Mer

Energy Observer : nouveau défi pour le breton Jérôme Delafosse

Créé le : 09/01/2019
Le catamaran de la mission Energy Observer dans le port de saint-Malo - Crédit : Energy Observer

Grand reporter et passionné d'écologie, Jérôme Delafosse prend la tête de la mission Energy Observer qui se déroule sur le premier catamaran à hydrogène du monde. Partie de Saint-Malo le 26 juin 2017, l'expédition a terminé son tour de France. La durée de la mission est de six ans et prévoit des escales dans plus de 50 pays. 

« J'en avais marre de dénoncer, de me trouver face aux mêmes problématiques. » Voilà comment Jérôme Delafosse, photographe et écrivain, justifie son choix de rejoindre Energy Observer. Il dirige l'opération avec Victorien Erussard, qui a pensé l'architecture énergétique du navire. C'est toute l'originalité de l'expédition Energy Observer : prouver que les navires peuvent être écologiques et adaptés aux conditions extrêmes. 

Jérôme Delafosse et Victorien Erussard vont embarquer sur ce bateau à hydrogène, premier navire autonome en énergie et qui n'émet ni gaz à effet de serre ni particule fine lors de ses déplacements. Le catamaran est doté d'une propulsion électrique, alimentée par un mix énergétique : 130 m² de panneaux photovoltaïques et un système de production d'hydrogène décarboné provenant d'eau de mer.

Une passion intacte

Jérôme Delafosse est un habitué des actions en faveur de l'environnement et de la défense de la biodiversité. Après une jeunesse faite d'exploits maritimes, il est le plus jeune scaphandrier de France à l'âge de vingt ans en 1991, puis il devient animateur de l'émission de Canal + : Les Nouveaux explorateurs. Il réalise alors  des « films incarnés » traitant des « peuples de l'eau » qui entretiennent un lien particulier avec l'océan. Il a aussi travaillé sur des documentaires engagés, « mais pas militants », précise-t-il, notamment sur les espèces menacées de requins. À 47 ans, Jérôme Delafosse veut continuer le combat en faveur de la mer, « qui compose 99% de la biosphère terrestre et 70% de l'oxygène que l'on respire », rappelle-t-il. Pour sa prochaine étape, l'équipage mettra le cap sur l'Europe du Nord. *

Plus d'infos : www.energy-observer.org

 

Transport maritime : toujours plus gros, toujours plus polluant

Créé le : 19/01/2017
Pixabay

Par France Nature Environnement

En cette année européenne du transport maritime, France Nature Environnement présente de nouveaux éléments de son enquête sur la pollution de l’air du transport maritime.  En partenariat avec l’ONG allemande NABU et France Nature Environnement PACA, France Nature Environnement a réalisé des mesures de la qualité de l’air à proximité du port de Marseille. Les résultats sont édifiants : la concentration en particules ultra fines est ainsi 20 à 50 fois plus élevée près du port par rapport au parc du Pharo sur les hauteurs de Marseille. L’émission Thalassa diffusée ce vendredi 20 Janvier sur France 3 reviendra sur cette pollution au cœur des villes, loin des images de rêve et de vacances véhiculées par ces monstres flottants.

 

Pollution de l’air des navires : une augmentation de particules fines inquiétante

Porte-conteneurs, navires de croisière, aujourd’hui, le gigantisme des navires interpelle.Cela fait maintenant plus de deux ans que FNE dénonce les émissions polluantes de ces géants des mers. Avec les équipes de l’ONG allemande NABU et FNE PACA, nous effectuons chaque année des mesures de cette pollution de plus en plus importante subie par les habitants des villes portuaires. Les résultats de nos mesures sont alarmants et confirment les études scientifiques sur le sujet : la concentration en particules ultra fines à proximité du port est 20 à 50 fois plus élevée par rapport au parc du Pharo sur les hauteurs de Marseille.

En Aout 2016, les équipes de Thalassa ont accompagné FNE, NABU et FNE PACA pendant leur campagne de mesures afin de réaliser un reportage sur cette problématique. Il sera diffusé ce vendredi à 20h45 sur France 3.

Face à ce constat, des solutions doivent être mises en œuvre

La majeure partie de la pollution de l'air des navires provient de la teneur en soufre de leur carburant. Le fioul lourd, utilisé comme carburant, contient ainsi jusqu'à 3500 fois plus de soufre que le diesel automobile. Lors de la combustion, ce carburant rejette de l’oxyde de soufre, un polluant

connu pour son impact sanitaire (maladies respiratoires, bronchites, irritations de la gorge) et environnemental (pluies acides) important.

Pour répondre aux exigences de réduction des émissions des navires, FNE demande que les armateurs adoptent des alternatives au fioul lourd: carburant raffiné, GNL, propulsion vélique.

Les ports maritimes doivent également participer au changement en adaptant leurs taxes portuaires. La mise en place d’un « bonus-malus » écologique sur les droits portuaires inciterait les armateurs à impulser le changement.

Enfin l’Etat doit soutenir le développement de systèmes d’alimentation électrique à quai qui permettrait aux navires en stationnement d’éteindre leurs moteurs auxiliaires et d’utiliser le réseau électrique auquel le port est raccordé.

Pour Denez L’Hostis, Président de France Nature Environnement :« La pollution de l’air du transport maritime est un sujet peu abordé. Elle a pourtant des conséquences désastreuses pour les habitants des villes portuaires. Les réalités des pollutions dénoncées dans le documentaire de Thalassa doivent amener l’Etat et les armateurs à accélérer la transition énergétique vers des énergies moins polluantes! »

 

Tags: 

Partager

S'abonner à Mer