Innovation

Montpellier : Un dessin animé « inclusif » co-construit avec des enfants sourds

Créé le : 10/07/2018
Le dessin animé pour tous en cours d'élaboration
Le studio d’animation Les Fées spéciales de Montpellier (34) a accueilli des élèves sourds et malentendants de CM1 pour mettre au point une série animée « inclusive », en langue des signes universelle. Retour sur cette première phase d’expérimentation qui s’est déroulée du 3 au 5 juillet.

 

Tout le monde s’est rassemblé autour d’une grande télé, dans les ateliers des Fées Spéciales, studio d’animation montpelliérain organisé en société coopérative. C’est l’heure du visionnage du making off de trois jours de production expérimentale d’un nouveau projet :  une série animée inclusive, adaptée aux personnes sourdes et malentendantes. Parmi les spectateurs se trouvent trois élèves de CM1 de la classe bilingue (Langue des Signes Française/ français écrit) de l’école Paul Blet de Poitier. Ils ont participé au travail de développement du dessin animé en prêtant leurs corps aux personnages, grâce à la technique de motion capture.

 « Cette série est destinée à un public familial, autant sourd qu’entendant », explique Carolina Cascajares, chargée de production. Dans l’histoire, basée sur un texte de l’écrivain Anthonio Rodriguez Yuste, les personnages signent en même temps qu’ils parlent. Une première, selon Carolina Cascajares : « Il n’existe pas de dessin animé de la sorte. Nous ne voulons pas nous contenter des petites vignettes en bas de l’image qui traduisent les paroles. » Les productions audiovisuelles sont généralement inadaptées aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : « Les sous-titres ne sont pas une solution car les sourds sont fréquemment analphabètes ou ont des difficultés pour lire en français ». Sans compter le rythme souvent trop rapide du défilée des dialogues écrits…

 

Dans le studio des Fées Spéciales- le 5 juillet 2018

Dernière séance de travail de la résidence au studio d'animation des Fées Spéciales © CP

 

De la langue des signes française à l’universalité

Face à la caméra, les enfants sourds ne communiquent pas dans leur langue maternelle, la langue des signes française (LSF), mais en langue des signes universelle, qui n'existe pas encore mais est en cours d'élaboration. « C’est très différent », souligne Cathy Cotreau, professeure de français en langue des signes à l'école Blet de Poitier, « les gestes sont nouveaux pour les élèves. » Elle accompagne Manon et Célia dans cette aventure avec les Fées Spéciales. « Il a fallu se familiariser avec le sens de l’histoire, les élèves ont commencé par l’apprendre par cœur en LSF », précise l’enseignante. Le passage d’une langue à l’autre n’a pas été simple. Aline Marck, également professeure et accompagnatrice du projet, se souvient : « A l’école, lorsque les élèves ont montré à leurs camarades la première scénette où ils mimaient la construction d’un château de sable, personne n’a compris. Pourtant sensibles au langage du corps, ils y ont vu une histoire de cuisine ! » Au studio des Fées, les apprentis comédiens ont dû accentuer leur jeu et leurs expressions. 

L' expérience de co-construction d’un dessin animé international a permis aux élèves de l’école de Paul Blet de rencontrer de nombreux professionnels, dont le comédien Anthony Guyon qui leur a prodigué de nombreux conseils de jeu. Manon et Célia tirent un bilan enthousiaste : « Nous n’avons jamais vu de graphistes, c’est inédit ! », « J’ai beaucoup aimé avoir été filmée pendant trois jours ! » Aline Marck, leur enseignante, assure que la découverte du monde de l’animation peut faire naître des vocations : « Les personnes sourdes ont de grandes compétences visuelles. »

Cette résidence de trois jours est une première étape du développement de cette série animée. Les Fées Spéciales doivent encore œuvrer pour trouver le style et la technique d’animation qui permettent la compréhension universelle d’une histoire, par-delà les frontières et les langues.

 

 

 

Nantes : une navette électrique sans chauffeur à l’essai

Créé le : 08/06/2018
La navette autonome nantaise accueille jusqu'à 15 personnes - crédit Navya

Elle s’appelle « Navya », c’est une navette autonome 100 % électrique, et elle arpente les rues de Nantes, transportant gratuitement ceux qui souhaitent la tester depuis le 1er juin. Ce transport collectif sans chauffeur est mis à l’essai cet été entre la Carrière Miséry de Chantenay et la gare maritime. Son lancement a lieu dans le cadre du Nantes City Lab, un programme d’innovations à l’échelle de la ville ménageant la part belle aux dispositifs de transition énergétique. 34 m2 de panneaux photovoltaïques disposés au sol couvrent les besoins de « Navya » en énergie. Nantes, en bonne voie vers des transports collectifs de plus en plus verts ?

MONTPELLIER : DES ETUDIANTS INNOVENT AU SERVICE DU HANDICAP

Créé le : 26/06/2017
Adrien, Charles, Julie, Bastien et Arnold, l'équipe montpelliéraine en lice aux « 24 heures de l’innovation au service du handicap ». Crédit photo : Abadie Laurie

La deuxième édition des « 24 heures de l’innovation au service du handicap » a simultanément eu lieu aux EPF (école d’ingénieurs) de Montpellier (34), Sceaux (92) et Troyes (10), les 22 et 23 juin. Sans Transition ! Occitanie a suivi les apprentis ingénieurs de Montpellier dans ce marathon de l’innovation.

Proposer des solutions innovantes facilitant le quotidien des personnes en situation de handicap, voilà l'objectif des « 24 heures de l’innovation au service du handicap ». Une expérience qui a également vocation à « éveiller les consciences et mettre en pratique l'apprentissage des étudiants ingénieurs », précise Sandrine Pincemin, enseignante-chercheure à l'école d'ingénieure EPF de Montpellier, en charge de l'encadrement des étudiants de quatrième année qui participent au concours.
 

Un programme bien chargé

Jeudi 22 juin, il est 10h. Les étudiants en ingénierie énergétique se remettent à peine de la Fête de la musique qu'ils entament déjà une course contre la montre. Leur établissement, comme ceux de Troyes et de Sceaux, débute un « marathon » de l'innovation de 24 heures . Une fois les consignes énoncées, les 80 élèves en quatrième année d’ingénierie s’entretiennent avec les experts du handicap présents. L'important est aussi d'orienter leur réflexions et leur travail grâce aux témoignages de personnes en situation de handicap (moteur ou sensoriel).
 
Vendredi 23 juin, dernière ligne droite. Après une nuit à plancher et seulement une ou deux heures de sommeil, les huit équipes montpelliéraines présentent leur travail au jury. Le projet d’innovation sélectionné pour représenter l'école montpelliéraine et affronter les deux autres campus est celui d'Adrien, Charles, Julie, Bastien et Arnold.
 
« Les actions du quotidien », c’est le nom fictif qu’ils donnent à leur collectif. Pas d'innovation électronique ou domotique pour leur projet : ils ont choisi de développer une pince à embouts interchangeables. Cet outil télescopique permettrait aux personnes en situation de handicap, de nanisme ou tout simplement âgées, d’atteindre les objets quotidiens difficiles d’accès. Les cinq amis conçoivent également un dispositif à base de ventouses permettant aux personnes à mobilité réduite de se déplacer d’une chaise à l’autre sans que celle-ci ne risque de glisser. Enfin, leur dernière création consiste à faciliter et sécuriser l’activité nautique des individus en situation de handicap : le système repose sur un palonnier fixé aux coudes des participants qui se décroche en cas de choc, sur le principe du mécanisme de ski alpin. Delphine Le Sausse, pharmacienne paraplégique et multi-championne du monde de ski nautique, encourage leur démarche : « c’est très simple, et très facilement réalisable. Mais surtout, cela pourrait être très utile ».
 

Palmarès

Suite aux délibérations des jurys de chaque établissement, c’est l’équipe scéenne qui décroche la première place avec sa « Gyro Ball », un fauteuil capable de se déplacer de manière transversale grâce aux mouvements du corps. Clément, Antoine, Thibaut, Antoine, Pierre, Arnaud et Gaël remportent des Smartbox ainsi qu’un casque de réalité virtuelle.
 
Quant à l'équipe montpelliéraine, elle termine sur la troisième marche du podium, derrière le groupe troyen « Way to Go » composé de Marion, Mathilde, Léa, Laura, Perrine et Caroline. L’expérience reste malgré tout positive pour tous les participants. « Ce qui était véritablement enrichissant était de pouvoir discuter avec les personnes en situation de handicap », exprime Charles, en écho à Julie, qui apprécie avoir « pu comprendre quels étaient leurs vrais problèmes quotidiens ». Pour Bastien, cette expérience s’apparente même à « une leçon de vie » qu’il encourage à reconduire l’an prochain.
 
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