agriculture durable

[Crise sanitaire ] : Quand l’agriculture régionale et durable répond à la précarité alimentaire locale

Créé le : 26/06/2020
paniers légumes

Par le collectif ALIMENT (Association Libre pour un Manger Équitable Naturel et Territorial)

La crise actuelle, et particulièrement pendant le confinement, a eu des répercussions dans tous les domaines. L’aide alimentaire n’a de ce point de vue là pas fait figure d’exception. D’un côté, son approvisionnement qui dépend habituellement de “circuits longs”, notamment internationaux, a été mis à mal. De l’autre, les “bénéficiaires” ont vu leur nombre et nécessités augmenter. A Marseille, des collectifs de citoyens solidaires ont fait se rejoindre l’offre agricole locale et durable momentanément davantage disponible avec les besoins pressants de familles dans le besoin. 

“Durant le confinement, les Français ont massivement plébiscité les circuits courts et les produits biologiques” titrait France 3 Val-de-Loire le 25 mai dernier. Mais, cela n’a pu que concerner les personnes ayant la liberté de choisir leur alimentation. Cela n’est justement pas le cas des 4 millions de personnes qui font appel à l’aide alimentaire chaque année en France pour subvenir à leurs besoins. Ceux-là en général doivent se contenter des invendus ou dons provenant majoritairement des “circuits longs” de l’industrie agroalimentaire. Or, la crise a perturbé toute l’économie, et le transport d’aliments, de surcroît international, n’a pas échappé à la règle.

En parallèle, la production agricole locale a enregistré des surplus dû à l’arrêt de certains débouchés (restauration, marchés etc.). Comment donc l’agriculture locale (et durable) a pu servir les bénéficiaires de l’aide alimentaire, en cette période où leurs besoins ont été encore plus pressants qu’auparavant ? Coup de projecteur sur quelques initiatives solidaires marseillaises qui ont rendu une nourriture locale, saine et durable accessible à des familles dans le besoin alimentaire.

L’union de la solidarité et de l’agriculture locale et durable : Témoignages à Marseille

L’épicerie paysanne ADELE - Association de Distribution Équitable, Locale et Écoresponsable (Agnès R.) : « ADELE a proposé à ses clients un panier suspendu pour les maraudes qui se sont mises en place dans le quartier Réformés et Belsunce. Des collectifs d'habitants passent régulièrement récupérer les dons des clients. L’épicerie prend en charge 20% de ces dons. Avec les invendus cela doit représenter environ 10 kg par jour de fruits et légumes issus d’une agriculture paysanne locale, et pour partie biologique. »

Par le Collectif des Rosiers / le Panier de la Rotonde (Valérie J.) : « Des enfants ne mangent pas à leur faim dans le quartier des Rosiers depuis qu'il n'y a plus de cantine. Beaucoup de petits boulots ont disparu. Un collectif s'est monté pour venir en aide à ces familles et organiser des distributions de nourriture et de jouets. Nous avions déjà parlé de solidarité lors de notre dernière AG. Nous pensions aider une famille du quartier en finançant un panier. Avec la situation aux Rosiers, il a fallu changer d'échelle ! Aujourd'hui : Loïc Péré, notre maraîcher, fournit 20 paniers hebdo de 13€ au lieu de 17€, que nous proposons à 3€ aux familles des Rosiers. Les 10€ restants sont couverts grâce aux dons collectés sur cette page. Surpris de la grande générosité des donateurs, nous allons même fournir quelques paniers à l'ADPEI – Association Départementale pour l’Emploi Intermédiaire »

Par les Paniers de chanot (témoignage de Claudette C.) : « Certaines personnes sont confinées loin de leur Panier Marseillais, elles peuvent faire don de leur panier de légumes. Ce panier récupéré par des bénévoles est donné (ou cuisiné) pour des sans papier, sans revenu, femmes seules avec enfants, familles en grande précarité … La semaine dernière au Panier de Chanot, distribué par la maraicher Thierry Gozzerino, des soupes, tartes aux légumes ont été cuisinés pour une famille dont la maman a subi une césarienne et est, pour l’instant, dans l’incapacité de le faire elle même. Même si l’objectif reste de leur donner directement les légumes pour qu’elles les cuisinent elles-mêmes. »

Par le Panier de l'AUBERGIN (témoignage d'Alexandra S.) : "Avez-vous entendu parler des paniers suspendus? Adaptés à notre Panier Marseillais, il s'agit, pour ceux qui le désirent, de faire un don en espèces (de 1 ou 2 € ou 5, ou 10€...), de manière à acheter à notre producteur des paniers supplémentaires qui seront distribués à des personnes en détresse alimentaire. Les besoins sont encore plus criants que d'habitude et les associations qui œuvrent dans notre quartier sont débordées de demandes de personnes au bord du gouffre qui n'ont plus de quoi se nourrir. Avec vos dons remis dans une boite collective prévue lors de nos distributions, nous achetons des paniers suspendus à Loïc Péré, notre maraîcher. Ces Paniers sont donnés au collectif "Le panier en colère" qui organise la distribution alimentaire auprès de familles du quartier en lien avec le Centre Social Baussenque et des directeurs d'écoles du quartier. Il s'agit d'un circuit solidaire court ! »

La crise sanitaire que nous vivons est rapidement devenue une crise économique et donc sociale. Activité vitale, l’alimentation n’a pas fait exception au chamboulement général qui a bouleversé la société. Les populations les plus précaires ont donc vécu une double peine : la perte de revenus les ont touchés plus brutalement, et la désorganisation des filières a perturbé l’approvisionnement de l’aide alimentaire dont certains dépendaient au quotidien. En conséquence, nombreux sont ceux qui ne mangaient plus à leur faim, dont des enfants depuis la fermeture des écoles, des cantines scolaires. Ces quatre initiatives solidaires marseillaises ont démontré que l’agriculture régionale et durable constitue une des réponses à la précarité alimentaire locale." Le collectif ALiMENT - Association Libre pour un Manger Équitable Naturel et Territorial - espère qu’elles bien fassent “tâche d’huile” (locale et durable !). La Cité de l’agri va organiser à l’automne en collaboration avec Graines de Soleil une journée autour de la question de l'accessibilité à une alimentation de qualité, à Marseille dans le 15eme. De son côté, les Paniers Marseillais projetteront à la même période le film « La part des Autres » qui porte sur l’accès à une alimentation de qualité pour les personnes en grande précarité.

A lire, prochainement dans le numéro d'été de Sans transition!, un dossier spécial sur la démocratie alimentaire. 

[ COVID19 & AGRICULTURE ] " Distribuer des produits frais en vente directe est encore possible "

Créé le : 26/03/2020

Faisant suite à une ordonnance du Conseil d'Etat du 22 mars, le Premier Ministre a annoncé lundi soir une restriction forte sur la possibilité de tenir des marchés de plein air pour des raisons sanitaires. La FNAB et la Confédération paysanne s'associent pour diffuser au maximum les alternatives fiables sur le plan sanitaire aux marchés de plein air et en font part dans un communiqué de presse commun.

Comment pouvons-nous maintenir, malgré une distanciation sociale demandée, le lien direct entre producteur et consommateur ? C'est la question que posent dans leur communiqué la FNAB et la Confédération paysanne. Ces modes de vente sont très présents en agriculture biologique et en agriculture paysanne, et sont au cœur d'un autre système agricole, celui dont on aura aussi besoin demain pour réinventer notre économie.
 
 Distribuer des produits frais en vente directe, est encore possible, selon les deux organisations.
 
« Cette crise nous ébranle et nous rappelle que la diversité est la clé, à la fois diversité dans les productions mais aussi dans les méthodes de commercialisation » explique Jean-Paul Gabillard, secrétaire national légumes à la FNAB.
 
Sur le web, des plateformes dédiées aux circuit court se sont créées ces dernières années pour faciliter les achats en direct à la ferme. « Nous allons mettre à disposition de tous les paysans et paysannes, sur nos sites web, la liste des outils que nous avons recensée sur lesquels ils peuvent organiser leurs ventes en ligne ainsi que le pré-paiement » explique Guillaume Riou, président de la FNAB.
 
De leurs côtés, les collectivités locales disposent de moyens logistiques comme les transports scolaires, ou des bâtiments publics vides qu'ils pourraient mettre à disposition de groupes de paysan-ne-s pour faciliter la livraison sur des points fixes ou carrément à domicile. Des mairies agissent déjà[1] « Nous appelons les acteurs publics de proximité à prendre le relai, qu'ils contribuent à maintenir ce lien social essentiel entre le monde agricole et leurs populations, ils ont des outils et un savoir-faire sur la logistique notamment qui doit pouvoir être mobilisé » conclut Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne.
 
La FNAB et la Confédération paysanne rappellent que des solutions existent pour les paysan-ne-s, consommateur-rice-s, ou acteur public de proximité :

  • Lien vers la liste de plateformes pour vendre et acheter en ligne (sans logistique de livraison) – outil non exhaustif et mis à jour régulièrement
  • Lien vers les initiatives locales et lien vers la newsletter Territoires Bio – mise à jour régulière

> Plus d'infos

[ AGROÉCOLOGIE & SEMENCES PAYSANNES ] La parole aux acteurs engagés

Créé le : 09/12/2019
Photo : Sans transition !

Le 18 octobre dernier, le magazine Sans transition !, ainsi que Biobreizh et Kaol Kozh, les coopératives de fruits et légumes bio, recevaient à Rennes, Marc Dufumier, pour une conférence dédiée à l'agroécologie et aux semences paysannes. La soirée s'est poursuivie autour d'une table ronde avec les acteurs locaux. Nous avons souhaité donner la parole à nos partenaires engagés, sans qui l'événement n'aurait pas pu avoir lieu.

Jean-Luc Poder est le fondateur et directeur de la société Poder :
Cyriaque Crosnier-Mangeat est le président d'Agrosemens :
Fabrice Rault est le directeur du site grand ouest de Pronatura Bretagne :
Et découvrez le replay de la table ronde grâce à notre partenaire Tébéo !

[ L'AGROÉCOLOGIE PEUT NOUS SAUVER ! ] Entretien avec Marc Dufumier

Créé le : 29/11/2019

Marc Dufumier est ingénieur agronome, docteur en géographie et professeur honoraire d’agriculture comparée à AgroParisTech, est aussi président de Commerce équitable France. Il a réalisé de nombreuses missions d’appui à la conception et à la mise en œuvre de projets de développement agricole dans les pays du Sud et plaide aujourd’hui pour une agriculture paysanne inspirée de l’agroécologie. Nous avons eu la chance de le rencontrer à Rennes lors de la conférence gratuite organisée par Sans transition ! magazine, Biobreizh et Kaol Kozh.

Pour Marc Dufumier, l’agriculture doit tenir compte du fonctionnement de l’écosystème dans sa globalité. Son dernier ouvrage, L’agroécologie peut nous sauver, vient de paraître chez Actes Sud.

Entretien.

Et découvrez le replay de la table ronde grâce à notre partenaire Tébéo !

[ CLAUDE & LYDIA BOURGUIGNON ] « Pour faire de l’agriculture durable, il faut rendre aux agriculteurs leurs connaissances des sols »

Créé le : 03/10/2019
Photo : Anaïs Maréchal

Ce mardi 1er octobre, l’amphithéâtre de la Toulouse Business School affichait salle comble. Près de 300 citoyens sont venus assister au débat citoyen organisé par Sans Transition ! et Actes Sud sur une agriculture durable et respectueuse des sols. Les stars du jour ? Claude et Lydia Bourguignon, spécialistes mondiaux des sols. « Certains sont fans de Johnny, moi je suis fan de vous ! », clame quelqu’un dans le public. À cette occasion, nous vous proposons de revenir sur les pistes évoquées par les microbiologistes pour améliorer la santé des sols.

Prenons d’abord un peu de recul : qu’est-ce qu’un sol en bonne santé ? La faune joue un rôle fondamental. Les animaux – les vers de terre par exemple – brassent le sol, permettant à l’eau d’y pénétrer plus facilement. « C’est bien plus efficace que le travail manuel des sols ! », rappelle Claude Bourguignon. Autres travailleurs importants : les micro-organismes. Bactéries, champignons et microbes régulent les cycles naturels et permettent d’apporter les éléments minéraux indispensables pour nourrir les plantes. « Le rôle des agriculteurs est de faire travailler ces organismes, pas de les remplacer », assène Claude. Pour les microbiologistes, un sol en bonne santé est un sol vivant.

Ces spécialistes ne sont pas en manque d’idées pour enclencher la transition. Lydia Bourguignon le martèle : « Il faut commencer par remettre de la connaissance chez nos agriculteurs ! On a vendu de la technique aux paysans, et on leur a volé leur savoir. » Intégrer la biologie des sols dans les cursus est un premier pas auquel participent les époux Bourguignon. Lydia, applaudie par le public, rappelle également qu’il faut soutenir les paysans plutôt que de taxer : « Il faut maintenir les aides, comme l’aide à l’agriculture biologique qui a pourtant été suspendue pendant trois ans … » Et quand un membre de l’association Toulouse en transition s’interroge sur les actions individuelles, Claude Bourguignon poursuit : « En tant que citoyen, nous devons accepter de mettre le prix pour des produits de qualité et une agriculture durable. Il faut boycotter les produits importés en hiver, et respecter les saisons. »

Pour rendre sa santé au sol, les époux Bourguignon préconisent de nombreuses pratiques agronomiques. « Lever l’interdiction de la commercialisation des semences paysannes permettrait de réutiliser des espèces adaptées au terroir, qui pousseraient mieux et nécessiteraient moins d’intervention sur le sol », détaille Lydia. Réparer les sols passera enfin par un apport de matière organique en surface, et moins de labourage ! Ils sont les fervents défenseurs du semis direct. Cette technique, que vous pourrez retrouver plus en détail dans le dernier numéro de Sans Transition, consiste à semer les cultures sur un couvert végétal précédemment écrasé. « C’est une technique complétement innovante qui permet de gagner du temps et d’utiliser moins de fioul », détaille Lydia.

Si l’agriculture intensive a presque tué les sols français, ceux que l’on appelle les « médecins du sol » parcourent la France et le monde pour identifier les solutions. Et la démonstration réalisée ce mardi démontre que nous avons tous les éléments pour mettre en place un nouveau modèle agricole.

Chrysalide 2017 (Pernes-les Fontaines/84) : Des solutions pour se nourrir autrement

Créé le : 29/05/2017

« Produire et se nourrir autrement ». C'est la thématique de l'édition 2017 de Chrysalide, fête de la transition de Pernes-les-Fontaines (84). Organisé par l'association À Portée demain, l’événement aura lieu les 3 et 4 juin prochain. 

Produire autrement pour manger mieux

Au programme : plus de 60 exposants (producteurs et commerces bio, associations, structures de l'économie sociale et solidaire...), des ateliers, des conférences et des animations pour les enfants. Le tout centré sur l'alimentation et l'agriculture éco-responsables. Des projections de films suivies de débats sont également prévus (La guerre de graines, L'éveil de la Permaculture). De quoi faire le plein d'idées et de solutions concrètes pour manger mieux, dans le respect de l'homme et de la nature.

Toutes les infos sur le programme disponibles sur la page facebook de l'événement.  

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