L’usage des pesticides agricoles ne baisse toujours pas en France. Dans un rapport publié le 25 juin, l’association Générations Futures estime que le recours aux produits phytopharmaceutiques est reparti à la hausse, avec un indicateur clé en augmentation de 6 % entre 2023 et 2024. Selon ses calculs, le NODU (Nombre de Doses Unités), qui mesure l’intensité d’utilisation des pesticides, atteint ainsi 100,9 millions d’hectares traités en 2024. Ce résultat intervient alors que la France affiche depuis plus de quinze ans des objectifs de réduction à travers les différents plans Ecophyto. Pour Générations Futures, ces données témoignent d’un échec persistant des politiques publiques : « la France ne parvient toujours pas à réduire durablement son recours aux substances actives pesticides », conclut l’association.
Au-delà de la tendance générale, le rapport alerte sur la persistance de substances préoccupantes. En 2024, les produits classés CMR (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques) représentent 26 % des traitements effectués, tandis que les substances classées PFAS atteignent près de 19 %. Au total, 44 % du NODU correspond à des substances dangereuses pour la santé humaine. Des résultats qui, selon Générations Futures, illustrent les limites d’une stratégie gouvernementale et européenne fondée sur des ajustements d’indicateurs plutôt que sur une réduction réelle des usages de pesticides.
