Climat

Paul Jorion : les conférences reportées au 4 et 5 décembre

Créé le : 18/09/2018
© Quentin Caffier

Pour des raisons indépendantes de notre volonté (santé de l'intervenant), les conférences de l'anthropologue Paul Jorion, qui devaient avoir lieu les 18 et 19 septembre à Montpellier puis Toulouse, sont reportées au 4 décembre (Montpellier) et au 5 décembre (Toulouse).

Pour patienter, retrouvez ci-dessous une interview de Paul Jorion réalisée par nos partenaires d'Actif Radio. L'essayiste Belge y est  alarmiste : il appelle à changer rapidement l'économie pour sauver le vivant à la surface de la planète. 

Malgré les reports des soirées du 18 et 19 septembre, leurs programmes restent inchangés. Rendez-vous :

-À Montpellier, le 4 décembre 2018, à partir de 18h30, bâtiment Pierresvives, 907 avenue du Professeur-Blayac. Suite à la conférence de Paul Jorion, une table-ronde réunira Dominique Sénécal, administrateur national et président régional de Biocoop ; Pierre-Emmanuel Valentin, membre du directoire de la Nef ; Delphine Vallade, enseignante-chercheur à l'université Paul-Valéry - Montpellier III, et Michel Dupoirieux, membre du Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) Occitanie. 


-À Toulouse, le 5 décembre 2018, à 19h (lieu à préciser). La conférence de Paul Jorion sera suivie d'une table-ronde avec Muriel Decout, directrice de l'Union régionale des Scop d'Occitanie ; François Bonvalet, directeur de Toulouse Business School ; Laurent Rodrigues, gérant d'Hygie Sphère, et un représentant du réseau Biocoop. À cette occasion, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, sera représentée par Marie Meunier, élue régionale déléguée à l’Économie sociale et solidaire.

Les deux conférences sont gratuites.

Ronan Dantec: "la gouvernance multi-acteurs est la seule possible."

Créé le : 16/09/2016
Ronan Dantec. Crédits photos: Nantes Métropole.

Par Climate Chance

Climate Chance, sommet mondial des acteurs du climat, a eu lieu à Nantes du 26 au 28 septembre. Pour l’occasion, Climate Chance a interviewé Ronan Dantec, conseiller municipal de Nantes, sénateur de Loire Atlantique, et porte-parole Climat CGLU, à propos de la gouvernance multi-acteur. 

Vous défendez la gouvernance multi-acteurs comme seul mode de gouvernance possible pour répondre au défi climatique. Pourquoi ?

Par sa nature et son ampleur, la lutte contre les changements climatiques est l’un des plus grands défis auxquels la communauté internationale a été confrontée. Pour atteindre l’objectif fixé dans les accords de Paris, il faut désormais passer de l’intention des Etats à la concrétisation des actions sur le terrain.

La question de la gouvernance devient alors fondamentale. Pour être efficace, la lutte contre le réchauffement climatique nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs concernés par les changements climatiques. L’approche de gouvernance traditionnelle, type top-down, utilisée sur d’autres enjeux ne peut pas convenir dans le cas de la lutte pour le climat.

Si les états doivent fournir le cadre législatif indispensable à l’action publique, on voit bien que c’est la société civile qui est en première ligne dans cette lutte, en agissant au quotidien pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre sur les territoires, ou dans les process industriels.

Je suis convaincu que la gouvernance multi-acteurs est la seule possible. En confrontant les Etats et les acteurs de la société civile, qui agissent sur le terrain, elle permet en effet de croiser en permanence les politiques publiques, verticales, et les dynamiques sectorielles, plus horizontales, et ce, à l’échelle infranationale et internationale.

Comment le Sommet Climate Chance peut-il répondre à cet enjeu ?

De grands pas ont d’ores et déjà été faits dans la reconnaissance du rôle des acteurs non étatiques dans la lutte pour le climat, mais ceux-ci doivent continuer de se fédérer et de se coordonner, en se dotant d’outils collectifs pour faire entendre leurs voix auprès des Etats.

Ce n’est pas toujours facile : il y a aussi des intérêts divergents entre les acteurs de la société civile, et rassembler ces acteurs autour d’objectifs communs impose un grand nombre de discussions et d’échanges. C’est justement pour leur offrir ce temps d’échanges et dialogue, en amont des COP, qu’a été imaginé Climate Chance. Premier sommet des acteurs non-étatiques engagés dans la lutte pour le climat, s’inscrivant dans l’agenda de l’action, Climate Chance a vocation à devenir un véritable point d’étape opérationnel de l’agenda climatique.

Ce sommet sera pour eux l’occasion de dessiner l’état de l’action à travers le monde, d’approfondir les échanges sur les réussites comme sur les difficultés et de favoriser la mutualisation des expériences et des innovations. Le renforcement de coalitions thématiques sur tous les grands sujets, avec une feuille de route 2016/2018, est aussi l’un des grands enjeux du Sommet. Climate Chance doit permettre ainsi de délivrer aux Etats les messages communs des acteurs non-étatiques, avec une déclaration commune qui sera présentée à Nantes, et de se mettre en position pour participer positivement à la réévaluation dès 2018 des contributions des Etats.

Vous avez souhaité créer une coalition dédiée à la gouvernance multi-acteurs. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

La question de la gouvernance est au cœur des enjeux climatiques. Pour aller encore plus loin et plus vite dans cette logique, il faut favoriser la mise en place de partenariats entre les acteurs dans l’ensemble des pays et territoires. Une coalition dédiée au développement de ces gouvernances multi-acteurs verra donc le jour lors de Climate Chance à Nantes, aux côtés des coalitions existantes, plus thématiques (transport, énergie, eau, etc.). Portée notamment par les acteurs européens, qui ont davantage l’expérience de ce type de gouvernance, et rassemblant des membres du monde entier, notamment canadiens et africains, elle aura pour objectif de promouvoir et accompagner la gouvernance multi-acteurs comme véritable cadre pour l’action en pensant la bataille pour le climat de manière globale.

 

Plus d'infos :

www.ronandantec.fr

www.climatechance2016.com/fr

[VIDEO] - Jean Jouzel : « Nous avons deux ans pour agir »

Créé le : 09/10/2018
Jean Jouzel, sur la scène de la Boiserie de Mazan (84), le 4 octobre dernier -FD

Le climatologue Jean Jouzel, ancien membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) était l'invité de Sans Transition !, pour donner une conférence exceptionnelle le 4 octobre dernier, à Mazan, dans le Vaucluse. Nous l'avons interrogé à propos du dernier rapport du Giec, paru lundi 8 octobre. Rapport particulièrement alarmant sur l'évolution du climat, si nous n'arrivons pas à rester sous la barre des 1,5°C de réchauffement par rapport à la période pré-industrielle...

 


Quelques témoignages de partenaires de la soirée de Mazan...

L’organisation de cette soirée n'aurait pas pu être possible sans le concours de nos nombreux partenaires. Nous donnons la parole ci-dessous à trois d'entre eux.

 

 

 

[Chronique] - Jean Jouzel – Un pacte pour « éviter le chaos climatique et financier »

Créé le : 26/09/2018
Jean-Jouzel

Il ne nous reste plus que deux ans pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre. C'est l'avis de nombreux scientifiques, dont Jean Jouzel, co-auteur avec Pierre Larrouturou, co-fondateur du mouvement politique Nouvelle Donne, de Pour éviter le chaos climatique et financier. Jean Jouzel donnera une conférence sur le changement climatique en Provence, le 4 octobre prochain, à Mazan, à l'invitation de Sans Transition !

1000 milliards pour le climat

Si le constat est peu réjouissant, les deux hommes estiment qu'il n'est pas trop tard. Leur idée : la mise en place d'un « Pacte-finance-climat européen » qui pourrait « diviser par 4 les émissions de CO², dégonfler la bulle financière et créer plus de 5 millions d’emplois ». De quoi, selon les auteurs, éviter la catastrophe climatique, mais aussi financière en investissant dans une économie vertueuse et réeelle. « Pour sauver les banques, on a mis 1 000 milliards. Pourquoi ne pas mettre 1 000 milliards pour sauver le climat ? », écrivent-ils. Nous en discuterons avec Jean-Jouzel, le 4 octobre prochain, à Mazan (84), dans le cadre de la conférence-débat que le climatologue donnera à l'invitation à de Sans Transition ! Provence.

À lire : Pour éviter le chaos climatique et financier, Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, Odile Jacob, 2017, 419 pages, 22 euros

 


"Et demain, quel climat pour la Provence ?" - La Conférence, en pratique 

- Entrée 9€ (ou 9 Roues à régler sur place) -  Entrée offerte pour toute souscription d'un abonnement à Sans Transition ! - 

Librairie, buvette, petite restauration en partenariat avec la Biocoop L'AUZONNE, à Carpentras et massages sur place.

Rejoignez l'événement Facebook

- Où acheter / réserver vos places ? (vivement conseillé) -  

Achetez vos places à partir de début septembre dans :

Informations et demandes spécifiques à : reservation@sans-transition-magazine.info / 09 73 53 36 87 .

Dominique Robin (AtmoSud) - « Air24 explore le futur de la qualité de l'air »

Créé le : 18/09/2018
© DR

Dominique Robin, directeur de l'association d'observation de la qualité de l'air AtmoSud, nous présente Air24. Cet événement exceptionnel était organisé à Aix-en-Provence, sur le campus de thecamp, le 18 septembre 2018. Objectif : mettre en lumière les solutions digitales pouvant contribuer à améliorer la qualité de l'air dans les territoires.

Plus d'infos : www.air24.tech

PLAN CLIMAT DE HULOT : ATTENTES ET INCERTITUDES DES ÉCOLOGISTES ET ONG

Créé le : 07/07/2017
Crédit : JD

Fermeture des centrales à charbon, fin des moteurs thermiques d'ici 2040, développement des énergies renouvelables ou encore rénovation thermique des bâtiments : les grandes orientations du Plan climat présenté jeudi 6 juillet par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, auraient de quoi séduire les défenseurs de l'environnement. Mais de nombreuses inquiétudes et incertitudes demeurent du côté des militants politiques et des ONG...

Dans un communiqué, Europe Ecologie Les Verts (EELV) se félicite d'ailleurs d'une « feuille de route » qui « reprend nombre de combats des écologistes ». Avant d'émettre des doutes :

« les questions du chiffrage financier, du financement et du calendrier de mise en place restent entières et constituent un flou inquiétant quand à la mise en actes de cette feuille de route. Que ce soit sur la réduction de la part du nucléaire, l’objectif de neutralité carbone, la contribution climat-énergie (taxe carbone) ou sur les grands projets inutiles et imposés, aucune modalité concrète n’a été avancée. Pas plus que le montant de la prime pour l’équipement en voitures moins polluantes. »

Concernant le nucléaire, EELV rappelle que :

« La Programmation pluriannuelle de l’énergie ne permettra manifestement pas de réduire la part du nucléaire » et regrette « le silence de Nicolas Hulot sur l’entêtement du gouvernement à construire l’EPR de Flamanville. »

De son côté, Greenpeace France indique sur son compte Facebook que :

« Le diagnostic est bon, le cap est intéressant, et des mesures emblématiques sont (enfin) reprises, comme l'interdiction de tout nouveau forage pétrolier ou l'arrêt de la déforestation importée. »

L'ONG déplore néanmoins des « oublis inquiétants » :

« Pas un mot sur la consommation de viande et de produits laitiers, aucune trajectoire précise de fermeture des réacteurs nucléaires, rien sur les traités de libre-échanges dangereux pour le climat (CETA, JEFTA) ou les grands projets anti-écolo comme NDDL. »

Avec d'autres ONG (350, Greenpeace, Oxfam, RAC), Greenpeace a d'ailleurs lancé un site et un hashtag (#MakeFranceGreenAgain) destiné à « mettre le président Macron devant ses contradictions en termes de climat ».

Pour Attac, « le plan climat de Nicolas Hulot comporte plusieurs failles majeures ». Le collectif altermondialiste regrette que :

« En écartant tout engagement pour une taxe européenne sur les transactions financières (TTF), le Plan climat entérine la priorité d’Emmanuel Macron consistant à satisfaire les exigences des acteurs bancaires et financiers au détriment de la régulation financière et de la mobilisation de ressources nouvelles pour financer la transition écologique et soutenir les populations pauvres de la planète. »

Attac critique aussi la poursuite de la négociation des accords de libre-échanges (CETA, TAFTA, JEFTA, etc.) qui, selon Aurélie Trouvé, porte-parole de l'organisation :

« contribuent à accroître les émissions de gaz à effet de serre, qui font peser de lourdes menaces sur les réglementations environnementales actuelles ainsi que sur la capacité des États à prendre de nouvelles mesures plus strictes à l’avenir, tout en donnant des droits excessifs aux entreprises multinationales, empêchant de sanctuariser les politiques climatiques des États et les engagements pris dans le cadre de l’ONU. »

Attac pointe également un objectif de neutralité carbone pour 2050 « imprécis ». Enfin, l'association insiste sur :

« L’importance des exigences sociales qui doivent accompagner toute politique de transition énergétique digne de ce nom, Attac déplore le grand écart de l’exécutif entre la nécessité de créer de nouveaux droits - via les contrats de transition - permettant de sécuriser l’avenir des salariés des secteurs concernés et l’attaque en règle en cours contre le droit du travail qui ne pourra que générer plus d’insécurité pour ces mêmes salariés. C’est là une des failles majeures du plan climat présenté par Nicolas Hulot : faire comme si les politiques de compétitivité économique, internes et externes, qui organisent la compétition généralisée et encouragent la dévastation des écosystèmes, étaient compatibles avec une politique climatique ambitieuse, ce qu’elles ne sont pas. »

Le Réseau Action Climat a quant à lui produit une analyse critique par entrée, en fonction des attentes qu'il avait formulées au mois de juin concernant des actions à mettre en oeuvre dans différents secteurs : agriculture, alimentation, fiscalité, rénovation énergétique, transports, énergie. Sur l'ensemble des points abordés, une couleur (rouge, orange ou vert) est attribuée au Plan climat. Nicolas Hulot reçoit ainsi cinq "rouges" (mauvais), quatre "oranges" (moyen) et quatre "verts" (bon). Le document est à retrouver ICI

Rapport de la Cour des comptes : Le Réseau Action Climat appelle à une transition vers une fiscalité écologique et juste

Créé le : 10/11/2016
Crédits : Pixabay

Par le Réseau Action Climat

La Cour des comptes souligne, dans un rapport publié le 8 novembre [1], le poids prépondérant des dépenses fiscales défavorables à l’environnement. Non seulement celles-ci sont largement supérieures aux dépenses fiscales favorables à l’environnement mais elles se sont accrues ces dernières années. Pour le Réseau Action Climat, le système fiscal a besoin d’être réformé en profondeur pour être mis en accord avec les objectifs de lutte contre les changements climatiques. En attendant, des mesures peuvent d’ores et déjà être adoptées dans le PLF2017.

L'Etat finance donc davantage la pollution que les solutions environnementales et climatiques via son système fiscal. Si on tient compte du différentiel de taxation entre le gazole et l’essence (6,11 Md€ en 2015 [2] , le total des dépenses fiscales défavorables au développement durable s’élève alors, selon la Cour des comptes, à 13 Md€ en 2015 [3], contre moins de 5 Md€ en faveur de l'environnement.  

C’est sans compter d’autres niches fiscales accordées à des secteurs très émetteurs de gaz à effet de serre comme le transport aérien qui bénéficie d’une exemption de taxe totale sur le carburant équivalant à 2,825 milliards d’euros en 2015 [4]. Bénéficiant avant tout aux personnes les plus aisées [5] et contraire au principe de pollueur-payeur, cette niche fiscale est une aberration. 

Pour le Réseau Action Climat, les niches fiscales défavorables à l’environnement doivent être supprimées pour mettre le système fiscal en cohérence avec la loi de transition énergétique et l’Accord de Paris sur le climat. Afin d’anticiper les impacts sur les acteurs et les secteurs concernés et d’accompagner cette transition, un échéancier doit être programmé au plus tôt.  

Enfin, il est encore temps pour le gouvernement et les parlementaires de laisser un bilan plus honorable sur la fiscalité écologique en rectifiant le tir dans la loi de finance 2017. Le Réseau Action Climat préconise la poursuite du rattrapage fiscal entre le diesel et l’essence en augmentant la TICPE sur le gazole et l’accélération de la trajectoire de la composante carbone.  

Afin de mettre ces mesures au service d’une transition écologique plus juste, les recettes de la fiscalité écologique devront bénéficier aux ménages en premier lieu : directement pour les personnes en situation de précarité énergétique, au travers d’investissements dans les alternatives au transport routier individuel, bonnes pour la santé et le climat (transports en commun, projets pour rendre les territoires cyclables).

Plus d'infos :

www.rac-f.org 

[1] Lien vers le rapport : Cour des comptes, L’efficience des dépenses fiscales relatives au développement durable, 9 novembre 2016. http://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/L-efficience-des-depenses-fiscales-relatives-au-developpement-durable

[2] Calculé en comparant les taux de 62,41 €/hl de taxe intérieure de consommation pour les supercarburants, et de 46,82 €/hl pour le gazole et en utilisant les consommations annuelles de carburant (données DGDDI, 2015).

[3] La Cour des comptes a estimé à 11,87 Milliards d’euros (Md€) le total des dépenses fiscales en 2015. Alors que les dépenses fiscales favorables à l’environnement s’élèvent à 4, 973 Md€ en 2015, les dépenses fiscales défavorables à l’environnement s’élèvent à 6,90Md€. Ce montant a augmenté de 51,9% entre 2010 et 2015.

[4] L’avantage fiscal bénéficiant au transport aérien s’élève à 2 825 M€ en 2015, selon le rapport de la Cour des comptes.

[5] Parmi les ménages dont le niveau de vie est le plus faible, moins d’un quart a pris l’avion au cours de l’année écoulée. Chez les ménages dont le niveau de vie est le plus élevé, cette proportion atteint 49 % Source : Commissariat général au développement durable CGDD - Les Français et la mobilité durable - Septembre 2016.

Jean-Louis Etienne : engagé dans l'aventure

Créé le : 26/09/2016
Jean-Louis Etienne, explorateur-écologiste, donnera une conférence, le 11 octobre prochain, à Brest. Un événement organisé par Harmonie mutuelle et Sans Transition ! Crédits : FD/LRMP

Sans Transition !, Harmonie Mutuelle et l'Université de Bretagne Occidentale ont l'honneur de recevoir, Jean-Louis Etienne, le 11 octobre prochain, à Brest, pour une conférence exceptionnelle. Au programme : l'engagement personnel et le réchauffement climatique. Voici notre portrait de cet aventurier "persévérant". 

Médecin, spécialiste en nutrition et biologie du sport, cet ancien directeur de l’Institut Océanographique a participé à de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie... En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire. Rencontre avec ce grand explorateur qui, à 69 ans, tente toujours de « rallumer l'espoir ».

Sa voix est rassurante, sa présence réconfortante. Mais lors de ses conférences, Jean-Louis Etienne n'hésite pas à interpeller la foule, pour inciter à l'engagement en faveur de la préservation de la planète. Mais aussi à l'engagement citoyen, pour changer la donne, en impulsant des initiatives positives. Son credo fait écho à sa propre expérience, par « le dépassement de soi ». Comme l'illustre le titre de son dernier ouvrage : « Persévérer », paru aux éditions Broché en 2015.

Jean-Louis Etienne n'a de cesse de rappeler ce qui se déroule sur le cercle polaire. « L'Antarctique est en train de changer de couleur, rapporte-t-il. Avant, son océan était recouvert par la glace durant la grande majorité du temps et il se teintait de blanc. Désormais, la neige arrive plus tard, repart plus tôt. Par conséquent, la banquise se réduit », détaille ce scientifique aguerri. Et Jean-Louis Etienne d'ajouter : « Sur les pôles, on assiste à une accélération du réchauffement climatique, avec une hausse moyenne qui a atteint jusqu’à 4°C en 60 ans ! ». C’est le fameux phénomène d’emballement climatique, scénario du pire à éviter à l'échelle planétaire.

Objectif Polarpode

Tourneur-fraiseur de formation, le parcours de Jean-Louis Etienne incarne cette détermination, tel le jour où il décide de devenir médecin. Il réussira alors à lever les obstacles pour y parvenir. Avant de changer de voie quelques années plus tard, pour participer à des expéditions hors-du-commun, en ballon, en chien de traîneau, en bateau... Dernier projet en date, Polarpode, vaisseau flottant de 125 mètres de hauteur, capable de dériver durant des mois à la même latitude que le Cap Horn. « Cette plate-forme de 720 tonnes est dimensionnée pour affronter les plus grosses vagues de cette zone méconnue du globe », explique Jean-louis Etienne. Une aventure de plus pour celui qui a réalisé en 1990 la plus longue traversée de l'Antarctique en traîneau à chiens, l'une des expéditions qui le rendra célèbre dans le monde entier.

Expédition parentale

Durant ses nombreuses expéditions il se retrouve souvent seul dans un environnement qui appelle l'introspection. Il raconte que l'un des moments les plus intenses de ses expéditions polaires fut lorsque la chaleur de son corps a permis à son baladeur de fonctionner malgré le froid, pour lui permettre d'écouter de la musique classique. « Une telle émotion m'a chamboulé, c'était une indescriptible intensité après des semaines de silence, j'ai pu alors reprendre contact avec le monde », exprime-t-il. Dernière grande émotion en date ? Devenir le père de deux jeunes enfants, Eliot et Ulysse, âgés respectivement de 12 et 14 ans. Voilà notamment ce qu'il aimerait leur transmettre. « Les enfants ont réussi à perturber ma routine, renchérit-il. Grâce à eux, je me rends compte qu'il ne faut pas oublier de donner. » Des générations futures qui, peut-être, inverseront les pôles du changement climatique en cours...

A lire :

Persévérer, Jean-Louis Etienne, Editions Paulsen, 2015, 215p. 22 euros

 

 

Marseille : un congrès national pour le bâtiment durable

Créé le : 09/09/2016
La Boiserie, à Mazan (84), salle de spectacle construite en bois du Ventoux et isolation paille. Crédit : FD

Du 14 au 16 septembre 2016, à la Villa Méditerranée à Marseille, se tient le 5ème congrès national du bâtiment durable. Rencontre avec Daniel Faure, organisateur de l'édition 2016 avec le réseau Inter-Clusters, et ancien directeur d’EnvirobatBDM, rassemblement de professionnels de la construction. 

Pourquoi avoir organisé un congrès national à Marseille ?

Il ne s’agit pas de la première édition du congrès en région. Chaque année, nous organisons la congrès dans un lieu différent. Il peut faire très chaud dans la région de Marseille. Il était alors normal pour nous de parler de l’adaptation climatique des bâtiments. L’idée est d’arriver à construire en PACA des bâtiments confortables sans dépenser d’énergie. Il faut prendre ce congrès comme une formation à très haut niveau pour les professionnels et à très bas prix (180€ par jour) grâce à l’aide de l’Ademe et de la région PACA

Quels sont les événements importants lors de ces trois jours de congrès ? 

Sur 3 jours, nous avons plus de 50 événements. Cette année, il y a près de 400 personnes qui se sont inscrites. Emmanuelle COSSE, Ministre du Logement et de l'Habitat Durable, et la région se déplacent à notre congrès. Les politiques ont compris qu’ils fallaient s’appuyer sur les professionnels qui veulent vraiment changer quelque chose. Nous travaillons déjà avec le gouvernement. Maintenant, les professionnels sont beaucoup plus écoutés depuis quelques mois déjà. L’état recommence à reconnaître notre travail. Le changement climatique est une urgence. C’est pour cela que chaque présentation est issue de l’expérience et non de la théorie. Ce sont des bâtiments déjà construits, sur lesquels on a eu des retours sur leur confort et leur fiabilité. Il s’agit de pratiquer un urbanisme plus vert.

Le congrès porte sur les différences de température, mais n’y-a-t-il pas d’autres problèmatiques ou thèmes à aborder ?

Pendant toute l’année, nous organisons entre 20 et 30 manifestations sur d’autres thèmes que la température, dans toute la France. Mais là, on a voulu toucher du doigt un sujet très préoccupant : comment réaliser des bâtiments confortables et économiques. Les professionnels ont pris du retard. A une époque, on construisait selon le territoire. Après, on a plus pensé au confort et à la technologie. Maintenant, on pense une meilleure construction selon l'imbrication de plusieurs facteurs : le climat, le territoire, l’architecture et en dernier lieu, la technologie. Le bâtiment sera plus efficace selon la prise en compte de la position du soleil et des changements de température de la région. Mais aussi s’il est fiable au niveau de sa construction. La technologie passe en dernier, car il faut d’abord qu’une fenêtre soit bien orientée et bien posée avant d'envisager de la fermer électroniquement.

Plus d’infos :

www.envirobat-med.net

www.reseaubeep.fr

www.congresbatimentdurable.com

www.interclusters.fr

www.ademe.fr

www.regionpaca.fr

www.gouvernement.fr/ministre/emmanuelle-cosse

Climat : « Pour peser, la France doit être exemplaire… »

Créé le : 28/04/2016
Photographie de Benoît Hartmann en novembre 2015 lors de la COP 21

Au lendemain de cette nouvelle conférence environnementale qui s'est achevée mardi, près de 5 mois après la Cop 21, quel bilan de l'action française contre le changement climatique ? Entretien avec Benoît Hartmann, porte-parole du réseau France Nature environnement, fédération qui regroupe près de 3000 associations environnementales dans l'Hexagone.

Quel bilan tirez-vous de l'action française en matière de lutte contre le changement climatique, 5 mois après l'accord de Paris ?

J'ai retenu de cette conférence un grand élan climatique tant national qu'international, visant à faire de la France un leader pour la lutte contre le changement climatique. Et la signature récente par les chefs d’États de l'Accord de Paris, avant sa ratification par chaque pays, montre l'ampleur de cette dynamique historique. En outre, quelques bonnes nouvelles ont été affirmées dans cette grande messe de l'écologie, comme par exemple un véritable plan pluriannuel de l'énergie, qui intégrerait tant les énergies renouvelables que la programmation du nucléaire. Et donc la fermeture potentielles de centrales nucléaires, en parallèle d'un développement des renouvelables, comme envisagé dans le cadre de la loi de Transition énergétique. Autre point positif : la France continue en ce moment de soutenir un prix du carbone élevé et affirme une position allante sur les positions climatiques. Mais dans le même temps, paradoxalement, on oublie qu'il faudrait faire d'abord faire des économies d'énergies. Car la France en consomme bien trop… Ce sujet passe au second plan des discussions. Pour la Cop 21 comme pour chaque conférence environnementale, nous avons eu l'impression que le Président de la République avait intégré les enjeux climatiques mais que les actes ont du mal à suivre.

Car regardons les faits post-COP21 : le budget de l'Ecologie n'a fait que baisser depuis le début de la mandature, la taxe carbone prônée par Nicolas Hulot n'a pas été réalisée, les économies d'énergie restent peu effectives comparé à nos voisins européens. Or si l'on considère que l'écologie est un investissement, alors il convient d'y mettre les moyens. Pour l'instant, nous avons l'impression que c'est toujours un coût qu'il convient de réduire. 

Néanmoins, le succès de la COP21 n'a-t-il pas permis d'impulser une nouvelle dynamique ?

L'ambition affichée est très bonne mais la France ne pèse que 3 % des émissions mondiales. Le seul moyen de faire la différence c'est d'accompagner le mouvement à l'échelle européenne… Pour peser dans les négociations, la France doit être exemplaire… Elle ne l'est pa en faisant l'aéroport de Notre-Dame-Des-Lande ou en poursuivant la défiscalisation sur les hydrocarbures utilisés par les transporteurs... De plus, le retard français s'accumule sur les économies d'énergie dans l'habitat, dans les transports en commun, les renouvelables... Le climat fut pourtant le sujet de l’année 2015, avec la COP 21 à Paris en décembre dernier. Ce fut un succès diplomatique incontestable. Mais la France est-elle réellement exemplaire ? La loi de transition énergétique, promise lors de la première Conférence environnementale (2012), a fixé de bons objectifs. Mais sa mise en œuvre s’avère laborieuse, notamment sur le volet nucléaire. Les décrets d’application de son volet « rénovation des bâtiments », pourtant le plus ambitieux, se révèlent également décevants, faute d’avoir fixé le niveau de performance de rénovation à atteindre. L'Etat a récemment recapitaliser d'EDF, suite aux aléas d'Areva. Mais il n'est pas en mesure de trouver des fonds pour mettre en placeun grand plan en faveur des énergies renouvelables… Bien au contraire. L'investissement d'EDFdans ce domaine reste epsilon comparé à celui lié au nucléaire. Et le futur coût du démantèlement des centrales risque de grever encore un peu plus ce budget. Malgré ce contexte, tous les opérateurs ont encore une d'énormes économies d'énergie à mettre en œuvre, à la fois dans les renouvelables, le bâtiment ou dans les transports. C'est un véritable levier d'espoir. Car cette politique passéiste de l'offre a bel et bien ses limites, à l'heure où les autres pays européens baissent significativement leur consommation… Dernier point, non des moindres : la production d'électricité en continu nous contraint de disposer d'une énergie abondante le jour, revendu peu cher à nos voisins, mais d'en manquer aux heures de pointe. En conséquence, nous achetons de l'électricité à prix d'or à nos voisins qui investissent dans le stockage d'énergie que nous produisons... 

Quant à l'avancée du traité de Paris, lors de la Cop21, êtes-vous optimiste pour la ratification par les États de cet accord ?

198 pays ont participé. Jamais une COP n'a réuni autant de pays. Certes, la ratification pays par pays va prendre du temps. Mais je pense que d'ici la fin de l'année, tout au plus, la majorité l'aura signé. Si c'était le cas, jamais un accord n'aurait été si vite signé. Souvenez-vous de celui de Nagoya, sur la biodiversité, qui a mis 10 ans à être ratifié. Pour que ce texte soit validé, 55 pays représentant 55 % des émissions globales doivent le signer.  Mais ce qui nous inquiète, c'est que la France se retrouve en queue de peloton. Au niveau mondial, c'est bien l'UE qui négocie et non la France. L'Europe reste malgré tout exemplaire. Allemagne, Espagne, pays du Nord sont déjà bien en avance. Et cette nouvelle conférence environnementale risque malheureusement de ne pas changer la donne. On attend que l'ambition se transforme en actes, notamment dans le prochain budget, pour une écologie d'investissements à venir ! 

 


A lire : 

S'engager pour un monde meilleur, 10 propositions à votre portée. Publié en avril dernier chez Flammarion, ce livre a été rédigé par le journaliste Frederic Denhez suite à ses échanges avec les bénévoles et salariés de France Nature Environnement. L'ouvrage comprend une préface de Jean Jouzel, glaciologue et prix Nobel de la Paix et une postface de Denez L'Hostis, président de France Nature Environnement. 12€, dont 2.40€ reversés à France Nature Environnement lors des achats en ligne. 


 

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