monnaies locales

[DOSSIER] : « Notre modèle économique de monnaie locale est reproductible partout »

Créé le : 25/01/2021
Crédit photo Tala Photographie/Isabelle Miquelestorena

l’Eusko, en plus du paiement papier, s’est numérisé afin de permettre le paiement à distance. Crédit photo Tala Photographie/Isabelle Miquelestorena

Par Céline Cammarata

L’Eusko, monnaie locale du Pays basque français est la première monnaie locale européenne avec plus de 2 millions en circulation. Focus sur cette monnaie qui œuvre pour une transformation durable de l’économie locale.

 

« Nous sommes radicaux dans nos objectifs avec un projet ambitieux et significatif de transformation de notre économie, mais en l’abordant de façon très pragmatique. Changer nos pratiques et inciter les autres à le faire. Favoriser une agriculture paysanne et des TPE-PME qui produisent en pays basque. Développer des emplois non délocalisables », énumère Dante Edme-Sanjurjo, directeur général de l’Euskal moneta, l’association qui gère l’Eusko, 1ère monnaie locale européenne. Un travail de longue haleine, car comme le souligne ce dernier : « La monnaie ne circule pas d’elle-même. Elle demande des ressources humaines et financières. »

Alors il faut innover. Au pays basque, pour soutenir le monde associatif, l’Eusko a mis en place le « 3 % association ». Chaque particulier qui adhère à l’Eusko choisit librement une association et celle-ci reçoit 3 % de l’ensemble de ses dépenses. Un système financé par la commission de 5 % que les professionnels acquittent s’ils reconvertissent des euskos en euros.

L’...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[DOSSIER] : Philippe Derudder : « Si l’être humain crée de la monnaie, il devrait réfléchir au mode de vie qu’il veut financer »

Créé le : 25/01/2021
Crédit : Philippe turpin

Crédit : Philippe turpin

Par Céline Cammarata

Philippe Derudder, ancien chef d'entreprise, désormais auteur engagé sur l'économie alternative, réfléchit à remettre l'économie au service de l'homme et de la planète. Pour lui, la monnaie locale sert cette ambition. 

« La monnaie complémentaire existe tout au long de l’histoire de l’homme. C’est un outil pédagogique qui permet de s’interroger sur nos valeurs, de se réapproprier la monnaie et d’y réfléchir en groupe. La monnaie locale complémentaire et citoyenne comprend trois vocations. La première favorise et soutient les économies locales alors que depuis les années quatre-vingt la mondialisation les assèche. La seconde concerne l’écologie. Consommer local, c’est aussi se poser la question de comment est fabriqué ce que l’on achète, des intrants qui le composent, des avantages écologiques du circuit court. Enfin, et on la néglige trop souvent, la vertu pédagogique est importante. Avant la crise de 2008, on ne parlait pas du système bancaire, de son fonctionnement et de ses nuisances. Les citoyens ne sont pas éclairés sur la monnaie et de ce fait ne réfléchissent pas à un système qui ne soit plus fondé sur une dette perpétuelle. », défend Philippe Derudder. Auteur de plusieurs ouvrages sur les monnaies locales, cet ancien chef d’entreprise a accompagné de nombreux groupes citoyens vers la création d’une monnaie sur leur territoire, notamment en France. Sa réflexion est nourrie de sa propre expérience professionnelle dans le commerce international : « Ma pratique m’a permis de réaliser toute la non pertinence de ces pratiques commerciales qui vont à l’opposé de l’intérêt général. Nous sommes bloqués par d’anciens paradigmes. Puisque l’être humain crée de la monnaie, le problème du financement ne devrait pas exister. On perd le sens. On ne se pose pas les vraies questions et l’argent ne va pas à l’économie réelle pour résoudre la faim dans le monde, développer l’écologie et lutter contre le désordre climatique.»

À lire : Les monnaies locales complémentaires et citoyennes: pourquoi, comment ?, Philippe Derudder (Ed. Yves Michel 2017) 

Une monnaie au service du Bien commun, Philippe Derudder (Ed. Yves Michel 2017) 

[DOSSIER] : Monnaies locales : Quel impact sur les territoires ?

Créé le : 25/01/2021

l’Eusko, monnaie locale du Pays basque. Crédit photo Tala Photographie/Isabelle Miquelestorena

Par Céline Cammarata

Depuis moins de 10 ans, des citoyens mettent en circulation des monnaies locales sur l’Hexagone. Le but ? Redynamiser l’économie d’un territoire par une économie circulaire et favoriser une consommation plus responsable et durable. Mais les monnaies locales doivent encore surmonter des difficultés de mise en pratique.

 

La France offre un intéressant laboratoire aux monnaies locales citoyennes et complémentaires (MLCC). Elle en compte plus de 80 quand le Brésil, avec un territoire et une population sans commune mesure, en recense une centaine.

Et l’article 16 de la loi ESS de 2014, dite Loi Hamon, fait de la France le 1er pays au monde à donner une existence légale aux monnaies complémentaires. L’objectif était clair : reconnaître les monnaies locales complémentaires comme moyen de paiement, dès lors qu’elles sont à l’initiative de structures relevant de l’ESS. Ces monnaies locales servent ainsi des projets qui s’inscrivent dans le respect de l’environnement, l’équité, la lutte contre l’exclusion, ou encore le commerce équitable. Cinq ans plus tard, une enquête nationale est conduite par trois chercheurs, Jérôme Blanc, Marie Fare et Oriane Lafuente-Sampietro, du laboratoire lyonnais Triangle. Elle a donné lieu à un bilan pour l’année 2019-2020 grâce aux réponses de 65 ML.

Cette analyse scientifique relève que, « globalement, en 2019, les 82 ML en circulation enregistrent...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

Partager

S'abonner à monnaies locales