[Serge Tisseron ]« l’abus d’écran nuit au développement des enfants »

Créé le : 13/12/2019
Crédit Pixabay

Serge Tisseron est psychiatre, membre de l’Académie des technologies, et chercheur associé à l’Université Paris VII Denis Diderot (CRPMS). Président de l’association 3/6/9/12, il met en garde contre un usage sans limite des écrans par les enfants et adolescents et préconise d’accompagner ceux-ci dans l’apprentissage des outils numériques.

Omniprésents à l'ère du numérique, les écrans peuvent-ils interférer avec le développement de l'enfant ? De quelle façon ?

La fréquentation d’écrans avant trois ans fait courir le risque d’une réduction des possibilités de langage, des capacités d’attention et de concentration, et de reconnaissance des mimiques. Plus tard, et de façon générale, un bon développement a besoin d’activités diversifiées, socialisantes et créatives à un degré ou un autre. Mais aucune étude ne démontre quelque relation que ce soit entre la consommation d’écrans et l’évolution du QI.


Peut-on parler d'addiction ? Préconisez-vous un système de prévention pour la santé des enfants avec un meilleur encadrement des parents ?

L’Organisation mondiale de la santé n’a jamais parlé d’« addiction aux écrans » mais depuis 2018, de « gaming desorder », traduit en français sur son site par : « trouble du jeu vidéo ». Quant au mot addiction, il est réservé à des pathologies particulièrement lourdes : on ne peut en parler que dans les cas où se produisent au moins douze mois de déscolarisation ou d’abandon professionnel complet, avec un appauvrissement général de la vie sociale. Et...

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