Transition énergétique

[DOSSIER ] « L'hydrogène sans sobriété ne vaut pas grand-chose »

Créé le : 12/01/2021
Michel Dubromel/ crédit FNE
Crédit : France nature Environnement
 
Propos recueillis par Guillaume Bernard
 
Michel Dubromel, pilote du réseau énergie de France Nature environnement, revient sur la stratégie hydrogène mise en place par le gouvernement. Est-elle une réponse suffisante à la crise énergétique ? Quelles solutions complémentaires peuvent-elles être apportées ?
 
Que pensez-vous du plan présenté par la ministre de l'Écologie ?
 
Avec sept milliards d'euros de dotation, c'est un plan de taille industrielle à la hauteur de l'enjeu. En comparaison, celui proposé par Nicolas Hulot (NDRL : 100 millions d'euros par an) était sans financement. Un autre bon point du plan est qu'il porte son attention sur l'hydrogène décarboné. Bien-sûr, c'est mieux si celui-ci est d'origine non nucléaire, c'est-à-dire fabriqué à partir d'énergies renouvelables. Il reste cependant un point négatif si ce n'est un gros point d'interrogation : quid de l'hydrogène carboné actuel ? (voir notre encadré)
 
Cette stratégie hydrogène sera-t-elle suffisante pour résoudre la crise des énergies fossiles ?
 
C'est une stratégie qui a ses forces mais aussi ses faiblesses. À France Nature Environnement, nous pensons qu’il ne faut surtout pas tout miser sur une seule énergie. Cela consisterait à reproduire les erreurs du passé avec le diesel. Ni le tout électrique, ni le tout hydrogène, ne sont des solutions. Pour sortir des énergies fossiles, il faudra au contraire multiplier les sources d’énergies alternatives mais aussi changer nos habitudes. Si on prend l'exemple du transport de marchandises, 85 % passe par la route alors que le ferroviaire devrait être bien plus utilisé. C'est aussi un levier à actionner.
 
Présenter l'hydrogène comme une solution miracle n'empêche-t-il pas de se poser la question de la réduction de notre consommation en énergie ?
 
C'est possible. Ce qui est sûr, c'est que le simple fait de passer à l'hydrogène ne va pas faire baisser en quoi que ce soit notre consommation d'énergie… si ce n'est son prix dissuasif peut-être ? Or la première économie d'énergie, c'est bien la sobriété. Et la sobriété, ce n'est pas la lampe à huile comme certains voudraient le faire croire, c'est tout simplement éviter le gaspillage. Ça peut simplement consister à faire isoler son logement, et en finir avec les passoires thermiques. C'est évident, l'hydrogène sans sobriété ne vaut pas grand-chose.
 
Vous présentez l'hydrogène comme une « énergie des territoires », pouvez-vous nous en dire plus sur cette appellation ?
 
Quand nous disons que l'hydrogène est « une énergie des territoires », cela veut dire que ce gaz gagne à être produit et consommé dans un périmètre restreint. S'il est produit à proximité de sources d'énergies renouvelables, par des éoliennes, des panneaux solaires ou des barrages, pas besoin de mettre en place tout un réseau de transport par tuyaux qui est compliqué avec un gaz si léger et si dangereux.
 
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Que va devenir notre hydrogène gris ?
 
Si Barbara Pompili souhaite la mise en place d'une filière de l'hydrogène en France, elle est aussi ministre de l'Écologie… et souhaite donc sa « décarbonation ». Ainsi, selon les chiffres rappelés par France Hydrogène (voir graphique), la production d'hydrogène gris, qui représente actuellement 95 % du total de la production d'hydrogène, devrait passer à 48 % de ce total d'ici 2030. Présentés ainsi, les chiffres laissent penser que cette production serait alors divisée par deux. Or il n'en est rien. Alors que la France produit 735 000 tonnes d'hydrogène en 2020, elle en produira toujours 645 000 tonnes en 2030. Cette part se retrouve simplement noyée au milieu de la production d'hydrogène bas carbone qui a explosé. En valeur absolue, la production d'hydrogène gris n'aura reculé que d'environ 20 % en 10 ans. Une décarbonation toute relative...
 
 
Plus d'infos :
 
 
 
 

[DOSSIER] : Hydrogène, la molécule miracle ?

Créé le : 12/01/2021
Le Coradia iLint, fabriqué par Alstom, est un train de passagers alimenté par une pile à hydrogène, qui produit de l'énergie électrique pour la traction (Crédit Pixabay)
Le Coradia iLint, fabriqué par Alstom, est un train de passagers alimenté par une pile à hydrogène, qui produit de l'énergie électrique pour la traction (Crédit Pixabay)
 
 
Par Guillaume Bernard
 
7 milliards, c'est le montant du plan mis en place par le gouvernement pour créer une filière hydrogène en France. Mais la molécule mérite-t-elle qu'on place tant d'espoir en elle ? Et surtout tant d’argent public ?
 
Rappelez-vous, nous étions confinés et ce n'était pas encore une habitude. La tête à la fenêtre, applaudissant les soignants, nous nous demandions à quoi ressemblerait le monde d'après. Sur nos écrans, le Président de la République esquissait des perspectives : « Il nous faut créer les emplois de demain par la reconstruction écologique qui réconcilie production et climat. » La France confinée avait besoin d'un rêve. Le gouvernement lui trouva l'hydrogène.
 
La solution miracle était pourtant à portée de télescope. Les étoiles, les nébuleuses et les planètes gazeuses ? De l'hydrogène. 92% des atomes qui forment l'univers ? De l'hydrogène aussi. Appelée « hydrogène » par convention, c'est en réalité la molécule H2 (dihydrogène) et le gaz qu'elle constitue, qui inspirent le plan gouvernemental. Sur terre, on en trouve abondamment dans les molécules d'eau. Ses propriétés ont beau être connues depuis le 18ème siècle, (voir encadré) les États européens n'avaient jamais considéré le gaz comme une potentielle solution à la crise des énergies fossiles. Jusqu'à ce que la Covid-19...
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[ ÉVÉNEMENT ] Salon Bepositive à Lyon

Créé le : 13/02/2019
Sans transition sera présent en tant que partenaire média à Parc des expositions de Lyon, au salon Bepositive, un événement national de référence de la transition énergétique et numérique des bâtiments et des territoires.
La transition énergétique est en marche ! Les technologies s'hybrident, les filières se décloisonnent, le numérique explose, les métiers évoluent et l'innovation est, plus que jamais, au cœur des enjeux. Dans cet environnement en profonde révolution, les opportunités de business et les besoins d'échanges, de partage, de formation s'intensifient. BePOSITIVE donne rendez-vous aux acteurs de la transition énergétique, afin qu’ils s’inscrirent dans cette dynamique de changement et qu’ils valorisent tous les potentiels de business, d’innovation et de réseaux qu’elle génère. > + d’infos : https://www.bepositive-events.com/fr/bepositive-2019 Et retrouvez très bientôt les vidéos de l’événement réalisées par les équipes de Sans transition !

[RENNES] SESSION DE JOB DATING POUR LES METIERS DE LA TRANSITION

Créé le : 30/11/2018

Nathalie Tessier, cheffe du bureau des métiers de la transition écologique au ministère de la Transition écologique, et Laurence Ferrette, chargée de formation et d'emploi à l'Ademe Bretagne devant l'Exploratoire de Rennes.

Plus de 130 participants ont répondu à l'invitation de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) Bretagne pour découvrir les métiers de la transition énergétique, lors d'une session de job dating organisée à l'Exploratoire, à Rennes.

Le but de la journée qui avait lieu à l'Exploratoire de Rennes, jeudi 29 novembre : faire se rencontrer les recruteurs des métiers de la transition énergétique et les demandeurs d'emplois qualifiés pour ces métiers. "Les métiers de la transition énergétique sont aussi ceux de l'industrie, du génie civile, qui sont des métier en tension", explique Laurence Ferrette, chargée de formation et d'emploi à l'Ademe Bretagne. 150 emplos étaient à pourvoir, pour des personnes diplômées "du CAP au bac +5", précise Laurence Ferrette. Quatorze entreprises étaient présentes. Parmi les postes disponibles : des chargés de projet ; des techniciens de maintenance ; des conseillers en énergie pour, par exemple, effectuer des diagnostics énergétique sur le bâti... Mais aussi des fonctions de support : achats et approvisionnements ; informatique ; électronique de stockage...

Des milliers d'emplois en perspective

Nathalie Tessier, cheffe du bureau des métiers de la transition écologique au ministère de la Transition écologique et solidaire, était présente pour cette session de job dating, organisée par l'Ademe Bretagne. "L'idée est aussi de revaloriser ces métiers, explique-t-elle. S'engager pour l'environnement, ce n'est pas seulement protéger la biodiversité." 

Selon l'Ademe, en 2015, 80 000 emplois directs en France étaient inclus dans le secteur des énergies nouvelles et renouvelables. "Depuis, les entreprises se sont développées et les offres d'emploi se sont multipliées, précise l'Ademe. En Bretagne, les données chiffrées restent difficiles à préciser, mais les évolutions s'accordent sur 7000 emplois verts et 190 000 emplois verdissants."

Montpellier - Energaia : le rendez-vous des énergies renouvelables

Créé le : 28/11/2018

Le prochain Forum EnerGaïa, 12e édition du rendez-vous majeur des professionnels la filière des énergies renouvelables, se tiendra au Parc des Expositions de Montpellier les 11 et 12 décembre.

Soutenu par la Région Occitanie et organisé par Montpellier Events, le salon des énergies EnerGaïa accompagne depuis plus de 10 ans la filière des énergies renouvelables.

A la fois Forum intégrant un cycle de conférences (sur la transition énergétique, les nouvelles technologies, les innovations…), des tables rondes abordant les nouveaux enjeux du marché, mais aussi une convention d’affaires avec l’organisation de plus de 150 rendez-vous B to B ciblés, EnerGaïa se positionne comme un événement majeur des professionnels la filière des énergies renouvelables.

En 2017, plus de 4800 visiteurs professionnels, experts, élus, décideurs et 115 sociétés exposantes s’y étaient retrouvés pour échanger autour des enjeux et perspectives de la filière au plan régional et national.

 

Éco-responsabilité, l’enjeu de cette 12e édition


Consacré à la transition énergétique, le Forum EnerGaïa se devait de faire figure d’exemple en matière de développement durable. C’est pourquoi les organisateurs on acté la mise en place d’engagements concrets : réduction des consommations en énergie, en eau et en papier, limitation et maîtrise des déchets engendrés par l’organisation de l’événement (diminution, valorisation, recyclage des déchets), promotion des transports doux, restauration locale et de saison, sensibilisation des différents partenaires et du public à l’environnement. En adoptant cette démarche, le Forum EnerGaïa a la volonté de devenir à court terme un événement éco-responsable.

Déjà labellisé COP24, le Forum sera inauguré à le 11 décembre par Arnaud Leroy, président de l’ADEME et Carole Delga, présidente de la Région Occitanie.

Vous y retrouverez aussi Sans Transition ! sur son stand.


Plus d'infos
energaia.fr

[TRIBUNE] - Transition énergétique : sortons de l’impasse de l’éolien industriel

Créé le : 16/05/2018
Pixabay

TRIBUNE - Par le collectif Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement

Eoliennes qui fonctionnent sans permis, promoteurs qui malgré le refus de la population et de leurs élus reviennent à la charge jusqu’à épuisement des résistances, intimidation des militants par des officines de sécurité, acharnement judiciaire à leur encontre, dévoiement du financement participatif pour acheter les citoyens, « cadeaux » aux dianes et associations locales pour les séduire, l’industrie éolienne fait feux de tous bois pour sauver la planète financière et ne règle en rien la question de la nécessaire transition énergétique.

"La transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit ?"

Les méthodes inacceptables employées pour imposer l’éolien industriel conduisent à une impasse : la transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit, porter atteinte à la qualité de vie des habitants et au patrimoine naturel, culturel et paysager ? Est-il normal d’affecter des avantages financiers aussi énormes à l’industrie éolienne au détriment des mesures d’économie d’énergie et des techniques de production d’énergie plus respectueuses des territoires ?

  Le collectif régional Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement * organise un débat public, au Palais des Congrès de Mazamet (Tarn) le mercredi 30 mai de 19h30 à 22h, pour que la transition énergétique se réalise dans le respect des gens et des territoires qu'ils habitent et qu’ils font vivre. Il sera précédé dans l’après-midi par des ateliers.

 Thèmes des ateliers, ouverts à tous, de 15h à 18h (salles du Palais des Congrès de Mazamet)

  • Energies et environnement (écosystèmes, eau, biodiversité)
  • Energies et  société (choix énergétiques et alternatives sociales
  • Energies et territoire (démocratie, citoyenneté)
  • Energies et droit (contexte juridique et réglementaire)

Cet événement a reçu le label de la Commission Nationale du Débat Public (le seul en France, avec les Bretons, organisé par un collectif de citoyens !). 

Entrée libre, il est ouvert à toutes et à tous, et recommandé aux associations d’Occitanie, alors merci, merci vraiment d'être nombreux à Mazamet.

Inscriptions aux ateliers ICI.

Article présent dans les magazines: 

DES RENCONTRES NATIONALES POUR FAIRE AVANCER LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE SUR LES TERRITOIRES

Créé le : 19/05/2017
Crédits : Le Cler

Les Rencontres de la transition énergétique ont eu lieu à Marseille du 17 au 19 mai dernier, à la Friche de la Belle de mai. Professionnels des énergies renouvelables sont venus échanger sur les enjeux et perspectives du secteur. Un événement national co-organisé par Enercoop Paca, Energie partagée, la Nef, et Le Cler – Réseau pour la transition énergétique. Entretiens sonores avec Cyril Jarny, Président d'Enercoop Paca et avec Mathieu Gros, représentant de la banque éthique, la Nef, dans les Bouches-du-Rhône.

 

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