TRIBUNE – FRANÇOIS VEILLERETTE : « LA MENACE DES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS DOIT ENFIN ÊTRE PRISE AU SERIEUX »

Créé le : 15/09/2017
François Veillerette, directeur de Générations Futures - Crédit : Générations Futures

L'ONG Générations Futures vient de publier les résultats de sa dernière étude sur le glyphosate, herbicide considéré comme perturbateur endocrinien. Ce dernier serait présent dans treize produits de consommation courante sur trente analysés par l'association.  Dans la tribune suivante, François Veillerette, directeur de Générations Futures dénonce le  coût sociétal « énorme » des perturbateurs endocriniens. Et l'inefficacité de la législation européenne pour encadrer l'utilisation de ces substances.  

Sans Transition !, Harmonie Mutuelle et l'Université de Bretagne Sud organisent, le 12 octobre prochain, une table-ronde sur l'impact des perturbateurs endocriniens sur la santé. Table-ronde qui sera suivie d'une conférence de François Veillerette

Aujourd’hui, tout le monde ou presque a entendu parler des perturbateurs endocriniens. Mais de quoi s’agit-il ? Ce nom barbare sert à désigner des substances chimiques ou métalliques qui, même à des doses très faibles, peuvent perturber le bon fonctionnement de notre système hormonal, appelé aussi système endocrinien. Problème : on s’aperçoit maintenant que ces substances sont présentes partout autour de nous. Dans les aliments que nous mangeons, car de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens, dans les plastiques qui peuplent notre quotidien, dans notre mobilier u dans nos ustensiles de cuisine et jusque dans le maquillage que nous employons sur notre peau !  Si la découverte de ce phénomène est récente (elle remonte en gros au début des années 70) les connaissances scientifiques s’accumulent de plus en plus rapidement et montrent le lien entre exposition des organismes les plus sensibles (fœtus, jeunes enfants…) à ces perturbateurs et une liste impressionnante de pathologies chroniques, comme certains cancers, des maladies du métabolisme, des difficultés d’apprentissage mais aussi des malformations génitales ou l’infertilité. Ces maladies ont un coût sociétal énorme chiffré à plus de 150 milliards d’euros par an en Europe ! 
 

Une législation européenne inefficace 

Forte de ces nouvelles connaissance l’Europe s’est dotée en 2009 d’une nouvelle réglementation sur les pesticides prévoyant de retirer du marché, à priori, les produits perturbateurs endocriniens pouvant impacter la santé humaine. Malheureusement, cette législation, qui aurait pu constituer un réel progrès en matière de prévention sanitaire, risque fort de ne produire que peu de résultats. En effet,  les critères techniques qui serviront à appliquer la législation adoptée début juillet exigent un tel niveau de preuves que, dans les faits, bien peu de substances finiront par être réellement interdites. Et de plus des dérogations à l’interdiction sont prévues ! La France, jusqu’alors à la pointe dans ce dossier, a changé de pied et a soutenu ces critères. Il nous faut donc toutes et tous continuer à interpeller nos responsables pour que la menace réelle des perturbateurs endocriniens soit enfin prise au sérieux ! 

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