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[ AGRICULTURE ] Un accaparement des terres « sans consultation de la population locale »

Créé le : 26/11/2019
Accaparemment des terres agricoles (crédit : Pixabay)

Par Terre de liens

Longtemps la notion d’accaparement des terres n’a été pensée que pour les pays du Sud, et c’est vrai que les enjeux y sont colossaux. […] Le sujet a été mis à l’agenda médiatique suite à l’acquisition de 1700 ha dans le Berry par une entreprise chinoise utilisant une ingénierie juridique permettant de contourner la Safer. C’est le même montage qui avait permis de regrouper les terres nécessaires à la constitution de la ferme des milles vaches en 2013 en Picardie, qui répond tout autant à la définition de l’accaparement des terres. Le montage juridique utilisé vise souvent à contourner les administrations et le phénomène est donc difficile à quantifier. C’est d’ailleurs l’un des enjeux de la loi foncière annoncée en début d’année par le ministre de l’Agriculture, mais reportée sine die depuis.

En PACA, aucune opération d’achat n’a encore défrayé la chronique. La faible taille des fermes en PACA, la plus petite moyenne de surface agricole utile par ferme de France métropolitaine, pourrait expliquer cela. En effet, il est plus facile de concentrer de grandes unités à partir de fermes de grande taille. Mais les fermes en PACA grossissent de plus en plus, comme ailleurs. Et le secteur viticole, avec des crus très prisés pourrait-être un lieu potentiel d’accaparement. Enfin, le climat de la région va la rendre très attractive pour l’implantation de panneaux photovoltaïques au sol. Ces projets ne peuvent aujourd’hui pas s’implanter sans qu’il y ait une activité agricole conjointe sur les terres, souvent avec des moutons ou de la volaille sous les panneaux. Mais vu la différence de revenu entre la production d’énergie et l’agriculture nourricière, la première risque de prendre rapidement le pas sur l’autre. C’est pourquoi à Terre de Liens nous défendons l’implantation du photovoltaïque sur les toits et pas dans les champs.

Plus d’infos :

www.terredeliens.org

« Des terres, pas d'hypers » à Montpellier, marche contre le projet Oxylane

Créé le : 11/06/2016

Le 11 juin, le collectif Oxygène organise une marche à Montpellier, dans le cadre du mouvement « Des terres, pas d'hypers », pour s'opposer à la construction d'un complexe commercial, le projet Oxylane. Pour en savoir plus sur cette manifestation et les revendications qu'elle défend, nous avons contacté Françoise Hélary, du Collectif Oxygène.

Vous organisez une marche à Montpellier le 11 juin contre le complexe commercial Oxylane, mais que reprochez-vous concrètement au projet ?

Pour reprendre les termes du mouvement « Des terres, pas d'hypers », nous lui reprochons d'être un « projet commercial inutile et imposé ». Il viendrait s'installer sur une terre agricole exploitable, actuellement cultivée en agriculture conventionnelle mais qui intéresse aussi l'agriculture bio, car c'est une bonne terre pour la maraîchage. Ce serait donc un gaspillage de terres agricoles et l'artificialisation qu'il causerait renforcerait encore le risque d'inondations auquel nous sommes déjà exposés à l'automne et au printemps. La terre joue un rôle régulateur contre ces risques environnementaux, et c'est une raison de plus en faveur de sa conservation. De plus, il y a une zone protégée sur l'emplacement. Elle restera protégée mais un parcours d'accrobranche y est prévu et la zone sera enclavée. Il est nécessaire de réfléchir davantage aux emplacements de ces centres commerciaux !

 

Comment la journée du 11 juin va-t-elle défendre vos revendications, quelle en sera l'organisation ?

Il s'agit d'une journée nationale. Quinze collectifs ont répondu à notre appel, car ils se reconnaissent dans le mouvement « Des terres, pas d'hypers ». Il y aura donc des actions simultanées dans un ensemble de villes françaises, mais certains collectifs ont aussi choisi de se regrouper pour avoir plus de poids. Nous serons nous-mêmes rejoints par les opposants au projet de la gare de la Mogère à Montpellier,  le collectif de las Rebes avec la ZAD qui luttent contre le bétonnage du dernier poumon vert d'un quartier populaire de Montpellier, et Nuit Debout.  Alternatiba  est à l'initiative de la vélorution qui partira de la Gare Saint-Roch (9h) qui passera par las Rebes (10h) pour retrouver le collectif Oxygene à 11h pour le début de la marche. N ous partirons de la station de tram Occitanie sur la ligne 1, à Montpellier jusqu'au lieu d'implantation d'Oxylane aux Fontanelles, soit 3km et demi. Suivront un pique-nique, une bourse aux plantes, etc mais aussi des tables rondes sur les thématiques de la sauvegarde des terres agricoles et de la nature ou encore de la participation citoyenne quant à l'aménagement des territoires. La journée devrait se terminer vers 17h.

 

Qu'attendez-vous de cette mobilisation de demain, qu'en espérez-vous ?

Nous demandons que soit mis un terme à la prolifération de ces centres commerciaux, et que puissent se réaliser des aménagements réellement conçus pour l’intérêt des citoyens. Ainsi, nous voudrions voir évoluer la nouvelle loi Pinel qui écarte les associations des décisions d'aménagements commerciaux et empêche leurs recours, ce qui est tout de même paradoxal dans une période où la dynamique est à l'intégration de la dimension environnementale dans les projets ! L'idée pour ceux qui sont à l’initiative de cette journée nationale est de poursuivre cette dynamique et de continuer à fédérer d'autres collectifs. Ainsi, les collectifs signataires de l’appel du 11 juin participeront en juillet à un forum-débat à Notre Dame des Landes. Ces journées seront aussi l’occasion de rencontrer d’autres collectifs qui portent des combats similaires. Localement nous participons le 9 juillet à l’accueil de la caravane internationale à vélo qui rejoint le forum contre les grands projets inutiles imposés (GPII) prévu à Bayonne du 15 au 17 juillet.

 

Pour soutenir le Collectif Oxygène

Une pétition en ligne a été créée par le collectif Oxygène (13 associations dont les deux associations fondatrices SOS-Lez-Environnement et Vivons Montferrier), pour s'opposer à l'implantation de cette  zone commerciale et favoriser le maintien d'une activité agricole à Saint Clément de Rivière. Vous pouvez signer cette pétition en ligneEt si vous voulez aller plus loin, vous pouvez participer aux frais de justice du collectif, nécessaires pour faire entendre sa voix par le soutien d'avocats, par une souscription en ligne

Suite à la marche

La marche fut un succès, pour les organisateurs. Elle a réuni plus de 250 personnes sur un « itinéraire bis ». Il était d'abord prévu de prendre la route de Ganges et de freiner la circulation mais des questions de sécurité l'ont emporté et c'est une route parallèle plus sûre qui a finalement été empruntée.
La jonction entre les collectifs contre les « projets commerciaux inutiles et imposés » et les opposants à d'autres projets comme la gare de la Mogère s'est faite en douceur et c'est encore une centaine de personnes qui se sont réunies pour discuter lors des tables rondes.

On a pu noter aussi la présence discrète de quelques personnalités politiques comme Fanny Dombre-Coste de l'observatoire national de la consommation des espaces agricoles (ONCEA) et d'autres collectifs comme « Non à un Hinterland à Poussan ».

 

Amaëlle OLIVIER

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