éthique

MONTPELLIER : CITYZEN MARKET "ÉLU MEILLEUR PROJET ÉTHIQUE DE L’ANNÉE"

Créé le : 20/06/2017
Alexandra et Valentina, créatrices de CityZen Market. Crédit photo : CityZen Market

L'épicerie montpelliéraine (34) « vrac et zéro déchet » a remporté, samedi dernier, le concours « Sème le changement ». L'événement était organisé à Montpellier par l'association Etika Mondo. Plusieurs structures du territoire étaient partenaires de la manifestation, dont Sans Transition ! Occitanie

Alors que l’association Etika Mondo n’attendait qu’une dizaine de candidatures, elle en a recueilli le double. Parmi elles, les dix projets sélectionnés par le public via Facebook ont concouru pour prétendre au titre de meilleur projet éthique de l’année.

Après une matinée de coaching pour les qualifiés au second tour, les lauréats ont foulé les planches de la scène pour présenter leurs démarches. « Encore peu de projets parviennent à concilier une pertinence à la fois éthique et de gestion », c’est le constat dressé par Boris Aubligine, fondateur de l’association Etika Mondo, organisatrice de l'événement. Et qui accompagne tout au long de l'année des projets « éthiques ».

Le bilan est néanmoins très positif. Toute l’équipe est « très heureuse de cette journée qui est allée au-delà de nos attentes car les initiatives présentées étaient toutes de qualité et responsable », souligne Boris Aubligine.

Une équipe victorieuse : CityZen Market

Valentina et Alexandra remportent le prix du projet éthique de l'année. Crédit Photo : CityZen Market

Ravie, l’association Montpelliéraine CityZen Market a remporté la première place du concours : « on est très contentes, c’est un vrai tremplin pour nous », déclarent les fondatrices du projet. C’est dans une démarche de consommation responsable qu’Alexandra et Valentina ont créées leur épicerie 100% vrac en avril 2016. Ayant fait preuve de la viabilité économique de leur projet depuis cette date, elles se sont distinguées car « c’est un des projets les plus aboutis portant une forte cohérence entre leur démarche et leurs actions », mentionne Boris Aubligine avant d’ajouter que « elles ne sont pas simplement une épicerie, elles organisent des ateliers et des événements dans en lien avec leur philosophie ». 

Leur objectif est de rendre le zéro déchet accessible à tous, en montrant qu'il est possible de consommer en générant peu ou pas de déchets. La boutique propose des produits alimentaires, des fruits et légumes frais de Clapiers, des cosmétiques, des produits ménagers ainsi que des produits consignés. Bons pour la planète, mais aussi pour le porte-monnaie, « les produits en vrac sont entre 10% et 40% moins chers que leurs équivalents emballés », assure Alexandra. Les trois premiers lauréats (Citizen Market, Oasis Citadine et Coworking Culinaire) devront se partager 12 500 euros. Grâce à cette somme, CityZen Market compte agrandir ses locaux et ouvrira un restaurant à Montpellier, entre la gare Saint-Roch et l’Observatoire d’ici fin juillet.

Etika Mondo a pour ambition de reconduire l’expérience à travers une deuxième édition du concours l’an prochain. D’ici là, Etika Mondo partira à la recherche de nouveaux projets lors du Fermes d’Avenir Tour à Montpellier, fin juillet. Festival ambulant de l'agroécologie dont nous vous avons récemment présenté le programme.

MONTPELLIER : UN CONCOURS POUR « SEMER LE CHANGEMENT »

Créé le : 14/06/2017
Boris Aubligine, fondateur de l’association Etika Mondo - DR

À l’occasion de son anniversaire, Etika Mondo, association qui accompagne et recense les initiatives éthiques, organise le concours du projet entrepreneurial éthique de l’année. Appelé Sème le changement, le rendez-vous aura lieu le samedi 17 juin à la salle Edgar Tailhades de l’Hôtel de Région de Montpellier (34).

« Sème le changement » vise à la fois à montrer au public la richesse de l'écosystème entrepreneurial d'Occitanie et « à dynamiser les porteurs de projet en imaginant des solutions coopératives », explique Boris Aubligine, fondateur de l’association Etika Mondo. Seulement dix candidats seront retenus parmi la multitude de postulants présents sur les réseaux sociaux. 12 500€ de dotations sont mis en jeu. Les trois gagnants du podium se répartiront cette somme afin de pouvoir « monter plus vite et avec plus d’efficacité leur projet », précise l’organisateur. Les internautes ont jusqu’à mercredi pour élire leurs projets préférés via la page Facebook de l'événement.

Une journée éthique et productive

Une fois la sélection faite jeudi, les lauréats auront jusqu’à samedi pour préparer leur présentation. Avant de leur ouvrir la scène à 14h, le concours propose une matinée de coaching par des professionnels de l'écosystème entrepreneurial. Adéquation du projet, place de l'éthique, viabilité du modèle économique, stratégie de communication,… Autant d’éléments qui ne seront pas à négliger. En tant que partenaire du concours, notre revue Sans Transition ! engagera également ses compétences au service des candidats en leur proposant un module centré sur la rédaction d’un bon communiqué de presse. « Sans Transition ! apporte un regard média essentiel pour se lancer dans un nouveau projet. Il est important de prendre en compte les médias pour créer une mécanique favorisant le développement », affirme Boris Aubligine. Les initiatives seront ensuite évaluées à 30% sur leur éthique, 30% sur leur gestion et 40% par les votes du public présent.

De nombreuses activités connexes au concours apporteront une vision globale sur la signification d’une démarche éthique. En ce sens, une conférence sur la place des femmes dans les projets entrepreneuriaux sera animée par Martine Viguier, formatrice dans la création de réseaux d'entreprises et marraine du concours. Un atelier sur l'alimentation et la santé, des tables rondes, une pièce de théâtre ainsi que des repas bio et locaux rythmeront l’ensemble de la journée, qui se clôturera vers 23h au son de la musique du Trio Léna Vassiliu.

 

Montpellier : une commission éthique contre la corruption

Créé le : 06/07/2016
Montpellier - Crédit Photo : Pixabay

Il aura fallu deux ans et la pression « amicale » de l'association anti-corruption Anticor pour que Philippe Saurel, maire de Montpellier, respecte son engagement de campagne. Le premier magistrat a enfin mis en place une commission éthique, le 8 avril dernier. Une disposition promise par le candidat Philippe Saurel lors des élections municipales de 2014, en accord avec sa signature de la charte éthique d'Anticor. Cette nouvelle instance consultative a notamment pour but d'alerter sur d'éventuels conflits d'intérêt et de contrôler l'attribution des marchés publics. Précisions sur sa mise en place et son fonctionnement avec Bernard Suzanne, observateur de la commission éthique pour Anticor.

Quels vont être exactement les compétences et le fonctionnement de cette commission, que pourra-t-elle ou ne pourra-t-elle pas faire ?

Cette commission n'est ni une instance judiciaire, ni un comité d'experts. Elle est composée de 3 élus issus de la majorité et 3 de l'opposition ainsi que 6 citoyens tirés au sort sur les listes électorales. C'est une instance au sein de laquelle des personnes de différents horizons expriment leur ressenti, non pas sur la légalité d'une action mais sur son éthique. Une action absolument légale peut poser problème du point de vue éthique, comme c'est le cas pour certaines actions de lobbying, il ne faut pas confondre les deux. La Commission a un rôle consultatif, non-contraignant, mais qui peut rappeler à l'ordre les élus.

 

Quels sont les écueils auxquels la commission est confrontée, depuis sa première réunion en avril ?

Le problème majeur auquel nous sommes confrontés est celui du transfert des compétences de la ville de Montpellier vers la métropole. Ce qui limite grandement le pouvoir d'action de la commission puisque celle-ci est la commission de la Ville de Montpellier. Cette question sera abordée lors de notre prochaine réunion, fin juin.

L'objectif d'Anticor : que la commission puisse s'intéresser aux élus en tant que personnes et non pas en tant que fonctions. Cela lui permettrait par exemple de juger la manière dont Philippe Saurel satisfait au critère de transparence dans la communication de documents administratifs, un des points importants de la charte. A la fois en tant que maire de Montpellier et de président de la métropole. En effet, suite au transfert de compétences, les documents intéressants pour Montpellier sont souvent entre les mains de la métropole et non de la ville.

 

Qu'est-ce que la commission va concrètement changer dans la vie des habitants ?

A court terme, il est clair que cette commission ne va pas changer fondamentalement la vie des habitants. Elle peut éveiller les citoyens, les faire réfléchir au problème de la corruption en politique. Elle est aussi une preuve que les mentalités évoluent déjà : le terme « éthique » apparaît désormais accolé à celui de « politique ».

Il est enfin intéressant de constater que les élus se posent des questions sur cette problématique, tout autant que l'opinion publique. Ce ne sont pas les institutions qui changent les citoyens mais les citoyens qui changent les institutions.

 

Amaëlle Olivier


L'association ANTICOR

Fondée en 2002 avec pour objectif de « lutter contre la corruption et rétablir l’éthique en politique », l'association cherche à recréer la confiance mise à mal entre les citoyens et leurs élus dans une période de crise de la représentativité. Anticor regroupe citoyens et élus de tous bords pour « faire respecter les exigences démocratiques non partisanes ». Elle travaille en lien avec les lanceurs d'alerte. Pour garantir son indépendance, elle n'est financée que par les dons et cotisations de ses adhérents.


Plus d'infos :

www.anticor.org/

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