qualité de l'air

Dominique Robin (AtmoSud) - « Air24 explore le futur de la qualité de l'air »

Créé le : 18/09/2018
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Dominique Robin, directeur de l'association d'observation de la qualité de l'air AtmoSud, nous présente Air24. Cet événement exceptionnel était organisé à Aix-en-Provence, sur le campus de thecamp, le 18 septembre 2018. Objectif : mettre en lumière les solutions digitales pouvant contribuer à améliorer la qualité de l'air dans les territoires.

Plus d'infos : www.air24.tech

Qualité de l'air : « Toulouse-Blagnac n'a pas d'impact problématique sur les populations »

Créé le : 16/02/2018
Vue de la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac - Crédit : Prasetyo Muhammad ECTOR / Wikimédia Commons

Atmo Occitanie, observatoire régional de la qualité de l'air, présentait mercredi 14 février les résultats du partenariat qui le lie à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Les mesures effectuées par l'association sont plutôt rassurantes. Entretien avec Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie.

Quelle est la nature du partenariat qui vous lie à l'aéroport de Toulouse Blagnac ?

Nous réalisons des mesures sur les pistes et les zones de parking depuis 2004. Nous mesurons trois polluants de l'air : l'oxyde d'azote et les particules fines – polluants qui sont réglementés – ainsi que le benzène. En 2014, nous sommes allés plus loin en utilisant des techniques de modélisation. Nous avons eu accès à toutes les sources potentielles de pollution : utilisation de véhicules, matériel de chargement des bagages, dispositifs de chauffage... Cela a permis de réaliser des cartographies des polluants. Nous avons eu également accès à l'ensemble des vols par l'intermédiaire de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Nous avons pu prendre en compte les émissions en phases de décolage et d'atterrissage.

Nous avons pu mettre en place un inventaire des sources de pollution en zone aéroportuaire. Notre méthodologie fait référence au niveau national.

Nous avons pu connaître la quantité de polluant émise à tel endroit sur la zone aéroportuaire à l'échelle d'une année. Nous avons renforcé tous nos dispositifs de mesure. Nous avons mis en évidence le fait que l'impact des activités aéroportuaires sur les populations n'est pas problématique en termes d'émissions d'oxyde d'azote et de particules fines.

Les activités aéroportuaires de Blagnac n'ont donc pas un impact considérable sur la qualité de l'air ?  

Concernant la qualité de l'air, nos mesures n'ont pas mis en évidence de problématiques particulières. Ce travail que nous continuons de mener va nous permettre de mettre à jour l'inventaire des émissions tous les deux ans et de refaire des modélisations régulièrement. Ce qui permet de visualiser la qualité de l'air aux alentours de la plateforme, sur une année.

Que représentent les émissions de l'aéroport à l'échelle métropolitaine ?

Nous avons pu mettre en évidence que l'aéroport émet environ 5% de l'oxyde d'azote émis dans l'ensemble de la métropole toulousaine. 85 à 86% de cette pollution provient des avions. Au niveau métropolitain, 67% des émissions d'oxyde d'azote proviennent du trafic routier.

Plus d'infos : www.atmo-occitanie.org

QUALITÉ DE L'AIR EN PACA : UN TIERS DES ÉMISSIONS DUES À LA COMBUSTION DE BIOMASSE

Créé le : 16/05/2017
Modélisation de la rue Paradis (Marseille) en légo pour faire le lien entre urbanisation et qualité de l’air. FabLab Air PACA « a LAB in the AIR » - Crédit : Air Paca

Par Eric Besatti

Air Paca, association agréée pour la surveillance de la qualité de l'air, publie ses résultats 2016. Présentation au sein du FabLab « A Lab in the Air » à Marseille, lieu d'expérimentation de nouveaux dispositifs de mesures, partenaire de l'association. 

Contextes national et régional 

Côté sanitaire, on estime qu'« en région Paca, 10 % de la mortalité évitable est due à la pollution de l'air, soit 4000 décès par an pour 48 000 au niveau national », relève Laurence Pascal, médecin épidémiologiste à Santé Publique France. Côté économique, le coût de la pollution de l'air extérieur est estimé en France entre 68 et 97 milliards d'euros par an, selon la commission d'enquête sénatoriale de 2015. Pour le président d'Air Paca, Pierre-Charles Maria, « l'impact de la pollution doit également être appréhendé du point de vue de l'activité touristique. Si demain la qualité de l'air se dégrade en Paca, l'attractivité de notre territoire se dégradera également. »

La population provençale exposée

En 2016, conformément à la tendance de ces 10 dernières années, le niveau de pollution est en baisse en Paca. Malgré cela, Selon la réglementation européenne – issue de la directive sur la qualité de l'air de 2008 – plus de 300 000 personnes résident dans un secteur où les normes limites ne sont pas respectées. Mais la proportion monte à 86% de la population selon le critère de l'OMS (un taux de particules maximum de 20 µg/m³ en moyenne annuelle), beaucoup plus sévère. Les grandes agglomérations et les axes routiers sont particulièrement concernés.

Les cheminées des particuliers très polluantes

En Paca, tout au long de l'année, « plus d'un tiers de la pollution aux particules est dû à la combustion biomasse », explique Dominique Robin, directeur d'Air Paca, soit des particules issues du chauffage au bois, des centrales bois énergie ou du brûlage de déchets végétaux. Durant les mois d'hiver, la proportion du chauffage au bois monte à 40 % de la pollution aux particules à Marseille et 50% pour la vallée de Gap. « Un résultat auquel on ne s'attendait pas », convient le directeur. L'association identifie donc un levier d'amélioration de la qualité de l'air par le remplacement des installations de chauffage à bois les plus vétustes. Elle estime à 147 300 le nombre de chauffages à bois à rendre plus performants dans la région.

Le manque de données sur les particules ultrafines

Daniel Moutet, président de l'Association de défense et de protection du Golfe de Fos, alerte sur le manque de données sur les particules ultrafines. En effet, le cadre normatif européen imposé aux industriels est basé sur l'émission des particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm). Il cite une étude réalisée par l'Institut éco-citoyen pour la connaissance des polluants montrant « qu'en termes de particules fines, une zone pavillonnaire voisine des industries à Fos-sur-Mer est aussi polluée qu'un tunnel marseillais en heure de pointe ». Daniel Moutet, membre du bureau d'Air Paca, milite pour encadrer également les émissions de particules utrafines : « ce sont les plus dangereuses pour la santé car elle pénètrent le plus profondément dans l'arbre respiratoire ». Du côté d'Air Paca, l'association en est « à l'étape de l'exploration du territoire selon le critère des particules ultrafines », explique son directeur. Deux points de contrôles expérimentaux sont installés depuis des années à Port-de-Bouc et Marseille Cinq Avenues.

 

Information aux habitants

Au rayon innovation, après l'application smartphone d'information sur la qualité de l'air conçue en 2016, Air Paca va en développer une nouvelle destinée aux sportifs marseillais. Elle avisera les joggers et leur servira de guide vers des itinéraires de course moins pollués.

 

Modélisation de la rue Paradis (Marseille) en légo pour faire le lien entre urbanisation et qualité de l’air. FabLab Air PACA « a LAB in the AIR » - Crédit : Air Paca

Plus d'infos : www.airpaca.org

Les pesticides disparaissent des espaces verts mais pas dans l’air

Créé le : 17/01/2017
Crédits : Pixabay

Par Air Paca

La Loi Labbé s’applique depuis le premier janvier. Et les collectivités qui ont préparé l’échéance respirent mieux. En milieu agricole toutefois c’est vers une réduction des quantités émises que s’achemine la société. Du mieux pour la qualité de l’air ? Pour le savoir il faut mesurer… longtemps.

« Il faut accepter que les petites herbes puissent pousser… Après tout qu’est-ce que le beau ? » Nada Verrecchia, la directrice générale des services de la petite commune de Saint-Marc Jaumegarde, s’est étonnée que le Syndicat d’Aménagement du Bassin de l’Arc, au pied du mont Venturi, lui recommande de demander la labellisation « zéro phyto ».

« Planter intelligemment, en pensant limiter l’arrosage, et ne pas contribuer à gâcher le lombricompostage de la cantine scolaire, ça coulait juste de source ». Elle reconnaît à peine que, cette normalité de 2017… à son arrivée voici près de vingt ans, il fallait oser la vouloir.

Depuis le premier janvier 2017, la Loi Labbé est entrée en vigueur. Les collectivités locales ne peuvent plus, sauf conditions particulières très limitées, utiliser de pesticides pour leurs espaces verts.

Celles qui n’ont pas anticipé connaîtront sûrement des difficultés d’adaptation. Car si les fétuques et autres pissenlits en bord de trottoir ne font pas problème, les pratiques des employés communaux et la conception esthétique de nombre d’habitants elles, peuvent l’être !

Une opportunité de faire entrer le développement durable dans toutes les pratiques

Cyrille Casals, le directeur du Service Environnement de Miramas, nous le confirme : «  le maire, Frédéric Vigouroux, était demandeur, et la première préoccupation des élus était d’être en mesure d’expliquer les raisons aux habitants. Donc, l’enjeu était d’abord communicationnel. Avec un bon service com’ bien impliqué, ça se passe sans souci. »

Le personnel, trente personnes, a reçu toutes sortes de formations, et l’Agence de l’Eau finance à hauteur de 80 % l’achat de matériel désherbant alternatif. « C’est exceptionnel et garanti jusqu’en 2018 inclus. Ne pas en profiter c’est vraiment manquer une occasion ! »

Les 40 ha d’espaces verts miramasséens ne reçoivent donc plus de glyphosate et autres poisons pour nappes phréatiques depuis 2015. Cette politique s’accompagne d’une réflexion active sur les essences à planter dans les haies, et sur le rééquilibrage des espaces avec et sans gazon.

Pérenniser la mesure des pesticides dans l’air s’avère indispensable

Si l’eau et la qualité sanitaire de nos aliments vont en profiter, la qualité de l’air devrait aussi être améliorée. Sans doute, mais qu’en sait-on au fait ? « Nous mesurons, depuis 2012, le niveau de phytosanitaires dans l’air, à partir de cinq stations réparties en région Paca » souligne Alexandre Armengaud, ingénieur Air PACA en charge de la Coopération Scientifique et coordinateur de l’Observatoire Régional des Pesticides PACA.

Or, ces mesures ont déjà montré qu’à Cavaillon, en milieu typiquement agricole, les concentrations de l’insecticide chlorpyriphos-éthyl pouvaient être importantes. « Ici c’est bien la surveillance dans l’air de cette molécule depuis 2012 qui a permis d’informer les élus, les agriculteurs et la population. Un prélude à des actions nécessaires qui ont entrainé une baisse des concentrations de l’insecticide dans l’air ».

Après l’interdiction des pesticides dans les espaces verts, en verrons-nous réduire l’utilisation dans les terres agricoles ? « Dans leur utilisation raisonnée, il y a des progrès à faire. Là où trois épandages annuels sont réalisés, les experts agricoles s’aperçoivent qu’un seul peut suffire. L’enjeu c’est le porter à connaissance et la formation des utilisateurs » estime Alexandre Armengaud.

Or la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur vient de créer un dispositif qui pourrait y aider. Avec « Qualité de l’Air et Secteur Agricole Porté à Connaissance et Innovation dans le Cadre de l’Observatoire Régional des Pesticides », le Conseil Régional Paca financera à la fois l’animation professionnelle en milieu agricole et, pour partie, des mesures atmosphériques aussi onéreuses que nécessaires.

Actuellement Air PACA réalise chaque année environ 125 mesures et analyses de pesticides dans l’air. « Pour avoir une idée de l’évolution des concentrations, la pérennité du système est indispensable » reprend Alexandre Armengaud.

C’est la base même de tout réseau de mesure ; pouvoir comparer avec pertinence la situation sur de nombreuses années, afin de distinguer l’incident de la pollution de fond et d’évaluer l’impact des politiques publiques sur les niveaux de pollution.

Plus d'infos :

www.airpaca.org

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