Barrage de Sivens - Zone humide du Testet

Barrage de Sivens : la lutte continue ?

Créé le : 19/02/2016
Barrage de Sivens : la lutte continue ?

Après avoir beaucoup fait parler de lui, le projet initial du barrage de Sivens, dans le Tarn avait été abandonné en décembre dernier. Néanmoins, les défenseurs de la zone humide du Testet n’ont pas fini de se battre. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Certes, le projet initial du barrage de Sivens a été abandonné, fin 2015, cependant la construction d’un barrage plus « light » est envisagée par les pouvoirs publics. L’objectif de départ n’a pas changé : créer un lac sur le cours d’eau du Tescou, un affluent du Tarn, pour permettre aux agriculteurs de bénéficier d’une réserve en eau. Elle serait utilisée notamment pour l’irrigation des terres agricoles. « Ce nouveau projet de barrage, plus petit de moitié que celui qui a été abandonné, n’est une fois de plus pas justifié », explique Françoise Blandel, membre du collectif de défense de la zone humide du Testet. « Nous demandons qu’une nouvelle étude soit faite pour révéler les vrais besoins en eau des agriculteurs », ajoute-t-elle. Le collectif estime qu’il y a eu un recul de l’irrigation ces dernières années. Mais aussi qu’il est possible de mettre en place d’autres cultures moins gourmandes en eau.

Un projet qui repart de zéro

La mise en place d'un nouveau projet nécessite de tout reprendre depuis le départ. Car seule la déclaration d’utilité publique est toujours d’actualité. Nouvelle enquête publique, obtention d’une autorisation préfectorale ou encore nouveau dossier démontrant l’intérêt général : tout repart à zéro.

Désormais la construction du barrage est classée projet de territoire, c’est donc le Conseil général du Tarn qui en est le maître d’œuvre. Ce dernier a choisi que l’élaboration du nouveau barrage se fera de manière collective avec les associations environnementales et la Confédération paysanne. Ce processus, sans précédent en France, devrait démarrer au printemps 2016 et durer plus d’un an. Le défi, pour le Collectif Testet, « est donc de démontrer aux autres acteurs que des alternatives au nouveau projet de barrage sont plus respectueuses de l’environnement et de la biodiversité et plus efficaces pour l’avenir des fermes, nombreuses sur le territoire ».

La mobilisation se poursuit

Les actions juridiques concernant l’ancien projet de barrage ne sont pas terminées pour autant. « Nous voulons démontrer que l’Etat n’avait pas le droit de déclarer d’intérêt général et d’utilité publique le projet de barrage de Sivens. Ni d’accorder une dérogation à la CACG, Compagnie générale des Coteaux de Gascogne, qui était maître d’ouvrage du barrage, pour lui permettre de détruire les habitats d’espèces protégées », explique Ben Lefetey, membre du collectif du Testet. Des recours déposés en 2013, devraient être examinés au premier semestre 2016.

« La mobilisation va également se poursuivre en 2016 pour obtenir justice concernant la mort de Rémi Fraisse et, plus généralement, la répression contre les opposants au projet », explique Ben Lefetey. Le collectif attend aussi la réhabilitation de la zone humide en enlevant la couche d’argile qui fait barrage à l’écoulement de l'eau.

Plus d’infos

www.collectif-testet.org

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