crise écologique

[DOSSIER] Pour relocaliser, il faut produire autrement

Créé le : 26/10/2020

Crédit pixabay

Propos recueillis par Guillaume Bernard 

La France a depuis longtemps délocalisé une partie de sa production. Or la pénurie de masques pendant la crise sanitaire a rappelé à quel point l’autonomie productive était une question importante et les relocalisations nécessaires. Également bénéfiques sur le plan social et environnemental, ces dernières sont régulièrement invoquées par les politiciens de tous bords. Mais ces paroles sont rarement suivies d’actes. Pourquoi ? Entretien avec Murielle Bruyère, maître de conférences en économie à l’université Toulouse II et membre des économistes atterrés.

 

Les grands discours mettant en avant la nécessité de relocaliser une partie de notre production se multiplient depuis quelques années, et encore davantage depuis la crise de la Covid-19. Or on constate qu’ils sont peu suivis d’effets. Comment l’expliquer ?

Il faut avant tout bien comprendre qu’aujourd’hui nos grandes entreprises fonctionnent avec des réseaux d’unités productives, réparties aux quatre coins de la planète. C’est ce qu’on appelle une chaîne globale de valeur et celle-ci est dominée par ceux qui en maîtrisent le bout, livrent le produit fini, posent la marque : Nike, ou Apple par exemple. Ce sont ces firmes multinationales qui décident de l’organisation du maillage industriel mondial. Les grands discours gouvernementaux sur le consommer et produire français sont donc relativement vains à l’échelle des masses puisque les États n’ont pas réellement de prise sur cette organisation.

Vous évoquez dans votre note de juin1 « La part sombre de l’industrie : la relocalisation industrielle à l’heure du capitalisme numérique », une version forte de la relocalisation, que vous...

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[DOSSIER] : Quel rôle pour les régions dans la crise de l'aéronautique ?

Créé le : 26/10/2020

Crédit : pixabay

Par Guillaume Bernard

Alors que Bruno Le Maire a présenté début juin son plan de relance de l'aéronautique, les régions tentent elles aussi de mettre la main à la pâte pour sauver une industrie qui les finance en partie via l’impôt. Partagées entre un impératif d'action et des moyens limités, elles peinent à trouver leur rôle dans cette crise économique.

Les régions sont un relai essentiel des politiques nationales en matière d'économie, une de leur compétence historique. En charge de construire les CFA et les lycées, impliquées dans les politiques d'apprentissage, elles sont de fines connaisseuses de leur tissu entrepreneurial, dont dépend grandement leur budget et leur rayonnement. Ainsi, dans les régions touchées par la crise de l'aéronautique, impossible de prendre la question à la légère.

« La filière aéronautique représente 40 % de l’emploi industriel en Occitanie, soit 86 000 salariés », rappelle Carole Delga, présidente de la région, dans un communiqué faisant suite aux annonces de suppressions de postes chez Airbus. La région, qui a l'habitude d'investir dans son industrie aéronautique et spatiale notamment via les plans ADER n'hésite donc pas à sortir à nouveau le portefeuille et ajoute 100 M€ aux 200 M€ déjà prévus pour la filière.

Un effort conséquent pour une collectivité dont le budget d'investissement 2020 se porte à 1,24 milliard d'euros, mais une goutte d'eau comparé aux pertes que la Covid-19 fait connaître à cette industrie. À...

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