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[DOSSIER 5G] : Les normes anormales de l'Icnirp

Créé le : 22/10/2020

crédit : Pixabay. Une antenne relais de 5G

Par N.B

« Nous respectons toutes les normes. » Telle est, en substance, la réponse de l'industrie lorsque lui est posée la question des risques sanitaires liés aux ondes électromagnétiques. 

Ces normes sont les suivantes : 41 Volts par mètre (V/m) pour les fréquences de 900 mégaHertz (MHz), 58 V/m pour les fréquences de 1800 MHz, et 61 V/m pour les fréquences de 2100 MHz. Et effectivement, l'industrie ne les dépasse jamais, pour une raison simple : « C’est un peu comme si je vous disais qu’il faut éviter de conduire à plus de 800 km/h : on est toujours en dessous de la limite », résume Étienne Cendrier, ex porte-parole de l'association Robin des toits. Mais alors, à quoi servent ces normes ? Pour le comprendre, il faut lire le rapport rédigé par l'Icnirp, l'ONG à l'origine de ces seuils. En préambule, cet organisme privé indique que « ce guide n'est fondé que sur des effets immédiats sur la santé, tels la stimulation des muscles ou des nerfs périphériques, les chocs ou les brûlures (…), ou encore l'élévation de température des tissus ».

Les effets sur le long terme (cancer, maladie d'Alzheimer, leucémie…) ne sont donc absolument pas pris en compte. Or, des études semblent montrer des effets cancérogènes, par exemple celles du NTP – principale agence sanitaire états-unienne – et de l'institut Ramazzini...

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[DOSSIER] : 5G, un désastre de nouvelle génération

Créé le : 22/10/2020

Crédit : pixabay

Par Nicolas Bérard

Après la 2G, la 3G et la 4G, il aurait pu paraître naturel de passer à un réseau de communication sans fil de cinquième génération. Pourtant, une résistance citoyenne est en train de se constituer face à cette technologie 5G. En cause : les risques sanitaires, écologiques et la société hyperconnectée qui l’accompagnent.

 

« Être en retard sur la 5G n'est pas une option », mentionne la « feuille de route »[1] que s'est fixée la France au sujet du réseau mobile de cinquième génération. Aucune place au doute : il faut le déployer, et le plus tôt sera le mieux ! Malgré un léger contretemps dû à la crise du coronavirus, l'État espère toujours une commercialisation des premiers abonnements 5G avant la fin de l'année. Pourtant, deux ans après la publication de cette feuille de route, de plus en plus de citoyen·nes s'interrogent : en a-t-on réellement besoin ? En a-t-on envie ? Est-ce soutenable sur le plan environnemental ? Des associations dénoncent l'absence d'études d'impact qui permettraient de répondre à cette dernière question. Elles ont donc déposé un recours devant le conseil d'État afin d'exiger qu'elles soient menées avant le lancement du programme (lire ITW Kerckhove en article lié).

Les réseaux de téléphonie mobile ont toujours suscité une certaine opposition, principalement au départ, en raison des questions sanitaires qu'ils soulèvent. Pour tenter d'éteindre cette polémique, l...

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[ENTRETIEN] : « La smart city est autant un remède qu'un poison »

Créé le : 16/03/2020
CNES

Légende : En décembre, la métropole de Montpellier a officialisé sa collaboration avec le centre spatial le CNES pour cartographier la biodiversité végétale, les risques incendie en forêt, le potentiel agricole et l'évolution des constructions urbaines. Crédit photo : DR

Propos recueillis par Virginie Jourdan

Carlos Moreno est professeur des universités à Paris (1). Depuis près de 15 ans, il travaille sur la ville et son volet « intelligent ». Pour lui, l'enjeu actuel est de créer un environnement urbain à la fois durable et basé sur la proximité.

Faut-il avoir peur de la smart city ?

La smart city reste un concept très vague. Sans limites posées, c'est une manière de donner à la technologie le pouvoir de résoudre les problèmes et les questions qui émergent dans la ville. Or, l'enjeu véritable d'une ville est de savoir comment se partagent les espaces publics et les espaces privés. Et comment la vie quotidienne des citoyens est organisée pour leur assurer le bien-être. Nous sommes bien loin de ce que proposait Cisco ou IBM en 2008 (des villes qui sont gérées à partir d'un tableau central aspirant les données de la ville, NDLR). La smart city est autant un remède qu'un poison. Tout dépend de la façon dont elle est utilisée.

Pourquoi ajoutez-vous systématiquement le qualificatif « humaine » quand vous parlez de smart city ?

Parce que la multiplication des outils numériques, et donc la technologie,  a pu, à un moment donné, déresponsabiliser les décideurs politiques. Et cela a aussi eu une incidence sur le débat démocratique qui s'est révélé moins riche, notamment sur les questions de l'inclusion de toutes et tous ou « comment vivre ensemble ? ». Le cœur de la problématique de la ville, c'est l'humain. Et pour cela l'intelligence doit être du côté des élus et des décideurs, pas dans des machines comme le promet l'intelligence artificielle. Il faut sortir de la gestion de la ville en verticale avec d'un côté l'école, puis la voirie, le logement, la mobilité, etc. Tout est interdépendant et une vision par secteur ne permet pas de penser les usages des habitants.

Que peut la ville pour les citoyens ?

Il y a six fonctions sociales essentielles qu’une ville doit remplir pour accueillir correctement ses habitants. Comment se loger, comment travailler, s'approvisionner sur le plan alimentaire, prendre soin de soi sur le volet de la santé, comment apprendre et, enfin, comment s'épanouir. Et pour tout cela, il faut du temps. Le temps pour soi, ses proches, ses voisins, pour la planète aussi afin d'émettre moins de CO2. Avec la smart city, ou les projets tels que celui d'Elon Musk avec son tunnel sous-terrain dédié à des voitures propulsées à 200 kilomètres à l'heure, ce qui est proposé c'est aller plus vite, plus loin. Nos modes de consommation et de production ont encouragé une dissociation entre le temps et l'espace. Et cette dissociation épuise la planète.

Les villes sont-elles des nœuds dans la résolution de la crise climatique ?

Nous devons réduire nos émissions de CO2 par deux pour éviter la catastrophe climatique qui se prépare. Or les villes émettent 77% des émissions de CO2 du monde, elles consomment 70% de l'énergie, elles concentrent 80% de la création de richesse et 54% de la population mondiale. Tout cela sur seulement 2% de la surface planétaire. Alors oui, évidemment, il faut créer et inventer pour se remettre à aimer la politique, à aimer les villes, pour en prendre soin comme si c'était soi-même et en faire un lieu aimable. Il nous faut un urbanisme de la proximité.

Selon vous, une ville peut-elle devenir intelligente sans impacter sa gouvernance ?

Les citoyens doivent être au clair avec les enjeux écologiques, sociaux et économiques. Ils doivent être éduqués. Ils doivent savoir comment chaque euro dépensé dans la ville vient répondre à ces trois critères. Il faut que les citoyens et les élus municipaux eux-mêmes aient aussi le vrai pouvoir de prendre des décisions pour leurs villes en matière d'aménagement routier et sur tout ce qui influe sur l'air, l'eau, l'ombre, les espaces publics, le silence et le temps. Je prône une ville du quart d'heure. Une ville dans laquelle, chaque déplacement pour apprendre, se divertir, se nourrir ou prendre soin de sa santé, ne dépasse pas les 15 minutes. C'est ce que j'appelle la ville du quart d'heure et ce serait rendre la ville à ses citoyens.

(1) Carlos Moreno est directeur scientifique de la Chaire Entreprenariat Territoire Innovation, Université Paris 1 Panthéon, Sorbonne, et IAE Sorbonne Business School.

Plus d’infos : www.moreno-web.net

 

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[FAB CITY] : Ils veulent fabriquer la ville

Créé le : 16/03/2020
Virginie Jourdan Fab city

Légende photo : À Rennes, des habitants ont reproduit des machines dont les plans sont livrés en open source et qui permettent de fabriquer des objets en recyclant le plastique ramené par leurs soins.
Crédit photo : V. Jourdan

Par Virginie Jourdan

De Brest à Marseille, des citoyens et des associations veulent participer à la fabrication de leur ville. À la seule gestion utilitaire des ressources, ils veulent ajouter la mise en commun des connaissances. Leur objectif ? Développer l'autonomie de leur territoire. Un pari qui prend du temps.

« Nous avons lancé le Science hack day pour imaginer ensemble de nouveaux usages dans la ville et y améliorer les déplacements, l'inclusion de tous, le partage des connaissances mais aussi l'écologie », démarre Antony Le Goïx Auffret, attaché de direction aux Petits Débrouillards à Brest. En novembre, sa cinquième édition a rassemblé 120 personnes, étudiants, enfants, curieux ou experts. Au fil des années, des projets ont émergé : hébergeurs de données du web à proximité de chez soi,  avec un échantillonneur ADN à bas coût pour inventorier la biodiversité marine, fauteuil roulant à assistance électrique peu onéreux, etc. Créé en 2015, ce Science hack day est l'une des actions rattachées à la « fab city » de Brest. Née à Barcelone à la fin des années 2000, la fab city veut donner aux citadins les moyens de construire leur ville. Réponse à la « smart city », jugée arcboutée sur la technologie et excluante pour les habitants, elle a été officialisée en 2014 et rassemble aujourd'hui une trentaine de villes à travers de monde. De Saracoba au Brésil à Amsterdam au Pays-Bas ou encore Ekurhuleni en Afrique du Sud, toutes se sont donné l'objectif d'atteindre 50% d'autonomie en 2054 dans des domaines aussi variés que la fabrication de matériaux, d'objets ou l'alimentation via l'agriculture urbaine. En France, quatre villes et deux régions ont rejoint le mouvement depuis 5 ans. Toulouse, Paris, Brest, et récemment Rennes, mais aussi les régions Occitanie et Auvergne-Rhône Alpes. Dans chacun des territoires, les projets prennent des visages différents mais tous reposent sur un réseau fourni de laboratoires de fabrication numérique, les fablabs. « À Toulouse comme ailleurs, les projets peuvent paraître lents car il y un temps long d'appropriation des techniques et des outils numériques », explique Richard Didier, bénévole à Artilect, réseau de fablabs toulousains. Dans ces ateliers, l'autonomie signifie fabriquer des maisons avec du bois local ou apprendre la couture. À l'échelle de la municipalité toulousaine, elle s'incarne dans l'open data : « la ville veut harmoniser les données sur l'eau ou l'énergie pour les rendre facilement accessibles à tous : associations, citoyens ou entreprises plutôt que de confier leur gestion à des groupes privés », ajoute Richard.

De l'autonomie à l'inclusion sociale

À Saint-Etienne, des habitants ont co-designé les aires de jeux sur lesquelles jouent leurs enfants. À Rennes, des prototypes de véhicules open source sont testés, des capteurs de pollution de l'air sont améliorés pour ajouter la mesure du dioxyde d'azote à moindre coût. « Dans la smart city, les citoyens sont vus comme des producteurs de données. Avec la fab city, les projets les rendent acteurs de leur ville », ajoute Yves Quéré, responsable de l'Open lab Factory, l'un des hauts lieux de la mise en œuvre de la fab city brestoise.

Malgré des projets concrets, la fab city reste peu répandue. Mais les projets de fabrication collective, eux, font concrètement leur chemin. Comme à Marseille. Si la cité phocéenne n'est pas entrée dans une démarche de labellisation fab city, David Benaïm, co-fondateur du lieu de fabrication « Ici Marseille », reconnaît que « le concept trotte dans la tête de tout le monde ». D'abord dédié à la mutualisation de locaux et de machines pour les artisans qui fournissent, par exemple, du mobilier urbain, Ici Marseille a finalement ajouté l'inclusion sociale à ses activités. «Nous sommes d'abord là pour répondre aux problématiques de la société, pas à des marchés », explique le directeur. Actuellement, 20 jeunes décrocheurs scolaires y suivent une formation de 6 mois. « En plus de la menuiserie, ils apprennent les bases pour créer leur propre entreprise », précise David Benaïm. Une manière, pour lui, de promouvoir l'autonomie des citoyens sur leur territoire. Ce dernier en est d'ailleurs convaincu : « Une ville qui peut partager, c'est d'abord une ville autosuffisante et autonome. »

Plus d'infos:

Barcelone ou la réinvention du droit à la ville : https://frama.link/BarceloneFabCity

Mieux connaître la fab city : https://fab.city

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[SMART CITY] : le cauchemar derrière les promesses ?

Créé le : 16/03/2020
melbourne

Par Virginie Jourdan

Débarquées après la crise financière de 2008, la « smart city » et ses promesses d'économie d'énergie progressent en France. À Angers, Dijon, Nice, des mairies optent pour des solutions clé en main pour assurer une partie grandissante de la gestion de leurs éclairages, déchets ou vidéo-surveillance. Entre la captation lancinante des données et des services publics par des groupes privés et la multiplication des outils de surveillance, les craintes émergent. Les alternatives aussi.

Objet marketing promu par de grands groupes américains après la crise financière de 2008 et dopé par les espoirs suscités par des outils numériques florissants, la ville intelligente ou smart city continue de poser ses jalons en France. Sur le terrain, son versant sécuritaire inquiète.

Une décade après son apparition dans le vocable de la révolution numérique, la « smart city », communément traduite par ville intelligente, progresse encore. De Singapour à Toronto, les applications et les plateformes numériques qui promettent d'apporter des réponses automatisées à des problèmes imprévus ou récurrents se multiplient. Leur carburant pour fonctionner ? La collecte de données, leur centralisation puis leur traitement. Avec elles, tout est passé au peigne-fin : consommations énergétiques, déplacements d'automobiles ou de piétons, consommations d'eau, etc. En France, ce concept fait aussi son bonhomme de chemin. Fin 2019, la ville d'Angers, dans le Maine-et-Loire, a dévoilé son modèle de « smart city ». Au programme : 50 000 capteurs devraient être installés dans les rues de la ville en 2020. Objectif ? Mesurer pour...

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