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LES SURVOLTÉS D’AUBAIS (30) RECHERCHENT DES FINANCEMENTS POUR PASSER À L’ÉNERGIE SOLAIRE CITOYENNE

Créé le : 25/07/2017
L'association des Survoltés d'Aubais et Enercoop Languedoc-Roussillon. Crédits photo : Les survoltés d'Aubais.

Née du groupe Territoire en Transition Vidourle Vaunage, lui-même fondé à la suite d’une lutte anti gaz de schiste en 2011, l’association Les Survoltés d’Aubais (30) se lance dans le photovoltaïque. Un projet financé sans aucun emprunt bancaire puisqu’il fait appel à la générosité citoyenne. À ce propos, une erreur s’est glissée dans le dossier « Le solaire, enfin sur les rails ? » de notre dernier numéro, puisque nous y indiquions que la campagne de financement était bouclée, ce qui n'est pas le cas ... En effet, celle-ci a été lancée il y a cinq mois et se prolonge jusqu’en mars 2018. Christian Mercier, co-président de l’association Les Survoltés d’Aubais, nous explique la démarche de ce collectif qui ne manque pas d'énergie (renouvelable).

Vous avez décidé d’entrer dans l’ère de l’énergie solaire. Quel est votre projet ?

Nous voulons monter un parc photovoltaïque à la place de l’ancienne décharge publique du village. C’est un lieu symbolique, car on y accumulait des déchets pendant des années, rendant ce coin impropre à toute utilisation. Ces 4000 m² de terrain, dont 1800 m² de capteurs, nous permettront de produire l’énergie nécessaire pour alimenter 170 foyers du village, hors consommation liée au chauffage électrique. Il s'agit de  satisfaire les besoins domestiques (eau chaude, éclairage, informatique) d’un foyer uniquement, et non ses besoins annexes (climatisation, chauffage). Le projet pourra également approvisionner la zone artisanale qui se situe à proximité, ce qui limitera les coûts de transport. Mais la grande particularité de notre initiative est que nous ne faisons pas appel aux banques pour le financer. Il sera entièrement réaliser grâce aux fonds citoyens, associations et entreprises du secteur des énergies renouvelables. Nous estimons son coût total à 330 000€. Le fournisseur d'énergie renouvelable Enercoop, la structure de financement citoyen d'équipements d'énergie renouvelable Énergie partagée et investissement, ainsi que le constructeur photovoltaïque Luxel, en charge du projet d’Aubais, nous soutiennent déjà. Notre projet, élu « pilote » du développement d’énergies renouvelables citoyennes en 2014, a reçu 100 000€ de subventions régionales. Aujourd’hui, c’est une certitude : le parc pourra voir le jour. Mais nous avons encore besoin de collecter 60 000 € citoyens. La construction débutera en mars 2018, et sera opérationnelle au mois d’avril.

Maquette du parc photovoltaïque d'Aubais sur l'ancienne décharge publique. Crédits : Les survoltés d'Aubais

Qu’est ce qui a motivé votre projet de parc photovoltaïque ?

Nous avions envie de monter un projet de production d’énergie renouvelable. Ici sur le territoire, il existe déjà des projets d’installation collective, qui ont été réalisés depuis plusieurs années. La population d’Aubais voulait rendre palpable cette démarche de transition énergétique. À travers cet exemple concret de production d’énergie renouvelable, nous voulons montrer la voie aux citoyens pour qu’ils ne laissent pas leur énergie aux mains de gros industriels. Cela prouve que nous ne sommes pas obligés d’attendre que l’État mette en place des mesures de transition pour agir. L’éolien n’était pas envisageable car nous ne sommes pas dans une zone géographique qui y est favorable. La méthanisation est une opération très lourde sur le plan organisationnel, et difficile à mettre en œuvre pour un groupe citoyen comme le nôtre. Le photovoltaïque est beaucoup plus à notre portée. C’est un cheminement assez court qui se prévoit sur environ 5 ans alors que l’éolien ou l’hydraulique prennent facilement le double ou le triple de temps. Cela reste tout néanmoins des perspectives que nous gardons en tête pour l’avenir.

Quelles sont vos ambitions à long terme ?

Nous allons pouvoir tirer quelques bénéfices de cette production énergétique solaire. Nous ne cherchons pas une rentabilité, mais juste un revenu suffisant pour la survie de notre groupe. Cela permettra de rembourser les investisseurs. La logique est la suivante : la structure SAS (Société par Actions Simplifiée), le Watt Citoyen, va construire et exploiter le parc. Ensuite, elle va vendre à Enercoop l’énergie qu’elle produit. Une fois cet « argent » généré, elle se rémunère et nous verse les droits de conception et de développement. Voilà comment nous allons être en capacité de financer d’autres projets. L’idée est de populariser ce mouvement en initiant les personnes aux économies d’énergie. Mais nous avons d'autres perspectives. Nous avons prévu d’aider une association à monter un groupe d’achat alimentaire. Nous avons aussi l’envie de créer un local associatif collectif à Aubais pour que les associations aient une meilleure visibilité et crédibilité. Un de nos autres objectifs est de maintenir nos opérations d’éducation à l’environnement dans les écoles aux alentours d’Aubais. De l’initiation et de la prévention, c’est ce que nous aimerions faire. Continuer les actions que nous avons déjà en place comme projeter des films pour attirer l’attention sur la transition. Enfin, les idées, ce n’est pas ce qui nous manque !

Plus d’infos :
L'association Les Survoltés d'Aubais
L'association Territoire en Transition Vidourle Vaunage
La ville d'Aubais
La société coopérative Enercoop
L'association Energie Partagée et Investissement
La société Luxel

Quel avenir pour le projet de parc du Ventoux ?

Créé le : 07/06/2016

Le 8 juin prochain, les élus des 39 communes concernées devront se prononcer pour ou contre le projet de Parc National Régional (PNR) du Mont Ventoux dans le Vaucluse. Une consultation qui fait polémique. Nous avons interrogé à ce sujet Nicole Bernard, présidente de France Nature Environnement 84.

Vous défendez le projet de PNR du Ventoux pour lequel vous avez créé une pétition qui a recueilli plus de 6000 signatures, qu'est-ce que ce parc apporterait selon vous ?

D'abord, la reconnaissance d'un territoire emblématique. Mais aussi une cohérence dans la gestion permettant l'accès à des fonds européens, donc à une mise en valeur des productions du Ventoux. Enfin, il faciliterait la mise en œuvre des projets collectifs ou citoyens. Il serait aussi une « contrepartie » accordé aux habitants pour le soin apporté à ce territoire précieux, mais pas toujours facile à vivre.

 

Une première consultation avait déjà été effectuée quant à l'acceptation ou non du PNR du Ventoux. Que pensez-vous de cette nouvelle consultation ?

C'est une étrangeté. Des PNR ont vu le jour, comme au Lubéron, alors pourquoi le refuser au Ventoux ? Le Syndicat Mixte du Ventoux et 900 personnes de tous bords ont travaillé à élaborer une charte où tout le monde a pu s'exprimer. Elle est actuellement examinée par le ministère de l’Écologie et devait être soumise au vote des communes concernées en décembre 2016. Cette consultation régionale impose donc un vote anticipé et limité aux élus, avec un délai extrêmement court (4 semaines à peine), qui empêchera sûrement certaines communes de se prononcer alors que, contrairement à ce qui se fait habituellement, les communes qui ne se prononceront pas ou se prononceront hors-délai seront considérées comme contre le PNR. Les modalités sont peu démocratiques, d’autant plus les modalités du vote et de son interprétation n’ont pas été préalablement définies. Enfin, la documentation transmise aux communes choisit des exemples d'une manière qui n'est pas anodine, en mettant l'accent sur les contraintes dues à un parc. A mon sens, c'est une stratégie purement politique, qui prive le territoire d’une valorisation importante et des 28 millions prévus par l’UE pour le parc.

 

Comment envisagez-vous l'après 8 juin ?

Quel que soit le résultat, il n’empêche que le mode de consultation est plus que contestable. Il faut que quelque chose change dans la gestion de ce genre de projet qui concerne tous les citoyens. Je souhaite dire aux élus qu'on en a assez de cette gestion politicienne, on doit travailler tous ensemble pour ce territoire emblématique. Après le 8 juin, on continuera à se mobiliser pour lui !

 

Et du côté des “parco-sceptiques” ?

Du côté des « contre », qui se définissent plutôt comme des « parco-sceptiques », on craint les restrictions mais aussi le coût d'un parc ou encore le risque de « millefeuille » administratif, préférant au parc l'idée d'une « grande intercommunalité ». Parmi ceux-là, on retrouve le député du Vaucluse et vice-président délégué aux finances de la région PACA, Julien Aubert, ainsi que les maires de quelques communes. Dominique Bodon, édile de Malaucène, interrogé par nos confrères de France Bleu déclare que les maires des petites communes du Ventoux « ont surtout le sentiment de se faire enlever le pouvoir décisionnel. » Les communes a priori opposées au PNR sont surtout les communes situées sur le Ventoux, qui, en terme d'habitants ne sont pas majoritaires. Ce que déplore Julien Aubert : « Vous ne pouvez pas faire le parc du Ventoux sans le mont Ventoux » (propos recueillis par France Bleu).

 

Amaëlle OLIVIER

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