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[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L’agroécologie peut nous sauver »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

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Depuis des décennies, nous nous sommes éloigné.e.s de la nature, nous l'avons détruite par une agriculture intensive et dénaturée à l'aide de process industriels. Et si, une nouvelle version de notre alimentation était possible? Dans cette Chronique littéraire, Sans Transition ! vous propose de découvrir l'agroécologie, cette agriculture qui peut nous sauver, d'apprendre à manger en pleine conscience et à se ressourcer auprès des arbres. Bonne lecture ! 

Investir plus pour économiser dans le futur

Parce que l'urgence est indiscutable devant la catastrophe climatique, l'économiste et spécialiste du climat Alain Granjean, président de la fondation Nicolas Hulot, appelle à libérer le financement de la transition écologique en France, sans attendre que l'Europe s'organise après les élections. La règle budgétaire actuelle limite le déficit public qui comprend à la fois les investissements et les frais de fonctionnement. Or, il faudrait accroître les investissements publics pour aider les dépenses privées, notamment celles des ménages, par exemple pour réduire la dépense énergétique liée aux logements à rénover et isoler. Il s'agirait alors d’interpréter cette règle européenne en tenant compte des circonstances exceptionnelles de notre situation écologique en expliquant cette stratégie : investir davantage pour économiser l'énergie dans le futur.

 Agir sans attendre. Notre plan pour le climat, Alain Grandjean, Kevin Puisieux et Marion Cohen, préface de Nicolas Hulot, Les liens qui libèrent, mai 2019, 112 pages, 10 euros

 

La conscience de manger

Quelle que soit notre relation avec l'alimentation, Manger mieux en pleine conscience nous ouvre des portes. Car la surproduction de denrées, la surconsommation et les nouvelles normes corporelles imposées par la société ont biaisé notre rapport à la nourriture. Nous sommes à la fois perdus et sans cesse en prise à la culpabilité : manger trop, manger mal, trop vite. Dans ce contexte, cet ouvrage nous encourage à faire un état des lieux de notre comportement face à la nourriture afin d'en prendre conscience et d'accepter ses failles pour ensuite les désamorcer. Et apprendre ainsi une chose fondamentale : reconnaître les vrais signaux de la faim, du rassasiement et de la satiété, qui ne sont pas simplement physiques mais un imbroglio d'émotions, de pensées et de projections. Grâce à des outils et des exercices très concrets, comme manger lentement en un minimum de 20 minutes et en silence, on peut parvenir à s'alimenter exactement selon nos besoins sans restriction aucune. Cet ouvrage nous pousse à retrouver une alimentation en conscience pour substituer au contrôle l’écoute de son corps. Et faire de chacun de nos repas un véritable moment de bonheur et de plaisir.

 Manger mieux en pleine conscience, Yael Bloch et Amande Ceballos, Editions La plage, 2019, 95 pages, 9,95 euros

 

Rien ne se perd, tout se transforme

Ce guide est une véritable boîte à outils qui déborde de bons plans, conseils, recettes, témoignages, adresses, etc. pour changer son mode de consommation en achetant le moins possible de produits neufs. Les nouvelles façons de consommer s'inspirent de méthodes qui ont toujours existé et qui sont remises au goût du jour : réparation, transformation, reconditionnement, partage, don, échange, location, achat d'occasion... Les chapitres abordent les plus importants postes de dépense du quotidien : habillement, électroménager, high-tech, mobilier et décoration, soin des enfants, loisirs. On comprend aussi qu'on peut se passer de bien d'objets et d'habitudes inutiles ! Alors, prêts pour le défi ? Rien de plus simple avec ce guide. En plus, on apprend pleins d'astuces, on fait des économies, on s'allège et on est écologiquement plus cohérent.

 Mon défi Rien de neuf, Emmanuelle Vibert, Rue de l'échiquier, mai 2019, 224 pages, 18 euros

 

On veut des tartes (et autres tourtes !)

Le tout dernier livre de recettes de Cléa séduit à plusieurs titres. D'abord sur la forme, par son grand format et sa belle qualité. Il est aussi très bien organisé : à chaque légume et fruit classé par ordre alphabétique correspondent 3 ou 4 recettes, parfois davantage, illustrées par une alléchante photo. Son second atout est de proposer 200 tartes, tourtes, quiches et autres tatins, uniquement végétariennes. Les cuisinières en herbe y trouveront leur bonheur car les recettes proposées sont simples, originales et rapides à exécuter. L'auteure y ajoute cependant sa touche : remplacer la farine blanche par de la farine bise, de sarrasin ou de riz pour les personnes mangeant sans gluten... pour un nouvel élan ! Et pour les plus aguerries, ce livre permet de se renouveler en revisitant les grands classiques, en jouant sur les formes, les textures, les cuissons. Cléa redore également le blason de certains légumes souvent boudés en cuisine. La tarte fine au fenouil rôti, châtaignes et citrons, en est un exemple parmi tant d'autres. Enfin, elle met l'accent sur un thème d'actualité: la saisonnalité des fruits et des légumes. A vos fourneaux!

 Tartes fines, Grosses tourtes, Belles tatins, 200 tartes végétariennes, Cléa, Editions La plage, 2019, 251 pages, 24,95 euros

 

L'agroécologie, une révolution vitale

Ingénieur agronome et spécialiste de l'agroécologie, Marc Dufumier a découvert cette pratique à Madagascar alors qu'il avait 22 ans (il en a aujourd'hui 73). Ce sont des femmes analphabètes qui l'initient alors à cette agriculture paysanne respectueuse de l'homme et de l'environnement. Dans une série d'entretiens avec le journaliste Olivier Le Naire, il explique très clairement comment l'agroécologie peut lutter de façon concrète contre la faim dans le monde, le dérèglement climatique, le gaspillage alimentaire, la malbouffe, les maladies qui en découlent, la perte de sens et de lien social... Car selon lui, tous ces problèmes sont liés et sont aussi la conséquence de la privatisation des semences, de l'utilisation des pesticides et des dérives des lobbys industriels. Leur solution est donc une réalité possible, à notre portée.

 L'agroécologie peut nous sauver, Marc Dufumier, Actes Sud / Colibris, coll. Domaine du possible, mai 2019, 160 pages, 15 euros

 

Quand la nature nous fait du bien

La science prouve comment et pourquoi la nature nous fait du bien, physiquement et moralement. Se mettre au vert renforce notre système immunitaire et nous rééquilibre : nous requinque quand nous sommes fatigués et calme notre stress. Mais nos vies trépidantes et bruyantes nous éloignent des bienfaits d'un jardin ou d'une balade dans les bois. Ce guide s'appuie sur les études scientifiques, s'inspire de techniques de relaxation et propose 52 pistes ludiques et poétiques pour se reconnecter en profondeur avec la nature. Il devient simple de se ressourcer, en toute saison, parfois en quelques minutes, même en ville ou au travail, que l'on soit seul ou à plusieurs, avec des enfants... De nombreuses attitudes peuvent faire du bien, comme simplement s'asseoir sous un arbre, cultiver des fleurs en pots, contempler des photos de nature...

 Se ressourcer toute l'année avec les arbres, Marie Martinez, Prat Prisma, mai 2019, 224 pages, 15,95 euros

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « Il est où le bonheur ? »

Créé le : 18/07/2020
Crédit: Pixabay

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Dans chaque magazine, Sans transition! chronique les dernières sorties des libraires, sur les sujets qui animent notre rédaction. Nous vous proposons de vous questionner sur le bonheur avec François Ruffin, de partir à l'(éco-)aventure aux côtés de Julien Moreau pour enfin voir la beauté du monde avec François Sarano. Bonne lecture ! 

Le bonheur en rouge et vert de François Ruffin

Fondateur du journal Fakir et député de la Somme, François Ruffin appelle à un Front populaire écologique, rouge et vert, pour sauver la planète et l'avenir de nos enfants. C'est à eux qu'il s'adresse en priorité dans cet essai malgré tout optimiste. L'inégalité économique correspond à une inégalité écologique : nous sommes tous sur la même planète mais pas tous sur le même bateau — et certains s'accaparent les canots de sauvetage. Sa solution est la reprise en main de la démocratie par un débordement populaire et pacifiste motivé par l'espérance. Les mouvements alternatifs des Gilets jaunes et de Nuit debout sont déjà une expression de ce désir d'autre chose. Mais surtout de grandes lois, avec des choix macroéconomiques, doivent faire avancer vers la transition. La réponse à sa question ? Le bonheur est dans le lien, avant les biens.

Il est où, le bonheur ? François Ruffin, Les Liens qui Libèrent, novembre 2019, 192 pages, 14 euros

Voir la beauté du monde 

François Sarano est docteur en océanographie et plongeur professionnel, conseiller scientifique du commandant Cousteau ou, plus récemment, de Jacques Perrin. Depuis des années, avec son épouse, il étudie les cachalots au large de l'île Maurice. Il répond aux questions de Coralie Schaub, journaliste spécialisée dans l'environnement, raconte ses expériences et son engagement, confie ses réflexions personnelles. Pour lui, savoir communiquer avec les animaux — et la vie sauvage — permettrait de mieux communiquer entre humains car cela part de la même démarche d'aller à la rencontre de l'autre. Plongeons avec eux à la découverte du monde marin, encore inconnu et lieu de rencontres bouleversantes mais aussi de dégradations. Alors, comment agir ? Une conversation très accessible et passionnante.

 Réconcilier les hommes et la vie sauvage, Coralie Schaub, préface de Pierre Rhabi, Actes Sud, collection Domaine du possible, janvier 2020, 218 pages, 20 euros

 

La réponse de la bergère

Stéphanie Maubé habitait Paris et travaillait dans l'audiovisuel, jusqu'à ce qu'elle rencontre un éleveur dans le Cotentin et décide, elle aussi, de garder ses moutons. Yves Deloison nous raconte la vie de la jeune femme et ses questionnements dans un style très vivant. « J'étais une Parisienne anémiée, névrosée de la bouffe, qui un jour a découvert de nouvelles perspectives, un métier noble, épanouissant physiquement et moralement », affirme-t-elle. Dans la beauté des paysages qui l'entourent et avec ses bêtes, elle a trouvé un sens à sa vie, qui n'a rien d'un conte de fée : le chemin est semé d'embûches. Elle est désormais une bergère engagée, une guerrière des temps modernes : « Je veux faire de l'activisme en faveur des valeurs paysannes, du commerce collaboratif, des jardins partagés, de l'éducation à la bonne bouffe et inciter les citoyens à modérer leurs comportements en matière de consommation ». Belle cause !

 Il était une bergère, Yves Deloison et Stéphanie Maubé, Le Rouergue, février 2020, 254 pages, 18,80 euros

 

Se réapproprier son alimentation

François Rouillay est chercheur et conférencier en agriculture urbaine. Initiateur du mouvement participatif des Incroyables Comestibles, il a également cofondé l’Université francophone de l’autonomie alimentaire. Sabine Becker est ingénieure-urbaniste et a longtemps été en charge du développement et de l’aménagement des territoires. Leur guide pratique s'adresse aux habitants des villes et des campagnes, ainsi qu'aux élus locaux. Il propose une feuille de route de 21 actions concrètes et faciles à appliquer pour apprendre, s'organiser et réussir à prendre soin de soi, des autres et de la Terre : végétaliser la ville en paysages nourriciers, planter des pépinières citoyennes et des potagers pédagogiques, régénérer les sols, animer des ateliers de cuisine et de conservation des aliments, instaurer des circuits courts… Un programme complet.

 En route pour l’autonomie alimentaire, François Rouillay et Sabine Becker, Terre vivante, février 2020, 224 pages, 23 euros

 

Le vivant à la source

Philippe Labre est un biologiste de terrain et vétérinaire conseil en santé naturelle en élevage et en agriculture biologique. De ses 35 ans d'expérience, il propose de mieux connaître, comprendre et respecter les conditions et les processus les plus essentiels de la vie en général, et de la santé des animaux et des humains. Les fondamentaux du monde vivant nous exhortent à vivre en interaction et en harmonie avec notre milieu. Ces lois de la biologie ne sont pas négociables. Face au déni de l'industrialisation, l'auteur rappelle que nous ne pouvons pas nous passer de la nature et des plantes et qu'il est grand temps d'en prendre de la graine : respecter la nature et collaborer avec elle, ou disparaître. Le règne végétal crée la vie et peut restaurer les équilibres perturbés.

 Les pieds sur Terre. Retrouver le bon sens ou disparaître, Philippe Labre, préface de Pierre Rabhi, éditions Femenvet, octobre 2019, 288 pages, 24 euros

 

L'essentiel sur l'alimentation

Marc Dufumier, agronome, répond de façon scientifique, mais simple et claire, à 50 questions le plus souvent posées sur l'alimentation, l'agriculture et l'écologie. « Mon engagement est celui d’un agronome, d’un scientifique qui ne croit en rien d’autre qu’aux analyses étayées et aux faits établis, et à la nécessité́ de diffuser ce savoir », affirme-t-il. « Si je défends l’agroécologie, c’est en tant que scientifique : la nocivité́ sur notre santé et sur l’environnement de l’agriculture chemisée et mécanisée est aujourd’hui avérée et nous avons à ce jour le savoir et les techniques pour développer une agriculture paysanne capable de nourrir correctement l’humanité́ tout en respectant la planète. » Une mise au point limpide.

De la terre à l’assiette. 50 questions essentielles sur l'agriculture et l'alimentation, Marc Dufumier, Allary éditions, février 2020, 240 pages, 18,90 euros

 

L'art de vivre ensemble

Après un premier Manifeste convivialiste paru en 2013, le second esquisse les contours d'un possible autre monde, d'un monde post-néolibéral (une alternative au néolibéralisme), plus humain, dans lequel l'énorme majorité pourrait se reconnaître. Le convivialisme, philosophie de l'art de mieux vivre ensemble, appelle à s'opposer sans se massacrer, à prendre soin de la nature et des humains. Cette réédition enrichie est le résultat d'un travail d'échanges entre 276 intellectuels, écrivains, artistes, activistes de 33 pays engagés dans des actions collectives et soucieux du bien commun. Son but est de rassembler clairement des idées simples et justes sur les enjeux actuels de façon à générer une mutation radicale. Et, dans un premier temps, de permettre à chacun d'apporter sa pierre à l'édifice, puis aux lecteurs de participer au débat.

Second manifeste convivialiste. Pour un monde post-néolibéral, collectif Actes Sud, février 2020, 144 pages, 9,80 euros

 

Le refus de parvenir

Après dix ans d'engagement et de responsabilités politiques, Corinne Morel Darleux se tourne désormais vers des mouvements d'action plus radicale et concrète, dans la désobéissance civique, notamment pour changer la vie au quotidien et lutter contre la disparition du vivant. Agir aujourd'hui est essentiel pour prévoir et construire la suite du déclin de demain. Dans cet essai philosophique et littéraire, elle s'inspire de nombreux écrivains, tels que Mona Chollet, Françoise Héritier, Romain Gary, Stig Dagerman, et surtout du navigateur Bernard Moitessier qui, sur le point de gagner le tour du monde en solitaire, prend la tangente et renonce à la compétition. Comme l'auteure le définit elle-même, il s'agit d'« un livre d'intuitions qui donnent à penser tout en laissant des espaces de liberté et de fiction. » Inspirant.

 Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Réflexions sur l'effondrement, Corinne Morel Darleux, Libertalia, juin 2019, 104 pages, 10 euros

 

Repenser la ville à l'écoute des enfants

Spécialiste de la psychologie et de l'éducation des enfants, l'Italien Francesco Tonucci a expérimenté à Fano en 1991 son projet révolutionnaire de ville agréable qui place les enfants d'abord. Le but est de transformer les villes pour créer des rues et des cadres de vie urbains vraiment adaptés aux intérêts et jeux des enfants, selon leur point de vue, et de façon à leur faire explorer leur environnement, avec ses bonnes surprises et ses risques, en toute autonomie. Dans ce livre « boîte à outils », l'auteur fait le bilan de cette initiative pionnière, ses intentions, ses propositions, ses solutions... Des entretiens avec d'autres spécialistes et un texte de Lewis Mumford étayent son propos. Cette expérience a déjà inspiré de nombreux projets dans le monde. Un petit pas pour les enfants, un grand pas pour tous !

 La ville des enfants. Pour une [r]évolution urbaine, Francesco Tonucci, Parenthèses, collection Eupalinos, septembre 2019, 240 pages, 18 euros

 

Quand les algues sentent le souffre

Yves-Marie Le Lay, fondateur et président de l'association Sauvegarde du Trégor et co-président de Haltes aux marées vertes lutte au quotidien contre la prolifération des algues vertes et leurs émanations d'hydrogène de soufre. Il a saisi plusieurs fois les tribunaux français et européens et a reçu en 2017 le « prix orange » de l’environnement de l’Union des associations pour la défense du littoral. Les algues sont reconnues toxiques depuis 2009 et présentent un réel danger pour la santé : plusieurs personnes ont perdu la vie. Mais rien ne change. Yves-Marie Le Lay dénonce le déni collectif des responsabilités, la collusion entre pouvoir économique et politique : pour lutter efficacement contre cette pollution il faudrait revoir les pratiques agricoles dont les excédents de nitrates nourrissent ces algues toxiques.

 Algues vertes, un scandale d'état. Nitrates et gaz toxiques, 50 ans de déni, Yves-Marie Le Lay, Libre et Solidaire, 270 pages, 16,90 euros

 

Face au catastrophisme, des démocraties à réinventer

Maître de conférences en science politique au Muséum national d’Histoire naturelle, chercheur au Centre d’écologie et des sciences de la conservation, membre de l’Institut Momentum, Luc Semal rapproche la pensée écologiste et la science politique depuis les années 1960. Face à l'effondrement et à la peur qu'il génère, l'auteur préfère parler de « processus catastrophique, à potentiel apocalyptique, pouvant connaître des phases d’emballements et d’effondrements ». Il s'appuie sur de nombreux exemples d’initiatives et de parcours militants et voit le catastrophisme comme une occasion pour la démocratie de se réinventer, des partages à organiser, une justice à restaurer, malgré des privilégiés qui refusent de changer. Une analyse néanmoins confiante et lucide sur la complexité de la crise écologique.

 Face à l’effondrement. Militer à l'ombre des catastrophes, Luc Semal, PUF, collection L'écologie en question, mars 2019, 368 pages, 22 euros

 

L'éco-aventure d'un tour de France

Militant écologiste, Julien Moreau s'est lancé en 2018 le défi du plus long triathlon au monde avec plus de 6 000 km à travers la France : en vélo de Paris à Marseille ; à la nage de Marseille à Monaco et à pied de Monaco jusqu'au siège de la Fondation de Nicolas Hulot. Le but de cet éco-aventurier ? Sensibiliser, voire éduquer, les Français, les politiques et surtout les jeunes dans les écoles pour une écologie citoyenne engagée. Le récit passionnant et détaillé de cette épopée, avec album photos à l'appui, commence comme un thriller noir, une mésaventure qui aurait pu très mal se finir, après l'ascension risquée du Stok Kangri et 1 000 km en VTT au pays de Gandhi. Inspiré par Mike Horn ou Sylvain Tesson, le Breton de 30 ans s'engage déjà dans de nouveaux projets en catamaran : à suivre !

 L'éco-aventurier. Mon tour de France au service de l'environnement, Julien Moreau, préface de Nicolas Hulot, Hugo Doc, novembre 2019, 320 pages, 18 euros

 

[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] « Reprendre la main sur le système alimentaire »

Créé le : 16/07/2020
Soupe populaire offerte aux chômeurs en 1932. Crédit : Agence Mondiale / Creative Commons

Soupe populaire offerte aux chômeurs en 1932. Crédit : Agence Mondiale / Creative Commons

Propos recueillis par Julien Dezécot

Chercheuse à l'Inrae de Montpellier, Dominique Paturel travaille depuis plusieurs années sur la démocratie alimentaire. Elle fait également partie du collectif éponyme qui propose une sécurité sociale de l'alimentation. Rencontre à Montpellier.

Sur quoi repose l'idée de « démocratie alimentaire » ?
La démocratie alimentaire repose sur un pilier fondamental. La définition d'un système alimentaire, basé non pas sur les produits alimentaires, mais bien sur un système d'acteurs clés : producteurs – consommateurs –  transformateurs et distributeurs. Le système alimentaire aujourd'hui est dépendant d'un système mondialisé et spécialisé par type de production par pays à l'échelle planétaire. Le 2ème pilier est de rendre effectif le droit à l’alimentation que nous qualifions de durable, car il est l’expression d’une tension, entre l’alimentation comme marchandise et les droits humains soumis à la volonté des états quant à leur effectivité. En outre, dans un pays comme La France, pour que l’accès à l’alimentation soit garanti de façon égalitaire, il faut passer par la loi. D’où notre soutien à une inscription de ce droit dans la constitution.Le 3ème pilier s’appuie sur la justice sociale, tissant des liens entre une justice redistributive et une justice capable de prendre en compte les besoins différenciés des populations.

 

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[ETUDE] Durabilité de l’alimentation et moindre surpoids et obésité

Créé le : 12/03/2020
Crédit pixabay. légumes

Par Denis Lairon, nutritionniste, directeur de recherche émérite à l’INSERM. Il nous livre ici de nouveaux résultats du projet BioNutriNet

Cette nouvelle étude du projet de recherche BioNutriNet a recherché la relation possible entre la durabilité de l’alimentation (selon un score calculé) et la survenue du surpoids et de l’obésité chez des adultes français. Elle montre qu’après 2,8 années de suivi,  plus le régime alimentaire est durable, moins on prend du poids et moins on devient en surpoids ou obèse. Ces résultats ont été publiés en novembre 2019 dans la célèbre revue scientifique American Journal of Clinical Nutrition1. L’étude a porté sur 15600  participants adultes de la cohorte Nutrinet-Santé, ayant rempli tous les questionnaires nécessaires à ce travail. Les participant(e)s (76% de femmes) ont été réparti(e)s en 5 groupes allant de la plus faible (Q1) à la plus forte durabilité (Q5) selon un score de durabilité de l’alimentation calculé en combinant 4 sous-scores qui regroupent au total 9 indicateurs individuels : (nutrition : énergie et qualité ; environnement : impacts de la production (surface, énergie et gaz à effet de serre) et  % aliments bio ; pratiques alimentaires (lieux d’achat hors supermarchés et plats tout-prêts) ; économie : % coût alimentation/revenus.

Résultats

Durabilité de l’alimentation : Le score de durabilité de l’alimentation (de 4 à 20) augmentait de 7,7 (Q1) à 15,0 (Q5) chez les hommes et de 8,8  (Q1)  à 16,2 (Q5) chez les femmes.

Mode de vie et alimentation : Les personnes avec l’alimentation la plus durable (Q5)  ont fait plus d’études et ont plus d’activité physique, fument moins et boivent moins de fortes quantités d’alcool. Leur alimentation apporte moins d’énergie (-27%), nettement moins de viandes rouges (-66%) et blanches (-56%), de produits laitiers (-18%) et fromages (-37%), de céréales raffinées (-24%), d’aliments riches en gras et sucre (-17%) et de sodas (-60%) mais plus de fruits et légumes (+54%), légumes secs dont soja et fruits à coque (+251%), céréales non raffinées (+293%). C’est une alimentation nettement plus végétale.

Surpoids et obésité. Au début de l’étude, les adultes qui avaient l’alimentation la plus durable étaient nettement moins en surpoids (Q5 : soit 12,7% d’entre eux), que ceux avec l’alimentation la moins durable (Q1 : soit 29,8%) : une réduction de 2,3 fois.

Après 2,8 années de suivi de ces personnes, celles qui avaient eu l’alimentation la plus durable (Q5) avaient :

  • conservé un poids stable tandis que celles du Q1 avaient grossi en moyenne de 160 g/an,
  • un risque de devenir en surpoids (Indice de masse corporelle IMC = poids/taille x taille : de 25 à 30) qui était 1,5 fois plus faible,  comparé à ceux du Q1,
  • un risque de devenir obèse (IMC supérieur à 30) qui était 4 fois plus faible, comparé à ceux du Q1.
  • Le risque de devenir en surpoids ou obèse augmente progressivement en fonction de l’augmentation de la durabilité de l’alimentation (de Q1 à Q5). 

Ces résultats ont été obtenus avec des modèles statistiques qui prennent en compte les facteurs  connus qui peuvent influencer la prise de poids (ex : âge, activité physique, tabagisme, énergie alimentaire, etc.). Parmi les 4 sous-scores, plus les sous-scores nutrition et environnement sont élevés, moins le risque de surpoids et d’obésité est important, c’est le cas aussi pour le sous-score pratiques alimentaires et l’obésité. En conclusion, cette étude française établit que des adultes ayant une alimentation plus durable (plus végétale et bio) ont une forte diminution du risque d’être en surpoids et obèse. En accord avec d’autres études, on peut donc dire : bon pour la planète et bon pour la santé, c’est possible ! Rappelons que les nouvelles recommandations alimentaires françaises de 2019 pour le PNNS-4 par Santé Publique France recommandent une alimentation plus végétale et en privilégiant les aliments bio.

1 Seconda L. et al., 2019. Association between sustainable dietary patterns and body weight, overweight and obesity risk in the Nutrinet-Santé prospective cohort. American Journal of Clinical Nutrition, 2019.

Plus d’infos : www.etude-nutrinet-sante.fr

[ FINISTERE ] Une journée dédiée à la précarité alimentaire

Créé le : 13/12/2019
Photo : Sans transition !

Le 06 décembre dernier, environ 300 acteurs s'étaient donnés rendez-vous au siège du Conseil départemental à Quimper (29) pour les Assises de l'alimentation. L'objectif : faire un état des lieux de la situation de précarité alimentaire et évoquer les mesures à prendre en vue d'une transition positive. Un grand nombre d'associations, collectifs, professionnels et particuliers ont pu s'exprimer et exposer leurs initiatives lors de conférences, tables rondes ou encore d'ateliers. Organisée par le conseil départemental, la journée était animée par Magali Chouvion, rédactrice en chef de Sans transition !.

Précarité et démocratie alimentaire

" Aujoud'hui on ne meurt plus de faim en France, mais la précarité alimentaire est toujours présente et il est de notre devoir de lutter contre ". Tels furent les premiers mots prononcés par Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil départemental du Finistère, dans son discours d'introduction. L'accès à une alimentation de qualité est un enjeu de société majeur, comme le rappelle la récente mise en application de la loi Egalim. Bien que seulement 20% du budget des ménages soit consacré à l'alimentation en 2014*, de plus en plus de français-e-s choisissent de se ré-approprier le sujet. L'essor de la bio en est la preuve.

Nathalie Sarrabezolles et Magali Chouvion, lors du lancement des Assises de l'alimentation traduite en langue des signes. Photo : Sans transition !

" Nous devons actionner les leviers ensemble pour mettre en oeuvre une transition positive ". Nathalie Sarrabezolles

Dominique Paturel, docteur en sciences de gestion et chercheuse à l'Inra ouvrit le cycle de conférences-débats. " Un des problèmes majeurs que nous avons aujourd'hui est la déconnexion totale qui existe entre ce que l'on mange et sa production. En France, le droit à l'alimentation n'est pas effectif ". Selon la chercheuse, il est effectivement primordial d'axer les travaux des chercheurs sur la question de la maîtrise du système alimentaire. Un travail qui ne pourra se faire, selon elle, qu'à l'aide d'actions collectives.

Plusieurs structures engagées ont ensuite été mises à l'honneur pour leurs initiatives, comme le GIP Gers Solidaire, le Relais Solaal, ou encore la banque alimentaire 29.

Les jeunes engagés mis à l'honneur

Toute la journée, des associations et collectifs, en majorité portés par de jeunes engagés et militants, sont allés à la rencontre des visiteurs. Sans transition ! a choisi de leur donner la parole et de partager leurs initiatives.

L'association Glanage Solidaire :

> Découvrez Glanage solidaire

Le réseau brestois Agoraé :

> Découvrez Agoraé

Cool food, l'application portée par l'association quimpéroise Al'Terre Breizh :

> Découvrez Cool Food

> Plus d'infos

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* Statistiques Insee 2015

 

[ BIO ] Mention Nature&Progrès pour la cantine scolaire de Ventalon-en-Cévennes

Créé le : 04/11/2019
Photo : Marie-Pascale Vincent

Marie-Pascale Vincent.

Avec moins de 300 habitants, la jeune commune lozérienne de Ventalon-en-Cévennes  est parvenue à obtenir la mention Nature&Progrès en 2017, pour les efforts fournis par sa cantine scolaire. Une certification encore jamais accordée à une collectivité locale, qui vient récompenser un engagement en faveur d’une agriculture biologique et solidaire.

À Ventalon-en-Cévennes, en Lozère,  la cantine de l’école communale bénéficie depuis 2017 de la mention Nature&Progrès. Une première en France. Outre le fait de s’appuyer sur un approvisionnement bio et local, cette mention met en avant une démarche globale, y compris au niveau pédagogique.

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[ ETUDE ] - SIA2019 - 1/4 de l’empreinte carbone des français est liée à l’alimentation

Créé le : 27/02/2019

A l’occasion du Salon International de l’Agriculture 2019, l’ADEME relaie une étude sur « l’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation en France, de la production à la consommation », conduite en collaboration avec de nombreux partenaires. L’analyse rappelle la part prépondérante de l’empreinte carbone liée à la phase de production agricole, l’intérêt de l’agro-écologie et l’importance du comportement des consommateurs, en constante évolution, dans la réduction des impacts environnementaux.

Et rendez-vous pour l'occasion, le 12 mars prochain à la Boiserie de Mazan, pour un débat citoyen entre Claude & Lydia Bourguignon et des experts, qui défendent une une agriculture raisonnnée et respectueuse des sols.

Occitanie : le conseil régional dévoile son plan alimentation

Créé le : 07/01/2019

Le Plan Alimentation a été adopté par les élus du conseil régional d'Occitanie, le 20 décembre dernier. Ce document va donner les grandes orientations de la politique de la collectivité en matière d'alimentation et d'agriculture. Près de 100 000 personnes ont participé à cette consultation. 

« Grâce à vous, nous avons pu co-construire un Plan alimentation essentiel pour notre quotidien, notre économie et notre environnement », s'est félicité Carole Delga, présidente de la région Occitanie, dans un communiqué daté du 21 décembre 2018. Ce plan a été adopté le 20 décembre par les élus de l'assemblée régionale. Les quatre « priorités » du document ont été choisies suite à une consultation réalisée auprès d'habitants, de professionnels et d'agriculteurs : « Soutenir les exploitations agricoles durables », « soutenir les agriculteurs dans la modification de leurs pratiques », « accompagner les dynamiques citoyennes et territoriales », « soutenir davantage la vente de proximité ». Par ailleurs, le conseil régional a décidé de débloquer 5 millions d'euros supplémentaires pour financer cette politique.

 

Organiser dix actions phares

 

A partir de ces grands axes, le Conseil régional annonce la mise en œuvre de dix initiatives. Parmi elles, l'accompagnement des agriculteurs qui souhaitent diminuer leur utilisation de pesticides, ou encore le soutien et le développement des réseaux de distributions locaux. Le conseil régional s'est engagé à mettre en place ces initiatives dès janvier 2019.

 

Occitanie : Retour sur les Rencontres Territoriales alimentation en Hérault

Créé le : 20/07/2018
Rencontres territoriales sur l'alimentation à Montpellier juillet 2018- crédit Célia Pousset

« Nos emplettes sont nos emplois », a soutenu le vice-président du Conseil régional d'Occitanie en charge de l’agroalimentaire et de la viticulture, Jean-Louis Cazaubon, le 13 juillet dernier lors des rencontres territoriales sur l’alimentation tenues à Montpellier (34). 

C’est au lycée hôtelier Georges Frêche que des  citoyens de l’Hérault sont venus prendre part à la réflexion menée par la Région sur l’alimentation, décrétée « grande cause 2018 ». Rassemblés autour de grandes tables thématiques (Santé, gastronomie, précarité, agriculture…), les participants ont eu pour tâche d’identifier des solutions pour faire de l’Occitanie une terre où l’on mange mieux et local.

"Former les consommateurs de demain"

Circuits courts dans les cantines, sensibilisation dans les écoles, « Macdo occitan », légumes dans les parterres publics… Toutes les options, même les plus folles, ont été évoquées lors de cette soirée. Et Jean-Louis Cazaubon de réaffirmer : « Nous vous consultons, nous vous écouterons ! » Il a notamment insisté sur le volet de la restauration collective des établissements scolaires : « On forme les consommateurs de demain ».

Jean-Louis Cazaubon- Vice-président du conseil régional de l'Occitanie en charge de l'agroalimentaire- crédit CP

Actuellement, l’agriculture bio, raisonnée ou en circuit court représente 25 % des assiettes des collégiens de la région. Notons par ailleurs que la région est la première française pour la production de bio. Le vice-président en charge de l’agroalimentaire dit vouloir aller plus loin. L’objectif est de mieux intégrer dans la boucle les producteurs occitans. Ces derniers affichent des revenus 37% moins élevés que la moyenne nationale .

Plus d'infos :  www.laregion.fr/monalimentation

A Lorient, le citoyen au cœur de la transition alimentaire

Créé le : 17/04/2018
Les Assises de la transition alimentaire étaient organisées par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud - Crédit : Benoit Vandestick

Par Benoît Vandestick 

« De plus en plus de consommateurs ont peur de s’alimenter et de plus en plus d’agriculteurs ont peur dans l’exercice de leur métier », a fait remarquer René Louail (confédération paysanne), en clôture des assises de la transition alimentaire et agricole qui se déroulaient samedi 14 avril, à Lorient. L’événement a été organisé par la Biocoop Les 7 épis et le médecin Lylian Le Goff, en partenariat avec l’Université de Bretagne Sud. 

Le professionnel de santé a présenté la synthèse des échanges de la journée, sous forme de préconisations : développer les protéines végétales, taxer la pollution et les produits nuisant à la santé, impliquer les citoyens dans les pratiques agricoles, réformer les politiques foncières, créer un ministère de la pêche et féminiser les métiers de la mer. Le sénateur écologiste du Morbihan, Joel Labbé, s’est félicité des échanges et en a pris note. Il présentera prochainement, avec d’autres élus, 30 amendements à la loi sur la transition alimentaire.

Déçus des Etats généraux de l'alimentation

L’idée de ces assises est née de la déception des Etats Généraux de l’Alimentation où, pour les organisateurs, « L’industrie agroalimentaire a été surreprésentée au détriment des consommateurs, personnels de santé et environnementalistes ». Au cours de la journée, les intervenants ont insisté sur l’engagement citoyen comme levier de la transition. « Il faut un engagement citoyen pour forcer le modèle durable, car en face, le système classique se maintient par l’absence de prise en compte des coûts environnementaux et sanitaires dans le prix de vente », a défendu Catherine Darrot, enseignante à l’Agrocampus Ouest. Le maire de Langouet, Daniel Cueff, a partagé ses astuces pour développer la bio dans les cantines : « On réduit les protéines animales, on compose les menus en fonction des saisons et on achète en circuit court ». Pour Sophia Lakdar, présidente de l’association Bioconsom’acteur, « Le choix de consommation est parfois limité par le manque d’offre. C’est pourquoi l’action collective est indispensable, pour créer des associations et coopératives afin d’organiser la production et la consommation de produits bio et locaux ».


INTERVIEW - Joël Labbé, sénateur du Morbihan, « Nous sommes déçus par les États généraux de l'alimentation »

Rencontré en marge des Assises de la transition alimentaire, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, évoque avec nous le bilan mitigé des États généraux de l’alimentation. Et la promotion du bio et local dans la restauration collective.


"Se nourrir demain"

Pour ouvrir les assises, vendredi 13 avril, à l’UBS, à Lorient, Claude Gruffat, président de Biocoop, a tenu la conférence « Se nourrir demain ». Il y a défendu une agriculture bio à taille humaine et de proximité, seule, selon lui, capable d’assurer une alimentation saine au consommateur et un revenu décent pour les producteurs. Une interview est à retrouver sur le site de la Biocoop Les 7 épis.

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