[INITIATIVES] Des communs au service de l’intérêt général

Publié le lun 26/10/2026 - 11:00

Cet article a été réalisé avec le soutien de la fondation Macif.

S’ils ont des traits similaires comme l’intérêt général, la collaboration dans leur mise en œuvre et la mise à disposition des connaissances, les communs sont divers et variés tant dans leur forme que dans les thématiques qu’ils traitent. Zoom sur 4 projets de communs porteurs de sens.

Une boite à outils pour redynamiser les villages ruraux

Chez Villages Vivants, on développe en ce moment « une sorte de boîte à outils partagée, afin de mettre à disposition de tous le résultat de notre expérience dans la revitalisation des villages ruraux », explique Raphaël Boutin, le co-directeur de Villages Vivants. Cette coopérative réhabilite des locaux vacants en lieux d’activités utiles, inclusifs et ancrés localement. En agissant à partir du bâti existant, elle lutte contre l’étalement urbain, favorise la sobriété foncière, réduit les mobilités subies... Raphaël Boutin poursuit : « l’objectif de ce commun est que cette expérience acquise et éprouvée profite au maximum de personnes et que des projets se développent plus facilement ». Bail commercial, contenu de formation, fiche juridique, contrat de mise à disposition… concrètement, l’association est en train de stocker toute sa documentation et ses outils juridiques dans un même espace, qu’elle rendra ensuite accessible, « vraisemblablement pour la fin d’année, via une licence Creative Commons », précise le co-directeur. Une manière de développer le « faire faire » et, ainsi, de démultiplier les projets de revitalisation des villages ruraux. Ce commun a bénéficié d’un accompagnement de l’AAC 2025 par la Fondation Macif à hauteur de 40 000 euros.

Plus d’infos

villagesvivants.com


Et maintenant, les recettes !

« Un outil de proposition de substitution des ingrédients pour chaque recette par des aliments plus sains et plus respectueux de la planète », résume Pierre Slamich, le co-fondateur de l’ONG Open Food Facts. L’idée est toute simple, mais elle pourrait avoir un impact sur l’environnement et la santé considérable. Grâce à un financement Ademe de l’AAC, l’association développe un commun numérique, à destination des professionnels de la restauration hors-domicile (cantines scolaires, restaurants d’entreprise, restaurants…) pour leur permettre de faire évoluer facilement leurs recettes vers des plats avec moins de produits chimiques, de produits transformés, et plus sains pour la santé. « Pour développer ce commun, nous travaillons avec les professionnels eux-mêmes et nous nous appuyons sur notre base de données de plus de 4 millions de produits référencés et évalués en fonction de leurs caractéristiques nutritionnelle (Nutri-score), environnementale ( Green score) ou leur niveau de transformation (Nova) », précise Pierre Slamich. Le commun sera également mis à disposition des familles.

Plus d’infos

fr.openfoodfacts.org


Pour des Communs démocratiques

Les communs se dessinent aussi au-delà de l’AAC de l’Ademe. Inédite, Communs démocratiques est une initiative portée par Make.org, le CNRS, Science Po, Sorbonne Université, avec le soutien du programme Communs Numériques de France 2030 et BPI France pour 6 millions d’euros. Ce commun vise à développer un programme de recherche, d’expérimentation et de mise à disposition de solutions IA génératives open-source au service de la démocratie.

Il s’agit concrètement d’exploiter le potentiel de l'IA générative pour préserver et renforcer les fondements de la démocratie dans un monde confronté à une crise de confiance institutionnelle sans précédent et à une guerre informationnelle croissante. Il réunira plus de 50 chercheurs et ingénieurs sur une période de deux ans.

Selon les porteurs du projet : « Cette initiative est ce que nous aurions dû faire il y a 20 ans pour les réseaux sociaux : exploiter leurs meilleures fonctionnalités tout en veillant à ce qu'ils ne détériorent pas la démocratie. Demain, grâce au programme Communs Démocratiques, tous les États et les villes du monde entier auront accès gratuitement à une intelligence artificielle qui respectera les principes démocratiques. »


Lever les freins au vélo

Avec son Rural mob kit, Familles rurales espère « répondre à un besoin d’actions de mobilité autour du vélo, pour ses 1 700 associations et 120 000 familles adhérentes », résume Sophie Parra d’Andert, chargée de mission mobilités à Familles Rurales. Elle précise : « Bien entendu, nous ne souhaitons pas remettre tous les ruraux à vélo, mais comment aider les personnes qui le souhaitent ? Comment leur redonner confiance ? Outiller les acteurs locaux dans cette démarche ? » Aujourd’hui, 50 % des trajets en voiture font moins de 5 km, le potentiel est donc de taille. Et les enjeux écologiques, sociaux et sanitaires aussi.

Le Rural mob kit devrait ainsi rassembler les informations de Familles rurales, celles de ses associations adhérentes déjà actrices dans le domaine de la mobilité, celles de la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub) et d’autres partenaires. « Il comprendra des outils pour sensibiliser les usagers, d’autres concrets pour la « remise en selle », des indicateurs de suivi de projet, des conseils de sécurité… Bref, tout le nécessaire pour monter, réaliser et suivre une action de développement de l’usage du vélo en milieu rural. », se félicite Sophie Parra d’Andert. Développer comme un commun, ce kit sera bientôt disponible pour tous. Pour ce projet, Familles Rurales a été lauréate de l’AAP 2025 avec un financement de la Fondation Macif de 40 000 euros.

Plus d’infos

famillesrurales.org


La Coop des Communs

Financée par l’Institut de recherche de la Caisse des dépôts, La Coop des communs entend permettre l’émergence et le renforcement des initiatives et courants qui relèvent de la dynamique des communs, en les croisant avec la longue et complexe expérience de l’économie sociale et solidaire, dans l’espoir de favoriser la pérennisation du modèle d’organisation sociale, économique et culturelle qu’ils représentent ensemble.

En conclusion, l’étude préconise finalement de « laisser la place à l’invention de moyens juridiques, financiers, de gestion qui ne brident pas les capacités d’auto-organisation des citoyens concernés avec les collectivités locales, en faveur de l’intérêt général. » Elle laisse donc toute sa place à l’expérimentation.

Plus d’infos

www.coopdescommuns.org

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