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[FAUNE] Sortir du conflit avec le loup : la voie du dialogue inter-espèces

Créé le : 22/01/2020
Photos : Camille Felouzis

Photo : Camille Felouzis. Retour d’expérience, discussion avec Boris Nordmann et les participants de la fiction corporelle Lou Pastoral.

Par Camille Felouzis

Loup y es-tu ? Trouver le loup ou la brebis qui est en soi pour désamorcer les conflits inter-espèces, entrer dans une médiation avec les prédateurs qui partagent notre territoire, c’est l’objectif des ateliers mis en place par Boris Nordmann, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le temps d’une séance, nous avons tenté, nous aussi, de devenir Loup. 

L’artiste chercheur Boris Nordmann, basé dans les Alpes-de-Haute-Provence, élabore des performances artistiques de dialogue inter-espèces, notamment avec le loup. Dans le cadre de recherches qu’il a menées sur la Montagne Limousine puis à Forcalquier, il invite à devenir loup pour donner des pistes de médiation avec le prédateur et tous les acteurs du territoire, humains comme non humains.

Cette année, les éleveurs de Forcalquier sont inquiets. Des Zones de Présence Permanente (ZPP)1 ont été enregistrées vers Valensole (meutes) et dans le Luberon (non meutes) l’hiver dernier2 . La pression du loup se fait sentir. Dans ce climat, l’artiste chercheur Boris Nordmann propose une façon d’aborder le loup différemment, en dialoguant avec lui, pour désamorcer le conflit et les peurs.
Nous avons tous en tête la bête du Gévaudan ou encore des loups enragés prêts à sauter sur des humains sans défense – de ces contes qui nous ramènent loin dans notre enfance.

Le loup déchaîne les passions. « Il incarne plus que sa pauvre carcasse » confie Farid Benhammou, professeur de géographie,...

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L'HOMME RESTE LE PRÉDATEUR DU LOUP JUSQU’AU 1er JUILLET

Créé le : 26/06/2017
Un arrêté du 16 juin rend possible l'abattage de deux loups supplémentaires.

38. C’est le nombre de loups qui pouvaient être abattus en France pour la période 2016-2017, dont le terme est fin juin. Mais, par un arrêté du 16 juin, les ministres de la Transition écologique et de l’Agriculture, Nicolas Hulot et Jacques Mézard (désormais ministre de la Cohésion des territoires), ont autorisé l’abattage de deux loups supplémentaires. Une décision qui a fait un tollé auprès des associations écologistes.

« C’est une décision symbolique », affirme Patrick Boffy, vice-président de FERUS (association nationale pour la conservation du loup, de l’ours et du lynx en France) en charge du pastoralisme. Et pour cause : l’arrêté pris le 16 juin est seulement valable jusqu’au 1er juillet, date à laquelle débutera une nouvelle période annuelle, avec un plafond d’abattage fixé. « Mais, sur le principe, elle ne nous plaît pas », ajoute-t-il. Une opinion partagée par toutes les associations écologistes, notamment par le collectif CAP loup. À tel point que Nicolas Hulot a cru bon de s'en « expliquer » en vidéo.

Loup, longtemps absent en France

Pour ces associations, tuer davantage de loups ne les rendra pas moins agressifs, et n’améliorera pas le sort des ovins. « Tout se base sur la protection des troupeaux, explique Patrick Boffy. Dans les pays où le loup est présent depuis longtemps, comme en Italie ou en Espagne, les gens sont habitués à travailler avec, et le taux de prédation est bien inférieur à celui que nous avons en France. » Les raisons seraient selon lui à chercher dans la longue absence du loup sur le territoire (jusqu’en 1992). Après un siècle de tranquillité, les éleveurs se sont habitués à laisser leurs troupeaux paître seuls, sans protection.

Protéger les troupeaux

« Le loup n’a pas besoin de s’attaquer aux troupeaux. Il le fait parce que c’est plus facile que de pister des animaux sauvages. Il faut donc lui rendre difficile l’accès aux troupeaux », précise Patrick Boffy. Pour cela, trois moyens, selon lui : la présence humaine près des troupeaux, celle de chiens de protection, ainsi que la construction d’enclos plus sécurisés. Il affirme que ces solutions, d’ores et déjà adoptées dans d’autres pays européens, ont montré leur efficacité.

Début juillet, le nombre de loups à « prélever » sur la période 2017-2018 sera déterminé. L'arrêté ministériel est, pour l’heure, en consultation publique. Mais « personne ne tient compte de cette consultation », déplore Patrick Boffy. Et il sait que, pour contester l’arrêté, il faudra que les associations l’attaquent devant les juridictions administratives. Ce qui a un coût. Il garde néanmoins espoir : « Nicolas Hulot a promis une discussion à ce sujet après l’été, dans l’optique du futur plan national pour le loup ».  De quoi redéfinir le rapport complexe que la France entretien avec le canis lupus lupus ?

Plus d'info : 
- Ferus
- Cap loup
- Aspas 

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