[SANTE] Canicule : coup de chaud sur les urgences

Publié le ven 03/07/2026 - 12:00

Les premiers chiffres publiés par Santé publique France dressent un constat inédit : la canicule de fin juin a provoqué des niveaux jamais enregistrés de recours aux urgences depuis le début de la surveillance nationale. Un épisode que les scientifiques relient directement au changement climatique.

La vague de chaleur qui a frappé la France entre le 16 juin et le début du mois de juillet laisse une empreinte sanitaire inquiétante. Selon le premier bilan de Santé publique France, publié le 3 juillet, plus de 12 000 passages aux urgences, 4 200 consultations SOS Médecins et 6 351 hospitalisations liées aux effets directs de la chaleur ont été recensés entre le 18 et le 29 juin. Des niveaux inédits depuis la mise en place de la surveillance syndromique en 2004.

Le 26 juin, les services d'urgences ont enregistré 2 089 passages en une seule journée pour hyperthermie, déshydratation ou troubles liés à la chaleur, soit près de trois fois plus que lors des précédentes grandes canicules de 2019 ou 2025. Les personnes de plus de 75 ans représentent les deux tiers des hospitalisations, mais toutes les classes d'âge sont touchées.

Cette canicule se distingue aussi par son ampleur. Pendant plusieurs jours, 72 départements ont été placés en vigilance rouge, un record, tandis que 95 % de la population a connu au moins une vigilance orange. Selon Météo-France, l'intensité de l'épisode a dépassé celle d'août 2003, même si les contextes d'exposition diffèrent : en juin, écoles, lieux de travail et événements en plein air accroissent la vulnérabilité.

Pour les climatologues du réseau international World Weather Attribution, un tel épisode n'aurait tout simplement pas été possible en juin sans le changement climatique d'origine humaine. Le réchauffement provoqué par les émissions de gaz à effet de serre a considérablement augmenté son intensité, de plusieurs degrés.

Santé publique France rappelle que ces chiffres ne reflètent qu'une partie des conséquences sanitaires de la chaleur. Les effets différés sur les maladies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales, ainsi que la mortalité, feront l'objet de bilans ultérieurs. Alors que les canicules deviennent plus précoces, plus longues et plus fréquentes, ce premier bilan souligne l'urgence de renforcer à la fois les politiques d'adaptation et les mesures de réduction des émissions responsables de leur aggravation.

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