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PESTICIDES - Joël Labbé, sénateur du Morbihan : « Il faut sanctionner les commerces qui enfreignent la loi »

Créé le : 12/07/2017
Joël Labbé sénateur écologiste du Morbihan - Crédit : DR

Une récente enquête de l'association Consommation Logement Cadre de Vie indique que 44% des enseignes qui vendent des pesticides aux particuliers ne respectent pas la réglementation. Trois questions à Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, auteur de la loi destinée à encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires, entrée en vigueur le 1er janvier 2017. 

Pourquoi certains commerces signalés dans l'enquête de la CLCV ne respectent-ils pas la loi ?

Parce que les pesticides chimiques, pour être vendus aux particuliers, doivent être placés sous vitrines. Ils doivent aussi être présentés au client par l'intermédiaire d'un vendeur qui a reçu une formation spécifique de conseil. Il faut rectifier le tir ! Les textes doivent être appliqués. Les choses seront plus simples à partir du 1er janvier 2019 car tous les pesticides chimiques seront interdits à la vente à cette date. Il convient néanmoins de sanctionner les enseignes qui enfreignent la réglementation actuelle. L'idée de Macron et d'En Marche c'est de donner aux entreprises un « droit à l'erreur ». Je propose de passer d'abord par un avertissement avec une mise en demeure d'un mois. Et, le cas échéant, d'adopter des amendes lourdes.

Faites-vous confiance au gouvernement pour faire exécuter la loi, en 2019 ?

La vente sera de fait interdite par la loi. Ce sera plus simple de faire appliquer les règles. Ce qui est en jeu, c'est la santé humaine, la qualité de l'eau et la biodiversité.

Quelles sont les alternatives disponibles aux pesticides chimiques ?

D'abord, il est possible de désherber mécaniquement avec du matériel spécifiquement conçu pour cela. Ensuite, les particuliers et surtout les communes peuvent laisser 15 cm de terre en pied de façade des immeubles, là où poussent habituellement les « mauvaises herbes ». Cela peut inciter les citoyens à se réapproprier l'espace public en y plantant des fleurs, par exemple.

Par ailleurs, il existe une liste de 800 préparations dites « naturelles peu préoccupantes », comme le purin d'orties ou le paillage par exemple. Celles-ci permettent de repousser les insectes indésirables et les parasites et de nourrir les plantes. Ces réponses sont déjà mises en œuvre par les maraîchers bio qui produisent fruits et légumes sans pesticides. Il suffit de les appliquer aux potagers et jardins domestiques.

 

Plus d'infos :

www.clcv.org/actualites/pesticides-vendus-en-magasins-44-des-enseignes-en-infraction.html

 

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