supermarché coopératif

[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: À la Chouette Coop, je distribue, tu distribues, ils distribuent

Créé le : 23/03/2020
Crédit : Natacha Scheidhauer

 Crédit photo : Natacha Scheidhauer

Par Natacha Scheidhauer

Popularisés dans la foulée de la crise économique de 2008, les supermarchés coopératifs fleurissent en France. Dans ces commerces, les clients gèrent leur magasin pour choisir leurs approvisionnements et trancher eux-mêmes la question des marges commerciales. Un choix engageant, comme à Toulouse, où la Chouette Coop ouvre ses portes.

Plus que quelques semaines et Toulouse aura son premier supermarché coopératif et participatif. Une montée en puissance pour une alternative à la grande distribution, portée par l’association Les Amis de La Chouette Coop.

La barre des 350 est passée ! Au nombre de 333 Chouettos au début de la réunion d’accueil organisée ce dimanche matin (fin février, ndlr), les coopérateurs du supermarché La Chouette Coop comptent maintenant près d’une vingtaine de nouveaux membres. « On atteint régulièrement 65% d’inscription à l’issue de chaque réunion de présentation », explique Jérôme, l’animateur de la séance. Sans compter ceux qui reviennent s’inscrire à la séance suivante parce qu’ils ont pris le temps de réfléchir, ou le plus souvent parce qu’ils avaient oublié de se munir de leur carte d’identité ou de leur chéquier. » Il faut dire que la plupart des aspirants Chouettos arrivent déjà convaincus, comme Antoine, jeune informaticien de 34 ans : « Je m’étais déjà pas mal renseigné avant de venir, et comme je suis déjà investi dans la conso locale et solidaire, j’ai pu retrouver des valeurs communes. » Mais...

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[SUPERMARCHÉ COOPÉRATIF] : À Saint-Étienne, la Fourmilière la joue collectif

Créé le : 21/03/2020
crédit Niko Rodamel

Crédit photo : Niko Rodamel

Par Niko Rodamel

Popularisés dans la foulée de la crise économique de 2008, les supermarchés coopératifs fleurissent en France, dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris. Dans ces commerces, les clients gèrent leur magasin pour choisir leurs approvisionnements et trancher eux-mêmes la question des marges commerciales. Un choix engageant, comme ici à la Fourmilière de Saint-Étienne.

À Saint-Étienne, moins d’un an après l'ouverture du premier supermarché coopératif ligérien, la Fourmilière transforme l’essai en passant la barre des 600 collaborateurs. Le bilan humain est d'ores et déjà des plus positifs : un tissu de bonnes volontés s'est créé entre le collectif de « clients-propriétaires » et les producteurs locaux.

De sa gestation à ses tout premiers pas, la Fourmilière a bénéficié d'un incroyable alignement d'étoiles. Tout est parti d'une expérimentation menée en mars et avril 2017, à l'occasion de la 10ème biennale du design qui avait pour thème « les mutations du travail ». Un espace éphémère de consommation collaborative associe habitants et producteurs locaux, reposant sur un mode d’approvisionnement qui met en œuvre des véhicules doux. Deux mois plus tard, la projection du film Food Coop au cinéma Le Méliès enfonce le clou. Chez une poignée de Stéphanois, l'exemple du supermarché coopératif new-yorkais fait naître l'envie concrète de se retrousser les manches. En septembre 2018, forte de 75 souscripteurs, l'association originelle devient alors société coopérative à but non lucratif et se...

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[SUPERMARCHÉ] Breizhicoop, l’épicerie coopérative à Rennes

Créé le : 19/03/2020
Breizhicoop Crédit Virginie Jourdan

Crédit photo : Virginie Jourdan. 

Par Virginie Jourdan

Dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris, des Rennais ont ouvert le premier supermarché participatif breton. Depuis mars 2019, les sociétaires de l'épicerie, située dans un quartier populaire de la capitale rennaise, gèrent leur propre commerce pour donner du sens à leurs achats.

 

Installée derrière une caisse-enregistreuse, Christine demande conseil à un de ses collègues bénévoles. « Hamid !, lance la femme depuis son poste, je viens d'entrer les nouveaux prix des fruits et légumes dans le logiciel, il faut que je redémarre la caisse ? » Au fond de l'épicerie, devant les réfrigérateurs destinés aux poissons fumés et à la viande, Chanterelle s’attelle à relever les températures de chaque colonne froide et les reporte sur un tableau de papier qu'elle classera ensuite dans les archives du magasin. Comme Jean-Pierre, Morgan et Hélène après elles, Christine et Chanterelle sont venues donner trois heures de leur temps à la boutique Breizhicoop, le premier supermarché participatif breton.

Pour répondre à toutes les questions, Hamid a pris le rôle de bénévole référent pour la journée. Ce jeune retraité de 63 ans vient dans ce quartier du sud de Rennes entre une à trois fois par semaine depuis Pleumeleuc (35), une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Rennes. Comme Alexis, également présent ce jour dans le magasin, il fait partie des membres fondateurs de cette épicerie pas comme les autres. Ce qui lui a plu ? « ...

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[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: « Un système qui n’exclue pas la dimension marchande »

Créé le : 19/03/2020
virginie jourdan Breizhicoop

Crédit photo Virginie Jourdan. Breizhicoop

Propos recueillis par Elodie Crézé

Bruno Claverie est enseignant en économie à l'Université Toulouse – Jean Jaurès, ISTHIA. Il estime que le supermarché coopératif est un modèle de consommation plus humain, qui s’inscrit dans une transformation sociale globale.

Comment pourrait-on définir le modèle du supermarché coopératif ?
Il s’agit d’un modèle plus humain, l’humanisme étant au fondement même de ces supermarchés coopératifs. C’est aussi un lieu, qu’on pourrait qualifier de tiers-lieu - d’après la définition du sociologue Ray Oldenburg – qui n’est ni un lieu de vie domestique, ni un lieu de travail ordinaire. Le consommateur y est un « consom’acteur »(1), au sens où il apprend, développe des compétences en logistique, vente, etc. Il est ainsi un employé, mais pas au sens traditionnel du terme. Et il s’investit dans le produit, qu’il connaît et choisit, et celui-ci ne disparaît pas derrière son seul usage.(2) Enfin, il est sociétaire, et de ce fait gouverne, prend des décisions. On se rapproche des visions solidaires du XIXe siècle, avec le grand mouvement des mutuelles et coopératives.

Il s’agit d’un modèle basé sur le bénévolat. Cela n’est-il pas sa principale limite ?
Ce n’est pas du bénévolat au sens philanthropique qu’on lui assigne habituellement, et pas tout à fait du volontariat d’après sa définition juridique non plus. Ici, même s’il n’y a pas de rémunération(3) les employés ne sont pas désintéressés. Les bénéfices psychologiques sont considérables, ils acquièrent une variété de compétences et jouent un rôle dans la transformation sociétale. Il s’agit d’une nouvelle forme d’économie du tiers-secteur, en pleine expérimentation. Bien que ne visant pas le profit, et s’inscrivant dans un système solidaire, le supermarché coopératif n’exclue pas la dimension marchande. Dans cette économie collaborative que l’on pourrait qualifier d’alternative, la relation marchande devient un catalyseur de lien humain.

Ce modèle, récent en France, a-t-il vocation à essaimer ?
Il tend à essaimer sur tout le territoire, même si pour l’instant il reste majoritairement lié à un cadre urbain. L’environnement dans lequel il s’implante et la volonté propre des sociétaires le fera peut-être évoluer différemment, davantage vers le périurbain, voire le rural. Pour l’heure, chaque supermarché coopératif est un laboratoire en soi.

(1)Le client possède le statut de coopérateur et achète une part du magasin quelques dizaines d’euros. Il doit accorder quelques heures de son temps par mois à faire tourner la boutique, environ 3 ou 4 heures.
(2) Les marges sont généralement fixes sur les produits, où la qualité, le bio et le local, sont privilégiés pour un moindre coût.
(3)On trouve tout de même un minimum de salariés pour certains postes, comme pour orchestrer la participation des coopérateurs.

Plus d’infos : https://forum.supermarches-cooperatifs.fr/

Des citoyen-ne-s de la vallée du Gapeau (83) montent leur propre épicerie

Créé le : 03/05/2018

Acheter des produits locaux et sains dans un commerce qui appartient à ses clients. Ce sera bientôt possible dans la vallée du Gapeau, dans l'arrière-pays toulonnais. Le très actif collectif de la Vallée du Gapeau en transition (auquel nous avons consacré un reportage l'été dernier) a lancé une opération de crowdfunding pour financer son « épicerie coopérative ». La première du genre en secteur péri-urbain. 

Transition alimentaire

Le projet s'inscrit en réalité dans une action menée localement depuis longtemps autour de la transition alimentaire. Un groupement d'achat appelé La Cerise sur le Gapeau existe déjà. Il devrait donc évoluer dès septembre en épicerie. « Il sera possible d'y faire une bonne partie de ses courses. On y trouvera bien sûr des fruits et légumes. Mais aussi quelques produits d'hygiène », indique Julien Guimard, membre du collectif. « Le but est de faire réfléchir les gens à l'impact de notre alimentation, autour du bio et du local. Mais aussi en proposant des produits en vrac et en adoptant toute une démarche autour du zéro déchet. Il s'agit aussi de développer l'économie locale en rémunérant à un juste prix les agriculteurs du territoire », poursuit-il. Les participants devront être adhérents à l’association qui porte le projet et donner trois heures de leur temps par mois pour pouvoir faire des achats dans ce commerce.

Vers un magasin / café-culturel coopératif

L’opération de crowdfunding prendra fin le 20 mai. L'objectif affiché est de recueillir au moins 13 000 euros. Mais ce n'est qu'un premier palier, et le collectif aimerait voir la cagnotte atteindre 25 000 euros. Il s'agit de financer l'achat d'étagères, de rayonnages, d'une table à découper, de mobiliers réfrigérés ou encore de silos à vrac. Pour la Vallée du Gapeau en Transition, l'étape suivante sera la création d'un grand magasin/café-culturel participatif où l'on viendra faire ses courses et échanger autour des transitions en tout genre. Alléchant !

Pour contribuer à la Cerise sur le Gapeau : www.kisskissbankbank.com/fr/projects/la-cerise-sur-le-gapeau

DES « POTES » PRÉPARENT L'OUVERTURE D'UN SUPERMARCHÉ COOPÉRATIF À RENNES

Créé le : 22/06/2017
À Rennes, le collectif Breizh'i Potes prépare l'ouverture de leur supermarché coopératif ! Crédits : Breizh'i Potes

Dans le dernier numéro de Sans Transition !, un dossier entier est consacré aux supermarchés coopératifs. Nous y évoquons notamment le projet rennais « Breizh’i Potes ». Ce collectif a entamé une réflexion sur la création d'une épicerie test qui pourrait voir le jour l’an prochain. L’ouverture d'un supermarché est, elle, prévue pour 2019.

Nora Duval, à l’origine du projet Breizhi'Potes, imagine déjà les plannings de répartition du travail à gérer, entre les adhérents du futur supermarché coopératif. Mais le moment n'est pas encore venu. « Il faut d'abord que nous réunissions assez de membres », explique-t-elle.

1500 clients, employés et propriétaires

Car l’ouverture du commerce est prévue pour 2019. « Assez de membres », cela correspond à 1500, le nombre de personnes nécessaires pour faire tourner la boutique, à raison de trois heures d'investissement mensuelles par personne. Car, dans un supermarché coopératif, les clients sont à la fois les propriétaires du magasin (via l'achat de parts de la société coopérative qui, à terme, doit porter le projet), et ceux qui le font fonctionner. C’est à cette condition que les produits peuvent être de « 10 à 40 % moins chers, et de meilleure qualité », selon Nora Duval. « En ce moment, notre groupe « achat » réfléchit à la charte du magasin. Nous voulons des produits sains, qui ont du goût, et nous désirons valoriser les producteurs locaux », précise la cofondatrice du collectif.

Une épicerie test dans les cartons

En attendant l’ouverture du magasin, la communauté Breizh’i Potes pense, comme d’autres supermarchés coopératifs en préfiguration en France (La Chouette Coop à Toulouse, La Cagette à Montpellier...), ouvrir prochainement (début 2018 ?) une épicerie test. Mais il faut pour cela trouver un local, et, surtout, que l'idée soit adoptée en Assemblée générale. Car Breizh'hi Potes est avant tout un projet citoyen et participatif.

Alors, comment  attirer de nouveaux adhérents ? « Nous faisons beaucoup de réunions publiques dans les bars. En 6 mois, nous avons réussi à susciter un vrai engouement et nous avons réuni 150 personnes. », indique la jeune femme de 29 ans. De quoi, à l'avenir, créer du lien social tout en faisant ses courses !

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