[CONFÉRENCE] – FRANÇOIS VEILLERETTE, EN LUTTE CONTRE LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS – CE SOIR, À VANNES

Créé le : 12/10/2017
François Veillerette, porte-parole et directeur de Générations Futures - DR
Sans Transition ! Bretagne et Harmonie Mutuelle invitent François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures pour une conférence sur les perturbateurs endocriniens ce jeudi 12 octobre 2017, à l'UBS de Vannes, campus Tohannic à partir de 18h. 

À cette occasion, nous publions une tribune de François Veillerette dans laquelle celui-ci exhorte les pouvoirs publics – notamment européens – à réglementer davantage l'usage de ces substances nocives pour la santé et l'environnement.

Perturbateurs endocriniens : l’Europe à la croisée des chemins

Par François Veillerette, directeur de l'association Générations Futures

Aujourd’hui, tout le monde ou presque a entendu parler des perturbateurs endocriniens. Mais de quoi s’agit-il ? Ce nom barbare sert à désigner des substances chimiques ou métalliques qui, même à des doses très faibles, peuvent perturber le bon fonctionnement de notre système hormonal, appelé aussi système endocrinien. Problème : on s’aperçoit maintenant que ces substances sont présentes partout autour de nous. Dans les aliments que nous mangeons – car de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens –, dans les plastiques qui peuplent notre quotidien, dans notre mobilier, dans nos ustensiles de cuisine et jusque dans le maquillage que nous appliquons sur notre peau ! Si la découverte de ce phénomène est récente (elle remonte en gros au début des années 70), les connaissances scientifiques s’accumulent de plus en plus rapidement et montrent le lien entre exposition des organismes les plus sensibles (fœtus, jeunes enfants…) à ces perturbateurs et une liste impressionnante de pathologies chroniques, comme certains cancers, des maladies du métabolisme, des difficultés d’apprentissage mais aussi des malformations génitales ou l’infertilité.

Ces maladies ont un coût sociétal énorme : plus de 150 milliards d’euros par an en Europe ! Forte de ces nouvelles connaissances, l’Europe s’est dotée en 2009 d’une nouvelle réglementation sur les pesticides prévoyant de retirer du marché, a priori, les produits perturbateurs endocriniens pouvant impacter la santé humaine. Malheureusement, cette législation qui aurait pu constituer un réel progrès en matière de prévention sanitaire risque fort de ne produire que peu d’effets. Les critères techniques qui serviront à appliquer la législation adoptée début juillet exigent en effet un tel niveau de preuves que, dans les faits, bien peu de substances finiront par être réellement interdites. De plus, des dérogations à l’interdiction sont prévues ! La France, jusqu’alors à la pointe dans ce dossier, a changé de pied et a soutenu ces critères. Il nous faut donc toutes et tous continuer à interpeller nos responsables, pour que la menace réelle des perturbateurs endocriniens soit enfin prise au sérieux ! 

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