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[VIDEOS] - André Bucher : « Mon roman parle d'un combat pour la sauvegarde d'un lieu »

Créé le : 16/10/2018
André Bucher présente son nouveau roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste) - DR

Il se présente comme un écrivain-paysan. Nous avons rencontré André Bucher, durant la dernière foire bio de Montfroc (26), les 6 et 7 octobre derniers. Dans une série de trois interviews vidéos, l'homme de la vallée du Jabron nous a parlé de son dernier roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste). Roman dans lequel l'évocation du projet de méga-centrale à bois de Gardanne (13) et ses potentiels impacts dévastateurs sur la forêt ne serait que fortuite...

Retrouvez-ci dessous la chronique d'Un court instant de grâce parue dans le dernier numéro de sans Transition !


A lire : BOIS ET ENERGIE : VERS UNE GESTION RESPONSABLE DES RESSOURCES FORESTIÈRES ?


 

       

 

 

 


Chronique - LA BATAILLE DU BOIS
 
Émilie vit sur les pentes de la montagne de Palle. Depuis la mort de son compagnon, elle cultive seule ses terres, avec force et détermination. Son existence est bousculée par un projet de centrale à biomasse qui menace la forêt. Mais aussi par Victor, ami (amour ?) d’enfance, qui revient vers elle, sans crier gare... Avec ce neuvième roman, André Bucher fait référence à la controversée centrale électrique de Gardanne, dans les Bouchesdu- Rhône (lire Sans Transition ! N° 5). Loin des images d’Épinal, l’auteur décrit, avec réalisme et sensibilité, le combat, les joies et les peines de celles et ceux qui vivent au quotidien une certaine ruralité. De la résistance à la complaisance, il donne à voir le petit théâtre de la vie d’une vallée, confrontée aux impacts de ce que d’aucuns qualifient de « grand projet inutile ». Le tout sous le regard d’une nature imposante, qui semble n’en penser pas moins...
 
Un court instant de Grâce, André Bucher, Le Mot et le reste, septembre 2018, 208 pages, 19 euros

JEAN REYNAUD, LES AMIS DE LA TERRE : "LES DÉCISIONS DU TRIBUNAL ET DU PRÉFET CONCERNANT GARDANNE SONT PEUT-ÊTRE POLITIQUES"

Créé le : 16/06/2017
La centrale de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône (13). Crédits : JC Monet

Le 8 juin dernier, le tribunal administratif de Marseille a pris la décision d’annuler l’autorisation d’exploitation de la centrale biomasse de Gardanne (13), délivrée en 2012. UNIPER, fournisseur et producteur d’énergie allemand, est à l’origine du projet de conversion d’une unité de l'actuelle centrale à charbon à la biomasse. La raison de la décision du tribunal administratif ? La justice a fait valoir que l’étude d’impact réalisée était « entachée d’insuffisance », ce qui pouvait « nuire à l’information complète de la population ». Il est notamment estimé que cette étude « ne comporte aucune analyse des incidences des prélèvements de bois nécessaires au fonctionnement de la centrale sur les sites et les paysages, et sur les milieux naturels et les équilibres biologiques ». Le 9 juin, UNIPER a décidé de faire appel de cette décision. Devant, à terme, engloutir 850 000 tonnes de combustible par an, dont 420 000 de bois local, la centrale biomasse de Gardanne devait être la plus importante de France. Elle est à ce titre fortement controversée. Jean Reynaud est co-président de l’antenne des Bouches-du-Rhône (13) des Amis de la Terre. L'association fait partie des acteurs (associations, élus locaux, parcs naturels régionaux) qui ont déposé un recours au tribunal administratif, ayant abouti à la décision du 8 juin. Il se demande si la décision du préfet d'offrir un délai de 9 mois à UNIPER pour régulariser la situation n'est pas « politique ». Interview.

Le tribunal administratif de Marseille vient d’annuler l’autorisation d’exploiter de la centrale biomasse de Gardanne. Comment recevez-vous ce résultat ?

C’est un entre-deux. Le tribunal administratif a mis fin à l’autorisation, mais, d’un autre côté, le préfet a pris un arrêté de mise en demeure auprès d’UNIPER, qui a neuf mois pour régulariser sa situation. Cela veut dire qu’il leur est permis de continuer de fonctionner pendant au moins neuf mois, alors que le tribunal administratif a annulé l’autorisation. Nous trouvons ça choquant. Nous nous demandons aussi si le tribunal administratif et le préfet n’ont pas agi ainsi au vu des circonstances politiques. Aujourd’hui, Nicolas Hulot est ministre de la Transition Écologique et Solidaire, et sa position n’est pas favorable au projet. La question que nous nous posons, c’est si cette décision était politique : nous pensons qu’ils ont voulu donner un avis défavorable au projet, tout en donnant indirectement la possibilité à UNIPER de continuer ses activités. Dans cette affaire, ce qui est aussi choquant, c’est l’absence de dialogue du préfet vis-à-vis des requérants, c’est-à-dire nous, les élus et associations qui nous sommes mobilisés.

Uniper a prévu de faire appel… Que comptez-vous faire ?

En aucun cas nous n’envisageons d’abandonner. L’ennui, c’est qu’en appel, nous allons devoir payer un avocat, c’est obligatoire. C’est un moyen pour eux d’épuiser nos forces. Mais nous n’allons pas abandonner, pour plusieurs raisons. La raison principale, c’est la protection de notre environnement, et celle de l’homme. La centrale biomasse de Gardanne fait polémique d’abord pour une question de pollution de l’air. Et la deuxième raison, c’est la déforestation. UNIPER a pour projet d’aller chercher du bois dans un rayon de 400 km autour de Gardanne, et de faire des coupes rases. C’est-à-dire qu’au lieu de protéger la forêt en coupant les arbres de manière sélective, ils entendent faire des coupes totales, ce qui favorisera les écoulements et la désertification de certains secteurs. Tout cela aura un impact important sur la faune, la flore, et les équilibres. La question qui se pose, dans ce projet, c’est un véritable choix de société. Devons-nous continuer à consommer de plus en plus de ressources naturelles pour satisfaire nos besoins immédiats, ou devons-nous préserver notre Terre pour les générations futures ?

Si le projet est arrêté, pensez-vous vous mobiliser contre les centrales biomasses de Brignoles et de Pierrelatte ?

Nous n’avons pas les moyens suffisants en termes de militants pour pouvoir nous attaquer à tous les projets. Gardanne est le plus symptomatique, et celui de Brignoles est bien inférieur en terme de taille. Et pour Pierrelattes, nous n’avons pas été contactés par des opposants du territoire. Notre point de vue, c’est que nous ne faisons rien si les locaux – les citoyens, les élus et les associations – ne se mobilisent pas. À Gardanne, il y avait des actions menées. Les citoyens, les collectivités locales, les parcs régionaux du Lubéron et du Verdon se sont mobilisés, et les associations aussi, notamment la CEPG (Convergence Écologique du Pays de Gardanne). Ils ont préparé le recours au tribunal administratif avec nous. Aux Amis de la Terre, nous les avons aidés à s’organiser, particulièrement sur le plan juridique. Dans la procédure administrative, il faut déposer le recours avant une date limite, alors nous les avons soutenus dans cette démarche, car nous sommes habitué à gérer ce genre de situation.

 

Plus d'infos : www.amisdelaterre.org

QUALITÉ DE L'AIR EN PACA : UN TIERS DES ÉMISSIONS DUES À LA COMBUSTION DE BIOMASSE

Créé le : 16/05/2017
Modélisation de la rue Paradis (Marseille) en légo pour faire le lien entre urbanisation et qualité de l’air. FabLab Air PACA « a LAB in the AIR » - Crédit : Air Paca

Par Eric Besatti

Air Paca, association agréée pour la surveillance de la qualité de l'air, publie ses résultats 2016. Présentation au sein du FabLab « A Lab in the Air » à Marseille, lieu d'expérimentation de nouveaux dispositifs de mesures, partenaire de l'association. 

Contextes national et régional 

Côté sanitaire, on estime qu'« en région Paca, 10 % de la mortalité évitable est due à la pollution de l'air, soit 4000 décès par an pour 48 000 au niveau national », relève Laurence Pascal, médecin épidémiologiste à Santé Publique France. Côté économique, le coût de la pollution de l'air extérieur est estimé en France entre 68 et 97 milliards d'euros par an, selon la commission d'enquête sénatoriale de 2015. Pour le président d'Air Paca, Pierre-Charles Maria, « l'impact de la pollution doit également être appréhendé du point de vue de l'activité touristique. Si demain la qualité de l'air se dégrade en Paca, l'attractivité de notre territoire se dégradera également. »

La population provençale exposée

En 2016, conformément à la tendance de ces 10 dernières années, le niveau de pollution est en baisse en Paca. Malgré cela, Selon la réglementation européenne – issue de la directive sur la qualité de l'air de 2008 – plus de 300 000 personnes résident dans un secteur où les normes limites ne sont pas respectées. Mais la proportion monte à 86% de la population selon le critère de l'OMS (un taux de particules maximum de 20 µg/m³ en moyenne annuelle), beaucoup plus sévère. Les grandes agglomérations et les axes routiers sont particulièrement concernés.

Les cheminées des particuliers très polluantes

En Paca, tout au long de l'année, « plus d'un tiers de la pollution aux particules est dû à la combustion biomasse », explique Dominique Robin, directeur d'Air Paca, soit des particules issues du chauffage au bois, des centrales bois énergie ou du brûlage de déchets végétaux. Durant les mois d'hiver, la proportion du chauffage au bois monte à 40 % de la pollution aux particules à Marseille et 50% pour la vallée de Gap. « Un résultat auquel on ne s'attendait pas », convient le directeur. L'association identifie donc un levier d'amélioration de la qualité de l'air par le remplacement des installations de chauffage à bois les plus vétustes. Elle estime à 147 300 le nombre de chauffages à bois à rendre plus performants dans la région.

Le manque de données sur les particules ultrafines

Daniel Moutet, président de l'Association de défense et de protection du Golfe de Fos, alerte sur le manque de données sur les particules ultrafines. En effet, le cadre normatif européen imposé aux industriels est basé sur l'émission des particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm). Il cite une étude réalisée par l'Institut éco-citoyen pour la connaissance des polluants montrant « qu'en termes de particules fines, une zone pavillonnaire voisine des industries à Fos-sur-Mer est aussi polluée qu'un tunnel marseillais en heure de pointe ». Daniel Moutet, membre du bureau d'Air Paca, milite pour encadrer également les émissions de particules utrafines : « ce sont les plus dangereuses pour la santé car elle pénètrent le plus profondément dans l'arbre respiratoire ». Du côté d'Air Paca, l'association en est « à l'étape de l'exploration du territoire selon le critère des particules ultrafines », explique son directeur. Deux points de contrôles expérimentaux sont installés depuis des années à Port-de-Bouc et Marseille Cinq Avenues.

 

Information aux habitants

Au rayon innovation, après l'application smartphone d'information sur la qualité de l'air conçue en 2016, Air Paca va en développer une nouvelle destinée aux sportifs marseillais. Elle avisera les joggers et leur servira de guide vers des itinéraires de course moins pollués.

 

Modélisation de la rue Paradis (Marseille) en légo pour faire le lien entre urbanisation et qualité de l’air. FabLab Air PACA « a LAB in the AIR » - Crédit : Air Paca

Plus d'infos : www.airpaca.org

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