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[MUNICIPALES] À Clapiers, la politique, outil vers la transition écologique

Créé le : 16/03/2020
©CEn transition

Christophe Coillot, à gauche, et Daniel Grzebyk, en plein tractage pour présenter leur association. Tout le monde met la main à la pâte. ©Clapiers En transition

Par Céline Cammarata

Sur l’ensemble de l’Hexagone, des collectifs de citoyens s’engagent sur les pas de Rob Hopkins pour conduire leur ville ou leur territoire vers la transition. À l’approche des municipales, certains font le choix de peser de l’extérieur des arcanes de la politique, comme vigies du respect des engagements en faveur de la transition. D’autres s’engagent en présentant leur propre liste. D’une manière ou d’une autre, les défenseurs des villes en transition entendent bien peser sur les débats, comme à Clapiers, dans l’Hérault.

La région Occitanie semble posséder le terreau idéal à l’émergence des collectifs En Transition qui y poussent à toute vitesse. En cette période électorale, notre rédaction a souhaité rencontrer l’un d’entre eux. À Clapiers, près de Montpellier, le groupe inspiré par le mouvement de Rob Hopkins se prête avec plaisir à l’exercice de la politique.

D’âge, de parcours et d’origine politique diverses, ce qui les rassemble c’est leur volonté d’agir concrètement pour l’écologie. D’être force de proposition. Ce soir-là, dans une grande salle de l’espace Culturel de Clapiers, près de Montpellier, trois vice-présidents d’En transition Clapiers, Christophe Coillot, Jean-Louis Arraou, Vincent Meynier et un membre fondateur, Gilles Dutau, jonglent avec leurs emplois du temps pour répondre à notre sollicitation. Certains ont œuvré ensemble dans l’équipe sortante de la mairie, tous revendiquent un fort ancrage associatif, notamment dans le militantisme écologique, du type Vélo-cité ou 0 déchets. Un intérêt supérieur les réunit : « démontrer qu’une mutation en profondeur vers une autre façon de vivre au quotidien n’est pas synonyme de perte de confort ». Assis autour d’une table, ils évoquent leurs prochaines actions collectives, mettant de côté leurs différentes sensibilités politiques.

Composteur partagé et vélo cargo

Pour comprendre, retour sur cette aventure humaine. L’association Clapiers en transition  existe officiellement depuis avril 2019. En moins d’un an, elle compte déjà une soixantaine de membres et le collectif a réalisé un joli programme, et ce n’est qu’un début. La mise en œuvre de projets ambitieux, comme la création d’un supermarché coopératif - pour lequel ils se font aider par des partenaires comme le supermarché coopératif de Montpellier « La Cagette » - est déjà lancée. « Au départ, nous avions l’envie partagée de mener des projets environnementaux à l’échelle de la commune. Notamment d’initier un potager avec des parents d’élèves » commence Christophe - qui annonce la couleur en arborant le tee-shirt de l’association et un autocollant Zéro déchet France, sur son ordinateur. « Du coup, on a commencé à parler avec d’autres associations et bien sûr avec les élus, Vincent et Gilles, sans qui nous n’aurions pas pu faire aboutir le projet potager. »

Suite à différents contacts informels, une assemblée générale leur permet de se compter, de faire un point sur leurs objectifs. Une réunion conduite selon les méthodes de Rob Hopkins : « Les personnes présentes se sont organisées par groupes thématiques afin de cogiter ensemble avant de présenter le résultat à l’assistance. Et, bien évidemment, des choses auxquelles nous n’avions pas pensé ont émergé, comme l’installation d’un composteur partagé dans le centre du village, la mise à disposition d’un vélo cargo pour permettre aux habitants de faire leurs courses ou encore le school bus pédestre (un pédibus, NDLR) », ajoute Vincent.

Répare café et plantations d’arbres

La rencontre porte ses fruits au-delà de toute espérance. Six commissions, coordonnées par 6 vice-président(e)s voient le jour. Vincent Meynier pour l’eau, les déchets et l’énergie, Christophe Coillot l’agroécologie et l’alimentation, Daniel Grzebyk pour la mobilité et l’urbanisme, Jean-Louis Arraou à la communication et à l’organisation, Stéphanie Candaes pour l’éducation et enfin Niels Ferrand se charge de la vie sociale. Les idées de projets pleuvent. Pour les financer, ils répondent à un appel à projets du département en déposant deux dossiers pour un composteur partagé et pour la création d’une passerelle pour traverser le Lez à Navitau. En novembre 2019, se déroule leur premier « Répare café », ouvert à toutes et tous. Dès janvier 2020, ils poursuivent les plantations d’arbres, initiées avec l’association Creatout.

Très vite, l’actualité les rattrape et se pose la question de l’action politique pour les municipales. « Tout était possible pour ces élections. Notamment que le collectif monte sa liste afin de porter lui-même ses idées. Nous nous sommes donc réunis mais seulement 5 ou 6 personnes y étaient favorables. Cette liste faisait peur aux adhérent(e)s, et nous nous sommes donc rangé(e)s à l’avis de la majorité », explique Christophe. L’assemblée générale a donc acté que ses membres pouvaient librement s’engager sur la liste de leur choix tout en poursuivant leurs activités au sein du collectif. Vincent et Christophe décident de se joindre à Europe écologie les Verts afin de réfléchir à une liste écologiste. Le groupe EELV de Clapiers soutient et se joint à la liste de Michel Chastaing, dans l’opposition actuellement (5 conseillers, 30% des voix en 2014). Elle regroupe aussi des forces de gauche (ex-FDG, sympathisants FI, etc...). Quant à Gilles, il maintient son engagement avec l’équipe sortante d’Eric Penso, socialiste. « Je fais partie du groupe majoritaire et je peux parler de l’intérieur pour convaincre et aider à porter les projets d’En transition. Notre collectif reste un laboratoire d’idées. Pour les mettre en œuvre, le travail associatif et celui de la municipalité se complètent. Nous sommes d’accord sur les objectifs mais pas forcément sur les moyens pour y parvenir. Nous travaillons donc à les faire converger. » Tous prônent le pragmatisme pour avancer.

Vincent et Christophe considèrent par exemple que l’urgence les presse lorsque Jean-Louis Arraou, membre de Place publique et adepte du vélo –plusieurs fois l’équivalent du tour du monde en nombre de kilomètres - assure : « La transition doit se faire progressivement pour permettre au bout du compte la révolution. L’important est que l’on continue à avancer tous ensemble. Raison pour laquelle je ne souhaitais pas qu’En transition propose une liste indépendante. L’équipe municipale actuelle s’était engagée à lancer une démarche de gouvernance partagée et elle n’est pas allée au bout. Je soutiens la liste du maire sortant afin de la voir aboutir. » Quelle que soit la liste victorieuse, Clapiers en transition compte bien rester un interlocuteur privilégié pour la prochaine équipe municipale. Leurs propositions seront mises à disposition de l’intérêt public.

Plus d'infos : www.facebook.com/ClapiersEnTransition

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