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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] « Remettre de l'égalité dans l'assiette »

Créé le : 16/07/2020
Pour José Bové, « réinventons la PAC de demain » ! Crédit : DR.

Pour José Bové, « réinventons la PAC de demain » ! Crédit : DR. 

Propos recueillis par Julien Dezécot

Pour José Bové, ancien eurodéputé basé dans le Larzac, figure de proue de l'alimentation paysanne et fervent défenseur d'une alimentation de qualité pour tous, il est plus que temps de « remettre de l’égalité dans l’assiette ». La démocratie alimentaire ne fonctionnera à l'avenir, selon lui, que par la mobilisation des petits producteurs et le développement des circuits courts.

« Suite à la crise sanitaire historique de ce printemps, je garde à l'esprit la caricature à laquelle on a assisté en mars dernier, à l'annonce du confinement : la ruée dans les supermarchés. Ces derniers se sont parfois retrouvés bloqués, saturés et beaucoup de gens ont (re)découvert les commerces de proximité et les producteurs locaux d'un bon œil. Je le vois dans le sud de l’Aveyron, où les producteurs fermiers ont pu vendre davantage leurs produits en direct, notamment à de nouveaux consommateurs. Avec cette crise, les clients sont revenus vers le local, l'agriculture paysanne et ont acheté plus souvent en bio. La question de l'alimentation est devenue prioritaire ! Les politiques doivent accompagner ce mouvement de relocalisation de l'agriculture, en faveur des paysans et des citoyens. Et encourager la Transition pour une agriculture durable.

N'oublions pas que l'alimentation est un droit fondamental ! Pour permettre au plus grand nombre de s'alimenter convenablement, il faudra demain pouvoir produire, stocker localement et commercialiser le plus possible en circuits courts.  C'est ainsi que nous créerons des territoires...

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Alimentation saine : un choix politique !

Créé le : 16/07/2020
Parmi les clients de Vrac, beaucoup des personnes sont issues de l’immigration. Crédit : Vrac association

Parmi les clients de Vrac, beaucoup des personnes sont issues de l’immigration. Crédit : Vrac association 

Par Julien Dezécot

Pour Boris Tavernier, fondateur de l'association Vrac créée à Lyon en 2013, il faut redonner de la dignité aux publics fragilisés, en leur permettant de choisir et payer leurs aliments sains. 2 500 familles bénéficient désormais d’épiceries éphémères du réseau, qui proposent des produits bio et locaux dans 46 quartiers prioritaires de la ville de Strasbourg à Toulouse, en passant désormais par Rennes, Paris et Lille.

Le lundi à Villeurbanne, le mardi à Vaulx-en-Velin… Plus de 130 bénévoles participent désormais à l'aventure du réseau Vrac lancé par Boris Tavernier. Et mettent la main à la pâte chaque semaine pour proposer aux habitants de 14 quartiers prioritaires de la ville des légumes bio et locaux. L'idée consiste à acheter en gros et en vrac des produits de base qui seront ensuite revendus à prix coûtant aux habitants des quartiers prioritaires. « Notre dispositif, c'est pas non plus spécial pauvre, provoque le fondateur du réseau, car les plus riches peuvent venir aussi mais sont obligés de se déplacer dans des quartiers qu'ils ne connaissent pas. On limite tout de même à 30 % la part des plus aisés dans le dispositif ». Autrement dit, il s'agit aussi de favoriser la mixité sociale, grâce aux circuits courts puisque les petits producteurs partenaires doivent être à proximité et travailler dans la durée.

Véritable groupements d'achats

« Nous ne sommes pas arrivés en conquérants dans ces quartiers sensibles », se souvient Boris Tavernier. Nous avons appris à connaître les gens et...

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[DOSSIER - DEMOCRATIE ALIMENTAIRE] Terres de Lorraine : un projet territorial exemplaire

Créé le : 14/07/2020
Photo: Pixabay

Par Julien Dezécot

Associations, collectivités et producteurs se sont regroupés pour mettre en œuvre un accès digne et durable à une alimentation de qualité. Initié par ATD Quart monde, ce projet alimentaire territorial repose sur plusieurs piliers : « Le refus de l’aide alimentaire distributive comme solution pérenne aux situations d’insécurité alimentaire », souligne Huguette Boissonnat, militante de l’association qui a publié en 2016 l'ouvrage Se nourrir quand on est pauvre. Et « le souhait de la mise en œuvre du droit à l’alimentation en France », poursuit Magali Ramel, également engagée dans le réseau et juriste spécialisée dans le droit à l'alimentation. Pour elle, il s'agit de prendre en compte « l’objectif d’une alimentation digne et durable pour tous, ainsi que la valorisation du rôle social de l’alimentation, en reconnaissant toutes les personnes en situation de précarité comme des acteurs à part entière de la démarche ».

D'un travail collectif entre les acteurs du territoire est née une charte baptisée « De la dignité dans les assiettes », signée en 2019 par l'ensemble des partenaires, dont la Chambre d'Agriculture, les collectivités, les centres sociaux, les associations d'aide alimentaire et des agriculteurs. Cette démarche, récompensée par le ministère de l'Agriculture et de l'alimentation, a permis d'expérimenter sur Terres de Lorraine un panier d'aliments sains et locaux pour 57 euros par mois. Concrètement, 150 familles ont eu accès à des légumes de qualité à prix abordable, grâce à des achats groupés de surplus de production des producteurs locaux et à des dons. « Cette expérimentation s'est accompagnée d'une action par les militants du réseau ATD, en lien avec les collectivités. Pour mettre à disposition des familles des jardins et cultiver l'autonomie alimentaire ! »

Plus d'infos : https://www.atd-quartmonde.fr/

 

À Brest, le Cabas se démocratise !

Le Civam 29 - Centre d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural - s’est engagé dans le projet AcceCible, avec le centre social de Kéredern, l’un des quartiers populaires de Brest. À travers « le Cabas des champs », une forme de groupement d’achats solidaire, le centre social a souhaité renforcer les liens entre consommateurs et producteurs. Depuis 2016, les adhérents du Civam, les habitants du quartier de Kéredern, le centre social et l’association CLCV (Consommation logement et cadre de vie), travaillent ensemble à rendre accessible l’alimentation saine. Outre l’achat groupé de produits pour une centaine de consommateurs, l’action collective se traduit par une sensibilisation à cet enjeu sociétal majeur, notamment par des temps d'échanges conviviaux : repas-discussions et rencontres de terrain avec les producteurs.

Plus d'infos : www.civam29.org

Zéro déchet : un premier « drive tout nu » va ouvrir à Toulouse

Créé le : 18/07/2018
bocal de granola- Crédit : Drive tout nu

Un service de retrait de course sans emballages jetables ouvrira en septembre 2018, à Toulouse. A la croisée de deux concepts innovants, le Drive tout nu allie la facilité des courses au respect de la planète.

C'est une première en France.  Drive tout nu, entreprise toulousaine proposera bientôt un service de retrait de course zéro déchet. Celui-ci sera opérationnel dès septembre 2018, au nord de la ville rose. Les clients pourront venir y récupérer bocaux et autres bidons remplis de denrées alimentaires.

 Le principe est celui d’un drive classique , à l’exception de la phase essentielle qui consiste à ramener ses contenants vides afin qu’ils soient lavés et réintégrés dans la boucle. Pierre Géraud-Liria, cofondateur de l’entreprise avec sa compagne Salomé, rappelle qu’un Français produit en moyenne « 590 kilos de déchets par an » dont la moitié provient des emballages. Et, alors que « le coût du traitement des déchets s’élève à 7 milliards d’euros par an », la réutilisation de bocaux, boites ou bouteilles consommerait 4 fois moins d’énergie que le recyclage.

Cet ingénieur agronome, passé par l’industrie agroalimentaire avant de se lancer dans l’économie circulaire, se tourne en 2017 vers l’entreprenariat pour « changer le monde à petite échelle ».  L’initiative du drive zéro déchet intègre d'ailleurs le parcours entrepreneur de Ticket for Change, association qui accompagne l’éclosion d’innovations sociales.

Bon pour l’environnement et le porte-monnaie

« Le zéro déchet nécessite du temps et une certaine organisation », concède le jeune homme de 31 ans pour qui le temps passé à faire ses courses, le transport avec ses bocaux et leur nettoyage apparaissent contraignants. C’est pour faciliter la vie des personnes qui s'inscrivent dans cette démarche que Pierre Géraud-Liria a créé Drive tout nu.

En plus d’une ambition zéro déchet, Drive tout nu s’efforce de privilégier les circuits courts. 60 % des produits ménagers, alimentaires, cosmétiques sont issus  de moins de 100 kilomètres à la ronde. Le Lauragais, plaine fertile qui s'étend à l'Est de l'agglomération toulousaine,  produit céréales, pois cassés, pois chiches ou encore des lentilles,. De quoi éviter des émissions de CO2 tout en rémunérant des agriculteurs locaux.

Le couple fondateur espère très vite dupliquer son idée ailleurs dans la métropole toulousaine, en Occitanie, voire dans la France entière. Ils travaillent également à adapter des produits plus délicats au zéro déchet, tels la viande et le poisson frais. L’idée étant qu’à terme Drive tout nu puisse couvrir tous les besoins d’une famille. 

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