[L'HUMOEUR DE MARGUERITE] Vous avez votre carte d’infidélité et votre propre poubelle ?

Publié le mar 12/07/2022 - 13:00

Une fois par mois, Sans transition! publie une chronique : "L'humoeur de Marguerite". Ce mois-ci, Marguerite plaide pour anonymiser les bons de réduction en supermarché. Et pour sortir ses poubelles quand elles sont (vraiment) pleines. 

Imaginons que vous avez acheté diverses choses au supermarché. Vous passez à la caisse. Imaginons que le montant de vos achats est de l’ordre de quelques dizaines d’euros, voire davantage. Disons que vous avez acheté, entre autres, des biscottes de la marque X. Selon le montant de vos achats et après identification précise de ce vous avez dans votre panier, la prétendue intelligence artificielle qui analyse tous vos achats au fil du temps veut vous faire acheter des biscottes de la marque Y ; elle vous donne donc un bon de réduction. Bien entendu, cette réduction porte sur une quantité importante de biscottes de la marque Y, histoire de vous faire dépenser davantage, même si le prix au kilo est plus avantageux. Si vous êtes fidèle à la marque X, c’est raté. Si vous ne voulez pas dépenser davantage, si vous refusez de vous prêter à ce jeu consumériste ou si vous connaissez les biscottes Y et savez qu’elles ne vous plaisent pas autant que les biscottes X, c’est également raté. La probabilité de succès de l’intelligence artificielle est donc assez mince. Et n’allez pas croire qu’il nous a échappé que le vil but de cette machinerie est de nous faire revenir dans le magasin et d’acheter plein d’autres choses, nous ne sommes pas dupes.

Mais alors, que faire de ce bon de réduction ? Le jeter ? Bonjour la consommation inutile de papier et d’encre. Le garder chez vous au-cas-où-on-ne-sait-jamais jusqu’à ce que sa date de validité soit dépassée et/ou que l’encre soit effacée ? Non, bien sûr, ce serait ridicule (je parle en connaissance de cause).

La solution consiste à en faire bénéficier quelqu’un d’autre. Mais voilà : c’est impossible car vous et vous seul.e avez droit à cette réduction car le bon porte un code qui correspond à votre carte de fidélité. Je n’ai pas fait d’études de marketing, j’ai donc du mal à comprendre pourquoi les marques se prêtent à ce stratagème qui favorise l’infidélité et dont le succès est loin d’être garanti. Oui, je sais, vous allez me rétorquer que, contrairement à moi, les gens accumulent les bons de réduction et font leurs courses l’œil rivé dessus. Ce sont les gens que l’on voit passer à la caisse avec 4 bouteilles de shampooing, 18 paquets de biscuits identiques et 20 plats cuisinés. Une fois à la caisse, on les voit attendre avec fébrilité de nouveaux bons de réduction et sauter de joie lorsqu’on les leur donne, même si c’est pour des produits dont ils n’ont pas besoin et qu’il faudra les acheter en quantité astronomique pour que ça vaille le coup. Ce sont les gens que l’on voit charger leurs courses dans un camion qu’ils conduiront jusqu’à un entrepôt qu’ils sont obligés de louer car ils n’ont plus de place chez eux. Je sais, vous me direz qu’ils n’auront qu’à donner les produits surnuméraires à quelqu’un d’autre. Ils n’ont qu’à donner en guise de cadeau d’anniversaire ou de Noël un colis avec des bouteilles de shampooing, des paquets de biscuits identiques et des plats cuisinés qu’il faudra manger en moins d’une semaine pour ne pas avoir une intoxication alimentaire : tout ira bien et les vaches seront bien gardées.

Pourtant, une autre idée semble s’imposer : en pleine inflation alors que le pouvoir d’achat constitue une véritable préoccupation, ne serait-ce pas plus solidaire et constructif si les bons de réduction étaient anonymisés ? S’ils ne nous intéressent pas, nous pourrions les laisser à la caisse, dans notre caddie une fois vidé ou alors les donner à quelqu’un qui appréciera. Les enseignes de la grande distribution s’honoreraient d’une telle mesure, non ? L’intelligence artificielle manquerait de bon sens solidaire ?

Certes, il s’agit là d’une idée de colibri.

En voici une autre :

Chers voisins du quartier,

Si vous habitez dans un pavillon individuel et avez le privilège d’avoir votre propre poubelle, voici une idée :

Ne pas sortir sa poubelle dans la rue si elle n’est pas pleine.

Cela accélérerait le ramassage, allégerait un peu la circulation et diminuerait la consommation de carburant des camions d’ordures et celle des voitures qui attendent derrière eux.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Terrifiés, tous les animaux observaient le désastre.

Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "
 

Et le colibri lui répondit : "Je fais ma part."

N’hésitez pas à copier ce message et à le diffuser largement.