Un retour sur le Festival Kokopelli

Créé le : 28/06/2018

Sur la plaine de Castagnès, dans le petit village du Mas d’Azil, en Ariège, le festival organisé par Kokopelli avait lieu les 8, 9 et 10 juin derniers.

Comme suite logique aux deux premières rencontres organisées par l'association Kokopelli (le festival Kokopelli Pachamama, qui a eu lieu en 2012 dans la vallée sacrée d’Ollantaytambo au Pérou et les « Journées Internationales de la Semence » de 2014 au Mas d’Azil), ce festival 2018 comprenait une orientation militante à la hauteur du travail de l’association. Des artistes aux animateurs d’ateliers ou de balades sauvages, en passant par les conférenciers et intervenants, l’objectif commun était la préservation de la biodiversité et la création d’un nouveau paradigme basé sur la co-évolution avec la nature. Une réussite avec plus de 3 000 personnes ayant assisté aux conférences, aux ateliers et aux projections et plus de 4 000 personnes aux soirées concerts.

Savoir partagé

La journée du vendredi a démarré avec une intervention de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherche à l’INRA, ami de Kokopelli de longue date et militant anti-OGM. Le titre de sa conférence : La planète des clones.
Dominique Masset, représentant des Faucheurs Volontaires d’Ariège, a également pu, lors de cette conférence d’ouverture, exposer la campagne anti-glyphosate portée nationalement pour les Faucheurs Volontaires.

Blanche, avocate de l’association, a apporté quant à elle des nouvelles assez positives, au moins en première lecture, d’un combat juridique, national et européen, mené afin de permettre à des structures comme Kokopelli de travailler légalement. Restera à constater des résultats sur le terrain.

Michel Lachaume a fait le voyage du Québec pour parler de sa passion pour la sélection variétale. Christian Vélot a poursuivi sur le thème des OGM en montrant ceux que nous retrouvons de plus en plus nombreux dans nos assiettes et que nous pouvons qualifier d’OGM masqués. Bernard Bertrand est venu exposer son travail avec les ruches de biodiversité. Laurent Welsch et Cécile Brissier de l’association Maraichage Sol Vivant ont expliqué la notion de paysan chercheur et partagé leurs expériences sur le terrain.

Controverse et manifestation

Henri Joyeux s’est penché sur la thématique de la santé liée à l’alimentation et quelque peu sur les vaccins, en lien avec les questions du public. Sa présence aura provoqué l'ire de manifestants anti-Joyeux, et anti-Kokopelli selon l'association qui a rédigé un communiqué pour clarifier ce débordement autour de l’intervention de Monsieur Joyeux.

Ernst Zürcher a exposé ses recherches sur la communication entre les arbres, à deux reprises consécutives et improvisées tant il a été plébiscité ! Maurice Chaudière a tenu deux conférences sur l’apiculture alternative et la greffe, en toute poésie... Enfin, Sylvie Seguin du collectif Longo Maï a animé un atelier de production de semences. Bernard Declercq quant à lui a résumé avec brio l’expérience d’une vie au service de la régénération des sols.

Le public aura aussi pu voyager au sein des projets soutenus ici et là par Kokopelli, quant à Éric, de Kokopelli America Latina, il a expliqué l’implication de Kokopelli dans les dynamiques de préservation de la biodiversité en Amérique Latine. Sangita représentait Annadana, une association créée par Kokopelli dans les années 2000 dans le sud de l’Inde, et a exposé le travail qu’elle réalise au quotidien avec les paysans indiens.

En pratique

De façon plus pratique, quand certains ont appris le lien créatif de la vannerie, d’autres ont participé à des ateliers de chant spontané ou de Tandava ou encore découvert les principes de l’holacracry ou participé sous le grand tipi à une bourse aux graines où des milliers de semences se sont offertes et échangées.

Sans oublier la musique : deux soirées de concerts ont rythmé le Festival dans une ambiance festive et douce, souvent au son des tambours, dont un concert magistral de Camille, chanteuse engagée également dans le combat de la semence.

L'Association Kokopelli donne d'ores et déjà rendez-vous l’année prochaine pour l’édition des « Tambours de Gaïa » 2019.

 


Plus d'info : www.kokopelli-semences.fr

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