[RCF] Agriculture : la relève ou la faim !

Publié le jeu 13/01/2022 - 11:24
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La revue Sans Transition ! met à la UNE l’épineuse question de la transmission en agriculture dans son numéro de janvier, sous forme d’un dossier central intitulé : Agriculture, la relève ou la faim ! Ou comment relever le défi d’une transition écologique et sociale de notre agriculture.

Les agriculteurs disparaissent peu à peu, alors que l’enjeu de la souveraineté alimentaire monte en puissance, notamment dans le contexte de la campagne présidentielle. En quoi le renouvellement de la génération d’agriculteurs devient-il un défi majeur à relever ?

En 1955, il y avait 2,3 millions d’exploitations en France, dont 78 % étendues sur moins de 20 ha. En 2016, mors du dernier recensement, elles n’étaient plus que 440 000 dont 40 % seulement de moins de 20 ha… Conséquence : en un demi-siècle le nombre d’exploitations a été divisé par 4 selon l’INSEE, pour s’établir à environ 400 000 en 2019. De fait, les agriculteurs ne représentent plus désormais qu’une minorité de salariés avec un peu moins d’1,5 % de la population à présent, contre 7,2 % en 1982. Et leur influence dans la société, même en territoires ruraux, continue de diminuer.

Plus que la baisse massive du nombre d’agriculteurs, c’est bien le vieillissement de la population qui menace l’autonomie alimentaire de la France, déjà bien mise à mal ces dernières années…

Dans les années à venir, un tiers des paysans auront plus de 55 ans. Si le rythme actuel des installations perdure ; soit 13000 en 2019, un quart des exploitations pourraient disparaître en seulement 5 ans. C’est colossal.
Analyse de l’association Terre de liens face à ce constat sans appel : Avec une vision très négative de leur métier et des enfants qui ne veulent pas reprendre la suite comme ce fut le cas pendant des années, le renouvellement des générations ne pourra se faire que par celles et ceux qui sont non issus de monde agricole.

Le mouvement de retour à la terre, notamment dans le contexte sanitaire actuel, ouvre-t-il un espoir pour la transition agricole à venir ?

D’après une étude récente réalisée par le réseau Rural, les 2/3 des futurs installés dont la plupart désormais urbains ou péri-urbains, hors cadre familial souhaiteraient cultiver en bio. Or sur un million d’hectares à reprendre chaque année environ, 400 000 ha bénéficient à l’implantation des nouveaux arrivants et le reste à des projets d’agrandissements des fermes. Paradoxe : les fermes deviennent de plus en plus grandes et sont donc plus difficiles à transmettre aux nouveaux arrivants. Une voie de transition possible : restructurer les fermes par l’installation de plusieurs paysans aux activités complémentaires. Mais pour cela, restent encore à convaincre selon les territoires, banques et collectivités de soutenir cette transformation nécessaire de notre agriculture.