[ TRANSITON AGRICOLE ] La Confédération Paysanne appelle à un engagement politique fort

Créé le : 17/09/2019

Dimanche 15 septembre à Pontivy, ce sont 500 personnes qui se sont rassemblées à l’appel de la Confédération Paysanne pour dénoncer des projets d'urbanisation qu'elle juge insensés et totalement indaptés au contexte environnemental actuel.

Le PLUI de Pontivy Communauté prévoit l'artificialisation de 330ha de terres. Un projet de 35,5 ha de terre à Séglien pour construire un circuit automobile apparaît  en complet décalage. Ces distractions dispendieuses sont synonymes de gaspillage et de voracité sur le plan de l’énergie. L’urgence climatique devrait pourtant nous amener à faire des choix clairs en faveur de l’agriculture et de l’alimentation.

L’autre projet concerne l’extension d’un élevage de poulets industriel à Langoëlan. La Confédération Paysanne affirme tout d’abord son soutien à l’installation d’un jeune agriculteur. Elle donne dans le même temps les conditions impératives pour que cette installation s’inscrive dans un plan d’avenir pour la filière avicole bretonne et aussi pour qu’elle soit acceptable par la population.

Tout d’abord, l’élevage breton doit rompre absolument avec les importations de soja ou de maïs importés d’Amérique du Sud. Le ministre de l’Agriculture lui-même a reconnu cette semaine dans le France Agricole « qu’il fallait arrêter les importations de soja car elles coutent cher et on ne sait pas ce qu’il y dedans ». Si le ministre ne sait pas, comment les porteurs de projet peuvent garantir un soja sans  OGM et issu de zone de non-déforestation ? La déforestation au Brésil est un crime qui peut être qualifié juridiquement d’écocide parce qu’elle nuit gravement à un écosystème vital pour l’humanité toute entière.

Ensuite, il est incompréhensible qu’en 2019 un projet agricole puisse se concevoir sans aucun lien au sol. Aucune autonomie alimentaire. Expédition le plus loin possible des déjections. Les erreurs du passé ne servent à rien et les aviculteurs sont pieds et poings liés à Sanders Bretagne qui leur fournit poussins, aliments, médicaments et enfin, la rémunération qu’ils fixeront unilatéralement par contrat !

Enfin la montée en gamme n’est pas au rendez-vous : 45 jours pour produire du poulet de 3,2 kg quand il faut 120 jours à un poulet bio pour peser 1,9 kg… Est-ce cela une viande de qualité ? Il faut 1,7 kg d’aliment pour produire 1 kg de viande. Est-ce vraiment nécessaire d’élaborer un tel processus d’élevage industriel alors qu’il aurait été si simple de proposer directement ces céréales à la consommation humaine ?

Il est probable que le préfet du Morbihan publiera un arrêté d’autorisation à ce poulailler.
Des recours juridiques seront déposés sur la base des réserves émises par la Commissaire Enquêtrice dans son rapport et qui concernent :
- l’utilisation de la réserve en eau et aux risques de pollution des eaux
- la pollution de l’air par les poussières et les émanations massives d’ammoniac
- l’atteinte à la biodiversité et notamment à la zone Natura 2000 toute proche

La modification des habitudes alimentaires et la lutte contre le changement climatique va amener naturellement une diminution de la consommation de viande. Nous devons intégrer cette donnée si nous voulons défendre les éleveurs. Plutôt que crispation et dialogue de sourds, la Confédération Paysanne souhaiterait la voix d’un dialogue constructif sur l’avenir d’une agriculture bretonne responsable. « Ce sont des paysans et des paysannes nombreux qui sont en mesure de nourrir la planète sans accaparer les terres, sans piller les ressources naturelles et sans opprimer les populations ». C’est Olivier de Schutter qui le disait quand il était rapporteur du Droit à l’Alimentation à l’ONU.

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