois que l’on a compris ce système quasi mécanique, il suffit de reporter ces deux éléments clés au contexte météorologique de l’année. On part toujours d’un stock hivernal d’algues qui s’accumulent à côté du rivage, dans une cuvette. Dès que la lumière du printemps apparaît, les algues se développent.

Pourquoi y en a-t-il autant cette année ?

Si la mer est agitée en hiver, comme ce fut le cas en 2014, il n’y a pas d’algues au printemps. Et ce, même s’il y a du nitrate et de la lumière. Les algues, dispersées par les mouvements de la mer, vont donc mettre beaucoup de temps pour reconstituer leur stock. Or, cette année, on est parti d’un stock automnal de 2016 important qui n’a pas été perturbé par les tempêtes et a connu une abondance de lumière. Cela explique l’explosion que l’on voit aujourd’hui. Et le réchauffement climatique ne fait qu’accélérer le phénomène. Si on continue comme ça, il y en aura de plus en plus. Le discours officiel accuse la météo. Dans ce cas, je conseille vivement de faire des danses de la pluie ou d’aller brûler des cierges pour que la météo soit plus clémente ! On ne peut pas intervenir sur la construction naturelle des côtes ni sur la météo. Agissons donc sur ce robinet à nitrate issu de l'agriculture productiviste.

Pourtant, des « plans algues vertes » sont engagés par l’État … Cela n’est pas suffisant selon vous ?

J’éclate de rire quand j’entends ça. C’est aberrant parce que les faits sont là. Il y a eu cinq ans de « plans algues vertes » et rien n’a changé. Il n’y en a même jamais eu autant ! Cela prouve bien que ce qui a été engagé ne fonctionne pas. Et cela veut dire qu’il y a encore trop de nitrate sur notre territoire. Ces 70 millions d’euros d’investissement pour leurs plans « algues vertes », c’est 70 millions d’euros jetés à l’eau pour rien du tout. On pourrait quand même faire autre chose avec une telle somme. Ces « plans algues vertes » ne sont pas efficaces du tout. Cela ne sert à rien de continuer sur le même modèle, ça ne marchera pas plus.

Dans ce cas, que conseillez-vous d’instaurer pour remédier au problème ?

Vous avez raison de poser cette question car l’art de la critique ne vaut rien sans propositions. Il faut savoir que, selon la commission européenne, le seuil de potabilité de l’eau ne doit pas dépasser 49 milligrammes de nitrate. En revanche, les algues se développent dès 5 milligrammes. Tant qu’on aura des terrains d’exploitation ou d’élevages bovins à échelle industrielle, on aura des marées vertes. Il faut changer radicalement de culture ! Cette surface agricole « fabriquant des marées vertes » représente 7% de la totalité de la surface agricole en Bretagne. Est-ce si difficile de modifier ces 7% ? Il faudrait leur imposer le passage à une agriculture biologique pour que les bons élèves ne voient pas leur travail gâché par les mauvais. En produisant moins mais mieux, personne ne serait lésé puisque cela apporte une haute valeur ajoutée aux productions agricoles.

Plus d'infos :
http://www.alguesvertes.fr/

VIDEO - Jean-Louis Etienne, engagé pour le climat

Créé le : 15/11/2016

Il y a un an, débutaient à Paris les tractations de la COP 21. A cette occasion, nous publions l'ensemble des conférences que nous avons organisées, il y a un mois, autour de l'aventurier engagé pour le climat, Jean-Louis Etienne, en partenariat avec Harmonie Mutuelle et l'Université de Bretagne Occidentale.

 

 


 

COP 22 : « Qui contrôlera les engagements climatiques  ? »

Créé le : 15/11/2016

La COP22 sur le climat a débuté lundi à Marrakech. L’accord de Paris, ratifié début novembre par près de 100 pays est désormais entré en vigueur, même si sa mise en œuvre n'est prévue qu'à partir de 2020. Plus de 40 chefs d'Etats et 30 chefs de gouvernements vont désormais discuter des modalités de sa mise en œuvre.

«Marrakech, c'est le moment de faire avancer l'action climatique», a exhorté la responsable Climat de l'ONU, Patricia Espinosa, lors de la session plénière d'ouverture lundi dernier, appelant les pays à « accélérer le rythme et l'ampleur des mesures ». La nouvelle conférence climatique de l'ONU pour le climat, la COP22, doit permettre de concrétiser les engagements pris par la communauté internationale à Paris l'an dernier, pour lutter contre le dérèglement planétaire.

22000 participants appartenant à 196 nations échangent ainsi depuis lundi dernier à Marrakech, où se tient cette nouvelle grande messe climatique. Un an après la très médiatique COP21 du Bourget, les négociateurs réunis au Maroc vont désormais entrer dans le vif du sujet, en précisant les modalités techniques pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre décidés lors de la COP21. Car l’accord mondial sur le climat a été ratifié début novembre par suffisamment de pays pour entrer en vigueur. Pour que ce « compromis » mondial de réduction des gaz à effet de serre soit ratifié, il fallait qu’au moins 55 pays -représentant au minimum 55 % du total des émissions de GES- le paraphent. Le 4 novembre dernier, une centaine de parties émettant près des 2/3 du CO2 mondial s’y sont engagées. Mais l'élection du climato-sceptique Donald Trump, aux États-Unis, risque de faire retomber cet enthousiasme...

Pourtant cet accord intervient en un temps record d'engagement diplomatique : le précédent traité international sur le climat, le fameux protocole de Kyoto, avait mis pour sa part près de 7 ans à être entériné par les États en 1997. « Et encore, souffle Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique très engagé dans les questions climatiques qu'il suit depuis de nombreuses années, à l'époque il avait fallu prier les russes de s'engager… Alors qu'avec l'accord de Paris, l'engagement diplomatique en faveur du climat n'a jamais été aussi important !»

Pour mémoire, l'accord de Paris prévoit de limiter le réchauffement climatique « à moins de 2 degrés en moyenne à l'échelle planétaire, si possible 1,5 °C à l'horizon 2100 », rappelle Jean Jouzel, climatologue et membre du Giec, le Groupement intergouvernemental sur le climat.

Régler les innombrables modalités techniques

Pour limiter la hausse à +2°C de moyenne, les scientifiques observent qu'il ne faudrait plus émettre dans l'atmosphère que 42 gigatonnes équivalent CO2 en 2030 (contre 52,7 en 2014). De facto, même si tous les pays tenaient leurs promesses de la COP21, 54 à 56 gigatonnes devraient encore être émises en 2030 selon les projections, « soit 12 à 14 de trop », estime le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) . Dès lors, « le monde doit radicalement réduire les émissions de GES à l'origine du réchauffement mondial s'il veut éviter une tragédie humaine, a prévenu l'ONU jeudi. « Si nous ne commençons pas à prendre des mesures supplémentaires dès la conférence de Marrakech, nous finirons par pleurer devant une tragédie évitable », a surenchérit Erik Solheim, directeur du PNUE, qui publie son rapport annuel sur l'action climatique mondiale. Selon les Nations Unies, malgré l'accord de Paris, le monde se dirige d'ici 2100 vers des températures comprises entre +2,9 et +3,4°C en moyenne, par rapport au niveau pré-industriel.

Pour faire face à ce constat cinglant, le PNUE insiste sur le rôle des villes, des entreprises, des citoyens, afin d'intensifier les efforts, notamment en faveur des économies d'énergie.

Ronan Dantec, également porte-parole du réseau mondial des villes engagées dans la lutte contre le climat, souligne « le rôle majeur que vont jouer les acteurs non étatiques dans la réduction des gaz à effet de serre, dont les ONG, entreprises et collectivités, réunis à Nantes en octobre dernier lors du sommet Climate Chance. Nous savons comment réduire les gaz à effet de serre pour contenir le phénomène climatique. Il convient à ce stade de mettre en œuvre les financements nécessaires pour y parvenir, tant au niveau global qu'à l'échelon local » poursuit-il. Les 100 milliards du fonds vert, promis en 2009 aux pays en voie de développement pour faciliter leur transition, sont l'une des voies de financement. « Mais il faudra s'attaquer aux milliers de milliards que représentent l'ensemble des flux financiers planétaires, pour s'assurer que les investissement vont en priorité vers les énergies décarbonées » reprend Ronan Dantec.

Outre les modalités financières, Marrakech devra également « approfondir la question de l'éducation pour une développement durable », rebondit pour sa part Jacques Brégeon, président de l'école des métiers de l'environnement, de Rennes (EME) pour qui l'éducation doit être au cœur des priorités du bassin méditerranéen. « A Paris, le volet éducatif n'a été que survolé, argumente-t-il, nous espérons créer à Marrakech une dynamique d'éducation positive. »

Compte tenu de l'urgence climatique et environnementale, détaille Jacques Brégeon, l'éducation pourrait permettre un changement majeur de paradigme en une génération. Ce serait une véritable révolution », espère-t-il.

Quid de l'avancée des engagements ?

Parmi les autres questions cruciales qui n'échapperont pas aux négociateurs à Marrakech, celle du contrôle des engagements sera par ailleurs l'une des plus complexes à régler. Car une fois précisée la stratégie des pays pour limiter contre le réchauffement de la planète, qui contrôlera le respect des engagements climatiques ? Autrement dit, Marrakech ouvre un nouveau cycle climatique jusqu'en 2020, durant lequel des règles de contrôle et de transparence vont êtres écrites pour les années à venir. Au menu desquelles, il conviendra de s’assurer que les États sont prêts à développer les énergies renouvelables, à lutter contre la pollution des voitures, à développer la rénovation des bâtiments… « C’est crucial de pouvoir obtenir cette transparence et de mutualiser les savoir-faire, explique Célia Gauthier, du Réseau action climat (Rac), qui réunit une quinzaine d'ONG françaises : « les gouvernements devront préciser comment on mesure les réductions de gaz à effet de serre menées dans chaque État et de quelle manière celles-ci sont rapportées à l’ONU. » Sans ces informations, les acteurs de la société civile ne saurons pas ce que les États font. Et nous ne pourrons pas contraindre nos gouvernements à tenir leurs engagements. » Pour l’instant, ces règles de « vivre-ensemble » restent bel et bien à inventer...

 

 


L'Air et moi à la Cop22

Air Paca était invité à présenter le programme de sensibilisation des enfants à la qualité de l'air, l'Air et moi, à la Cop22 de Marrakech. A cette occasion, une vidéo a été réalisée aves des élèves de primaire à l'attention "des présidents de la terre". A regarder ci-dessous sans modération.

 

Rapport de la Cour des comptes : Le Réseau Action Climat appelle à une transition vers une fiscalité écologique et juste

Créé le : 10/11/2016
Crédits : Pixabay

Par le Réseau Action Climat

La Cour des comptes souligne, dans un rapport publié le 8 novembre [1], le poids prépondérant des dépenses fiscales défavorables à l’environnement. Non seulement celles-ci sont largement supérieures aux dépenses fiscales favorables à l’environnement mais elles se sont accrues ces dernières années. Pour le Réseau Action Climat, le système fiscal a besoin d’être réformé en profondeur pour être mis en accord avec les objectifs de lutte contre les changements climatiques. En attendant, des mesures peuvent d’ores et déjà être adoptées dans le PLF2017.

L'Etat finance donc davantage la pollution que les solutions environnementales et climatiques via son système fiscal. Si on tient compte du différentiel de taxation entre le gazole et l’essence (6,11 Md€ en 2015 [2] , le total des dépenses fiscales défavorables au développement durable s’élève alors, selon la Cour des comptes, à 13 Md€ en 2015 [3], contre moins de 5 Md€ en faveur de l'environnement.  

C’est sans compter d’autres niches fiscales accordées à des secteurs très émetteurs de gaz à effet de serre comme le transport aérien qui bénéficie d’une exemption de taxe totale sur le carburant équivalant à 2,825 milliards d’euros en 2015 [4]. Bénéficiant avant tout aux personnes les plus aisées [5] et contraire au principe de pollueur-payeur, cette niche fiscale est une aberration. 

Pour le Réseau Action Climat, les niches fiscales défavorables à l’environnement doivent être supprimées pour mettre le système fiscal en cohérence avec la loi de transition énergétique et l’Accord de Paris sur le climat. Afin d’anticiper les impacts sur les acteurs et les secteurs concernés et d’accompagner cette transition, un échéancier doit être programmé au plus tôt.  

Enfin, il est encore temps pour le gouvernement et les parlementaires de laisser un bilan plus honorable sur la fiscalité écologique en rectifiant le tir dans la loi de finance 2017. Le Réseau Action Climat préconise la poursuite du rattrapage fiscal entre le diesel et l’essence en augmentant la TICPE sur le gazole et l’accélération de la trajectoire de la composante carbone.  

Afin de mettre ces mesures au service d’une transition écologique plus juste, les recettes de la fiscalité écologique devront bénéficier aux ménages en premier lieu : directement pour les personnes en situation de précarité énergétique, au travers d’investissements dans les alternatives au transport routier individuel, bonnes pour la santé et le climat (transports en commun, projets pour rendre les territoires cyclables).

Plus d'infos :

www.rac-f.org 

[1] Lien vers le rapport : Cour des comptes, L’efficience des dépenses fiscales relatives au développement durable, 9 novembre 2016. http://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/L-efficience-des-depenses-fiscales-relatives-au-developpement-durable

[2] Calculé en comparant les taux de 62,41 €/hl de taxe intérieure de consommation pour les supercarburants, et de 46,82 €/hl pour le gazole et en utilisant les consommations annuelles de carburant (données DGDDI, 2015).

[3] La Cour des comptes a estimé à 11,87 Milliards d’euros (Md€) le total des dépenses fiscales en 2015. Alors que les dépenses fiscales favorables à l’environnement s’élèvent à 4, 973 Md€ en 2015, les dépenses fiscales défavorables à l’environnement s’élèvent à 6,90Md€. Ce montant a augmenté de 51,9% entre 2010 et 2015.

[4] L’avantage fiscal bénéficiant au transport aérien s’élève à 2 825 M€ en 2015, selon le rapport de la Cour des comptes.

[5] Parmi les ménages dont le niveau de vie est le plus faible, moins d’un quart a pris l’avion au cours de l’année écoulée. Chez les ménages dont le niveau de vie est le plus élevé, cette proportion atteint 49 % Source : Commissariat général au développement durable CGDD - Les Français et la mobilité durable - Septembre 2016.

Climate Chance : Une mobilisation exceptionnelle de la société civile internationale et une déclaration commune pour appeler les Etats à renforcer l’action concrète

Créé le : 03/10/2016
Crédit : DR

Par Climate chance 

Le sommet Climate Chance vient de fermer ses portes. Alors que la multiplication des phénomènes extrêmes souligne la rapidité du dérèglement climatique en cours, les représentants de la société civile internationale ont largement répondu présent à cette première édition, démontrant leur attente d’un tel moment d’échanges et de rencontres, mais aussi leur détermination à affirmer leur rôle incontournable dans la lutte pour le climat. 

Une fréquentation au delà de toutes les attentes

“Climate Chance était un véritable pari, il est incontestablement réussi” se réjouit Johanna Rolland, Maire de Nantes et Présidente de Nantes Métropole. Collectivités, entreprises, ONG, associations, syndicats, organismes scientifiques… en tout, ce sont plus de 3000 représentants de la société civile de 62 nationalités différentes qui étaient au rendez-vous de cette première édition de Climate Chance, dépassant ainsi les attentes les plus optimistes. Pendant 3 jours, unis dans une dynamique collective, ils ont pu se rencontrer, débattre, échanger et mutualiser leurs expériences, les bonnes pratiques et les échecs, dessinant ainsi l’état de l’action à travers le monde en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, mais soulignant aussi les opportunités naissant de ce combat résolu.

17 coalitions thématiques en ordre de marche jusqu’en 2018

Pour une plus grande efficacité, les actions de la société civile internationale doivent être inscrites dans une dynamique cohérente, durable et organisée. C’est la vocation des coalitions thématiques, qui rassemblent les acteurs mobilisés par secteur d'intervention (énergie, eau, transport, éducation, planification territoriale...). Ce sommet a été l’occasion de structurer et de renforcer les 15 coalitions existantes issues du Sommet de Lyon mais aussi de voir naître deux nouvelles coalitions: une coalition “Francophonie” et une coalition “Culture et climat”, chère au coeur de Nantes, visant à massifier les initiatives culturelles en faveur du climat qui émergent dans le monde entier.  

Chaque coalition dispose désormais d’une feuille de route claire jusqu’en 2018, résolument orientée vers l’action, avec l’objectif de contribuer à la réévaluation des engagements des Etats en 2018, étape indispensable pour tenir l’objectif de 2°C fixé dans l’accord de Paris. Aux Etats de nous proposer un cadre clair de coopération en vue de contribuer à ces réévaluations.

La Déclaration de Nantes largement signée

A six semaines de la COP22 de Marrakech, les acteurs non-étatiques, désormais en ordre de bataille, ont signé une déclaration commune sous le nom de “Déclaration de Nantes”. Dans celle-ci, ils exhortent les Etats à aller encore plus loin dans l’action pour atteindre les objectifs fixés lors de la COP21 et soumettent des propositions très concrètes pour y parvenir. “Le message est clair, indique Ronan Dantec, président de l’Association Climate Chance. On n’est plus dans le temps des déclarations, mais bien dans celui de l’action. Or c’est bien sur les territoires que l’action se passe. Les Etats ne peuvent pas faire sans la société civile. Climate Chance prouve que celle-ci est est disponible pour les aider à atteindre les objectifs”.

Deux points émergent en particulier de cette déclaration: la volonté partagée des acteurs non-étatiques d’une approche décentralisée, avec des territoires moteurs de l’action climatique,  et un accès aux financements facilités, notamment pour les pays du Sud.

Fort du succès de cette première édition, Climate Chance s’installe désormais comme un rendez-vous incontournable de l’agenda climatique, avec une deuxième édition d’ores et déjà prévue au au Maroc à l’automne prochain.

Jean-Louis Etienne : engagé dans l'aventure

Créé le : 26/09/2016
Jean-Louis Etienne, explorateur-écologiste, donnera une conférence, le 11 octobre prochain, à Brest. Un événement organisé par Harmonie mutuelle et Sans Transition ! Crédits : FD/LRMP

Sans Transition !, Harmonie Mutuelle et l'Université de Bretagne Occidentale ont l'honneur de recevoir, Jean-Louis Etienne, le 11 octobre prochain, à Brest, pour une conférence exceptionnelle. Au programme : l'engagement personnel et le réchauffement climatique. Voici notre portrait de cet aventurier "persévérant". 

Médecin, spécialiste en nutrition et biologie du sport, cet ancien directeur de l’Institut Océanographique a participé à de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie... En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire. Rencontre avec ce grand explorateur qui, à 69 ans, tente toujours de « rallumer l'espoir ».

Sa voix est rassurante, sa présence réconfortante. Mais lors de ses conférences, Jean-Louis Etienne n'hésite pas à interpeller la foule, pour inciter à l'engagement en faveur de la préservation de la planète. Mais aussi à l'engagement citoyen, pour changer la donne, en impulsant des initiatives positives. Son credo fait écho à sa propre expérience, par « le dépassement de soi ». Comme l'illustre le titre de son dernier ouvrage : « Persévérer », paru aux éditions Broché en 2015.

Jean-Louis Etienne n'a de cesse de rappeler ce qui se déroule sur le cercle polaire. « L'Antarctique est en train de changer de couleur, rapporte-t-il. Avant, son océan était recouvert par la glace durant la grande majorité du temps et il se teintait de blanc. Désormais, la neige arrive plus tard, repart plus tôt. Par conséquent, la banquise se réduit », détaille ce scientifique aguerri. Et Jean-Louis Etienne d'ajouter : « Sur les pôles, on assiste à une accélération du réchauffement climatique, avec une hausse moyenne qui a atteint jusqu’à 4°C en 60 ans ! ». C’est le fameux phénomène d’emballement climatique, scénario du pire à éviter à l'échelle planétaire.

Objectif Polarpode

Tourneur-fraiseur de formation, le parcours de Jean-Louis Etienne incarne cette détermination, tel le jour où il décide de devenir médecin. Il réussira alors à lever les obstacles pour y parvenir. Avant de changer de voie quelques années plus tard, pour participer à des expéditions hors-du-commun, en ballon, en chien de traîneau, en bateau... Dernier projet en date, Polarpode, vaisseau flottant de 125 mètres de hauteur, capable de dériver durant des mois à la même latitude que le Cap Horn. « Cette plate-forme de 720 tonnes est dimensionnée pour affronter les plus grosses vagues de cette zone méconnue du globe », explique Jean-louis Etienne. Une aventure de plus pour celui qui a réalisé en 1990 la plus longue traversée de l'Antarctique en traîneau à chiens, l'une des expéditions qui le rendra célèbre dans le monde entier.

Expédition parentale

Durant ses nombreuses expéditions il se retrouve souvent seul dans un environnement qui appelle l'introspection. Il raconte que l'un des moments les plus intenses de ses expéditions polaires fut lorsque la chaleur de son corps a permis à son baladeur de fonctionner malgré le froid, pour lui permettre d'écouter de la musique classique. « Une telle émotion m'a chamboulé, c'était une indescriptible intensité après des semaines de silence, j'ai pu alors reprendre contact avec le monde », exprime-t-il. Dernière grande émotion en date ? Devenir le père de deux jeunes enfants, Eliot et Ulysse, âgés respectivement de 12 et 14 ans. Voilà notamment ce qu'il aimerait leur transmettre. « Les enfants ont réussi à perturber ma routine, renchérit-il. Grâce à eux, je me rends compte qu'il ne faut pas oublier de donner. » Des générations futures qui, peut-être, inverseront les pôles du changement climatique en cours...

A lire :

Persévérer, Jean-Louis Etienne, Editions Paulsen, 2015, 215p. 22 euros

 

 

Une démarche qui s'enracine !

Créé le : 01/11/2015

Grâce à son équipe enseignante particulièrement active, le collège Racine s'est inscrit dans une démarche volontaire de sensibilisation au développement durable. Les élèves ont eu la chance d'assister en juin dernier à une conférence avec le climatologue Jean Jouzel, en lien avec la conférence mondiale sur le climat. 

Dans le brouhaha du self, une pléiade de jeunes Briochines débattent autour des aliments bio et locaux. Une fois le repas terminé au collège Racine, ces adolescentes trieront leurs déchets. Avant de participer à des ateliers de compostage organisé par les enseignants. « 12 % des aliments proposés aux jeunes sont bio et locaux. Nous souhaitons dès que possible atteindre les 20 % et montrer aux élèves que le développement durable se vit au quotidien », souligne Émilie Lagrue, gestionnaire de ce collège, où une démarche volontaire a été impulsée. Pour Jeanne, élève de 3e , venue assister la conférence avec Jean Jouzel en fin d'année: « Le développement durable à l'école, ça s'apprend tout au long de l'année !  Dans nos cours de technologie et sciences de la vie, nous avons ainsi été particulièrement sensibilisés ».

Un dialogue avec les familles

L'un des agents de l'établissement est même passé maître dans l'art du compostage. Il gère tout le suivi du compost utilisé par les enseignants de sciences de la vie qui montrent ainsi aux jeunes comment les déchets se transforme 9 mois plus tard en support de plantation(SVT). « C'est un véritable cercle vertueux, poursuit Emilie Lagrue, pour qui il est très important que les élève sachent ce que reflète concrètement le développement durable ! »
Cette démarche de sensibilisation va même jusqu'à instaurer un dialogue avec les familles des collégiens. Que ce soit Marlène, Louise, Agathe ou Anaïs, la plupart de ces jeunes élèves de 3e constatent que ce travail permet « d'instaurer un dialogue avec les parents, d'en discuter un peu à la maison ». Et de permettre à moyen terme un changement des pratiques au sein des familles.

Gwenaëlle Arzur, parent d'élève au collège Racine, y voit une démarche très positive. «  J'apprécie beaucoup que le collège soit moteur dans cette dynamique à l'échelle du département. Ces jeunes participent ainsi à changer leurs manière de faire au quotidien ». Espérons que leurs parents, qui auront pu assister à la conférence du climatologue Jean Jouzel (le jour du reportage), pourront eux aussi participer au changement des comportements...

Photo : La récente réforme des collèges devrait permettre aux établissements de proposer davantage d'enseignements transversaux, en lien avec le développement durable © JD / LMDP

Partager

S'abonner à Réchauffement climatique