PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : comment les éviter ?

Créé le : 18/02/2018
© F. Delotte

Ils sont dans nos assiettes, nos cosmétiques et même dans nos vêtements. Ils sont accusés d’être à l’origine de maladies chroniques (diabètes, cancers…) et de troubles hormonaux. Les perturbateurs endocriniens s’immiscent dans les moindres recoins de notre environnement. Peut-on s’en prémunir ? Et, si oui, de quelles manières ?

Par François Delotte

Le produit est très controversé. Mais la Commission européenne propose de renouveler son autorisation pendant dix ans. Le glyphosate, herbicide présent dans le fameux Roundup de Monsanto, n’en finit pas de faire les gros titres. « C’est la cerise sur le gâteau de l’imposture. Tous les travaux internationaux montrent que c’est un mutagène et un perturbateur endocrinien (PE). Or, certains veulent continuer à l’utiliser », s’agace Charles Sultan, professeur en endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier. Le « cas » glyphosate rappelle combien il est compliqué de faire sortir les perturbateurs endocriniens de notre environnement. D’autant que ces derniers se retrouvent dans de nombreux produits et objets que nous utilisons au quotidien : plastiques, alimentation, cosmétiques… Mieux vaut donc essayer de les éviter au maximum.

Mais rappelons d’abord comment agit un perturbateur endocrinien. « Ce sont des substances chimiques créées par l’homme dans 90 % des cas », indique le professeur Sultan. « Ils sont susceptibles d’interférer avec la synthèse, la production ou l’action d’une hormone », continue le médecin. Leur particularités : « ils n’agissent pas en fonction de la loi dite de Paracelse selon laquelle la dose fait le poison. Ils peuvent intervenir à très faible dose, interagissent entre eux et sur les récepteurs hormonaux. Ce qui peut entraîner des effets cocktail pouvant multiplier par 100 leur action », poursuit-il. Stockés dans le tissu adipeux de l’organisme, ils peuvent agir sur la santé plusieurs années après être entrés en contact avec un individu.

De la pomme à l’ordinateur

Toujours selon le professeur Sultan, les perturbateurs « augmentent l’impact des œstrogènes », et sont impliqués dans des pubertés précoces, des cancers du sein... « Ils peuvent provoquer des troubles de la différentiation sexuelle chez le garçon ». Enfin, « en stimulant la croissance des cellules adipeuses, ils peuvent entraîner une obésité. Ils modifient aussi la sensibilité à l’insuline et provoquent des diabètes. Ils favorisent les maladies auto-immunes et inflammatoires comme l’asthme où l’arthrite. Enfin, ce sont des facteurs cancérogènes. »

Mais qui sont-ils, au juste, ces perturbateurs ? « Beaucoup sont présents dans les pesticides. Une bonne quarantaine devraient être exclus du marché car ils peuvent avoir des effets néfastes pour l’homme », assure François Veillerette, directeur de Générations Futures, association qui lutte contre les pollutions environnementales. D’autres, comme les phtalates, se retrouvent dans les plastiques souples mais aussi dans des cosmétiques, produits ménagers ou ustensiles de cuisine comme les poêles anti-adhésives. Paraben, phénoxyéthanole (cosmétiques), composé perfluoré (matières textiles, peintures, cosmétiques), bisphénol A (interdit en France dans tous les contenants alimentaires, mais présent sur des tickets de caisse) ou encore retardateurs de flamme bromés (ordinateurs, canapés...), ces substances aux noms fleuris sont utilisées comme conservateurs, composants de parfum, ou encore anti-bactériens. Les industriels ont facilement recours à ces molécules efficaces et pas chères. Mais polluantes.

Manger bio ?

Pour éviter au maximum ces substances, il convient d’abord d’être attentif à son alimentation. Car les fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle ont souvent été traités avec des produits phytosanitaires (pesticides et engrais chimiques) contenant des PE. « Selon nos travaux, les cerises sont les aliments les plus chargés en PE. Il faut aussi être particulièrement vigilant concernant des fruits qu’on ne peut pas éplucher, comme les fraises. Même si les perturbateurs franchissent la barrière de la peau », conseille François Veillerette. « Pommes et poires sont aussi particulièrement traitées. Et nous avons trouvé pas moins de quatre résidus de pesticides en moyenne dans les salades. La moitié étaient des perturbateurs endocriniens », assure-t-il. Les céréales ne sont, bien sûr, pas épargnées : privilégiez également des pâtes, riz et farines bio. Dans l’immédiat, François Veillerette milite pour « un affichage indiquant les produits utilisés pour traiter les plantes. Ce qui actuellement n’existe pas. »

On retrouve de nombreuses traces de pesticides sur les petits fruits, comme les cerises. À acheter bio. © Pixabay

Gare aux poissons gras !

Le militant spécialiste confie par ailleurs que l’on « retrouve peu ou pas de perturbateur dans les viandes. Même si l’on soupçonne les graisses animales d’en stocker ». Les animaux peuvent bien sûr consommer des aliments contaminés. Mais « une partie importante de ces substances est éliminée par la digestion », témoigne-t-il. Consommer de la viande bio permet néanmoins de soutenir un modèle agricole vertueux qui ne favorise pas le traitement des fourrages et les intrants OGM.

Il en est autrement des poissons. Notamment des poissons gras et carnassiers, situés en bout de chaîne alimentaire, comme le saumon, l’espadon ou le thon. On retrouve dans leurs graisses des substances et métaux lourds interdits depuis longtemps mais difficiles à éliminer, comme le DDT (hydrocarbures chlorés), le polychlorobiphényle (PCB) ou encore le mercure. « C’est embêtant car ces espèces sont riches en oméga 3, acides gras bénéfiques pour l’organisme », poursuit François Veillerette. Et là, il n’est pas forcément pertinent de se tourner vers les poissons d’élevage bio, qui consomment en partie des produits de la pêche souvent contaminés, comme le montre une récente enquête de 60 millions de consommateurs (lire notre dossier sur l’aquaculture p. 52). Le directeur de Générations Futures recommande de manger des petits poissons non gras comme le chinchard, la sardine ou des petits carnassiers comme le maquereau. On évitera d’acheter trop de poissons de vase pêchés en estuaire (plie, sole…), milieu fréquemment pollué.

Et, une fois aux fourneaux, « évitez d’utiliser poêles et casseroles abîmées pour éviter d’ingérer des anti-adhésifs pouvant contenir des perturbateurs endocriniens », explique Véronique Le Tilly, biologiste à l’Université de Bretagne Sud, spécialisée dans la détection des PE. Pour les contenants alimentaires, la chercheuse conseille de mettre les produits dans des bocaux en verre car « les boîtes en plastique contiennent souvent des phtalates ». Phtalates que l’on retrouve aussi dans certaines bouteilles en plastique : « des numéros sont présents au cul de la bouteille. Si cette dernière possède les chiffres 7 et 3, mieux vaut les éviter. Car le n°3 contient des phtalates ajoutés au PVC pour rendre l’objet plus souple. Et le n°7 comprend du polycarbonate, PE probable. »

Et les cosmétiques ?

Passons de la cuisine à la salle de bains. Les parabens déjà cités sont à exclure : on les retrouve notamment dans les gels douche et les shampooings. Plusieurs marques sont passées au « sans paraben » et l’indiquent sur leurs contenants. Véronique Le Tilly ipréconise d’être vigilant sur les vernis à ongle, notamment pour les jeunes filles : « certains contiennent des molécules à activité œstrogénique qui peuvent passer entre l’ongle et la peau », ce qui peut avoir un effet sur des malformations génitales ou la déclaration de cancers mammaires. Véronique Le Tilly et son équipe ont également observé ces PE appelés Butylhydroxyanisole (BHA) dans des crèmes antirides. Et, ce qui est plus problématique, dans des filtres solaires. « Il faut éviter les produits qui contiennent des additifs allant de E214 à E219. Ce sont des parabens », prévient Véronique Le Tilly. Il est donc conseillé de regarder la composition des produits. Et, là encore, de se tourner vers le bio, lorsque c’est possible. « Pour être labellisé bio, un cosmétique doit contenir 95 à 100 % d’ingrédients d’origine naturelle. Et que ces végétaux soient de 95 à 100 % bio », commente François Veillerette. « Les ingrédients synthétiques sont très peu présents dans ces produits et on n’y retrouve ni solvant, ni paraben ni phénoxyéthanole ou OGM ». Reste sinon la possibilité de faire ses propres cosmétiques avec des ingrédients de base : émulsifiant et gélifiant naturels, huiles essentielles, parfums naturels… Des ingrédients à retrouver en magasins bio ou à commander en ligne.

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Même chose du côté des produits ménagers : le plus simple est de fabriquer ses propres nettoyants de surfaces avec des éléments sains : bicarbonate, savon noir ou vinaigre blanc. « On trouve des phtalates et alkylphénols, qui sont des perturbateurs endocriniens, dans de nombreux détergents », indique François Veillerette. « Il faut aussi se méfier des produits contenants beaucoup de parfum car les arômes artificiels sont problématiques. » Pour lui, les produits écolabélisés sont relativement fiables, dans la mesure où les sociétés qui les commercialisent retirent « les composés les plus controversés ». Les insecticides sont bien entendu à bannir : « ils contiennent des molécules de la famille des pyréthrinoïdes de synthèse, soupçonnés d’être des PE », affirme le représentant de Générations Futures.

Un type de molécules que l’on retrouve dans certains tissus, canapés ou tapis. En matière de textile, on privilégiera donc les produits naturels, si possible bio. Bien que le naturel ne soit pas nécessairement irréprochable : « nous retrouvons dans certaines plantes des polyœstrogènes. Ce sont des substances qui miment les œstrogènes. Les oléagineux (noix) en contiennent. Et il faut encore que nous fassions des tests sur une matière comme le lin », souligne Véronique Le Tilly. Pour ce qui est ameublement, il faut écarter les bois contrecollés, agglomérés ou vernis qui peuvent contenir des solvants avec des PE et des Composés organiques volatiles (COV). Les matières brutes non traitées sont donc à privilégier. Tout comme les peintures à pigments naturels.

Protéger les enfants à naître

Cet environnement domestique doit être le plus sain possible. Et ce particulièrement pour la femme enceinte. « Les perturbateurs ont généré un concept nouveau : les origines fœtales des maladies de l’adulte. Je me bats depuis vingt ans pour la protection du fœtus ! », s’alarme Charles Sultan. Le médecin a observé des pathologies très diverses, souvent des malformations ou agressions génitales (absence d’urètre chez le garçon). Certaines se manifestent à la puberté ou à l’âge adulte comme l’atteinte du testicule fœtal qui peut provoquer des cancers. D’où l’importance de protéger la future mère et l’enfant qu’elle porte. Outre le fait de manger bio, d’éviter poissons gras et coquillages, le médecin formule plusieurs recommandations : « l’habitat doit être protégé. Notamment, il ne doit pas être situé à proximité de parcelles agricoles traitées aux pesticides (vergers, vignes, champs de céréales…). Les produits cosmétiques et ménagers doivent être bio ou écolabelisés. » Le professeur Sultan conseille d’aérer quotidiennement son logement « sujet à des pollutions domestiques qui émanent des meubles et des textiles. Par ailleurs, il ne faut pas peindre la chambre de l’enfant à naître, ce que font encore de nombreux parents », affirme le spécialiste. Ce dernier déconseille aussi les sous-vêtements en coton non-bio et les vêtements de couleur, traités avec des teintures synthétiques.

Une fois le bébé né, il faut bien sûr ne pas abandonner ces habitudes. « Il convient d’être attentif à ce que l’enfant ne porte pas à la bouche des jouets en plastique qui peuvent contenir des PE », souligne Véronique Le Tilly. Pour laver les vêtements de la famille, mettez de côté les « lessives blanchissantes dites « azurantes ». De façon générale, elle contiennent des molécules nocives pour la santé », assure la biologiste.

Faire évoluer la réglementation

Ces gestes nous préservent au maximum de l’exposition quotidienne aux perturbateurs endocriniens. Mais seule une évolution de la législation pourra garantir une protection durable face à ces molécules dangereuses. C’est justement ce à quoi s’attache l’association Générations Futures. « Il faudrait interdire d’urgence un certain nombre de phtalates que l’on retrouve dans des plastifiants, dans la cosmétique. Mais aussi les pesticides car nous les ingérons », défend François Veillerette. Les choses se jouent aujourd’hui à l’échelle européenne qui régit les règles du marché commun de l’UE. Les institutions de l’Union planchent depuis des mois sur une définition des perturbateurs endocriniens. Celle proposée par la Commission européenne ne satisfait ni les associations environnementales,ni les écologistes. « Elle prévoyait d’exclure les PE ayant des effets néfastes pour la santé », précise François Veillerette. « Mais elle exige un niveau de preuves beaucoup trop élevé pour désigner une substance comme PE », continue-t-il. De plus, « certains produits comme les pesticides, principaux perturbateurs qui bénéficient surtout à l’agriculture conventionnelle, font l’objet de dérogations », indique la députée européenne écologiste du Sud-Est de la France, Michèle Rivasi. Mais, à la surprise générale, cette définition a été invalidée par le Parlement européen le 4 octobre dernier. La Commission devra proposer une nouvelle copie. Espérons qu’elle sera davantage favorable aux citoyens qu’à l’industrie…

Plus dinfos :
www.generations-futures.fr
www.irdl.fr
www.chu-montpellier.fr
www.anses.fr/fr/content/les-perturbateurs-endocriniens
www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/dossiers-d-information/les-perturbateurs-endocriniens


INTERVIEW

Michèle Rivasi : « L’Europe doit protéger tous ses citoyens face aux perturbateurs endocriniens »

Propos recueillis par FD

Le Parlement européen a rejeté, le 4 octobre 2017, la définition des perturbateurs endocriniens proposée par la Commission européenne. La députée européenne écologiste du Sud-Est Michèle Rivasi milite pour la mise en place d’une réglementation claire et protectrice des citoyens au niveau de l’Union. Pour elle et les associations environnementales, l’action ne se place pas au niveau des États mais plutôt à l’échelon européen.


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Est-il possible aujourd’hui d’éviter les perturbateurs endocriniens ? Est-ce que les indications sur les produits de consommation que nous achetons nous permettent de savoir précisément s’ils en contiennent ?

Non. Pas tant qu’une définition précise des perturbateurs endocriniens ne sera pas validée par l’Union européenne. Il existe des centaines de molécules suspectées d’être des perturbateurs endocriniens (PE). Or la réglementation ne se prononce pas sur ce qui relève ou non des PE. L’interdiction du bisphénol dans les biberons, en France, fut un acte fort. Mais insuffisant. Le consommateur n’est pas protégé. Nous ne sommes pas sûrs à 100 % de la non dangerosité des produits. La seule façon de se protéger est de consommer des aliments, des cosmétiques, de la peinture… bio.
Les plus concernées sont aujourd’hui les femmes enceintes. Il n’existe pas de seuil d’exposition maximal car les PE agissent à très faible dose. Il faut protéger les futures mères. Dès 2013, lorsque je faisais partie du groupe de travail sur la mise en place par l’État d’un plan de stratégie sur les PE, j’ai présenté un document émanant des autorités danoises. Celui-ci listait les produits que les femmes enceintes devaient éviter. Il faut prendre exemple sur ce genre de démarche. Et informer le consommateur.
Les scientifiques possèdent la bonne définition des perturbateurs endocriniens. Celle proposée par la Commission européenne est trop restrictive. Car elle exclut les pesticides, ce qui est absurde car ce sont les premiers perturbateurs endocriniens (600 pesticides en contiennent). Si le pesticide s’attaque au système hormonal des insectes, on l’autorise. Mais celui-ci va aussi perturber les systèmes hormonaux des êtres humains ! Or, on trouve des résidus de pesticides dans nos aliments.

Est-ce que la législation devrait obliger les fabricants à indiquer sur leurs produits s’ils contiennent des PE ?

Même les industriels sont prêts à étiqueter. En Californie, il existe un étiquetage qui indique s’il y a ou non des perturbateurs dans les produits de consommation courante. Je ne connais pas leur définition des PE et donc quelles sont les substances concernées. Mais je sais que la législation oblige à étiqueter les produits fabriqués en Californie. Nicolas Hulot voulait que l’on puisse interdire un certain nombre de perturbateurs endocriniens en France. Très bien, mais ce n’est toujours pas suffisant. Il faut aller plus loin au niveau européen.

Pourquoi  ?

Nous sommes dans le cadre d’un marché unique. Si nous interdisons les perturbateurs au niveau national nous ne serons pas à l’abri d’être exposés à des produits qui viennent d’autres États de l’Union. L’Europe doit protéger tous ses citoyens. Le glyphosate, par exemple, doit être interdit dans l’ensemble de l’UE. Cela introduirait un cercle vertueux. Les industriels ne l’utiliseraient plus. Si seule la France l’interdit pour ses productions, c’est insuffisant. On ne peut plus agir seul dans son coin.

Est-ce que selon vous les perturbateurs endocriniens devraient être purement et simplement interdits ?

Oui. C’est notre objectif. Mais cela représente entre 800 et 1000 molécules. La première étape c’est, j’y reviens, de proposer une définition qui soit la plus précise possible. Il faut aussi mettre en place des recherches sur les molécules qui sont susceptibles d’être des PE. Une fois que tout sera bien défini, il faudra poser des limites. Et dire par exemple aux industriels : « vous avez cinq ans pour trouver des molécules de substitution ». Je suis consciente que cela demande du temps. Mais ce sont aussi des questions d’habitude et de coût des substances. Or il est possible d’effectuer ces substitutions. Dans le cas du PCB (polychlorobiphényle), on a constaté que c’était un polluant persistant dans l’environnement et on l’a interdit. Il faut examiner les choses au cas par cas.
L’explosion de cancers hormono-dépendants, de l’obésité, de la baisse de fertilité, des diabètes, des troubles comportementaux des enfants… tout cela est dû aux PE. Si l’on ne gagne pas cette bataille, on laisse les mannes industrielles, qui n’ont que faire des aspects sanitaires, gérer la qualité de nos biens de consommation.


LES VÉGÉTAUX « ANTI » PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

Avoir une alimentation variée et riche en végétaux permet de lutter contre l’action des perturbateurs endocriniens. C’est ce qu’explique le médecin environnementaliste Lylian Le Goff, qui est intervenu lors de tables rondes sur les perturbateurs endocriniens organisées par Sans Transition !, Harmonie Mutuelle et l’Université de Bretagne Sud, à Vannes, le 12 octobre dernier.


Le docteur Lylian Le Goff (au centre), François Veillerette, directeur de Générations Futures (de dos) et Magali Chouvion, rédactrice en chef de Sans Transition !, lors des tables rondes sur les perturbateurs endocriniens, à Vannes, le 12 octobre 2017. © LMDP

« Il n’est pas possible d’éviter les perturbateurs endocriniens à 100 %, mais la première des mesures à prendre serait d’interdire les pesticides qui se retrouvent dans notre alimentation », affirme Charles Sultan, professeur en endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier. Pour cause, « la voie digestive est celle qui nous expose le plus aux PE », complète le médecin environnementaliste Lylian Le Goff. Les produits phytosanitaires ne sont pas les seuls que nous avalons. Citons également les conservateurs et les emballages contenants par exemple des phtalates qui peuvent se retrouver dans nos plats. Fruits et légumes bio Mais, comme le souligne Lylian Le Goff, la solution passe aussi par l’alimentation : « Il faut diversifier ce que l’on mange. Et surtout consommer des végétaux. Légumineuses et céréales sont notamment riches en nutriments – comme les antioxydants – qui ont une action protectrice contre les effets des perturbateurs endocriniens ». L’alimentation bio est bien sûr préférable, « car elle est moins polluée – voire pas polluée du tout. Mais aussi, elle est généralement plus riche en nutriments protecteurs », rappelle Lylian Le Goff.

Plus web : Lylian Le Goff mais aussi François Veillerette ou encore le sénateur Joël Labbé comptaient parmi les invités des tables rondes co-organisées par Sans Transition ! avec Harmonie Mutuelle et l’Université de Bretagne Sud.

Retrouvez les tables rondes « PE : quels risques pour la santé ? » et « Quelles alternatives aux PE ? » ici.

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