Béa Johnson à Mazan (84), plusieurs centaines de personnes venues s'informer et échanger autour du « zéro déchet »

Créé le : 20/03/2017
FD/LMDP

Plusieurs centaines de personnes sont venues assister à la conférence de Béa Johnson – ambassadrice mondiale du « zéro déchet »  organisée le 16 mars dernier, à la Boiserie de Mazan (84) par Sans Transition ! Provence et la ville de Mazan.  

Originaire d'Avignon mais résidant depuis longtemps en Californie, Béa Johnson et sa famille ont décidé d'adopter un mode de vie « zéro déchet ». Un défi que le foyer a relevé en quelques années pour désormais atteindre une production de déchets dérisoire de 500 ml/an (en France, nous consommons entre 300 et 400 kilos de déchets par personnes et par an).

Achat en vrac, confection de ses propres cosmétiques et produits d'entretien, réutilisation... Pour arriver à de tels résultats, Béa Johnson, son compagnon et leurs deux enfants ont dû faire preuve d'adaptation et d'ingéniosité.

Acheter, c'est voter

Loin d'être moralisatrice, son expérience partagée est une source d'inspiration pour celles et ceux qui, selon leurs possibilités, souhaitent diminuer leur production personnelle de déchets.

"Acheter, c'est voter ! En privilégiant les achats sans emballage, le vrac, le faire soi-même ou les achats d'occasion, vous participez à promouvoir une société qui tend vers le "zéro déchet", a rappelé la cheffe de famille. « A chaque fois que vous refusez un emballage, un sac plastique ou autre, vous envoyez un signal clair aux fabricants. Une manière de promouvoir les bonnes pratiques, car vivre sans déchet, c'est aussi et surtout vivre mieux !", soutient-elle.

Déchet aujourd'hui, ressources demain

En première partie de soirée s'est déroulée une table ronde entre Dominique Robin, directeur de l'association d'observation de la qualité de l'air Air Paca, Gérard Borgo, vice-président de la Communauté d'agglomération Ventoux Comtat Venaissin (Cove) en charge de la gestion des déchets, François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône et président de l'Institut de l'économie circulaire et, bien-sûr, Béa Johnson.

A propos de la qualité de l'air, Dominique Robin a rappelé que :

"Les pollutions que peuvent causer les déchets se retrouvent inéluctablement dans l'eau et dans l'air que nous respirons. C'est notamment le cas des déchets verts qui sont brûlés dans les jardins. Nous devons apprendre à mieux gérer nos déchets pour améliorer notre qualité de vie."

Gérard Borgo a défendu l'action des collectivités locales en affirmant que :

"Même si la Provence n'est pas en avance pour devenir encore un territoire zéro déchet, nous tentons d'impulser une dynamique de fond sur le territoire de la Cove, en incitant les citoyens à trier plus, à composter et à recycler pour réduire leurs déchets."

Logiquement, François-Michel Lambert a insisté sur l'importance de la place de l'économie circulaire pour contribuer concrètement à développer une autre approche des déchets :

"L'économie circulaire permet de ne plus considérer nos poubelles comme de simples déchets mais de voir plus loin, en les transformant en ressources nouvelles."

La soirée s'est terminée autour d'un échange entre Béa Johnson et le public, venu nombreux. Loin de rebuter les citoyens, la question des déchets est un des enjeux majeurs de notre société et de notre économie.  

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