mobilité

[MOBILITE ] : Dans le Finistère, l’autonomie à tout prix des séniors

Créé le : 11/01/2020
Dispositif Vas-y. Crédit : Manon Deniau

Par Manon Deniau

La population est vieillissante dans la pointe bretonne, territoire enclavé. Pour ne pas perdre leur autonomie, les seniors ont recours à des associations qui les aident à trouver des solutions : covoiturage, cours de conduite pour se remettre à niveau, conseils pour prendre les transports en commun… Le but ultime : éviter le confinement et l’isolement des personnes âgées.

En voiture, Simone ! Difficile de se déplacer sans voiture en Bretagne. Le Finistère, département enclavé, est particulièrement confronté à ce problème et  les personnes âgées, notamment, en pâtissent. Pour y remédier, associations et retraités proposent des actions de prévention. Le but : garder leur autonomie le plus longtemps possible.

 Dans la voiture d’auto-école, Ludovic Laot indique le chemin à prendre d’une voix posée : « Au stop, prenez à droite. Il ne faut pas hésiter à bien marquer le stop. » En ce mercredi 21 août, le moniteur ne fait pas cours à un jeune sur le point de passer son permis. Ce conducteur l’a eu depuis bien longtemps. Les deux mains de l’élève qui tiennent le volant ont les veines plus marquées, ses cheveux en brosse devenus blancs. Jean affiche 79 ans au compteur. Il reprend ce matin-là une heure de remise à niveau gratuite avec le dispositif « Vas-y ! ».

Porté par la fondation Ildys, un groupe de santé privé non-lucratif basé à Roscoff, le programme financé par le département depuis ses débuts en 2017 décline de nombreuses thématiques, dont celle de la...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

RÉZO POUCE RANIME L'AUTO-STOP POUR LES DÉPLACEMENTS RURAUX

Créé le : 20/09/2017
Pixabay

En cette Semaine de la mobilité et en ce début de Fête des Possibles, quoi de plus pertinent que de présenter le Rézo Pouce ? Cette initiative née dans le Tarn-et-Garonne remet l’auto-stop au goût du jour pour les déplacements locaux en secteur rural. Elle lance officiellement son application pour smartphone ce jeudi 21 septembre. Interview d'Alain Jean, co-fondateur du projet. 

Comment fonctionne le Rézo Pouce ?

L'idée est née en 2010 lorsque j'étais élu local, dans la commune de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. Nous voulions alors répondre à des demandes de jeunes qui désiraient se déplacer facilement. Nous nous sommes alors demandés comment lever les freins liés à la pratique de l’auto-stop. Une dizaine de communes nous ont rejoints. Nous étions 150 en 2015 et nous sommes plus de de 1000 aujourd'hui. Le projet a passé un palier avec l'adhésion de l'agglomération de Montauban (82) en 2012.

L'idée, c'est d'aménager des arrêts « sur le pouce » pour que les voitures puissent stationner simplement. Pour que les personnes aient le plus de chance d'être prises en stop, nous avons mis en place une plate-forme web qui permet d'imprimer une fiche de destination. On tape le nom de la localité ou du lieu (« centre ville », par exemple) où l'on souhaite se rendre et on l'imprime sur une feuille. Un logo « pouce attitude » est présent sur la fiche. Ce qui rassure les automobilistes. Les personnes sont prises par un conducteur au bout de six minutes en moyenne. Et en moins de cinq minutes dans la moitié des cas.

Je tiens à souligner que notre dispositif est fait pour les zones rurales et peu denses, où il y a peu ou pas de transports en commun. Il concerne aussi en priorité des déplacements locaux : pour se rendre au lycée, au club de sport, aller au village...

Nous ne sommes pas une start-up mais une initiative de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Nous mettons un outil à la disponibilité des collectivités qui payent un abonnement en fonction du nombre d'habitants : entre 2500 et 10 000 euros par an. Nous vérifions que la collectivité a bien l'intention de mettre en place le dispositif. La commune ou l'intercommunalité peut organiser des animations et des actions d’information à destination de la population. Nous apportons des éléments graphiques et de support. Mais c'est la collectivité qui porte l'action sur son territoire.

Vous venez de mettre en place une application. Pour quelles raisons ?

Cette application a été financée par la Fondation Macif et Transdev. L'idée vient aussi de demandes formulées par des jeunes. L'appli fonctionne selon le modèle de l’auto-stop. Les personnes indiquent leur destination sur une carte. Via la géolocalisation, le conducteur va vous repérer par l'intermédiaire d'une punaise placée sur le plan. Si on clique sur la punaise, apparaît le profil de la personne, son nom, son numéro de téléphone. Mais aussi le nombre de déplacements qu’elle a effectués. Un système de notation par « pouces » (tout le monde possède cinq pouces au départ) permet d'évaluer la personne. Tout cela concourt à indiquer le niveau de fiabilité des passagers pour les conducteurs. L'application est disponible sur Apple Store et Google play. Elle est lancée officiellement cette semaine, durant la semaine de la mobilité.

Où et quand pourrons-nous vous retrouver à l'occasion de la Fête des possibles ?

Ce sont les territoires qui participent à la Fête des Possibles et qui organisent des événements pour présenter la façon dont ils portent cette action. À titre d'exemples, en Occitanie, des baptêmes d’auto stop seront organisés dans la communauté de communes du Cordais et du Causses (Tarn), les 7, 8, 14 et 15 octobre. Baptêmes et « course stop » ont lieu du 16 au 23 septembre dans le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes. Diverses animations et présentations se dérouleront samedi 23 septembre dans la communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup, au nord de Montpellier. Des présentations ont lieu dans d'autres territoires, fin septembre, en Haute-Maurienne (Savoie), dans le Parc Naturel Régional du Gâtinais français (Essonne et Seine-et-Marne) ou encore en Dordogne.

Une de nos valeurs essentielles, c'est le partage et la mutualisation. Et les exemples présentés durant la Fête des possibles montrent que cela fonctionne !

Partager

S'abonner à mobilité