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[SENIORS] Médicaments : soigner sans surdose

Créé le : 19/05/2020
médocs. crédit pixabay

Par Clara Martot

En France, les personnes de plus de 65 ans avalent en moyenne sept médicaments par jour. Plusieurs études montrent que nombre d’entre eux sont superflus, ou pire, présentent des risques. Or, des alternatives permettent de ralentir la cadence. De quoi renforcer ses défenses immunitaires tout en préservant la planète.

Sept médicaments par jour (1). C’est ce que consomment, en moyenne, les séniors en France. De quoi faire la part belle à l’industrie pharmaceutique, pas spécialement connue pour ses vertus écologiques. Depuis 2018 et grâce à une étude canadienne, nous savons même que cette industrie produit plus de gaz à effet de serre que les usines automobiles (2). Pourtant, face à la surconsommation, réduire les doses est autant un enjeu écologique que de santé publique.

Et cela peut commencer par des gestes simples : « je me tiens à l’essentiel. Si j’ai un rhume, je me repose et je laisse passer » explique Jean, 77 ans. Ce retraité du tourisme s’est promis une chose : « ne jamais prendre de médicament pour le sommeil. Si on commence, on se crée des besoins. » Sans se dire écolo, Jean estime tout simplement « faire attention à l‘environnement ». Il ne prend donc que deux pilules par jour et elles sont essentielles à sa santé : des anti-coagulants.

Ordonnances à rallonge

Ce type de médicament est souvent prescrit aux personnes âgées. Tout comme les anti-diabétiques, les anti-hypertenseurs… En clair, des soins sur lesquels il est presque impossible de faire l’impasse quand on avance dans l’âge. Mais le haut du palmarès des médicaments prescrits aux séniors cache aussi des résultats plus étonnants : anti-dépresseurs, anxiolytiques, somnifères… Soit, des problèmes que l’on peut en majeure partie confier aux herboristes, naturopathes, réflexologues et autres professionnels de santé plus écolos.

D’autant que l’association de médecines douces, en plus de réduire l’empreinte carbone, pourrait sauver des vies. Selon une étude menée par deux associations en 2017, 7500 personnes âgées décèdent chaque année en France à cause d’une prise médicamenteuse (1). La solution, selon les auteurs : « réviser les ordonnances à rallonge ». Comment induire ces nouveaux comportements, chez les patients comme chez les médecins ? : « Il y a une contrainte claire, explique Serge Guérin, sociologue du vieillissement et auteur d’un livre sur les médecines alternatives (3). En vieillissant, on multiplie les soucis de santé, et souvent les médecins prescrivent sans trop laisser le choix. »

Écolo, bon pour le mental

Le chercheur se montre tout de même optimiste : « aujourd’hui les médecins prescrivent peu de médecine douce. Mais il y a 20 ans, ils ne disaient jamais aux séniors de faire de la marche, alors qu’aujourd’hui, ils le disent tous ! Il y a eu une prise de conscience. En fin de vie, on ne peut plus tout régler à base de pilules. L’objectif est d’entretenir sa forme physique. Aujourd’hui, le personnel médical prend le même chemin avec la méditation, l’hypnose et les plantes par exemple, qui sont introduites peu à peu en maisons de retraite. » L’avantage de ces méthodes écolos ? « Encourager l’autonomie et maintenir actif. »

C’est exactement le constat dressé par Françoise, professeure d’espagnol de 61 ans : « je suis l’écolo de la famille. Quand mon mari, plus âgé que moi, a eu un cancer, il a subi un traitement lourd. En complément et avec l’accord de ses médecins, je l’ai encouragé à prendre du ginseng, des oligo-éléments… Il y a peut-être un effet placebo mais ça fonctionne car face à la maladie, le moral est central. » Une manière d’allier écologie, médecine douce et ondes positives.

Plus d’infos :

https://theconversation.com/lindustrie-pharmaceutique-emet-plus-de-gaz-a-effet-de-serre-que-lindustrie-automobile-118251

https://www.60millions-mag.com/sites/default/files/asset/document/60millions-170921-polymedication_seniors.pdf

  1. « Réviser les ordonnances à rallonge chez les séniors pour limiter les risques », Open Health pour France Assos Santé et 60 Millions de consommateurs (décembre 2017)
  2. « Carbon footprint of the global pharmaceutical industry and relative impact of its major players », Lotfi Belhir & Ahmed Elmeligi, Journal of Cleaner Production (n° 214)
  1. Médecines Complémentaires et Alternatives. Pour et Contre ?, éd. Michalon (2019)

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