Biodiversité

[FNBE] : Passons à l’action pour un autre alimentation !

Créé le : 16/10/2020

Par Fédération Bretagne Nature Environnement

La prochaine réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) européenne devrait entrer en vigueur en 2021. L’enjeu est d’autant plus fort, que cette nouvelle PAC guidera la politique agricole européenne jusqu’en 2027, l’occasion de rappeler la volonté des citoyens européens d’une alimentation saine, de qualité, locale et accessible à tous.

Les 21 et 22 octobre prochains, les Députés européens voteront la nouvelle PAC : un vote décisif qui pourrait permettre la mise en œuvre d’une véritable transition agricole et alimentaire tant attendue.

Un constat alarmant

Nos associations dénoncent le modèle agricole dominant, productiviste, hors sol et destructeur de la santé des agriculteurs et consommateurs, de la biodiversité et de l’environnement (sol, eau, air,...). En Bretagne, première région agricole de France, le constat est alarmant : il est responsable à lui seul de 47% des gaz à effet de serre1, de la présence de nitrates dans 94% des eaux bretonnes2 ; et de la fermeture d’un tiers des fermes3 en 10 ans. À l’échelle nationale, c’est la disparition de 70% d’insectes en 30 ans ; 3 millions d’animaux d’élevage tués chaque jour ; une augmentation de 25% des pesticides en 10 ans ; un quart des paysan.ne.s sous le seuil de pauvreté.

Interpellez vos Eurodéputés

Il est, plus que jamais, nécessaire d’agir et de se mobiliser ! Le collectif “Pour un autre PAC” qui rassemble 43 structures (dont France Nature Environnement) défend une révision complète de l’actuelle PAC en faveur d’une nouvelle Politique Agricole et Alimentaire Commune (PAAC). Nous appelons les citoyens à interpeller les Eurodéputés pour exiger de leur part un vote en faveur d’une PAC post-2020 ambitieuse, Rendez-vous sur le site « Pour une autre PAC »

Les associations bretonnes mobilisées sur le territoire

Les associations de protection de la nature organisent partout en France des événements de mobilisation citoyenne dans le cadre de l’action “Notre Assiette pour Demain”, dont l'objectif principal est de faire connaître les enjeux d’une alimentation saine et durable. A partir du 17 octobre, de nombreux rendez-vous à l’initiative d’associations bretonnes s’inscriront dans cette démarche : Lamballe, Saint-Brieuc, Rennes, Redon, Lorient, Belle-Ile en Mer, Lannion.

Débattons ensemble !

De plus, la Commission nationale du débat public (CNDP) organise une série de débats publics sur l’agriculture intitulée “ImPACtons !”. Le 28 octobre, à Saint-Brieuc, prenez part au débat autour de la question “quelle évolution des pratiques d’élevage ?”. Vous pouvez prendre connaissance des cahiers d’acteurs des différentes associations sur le site du débat public jeparticipe.impactons.debatpublic.fr4 .

1 Observatoire Environnement Bretagne - chiffres clés 2018

2 source Eau et Rivières de Bretagne

3 source Terre de liens

 

[ENTRETIEN] Gilles Bœuf : « Pour éviter le pire, il faut que l’électrochoc se fasse »

Créé le : 02/10/2020

crédit photo : DR

Propos recueillis par Elodie Crézé

L’éminent biologiste français Gilles Bœuf nous avertit : il y a urgence à changer nos modes de vie, arrêter de détruire et surexploiter les ressources de la planète. Sans quoi des pandémies bien plus dévastatrices que la Covid-19 se multiplieront.

Vous avez dit, « nous ne sommes pas en guerre contre un virus, mais contre nos propres manquements […]. Nous sommes notre propre ennemi ».(1) Pouvez-vous expliquer cela ?
Il y a toujours eu des virus, ils étaient là bien avant les humains. Ils sont extrêmement petits et incapables de se reproduire seuls. Ils cherchent donc un hôte. Ce sont des opportunistes, ils cherchent des failles pour contourner nos défenses. Et on fait tellement de bêtises qu’on leur en offre. La Covid-19 est un virus très récent, très infectieux, issu de chauve-souris. L’humain, par ses comportements irrationnels et irréfléchis, a permis à ce virus de changer, de devenir une chimère, en passant par un autre animal que l’on cherche encore. Puis de nous infecter. On a mis en contact des animaux qui n’auraient pas dû se rencontrer. Ensuite, l’épidémie aurait dû rester là-bas, à Wuhan. Mais elle a fait le tour du monde en quelques jours !

Vous pointez la responsabilité de l’homme dans l’irruption et la propagation de la Covid-19. Le problème n’est-il pas, plus largement, notre façon d’être au monde, de percevoir la nature...

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Article présent dans les magazines: 

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L'homme qui fait parler les plantes »

Créé le : 18/07/2020
Crédit: Pixabay

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Dans chaque magazine, Sans transition! chronique les dernières sorties des libraires, sur les sujets qui animent notre rédaction. Nous avons décidé de vous les redonner à lire ici. De l'homme qui fait parler les plantes à une traversée avec Sea Shepherd, faites votre choix. Bonne lecture !

L'homme qui fait parler les plantes

L'ethnobotaniste François Couplan, spécialiste des plantes sauvages et de leurs bienfaits, nous invite à une balade botanique comme il en a le secret. Un secret qu'il partage volontiers quand il raconte des histoires fabuleuses de plantes et l'histoire passionnante des hommes avec elles. C'est avec un réel talent de conteur qu'il nous emmène à la découverte des végétaux, de leur fonctionnement, leur classement et leur dénomination. Il y a celles qui guérissent, celles qui nourrissent, celles qui empoisonnent... L'auteur enrichit sa narration de souvenirs de voyages, de rencontres, d'aventures, de réflexions.  Il nous entraîne ensuite, à travers les époques, dans les rapports étroits des plantes et des hommes selon leurs cultures, leurs pays. François Couplan a beaucoup de choses à nous dire sur les plantes et le dit bien.

 Ce que les plantes ont à nous dire, François Couplan, Les Liens qui libèrent, mars 2020, 352 pages, 22 euros

 

Embarquez avec Sea Shepherd

Passionné de plongée sous-marine et du monde marin, Guillaume Mazurage rencontre le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, ONG de défense des océans. Il embarque alors à bord d'un navire de l'organisation écologiste pour une expédition de sauvetage du marsouin vaquita, en voie d’extinction, qui périt d'étouffement dans des filets qui ne lui sont pas destinés. De cette aventure et d'une enquête approfondie, il crée sa première bande dessinée, très réussie, guidé par des maîtres en la matière : le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières. L'album est donc le récit de la vie à bord de ces éco-pirates, qui jouent aussi le rôle de police des mers, et de leur combat quotidien et périlleux contre la mafia. Une BD captivante comme un documentaire et digne des grandes aventures à la Moby Dick.

 Sea Shepherd. Milagro, Guillaume Mazurage, éditions Robinson, juin 2020, 56 pages, 11,95 euros

 

Que les éco-anxieux se réjouissent !

Vous êtes lucide sur l'état de l'environnement et vous êtes désespéré ? C'est normal. Mais consolez-vous : Laure Noualhat a des remèdes à votre mélancolie. Cette spécialiste de l'environnement, ancienne journaliste de Libé qui écrit actuellement pour Yggdrasil et Siné, aurait pu intituler son livre Tchernobyl mon amour car elle a dépassé le burn-out écolo. S'appuyant sur les étapes psychologiques et successives du deuil, elle a une vision très réaliste de l'état du monde. Néanmoins, elle redonne espoir à tous les éco-anxieux en insufflant du sens à la vie, notamment par une véritable ode à la nature, à la méditation, etc. Elle imagine également un futur idéal où la loi défendrait mieux l'environnement. Son cheminement est passionnant, très documenté, et servi par un style vif et plein d'humour : un essai très agréable à lire et réjouissant !

 Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat, éditions Tana, mai 2020, 256 pages, 18,90 euros

 

Planter les graines d'un nouveau monde

« Renoncer à une part de nous pour aller vers l’inconnu, sans avoir la certitude de réussir, sans connaître notre état du lendemain... La définition même de l’aventure ! » C'est un véritable guide de l'aventure — avec carnet de bord, boussole, carte, couteau suisse... — que nous propose Vincent Dubail, militant d'Europe Écologie-les Verts, pour son voyage en utopie. L'utopie écologique nouvelle peut se réaliser, malgré les menaces, pour ne pas subir l'effondrement. Il cite volontiers Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Des alternatives engageantes, positives, solidaires et constructives tissent des liens de fraternité pour mobiliser et changer la société. La vraie vie est ailleurs, mais elle est aussi devant soi, et se sème dans l'imagination pour planter les graines de demain.

 Kit pour voyager en écotopie, Vincent Dubail, éditions Tana, juin 2020, 240 pages, 18,90 euros

 

Vivre dans son temps

Le couturier Azzedine Alaïa a convié, les dernières années de sa vie, avec son proche et auteur de ce recueil Donatien Grau, ses amis architectes, actrices, danseuses, chanteur d’opéra, écrivains, philosophes, légendes de mode, d’art, de design, de cinéma. Deux par deux, ils se sont prêtés au jeu de réfléchir et discuter de leur rapport au temps, au manque de temps, à leur idéal... Ces témoignages très variés, touchants, instructifs, surprenants, nous donnent à réfléchir. Parmi les invités : Jean Nouvel et Claude Parent ; Blanca Li et Rossy De Palma ; Jérôme Batout et Bettina Graziani ; Jean-Claude Carrière et Julian Schnabel ; Isabelle Huppert et Robert Wilson ; Michel Butor et Tristan Garcia ; Adonis et Alejandro Jodorowsky ; Emanuele Coccia et Carla Sozzani ; Charlotte Rampling et Olivier Saillard.

 Prendre le temps, Donatien Grau, mars 2020, 240 pages, 25 euros

Tous les bienfaits du véganisme

Pour ceux qui n'ont pas encore sauté le pas et se posent encore des questions : voilà qui va vous éclairer. Laurence Pieau est journaliste et raconte pourquoi et comment elle est devenue (tardivement) végan. Elle a notamment créé Alternatives Vegan pour parler d'autres voies possibles. Après un état des lieux du véganisme dans le monde et en France, comme autant d'arguments éthiques, elle donne quelques conseils sur la façon de procéder et présente les bienfaits pour la santé. Autrement dit, être végan est bon pour l'esprit, le cœur, le corps, et bien sûr cela préserve l'environnement ainsi que près de 200 animaux par an et par personne. Au passage, l'autrice déglingue quelques bobards sur le sujet, puis passe en revue le pourquoi des interdits du véganisme. Enfin, 20 recettes faciles d'Eva-Claire Pasquier pour se mettre en appétit.

 Tout le monde n’a pas la chance d’être vegan, Laurence Pieau, éditions Harper Collins, juin 2020, 240 pages, 19 euros

 

Cultiver le paradis sur Terre

La célèbre Vandana Shiva présente une synthèse de ses quelque 30 années d’expériences, de recherches et d’actions. Ce livre est également un manifeste en faveur de la transition mondiale. Pour l’activiste indienne, c’est l’agro-écologie, le sol vivant, la biodiversité, la localisation, les femmes, les petits exploitants qui nourrissent l’humanité à 70 %. Ils peuvent devenir la norme, à l’opposé de l’industrie agro-alimentaire qui n’a rien de logique ni de durable, en détruisant la planète et notre santé, et en marchandisant les moyens de subsistance. Vandana Shiva prône bien sûr la vraie nourriture de meilleure qualité, la liberté des semences, la polyculture, les vrais individus, la coopération entre producteurs et consommateurs... Un dernier chapitre indique la voie à suivre. « Utilisons notre énergie pour oeuvrer à la création d’un avenir alimentaire respectueux de la
planète. Lorsque nous travaillons main dans la main, en harmonie, nous pouvons cultiver le paradis sur Terre. »
Qui nourrit réellement l’humanité ? Vandana Shiva, Actes Sud, collection Domaine du possible, février 2020, 192 pages, 19 euros
 

La détox numérique pas à pas

La journaliste hyperconnectée, Laurence Bril, a pris conscience de sonaddiction à internet et aux réseaux sociaux et a décidé d’aller marcher. Elle raconte son cheminement à pas comptés, kilomètre après kilomètre,une façon de prendre de la distance avec le numérique, de revenir à soi, au rythme du monde, de la nature, de l’instant présent. Une manière devoir les choses de ses propres yeux, au grand air, et non à travers un écran et ses diktats de likes et de followers. Elle suit la voie des grands marcheurs, David Breton,Sylvain Tesson... et entame une désintoxication sur une année. Peu à peu, de nouvelles sensations s’offrent à elle. Elle se métamorphose physiquement et psychologiquement. Flâneries, balades, randonnées, courses, excursions, trails... Le temps et les distancess’allongent ; ses performances progressent. Après 3 600 km parcourus, elle revientlentement mais sûrement au numérique. Un itinéraire à suivre pour modérer sesconnexions.Passage piéton. 
 Récit d’une détox numérique par la marche, Laurence Bril, Rue de l’échiquier,février 2020, 136 pages, 12 euros
 
 
Le potager facile et bio
 
Vous aimeriez bien cultiver vos légumes mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Suivez le guide ! Blaise Leclerc est docteur en agronomie et jardinier depuis 40 ans, spécialiste des relations entre agriculture et environnement. Il n’en est pas à son premier livre didactique pour simplifier au maximum le jardinage. Il nous apprend à créer et cultiver simplement un potager en partant du b.a.-ba. Tout est expliqué en détails, même le vocabulaire : comment fonctionne une plante, les techniques de base pour préparer la terre, composter, utiliser des engrais verts, pailler, créer un équilibre écologique, réussir ses semis, ses plantations, son arrosage, etc. Avec photos, astuces, conseils et schémas à l’appui, plus d’excuses pour ne pas s’y mettre.
 Savoir tout faire au potager. Gestes et techniques de base, Blaise Leclerc, Terre vivante, mars 2020,120 pages, 14 euros
 

De l'Anthropocène au Symbiocène

Philosophe de l’environnement, Glenn Albrecht est le spécialiste mondial de l’étude des émotions ressenties envers la Terre, ces « réactions émotionnelles particulières que nous manifestons en réponse au rythme et à l’ampleur du changement environnemental et écologique ». Déjà inventeur du terme « solastalgie » qui traduit l’expérience vécue lors de changements environnementaux négatifs, il propose « une réflexion sur le sens de la vie humaine au temps de l’anthropocène ». En effet, face aux évolutions du monde, nous ressentons de l’anxiété, de la colère, de la nostalgie, de l’abattement : autant d’émotions négatives qui affectent notre santé mentale. Il nous invite à une nouvelle vision du monde pour sortir de la crise écologique : passer au symbiocène. Pour cela, l’auteur propose de nouveaux mots et concepts, c’est-à-dire des émotions et des sentiments positifs pour l’avenir : créativité, santé, harmonie avec la nature et sa beauté. Alors, place au symbiocène !
Les émotions de la terre, Des nouveaux mots pour un nouveau monde, Glenn Albrecht, Les Liens qui Libèrent, février 2020, 368 pages, 23 euros
 
 
Rêvons pour changer le monde 
Pouvons-nous changer le monde et le rendre meilleur ? Rob Hopkins en rêve et pense sérieusement que nous en avons les moyens. Il rejoint l’historien Yuval Noah Harari (Sapiens, une brève histoire de l’humanité) qui affirme que nos vies reposent sur des fictions auxquelles nous voulons bien adhérer. Et si nous refaisions l’histoire ? Ou plutôt : si nous racontions la suite autrement ? Des alternatives radicales, constructives, rapides et inattendues sont possibles dans notre quotidien personnel, professionnel, social. Certaines existent déjà. Il suffirait de mettre l’imagination au centre de nos réflexions. Son programme : prendre soin de sa santé, suivre l’exemple de la nature, nous réapproprier notre attention, développer l’imagination à l’école, et se poser les bonnes questions pour que ces hypothèses voient le jour. Et si le rêve devenait réalité ? Et si tout finissait bien ? Un livre enthousiasmant. Et si... ? 
Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, Rob Hopkins, préface de Cyril Dion, Actes Sud, avril 2020, 330 pages, 23 euros
 

La terre crue, matériau pour la Terre

Ce très beau livre, grand format, avec de superbes photos, reprend les projets finalistes du concours TERRA Award Sahel+ sur l’architecture en terre crue, matériau ancestral et d’avenir pour le BTP en Afrique et dans le monde entier. L’utilisation des savoir-faire traditionnels dans des projets actuels et modernes pour de nouveaux usages prouve scientifiquement tous ses avantages : matériau renouvelable, extraction facile et locale, utilisable pour l’auto construction mais aussi pour des constructions d’envergure, comme les équipements hôteliers, publics, professionnels... La terre crue est un matériau vivant, sain, qui absorbe odeurs et bruits, régule la température et l’humidité. Et en plus, sa palette de couleurs est magnifique : gris foncé, jaune, rose, rouge ocre de la latérite... Dans le marché du BTP, c’est une renaissance de l’architecture qui contribue à la transition écologique et sociétale. Un magnifique retour à la terre.
Construire en Terre au Sahel aujourd’hui, Odile Vandermeeren, Museo éditions, 130 pages, 25 euros

 

[GRAND ENTRETIEN] : Cyril Dion, « Seule la coopération nous sortira de l’impasse collective »

Créé le : 13/07/2020
Crédit photo : Fanny Dion. Pour le réalisateur, les collectivités doivent prendre leur part dans un véritable plan de résilience décentralisé.

Crédit photo : Fanny Dion

Propos recueillis par Julien Dezécot

Chapeau d’ouverture : Écrivain, réalisateur et militant écologiste, Cyril Dion prépare un nouveau film, Animal, pour décembre prochain. Objectif : montrer les solutions qui visent à réparer notre biodiversité menacée. En outre, il participe toujours activement à la Convention citoyenne pour le climat et dirige la collection Domaine du possible chez Actes Sud. Rencontre.

Cyril Dion, auteur et réalisateur très engagé dans les questions de transition durable et de biodiversité au travers de son œuvre, échange sur sa vision du « monde d'après », dans ce contexte particulier. Quelles solutions pour demain ? Entre concertations citoyennes et territoires résilients, mais également changement climatique et risques pour la biodiversité, Cyril Dion exprime ses craintes et ses espoirs.

Post- Covid, quelle Transition va - selon vous - être mise en œuvre en France ?

Pour l'heure, j'observe que certains lobbys - notamment agricoles - ont à nouveau tenté, durant cette crise majeure, de lever les « contraintes environnementales ». Et en France, comme dans la plupart des pays européens, les gouvernements prévoient des plans de relance plutôt classiques, avec malheureusement peu de place à la transition écologique. Aux États-Unis, c'est même pire, puisqu'on lève les limitations de gaz à effet de serre et les mesures de pollution atmosphérique...
En somme, bien que tout le monde clame : « Ça va changer, plus jamais comme avant… », qui peut vraiment y croire ? C'est exactement ce qu'a...

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[BIODIVERSITE] 14 ONG constatent l’échec de la stratégie gouvernementale

Créé le : 29/05/2020
Crédit : Lubos-Houska /Pixabay

Par Quentin Zinzius

Après 20 ans de volonté, et une seconde stratégie nationale arrivant à son terme, le bilan reste le même en France : la biodiversité est toujours en danger. Face à ce constat peu encourageant, 14 ONG ont remis au gouvernement leur « guide pour agir ».

Un 20ème anniversaire un peu spécial, ce 22 mai 2020. Celui de la journée mondiale pour la diversité biologique, traditionnellement « fêté » par les Nations-Unies, mais quelque peu perturbé par la crise sanitaire. Un jour à marquer d’une pierre blanche. Ou plutôt, d’un livre blanc. Un document de 64 pages en l’occurrence, intitulé Pour que vive la Nature et signé par 14 associations agissant pour la biodiversité. Remis symboliquement ce jour précis à la ministre de l’écologie Élisabeth Borne, le document dresse un constat sans appel : la stratégie mise en place par le gouvernement n’a pas porté ses fruits.

 « Il est aujourd’hui clair que l’objectif global retenu en 2010, mettre fin à l’érosion de la biodiversité, ne sera pas atteint. »

« Mettre fin à l’érosion de la biodiversité ». Telle était l’ambition de la France, il y a bientôt 16 ans de cela, en adoptant sa première Stratégie Nationale pour la Biodiversité (SNB). Après l’adoption de la Convention pour la Diversité Biologique en 1992, la France se fixe en 2004 l’objectif d’enrayer la perte de biodiversité sur son territoire à l’horizon 2010. Un objectif « ambitieux », qui ne sera finalement pas atteint. « Les actions n’ont pas été d’une ampleur suffisante pour faire face aux pressions qui s’exercent sur la biodiversité », reconnaîtra le gouvernement dans son rapport. Un échec qui devait servir de leçon, et permettre d’atteindre l’objectif pour 2020. Force est de constater qu’il n’en sera rien. Ce 22 mai 2020, un article paru sur le site du ministère de l’économie et des finances suppose que « l’objectif phare » ait été reporté à 2030 par le Plan Biodiversité de 2018. Si le document mentionnait bien l’année 2030, elle n’est en revanche pas directement associée à l’objectif de mettre fin à l’érosion de la biodiversité. « Ses 6 axes stratégiques, 24 objectifs et 90 actions ne font jamais référence aux 6 orientations stratégiques et aux 20 objectifs de la SNB2 », peut-on d’ailleurs lire dans le livre blanc. Un lapsus ou une révélation de la part du gouvernement, annonçant d’ores et déjà que le succès attendu ne sera pas au rendez-vous. Un échec qui raisonne également dans le guide signé par l’Aspas, le WWF ou encore France Nature Environnement : « Il est aujourd’hui clair que l’objectif global retenu en 2010, mettre fin à l’érosion de la biodiversité, ne sera pas atteint. »

« Face à ce constat de l’érosion du vivant, nos sociétés devraient anticiper, alors qu’elles sont sur la défensive, comme nous le montre cruellement la crise sanitaire de 2020. »

Si la situation économique et sanitaire actuelle est inquiétante, celle de la biodiversité l’est plus encore. Un effondrement du vivant, dans le monde mais aussi en France, qui « figure parmi les dix pays abritant le plus grand nombre d’espèces menacées au monde », relève le document. Mis en cause par les ONG, une destruction des habitats et une artificialisation des sols, qui repart à la hausse après 5 ans de baisse, mais aussi l’utilisation des pesticides, toujours plus importante. Les oiseaux figurent parmi les plus grands perdants face à l’activité humaine. Et leur situation continue de se dégrader : « de 79 espèces en 2011, la France comptabilise 90 espèces d’oiseaux menacées aujourd’hui ». Une hausse du nombre d’espèces menacées, associée à une importante chute des populations d’oiseaux dans les milieux agricoles (38% depuis 1989). « Face à ce constat de l’érosion du vivant, nos sociétés devraient anticiper, alors qu’elles sont sur la défensive, comme nous le montre cruellement la crise sanitaire de 2020. »

Pourtant, dès 2014, le gouvernement affirmait qu’un bon nombre des 20 objectifs d’Aichi, intégrés dans la stratégie nationale, seraient complétés. Parmi ces objectifs, celui de protéger au moins 17% des zones terrestres, a bel et bien été atteint. Avec presque 30% du territoire concerné, on pourrait même y voir une victoire, les associations ayant relevé que dans ces zones protégées « les oiseaux communs y déclinent moins qu’ailleurs ». Mais les mesures de protection y sont aussi largement inégales : « la protection « forte » ne représente encore que moins de 2 % du territoire terrestre métropolitain » soulignent les ONG.                                         

« Il ne s’agit plus d’opposer l’économique, le social et l’écologique mais bien de proposer un système-monde qui intègrerait à part égale ces trois dimensions. »

Une nouvelle stratégie doit donc être en place, sur fond de crise économique et sanitaire d’ordre mondiale. C’est dans ce cadre, que les 14 ONG ont orienté leurs propositions. « Cette crise sanitaire révèle donc une crise bien plus globale, systémique » ayant autant d’impact sur l’activité humaine, que sur la nature elle-même, dans des mesures parfaitement opposées : là où l’humain dépérit, la nature, elle, s’épanouit. Un constat simple mais douloureux, qu’il faudrait ramener à l’équilibre. « Une alliance entre les humains et le reste de l’écosphère doit être centrale dans les stratégies de sortie de crise […] Il ne s’agit plus d’opposer l’économique, le social et l’écologique mais bien de proposer un système-monde qui intègrerait à part égale ces trois dimensions. » Une biodiversité à ramener au cœur des débats et des décisions donc. Non plus comme un problème à contourner, mais comme une solution à l’élaboration d’une société nouvelle, qui s’adapte à son environnement, au lieu de le transformer à sa guise. « La préservation et la restauration [de la biodiversité] sont une partie de la solution pour innover, nous protéger et créer des emplois différents, nouveaux et locaux. »

[ COVID-19 & BIODIVERSITÉ ] Vers une nouvelle forme de cohabitation entre les humains et l’ensemble des vivants non-humains

Créé le : 10/04/2020
Photo : Mylene2401 / Pixabay

Quels liens entre érosion de la biodiversité et émergence de zoonoses et risques de pandémies ? Comment refonder les interactions entre les populations humaines et la biodiversité ? Quels leviers d’action pour les décideurs ? Vers une nouvelle cohabitation entre les humains et l’ensemble des non-humains ? Autant de questions sur lesquelles la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) et son Conseil scientifique ont souhaité apporter leurs regards.

Ils souhaitent ainsi rappeler que la recherche sur la biodiversité est plus que jamais nécessaire et appeler les décideurs à mieux intégrer la biodiversité dans les stratégies sanitaires, économiques et d’aménagement du territoires attendus dans la période post-crise.

"En quelques semaines, notre vie a changé. L’économie mondiale a connu un coup de frein sans précédent, des milliards d’êtres humains sont confinés chez eux et des dizaines de milliers sont déjà décédés du fait de la pandémie Covid-19 associée au coronavirus SARS-CoV-2 qui, à la vitesse des transports aériens, a gagné l’ensemble de la planète, en profitant de la multitude de ses hôtes, nous les humains. Nul ne sait quand cette crise sanitaire s’achèvera et nul ne peut prévoir ses conséquences démographiques, sociales, économiques et environnementales à court et long termes, même si on sait déjà qu’elles seront sans doute considérables. Il convient bien évidemment de résoudre en priorité le problème sanitaire immédiat pour éviter, limiter et atténuer les drames humains qui en découlent. Mais il faut aussi se pencher sur les facteurs à l’origine de cette situation dramatique pour tenter d’éviter qu’elle ne se reproduise et pour l’inscrire dans une approche systémique de nos relations entre humains et avec l’ensemble des vivants non humains.
(...) "
Auteurs : Hélène Soubelet (directrice de la FRB), Jean-François Silvain (président de la FRB), Aurélie Delavaud (Responsable du pôle Science et communautés de recherche) François Sarrazin (président du Conseil scientifique de la FRB), Sébastien Barot (vice-président du Conseil scientifique de la FRB) et l’ensemble du Conseil scientifique de la FRB
 

[ JARDINS REMARQUABLES ] Balade aux jardins du Rayol

Créé le : 11/11/2019

Propriété du Conservatoire du littoral, le domaine du Rayol est un site naturel remarquable. Situé au pied du Massif des Maures et en face des Iles d'Hyères, dans le Var, cet ensemble de jardins regorge d'une riche biodiversité et permet de découvrir les différentes végétations méditerranéennes. Gilles Clément, jardinier-paysagiste de renommée internationale y a conçut le Jardin des Méditérranées. Il sera en conférence ce soir à la Boiserie de Mazan, à l'initiative de Sans transition !.

Interviews sonores du « jardinier en chef » et régisseur, Alain Menseau et d'Aurélia Leroux, coordinatrice pédagogique des jardins du Rayol.

Plus d'infos :

www.domainedurayol.org

Photo : Domaine du Rayol

Un vote pour préserver les hérissons à Rennes

Créé le : 18/01/2019
Crédit : Pixabay

Le projet « préserver la biodiversité ordinaire de nos quartiers » va être soumis au vote du budget participatif de la ville de Rennes, du 18 janvier au 10 février. L'action principale est centrée sur la préservation des hérissons en milieu urbain. 

Le budget participatif de la ville de Rennes au secours des hérissons ! Le projet consiste à financer des passages à micro-faunes et des gîtes pour ces petits mammifères. Le but est de mettre en avant l'importance de la préservation de la biodiversité ordinaire en milieu urbain.

L'expérience se déroulera dans le quartier de la La Courrouze et pourra être étendue au reste de la ville si elle est concluante. Elle se couplera avec un travail de sensibilisation du voisinage sur la présence du hérisson dans le secteur.

Une dimension sociale

Le projet porte aussi une dimension sociale en impliquant les associations localement engagées dans la préservation de la biodiversité. Par ailleurs les gîtes pourraient être construits par des ateliers d'insertion locaux.


 

Plus d'info : https://fabriquecitoyenne.rennes.fr/projects/budget-participatif-4-2/collect/depot-des-projets-3/proposals/preserver-la-biodiversite-ordinaire-de-nos-quartiers

Un rapport fait état d'un net recul de la biodiversité en France

Créé le : 17/01/2019

Plus d'un quart des espèces présentes sur le territoire métropolitain et en outre-mer sont menacées de disparition, selon un récent rapport réalisé par le Commissariat général au développement durable, l'Agence française pour la biodiversité et l'Observatoire national de la biodiversité. La France possède, avec ses territoires ultramarins,  près de 10% de la biodiversité de la planète.
 
Il ne fait pas bon être un animal ou un végétal en France. C'est ce qu'indique l'édition 2018 des « chiffres-clés des la biodiversité » publiée par le Commissariat général au développement durable, l'Agence française pour la biodiversité et l'Observatoire national de la biodiversité. La mise à jour de cette étude actualisée tous les ans montrent que la situation s'aggrave. 
 
Au total près d'un quart (26%) des espèces dites « à risques » pourraient, purement et simplement disparaître. Les chauves-souris sont un exemple marquant : elles ont perdues 38% de leur population en dix ans. La situation est encore plus critique en outre-mer ou près de 40% des espèces sont en danger d'extinction.   
 

La responsabilité de l'Homme

Le rapport montre que le déclin des espèces animales et de la biodiversité tient « principalement aux pressions exercées par les activités humaines ». Notamment par l'artificialisation des sols. Les constructions humaines ont grignotées 65 000 hectares par an, entre 2006 et 2015. 
Cette action de l'Homme se couple avec la progression des espèces envahissantes qui menacent la faune et la flore autochtone. 60% animaux ou plantes invasives ont été repérées en outre-mer, tel que l'iguane vert en Martinique. 
 

Des lueurs d'espoir

Tout n'est pourtant pas si noir et le rapport montre une hausse de la participation des citoyens dans les sciences participatives. Plus de 50 000 d'entre eux ont participé, en 2017, à un programme de collecte de données, soit un chiffre multiplié par 2,5 en six ans. L'association France Nature Environnement souhaite que la publication de ce rapport permette « d’accélérer la mise en œuvre des solutions connues et prévues pour préserver le monde vivant ».  
 
 

Pierre Ickowicz : « L'abeille : sentinelle de l'environnement »

Créé le : 23/04/2018
Crédit : Pixabay

La création de l'Union de l’Apiculture de l’Europe et de la Méditerranée (UAEM) a été célébrée à Marseille, le 17 avril dernier. Objectif : réunir des experts de 42 pays méditerranéens pour proposer des mesures destinées à la protection de l'abeille. Retour sur sur les affronts que rencontre cet insecte pollinisateurs avec Pierre Ickowicz, co-président de l'UAEM. Il est également dirigeant de Icko, leader européen du matériel agricole, une entreprise basée à Bollène, dans le Vaucluse. 

Retrouvez notre grand dossier  "Agri et Api-culture : même combat !", dans le dernier numéro de Sans Transition !

Dans un climat bouleversé, les abeilles subissent au quotidien le manque de biodiversité…

En effet, le danger majeur pour les abeilles vient du manque de biodiversité. Les apiculteurs sont de plus en plus contraints à transhumer pour permettre aux abeilles de subvenir à leurs besoins. Mais parfois la transhumance n'est pas suffi santé. Au manque de biodiversité s'ajoute en effet un climat aride. Les périodes de disette sont de plus en plus longues, jusqu'à 2 à 3 mois, notamment dans les zones de garrigues qui sont les plus touchées. Lorsqu'il fait très chaud, les fleurs sèchent plus vite et la quantité de nectar est insuffisante. La production de miel devient alors impossible.

En quoi le changement climatique impacte-t-il dès à présent la production de miel ?

Pour produire du miel, il faut du nectar, donc un certain taux d'humidité et une amplitude de températures pour favoriser le développement des fleurs mellifères. Même s'il y a des fleurs, celles-ci sont parfois boudées par les abeilles. Cela a été le cas des lavandes cette année. En raison du climat, les fleurs des lavandes sont passées en un rien de temps du bleu au gris. Les fleurs ont été « brûlées » par la chaleur et la sécheresse, perdant tout attrait pour les pollinisateurs.Elles n'étaient utilisables que pour la distillation.

Les pesticides, comme les maladies ou acariens (varroa, pyrale…), ont aussi un impact majeur sur la santé des abeilles et ne facilitent en rien la production ?

Différents prédateurs mettent en danger l'abeille. Le varroa, qui est un acarien importé de Chine, se développe au sein du couvain et contamine les abeilles du virus qu'il porte. La pyrale du buis, elle, se loge dans les lavandes. Pendant la nuit, elle se nourrit du nectar des fleurs pour ne laisser aux abeilles que les restes. Conséquence : des rendements divisés de plus de la moitié ! La production française s'élève à 10 000 tonnes de miel par an. Or on en consomme 40 000 tonnes. Pour optimiser la production, l'apiculteur a été contraint de devenir un véritable éleveur et de se mettre à la sélection génétique. Pour pallier le manque de ressources, il se doit de sélectionner les abeilles les plus endurantes, les plus productives et les moins consommatrices de miel. On sélectionne, on remplace les reines, au final comme dans la majorité des activités agricoles. On aide une nature que l'on a abimée ou perturbée tout en restant très loin des rendements d'il y a 20 ans.

Dans ce contexte, quelles actions soutenez vous pour tenter de préserver la biodiversité ?

En juin dernier, nous avons participé à la journée des fleurs pour les abeilles. On a distribué 100 000 sachets de graines aux écoles, en partenariat avec des jardineries. Soit 1 milliard de fleurs ! Autre action : nous aidons le fonds de dotation des lavandiculteurs pour rechercher des solutions opérationnelles contre les maladies de la lavande. Nous avons aussi veillé à ce que le cahier des charges « villes et villages fleuris » impose un minimum de fleurs mellifères dans les communes. Notre nouveau combat, à travers l'Union des apiculteurs d'Europe et de Méditerranée, vise à faire en sorte que des essences comme l'acacia ou la renouée du japon, considérées comme invasives, soient regardées différemment, compte tenu de leur potentiel mellifère.

Plus d’infos : www.icko-apiculture.com

 

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