INTERVIEW - Nicole Briend : « Il faut arrêter l'évasion fiscale ! »

Créé le : 07/06/2018

Militante d'Attac, Nicole Briend est appelée à la barre ce jour au Tribunal de Carpentras. Elle va expliquer pourquoi elle et les autres militants d'Attac ont emprunté des chaises à l'Agence BNP de Carpentras en 2016 et pourquoi elle n'a pas accepté que la police relève ses empreintes. Interview d'une militante qui dénonce l'évasion fiscale, dossier de UNE de notre dernière revue !

Lors de votre dernière comparution il y a 4 mois à la barre, le procès n'a pas pu avoir lieu, faute de suffisamment de juges présents (1 seul était présent alors qu'il en fallait 3 pour les chefs d'accusation qui vous sont reprochées, comme le refus de relevé d'empreintes digitales). Est-ce une nouvelle occasion pour vous et pour l'association Attac, de faire le procès de l'évasion fiscale ?

En effet, l'évasion fiscale se poursuit sous nos yeux. Nous l'avons récemment démontré avec Apple puisque dans notre récente action « Apple contre Attac », la justice a reconnu que notre action poursuivait des motivations « d'intérêt général ». Nous sommes dans ce même combat avec ces chaises que nous avons empruntées à l'agence BNP Paribas de Carpentras en 2016, pour signifier par une action de non violence, que cette banque (comme d'autres d'ailleurs), ne respectait pas toutes les règles du jeu et participait à cette dynamique de l'évasion fiscale.

Outre votre action d'intérêt général comme Apple, apportez-vous de nouveaux éléments dans ce procès de l'évasion fiscale ?

Le témoignage de la salariée de la BNP qui nous a ouvert les portes de la banque en 2016 sera un nouvel élément important de ce procès. Elle va pouvoir expliquer en quoi notre action était bel et bien non violente. Et aussi que ces chaises étaient promises… au rebus ! En quelle que sorte nous avons débarrassé la banque de ses déchets. Quant au témoignage de la porte-parole d'Attac, Aurélie Trouvé, il sera étayé de nouvelles jurisprudences, suite à l'action contre Apple notamment.

Qu'espérez-vous de ce procès ?

D'abord la relaxe, bien entendu. Mais également que la justice acte le « 2 poids / 2 mesures » dans lequel nous vivons. Avec d'un côté des citoyen-e-s comme moi qui s'ils sont « hors-la-loi » doivent se rendre à un procès. Et de l'autre, des entreprises « hors-la-loi », qui organisent l'évasion fiscale, un manque à gagner criand d'impôts pour l’État que les contribuables devront ensuite combler. Eux, peuvent négocier avec Bercy des arrangements, négocier des pénalités comme on le voit récemment avec la Société Générale qui va payer 1 milliard d'euros pour solder un « litige » sans même avoir besoin de plaider coupable, comme c'est le cas par ailleurs aux États-Unis.

Partager