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[ SOCIÉTÉ ] Les élus bretons appelés à agir pour une Bretagne résiliente

Créé le : 05/06/2020

Interpeller et impliquer les élus bretons pour orienter dès maintenant les aides publiques vers les enjeux climatiques, écologiques et sociaux. C’est le message de la lettre que vient d’adresser à tous les élus bretons le collectif pour une Bretagne résiliente, solidaire et vivante face aux crises.

Extrait du Télégramme, du 04 mai 2020 :

À l’origine de cette démarche commune, on trouve l’initiative de Fédération Bretagne Nature Environnement (FBNE), Réseau Bretagne Solidaire, Pacte Finance Climat Bretagne et le Réseau Cohérence, à laquelle se sont greffées plus de 200 personnalités, associations, entreprises, syndicats et citoyens1.

« Les crises s’enchevêtrent et se cumulent, il faut donc agir de manière transversale, dans un esprit de coopération des territoires », a résumé hier Carole Le Béchec, présidente du Réseau Cohérence, appelant les élus à accélérer les moteurs de transformation à l’occasion de la sortie de la crise sanitaire liée au Covid 19.

Jean Jouzel lors d'une de ses conférences. Photo : Sans transition !

Le climatologue Jean Jouzel en a profité pour rappeler l’urgence du contexte climatique à l’échelle mondiale. «2020 est une année charnière, si l’on veut avoir des chances de pouvoir respecter les objectifs de limitation du réchauffement climatique ». « Actuellement, nous émettons 54 milliards de tonnes d’équivalent CO2. Si on ne fait rien, on pourrait être confrontés à un réchauffement de 4 à 5 °C d’ici à la fin du siècle, expose-t-il. En France, pour respecter la loi climat énergie qui prévoit une réduction de 40 % de nos émissions, il faudrait ajouter 20 milliards d’euros supplémentaires chaque année d’ici à 2030. C’est précisément le montant des sommes qui sont actuellement engagées chaque semaine pour sortir de cette crise », a souligné le Prix Nobel de la paix.

1Pour une Bretagne résiliente, solidaire et vivante face aux crises, article paru sur www.sans-transition-magazine.info le 02.05.2020

[ ALAIN CAILLÉ ] « Le convivialisme, s’opposer sans se massacrer »

Créé le : 30/04/2020
Alain Caillé. Crédit Photo : DR

Alain Caillé est sociologue, professeur émérite de l’Université Paris Ouest Nanterre, fondateur et directeur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales). Auteur du Manifeste convivialiste, qui tend à donner des pistes concrètes sur l’art de vivre ensemble à l’échelle de l’humanité, il nous accorde un entretien, alors que le Second manifeste convivialiste, qui vient d’être publié, est désormais signé par 300 intellectuels du monde entier.

Sociologue et catalyseur du convivialisme, philosophie qui encourage à prendre soin des autres mais aussi de l’environnement, Alain Caillé nous livre une interview à l’occasion de la sortie d’un Second manifeste convivialiste. Il nous invite, face à l’urgence, à réapprendre à vivre ensemble dans un monde en crise et en perte de sens qu’il faut réinventer.

Quelle définition simple pourrait-on donner au convivialisme ?

C’est une philosophie de la convivance, terme accepté par l’Académie française, un art de vivre ensemble en s’opposant, mais sans se massacrer et en prenant soin de la nature. La formulation « sans se massacrer » apparaît dans l’essai de Marcel Mauss(1), daté de 1925, au sujet de ce qu’il appelle la triple obligation de donner, recevoir et rendre. C’est à travers le don qu’on fait alliance et qu’on fabrique des sociétés. Mais sa conclusion est qu’il faut que les hommes apprennent à s’opposer sans se massacrer, et à se donner sans se sacrifier. Cette définition gomme un peu le côté gentillet qu’on peut trouver dans le mot convivial – on n’a pas trouvé de meilleur nom ! Tout l’enjeu de l’art de vivre ensemble consiste à gérer les oppositions de façon à ce qu’elles deviennent créatrices, fécondes, et non pas destructrices.

Pourquoi avoir écrit un second manifeste ?

Trop de questions théoriques et pratiques restaient à peine effleurées dans le premier. La question du rapport à la nature n’était pas suffisamment développée, celle du rapport à la démocratie n’était même pas évoquée. En effet, il allait de soi en 2013, lors de l’écriture du 1er manifeste, que le convivialisme était démocratique. Il fallait davantage développer l’idée d’un « pluri universalisme », c’est-à-dire l’idée que l’universalisme est pluriel, comme aujourd’hui le rapport entre les différentes religions, cultures, civilisations paraît fondamental. Il fallait aussi entrer dans le détail des mesures politiques pratiques qui étaient proposées, et à peine esquissées dans le 1er manifeste. Surtout, il fallait que le convivialisme devienne international. Les signataires du 1er manifeste, une soixantaine, étaient tous francophones et majoritairement français. Le second est signé par près de 300 personnalités internationales, de 33 pays différents.

Quel est le profil des signataires ?

Ce sont principalement des personnalités intellectuelles et académiques, des philosophes, historiens, économistes, et quelques personnalités militantes, des écrivains et des artistes. Il n’y a pas de personnalités directement politiques. Il nous a semblé important de ne pas apparaître liés à tel ou tel parti politique. Une des forces du convivialisme, c’est qu’y adhèrent des gens d’origines idéologique et politique extraordinairement variées, de la gauche des gauches au centre droit. Cela permet de montrer que face aux urgences actuelles – climatique, environnementale, sociale mais aussi économique et politique, quand on voit que les équilibres démocratiques sont en train de s’écrouler un peu partout, du Brésil à la Turquie, en Europe de l’Est ou même aux Etats-Unis à certains égards, – il y a urgence à se mettre d’accord sur quelques principes fondamentaux par-delà les divergentes trajectoires idéologico-politiques des uns et des autres.

Justement, face à l’urgence, le chemin à parcourir pour instaurer le convivialisme n’est-t-il pas trop long ?

C’est tout le problème en effet. Mais ce qui est encourageant, c’est de voir des gens très différents se retrouver malgré tout sur un certain nombre de principes communs : notamment autour du constat de l’inefficacité de la plupart des luttes actuelles contre les principales sources de dérèglement du monde. Le consensus porte sur le fait que le facteur principal du dérèglement du monde est la domination, depuis 30 ou 40 ans à l’échelle mondiale, d’un capitalisme rentier et spéculatif, dont l’idéologie est le néolibéralisme. Les milliers d’initiatives qui existent pour vivre dans un monde plus convivial, plus écologique, ne font pas le poids face à cela. Le constat qui justifie l’existence du convivialime est que nous sommes idéologiquement démunis. Nous partageons tous des restes des grandes idéologies politiques du passé (libéralisme, socialisme, communisme, anarchisme…) mais tout cela n’est pas à la hauteur de l’époque. Nous avons besoin d’un fonds doctrinal commun à opposer au néo libéralisme, c’est-à-dire un ensemble de valeurs explicitées auxquelles on pourrait se référer. Cet accord idéologique est le préalable à des changements politiques véritablement significatifs.

« Le constat qui justifie l’existence du convivialime est que nous sommes idéologiquement démunis ». Alain Caillé

 

L’effondrement est-il inexorable ou avons-nous encore une chance de mettre en œuvre des changements significatifs ?

L’espoir est bien d’y échapper ! Parmi les signataires du second manifeste, il y a notamment Pablo Servigne (théoricien de la collapsologie –ndlr). Pour lui l’effondrement est inéluctable, mais en signant, c’est une façon de dire que malgré tout, si on a la possibilité d’agir, il faut le faire.

Dans le Manifeste convivialiste, vous fustigez l’hubris, cette propension de l’être humain à être violent et son incapacité chronique à coopérer. Peut-on espérer changer la nature humaine au point d’effacer ce trait ?

On ne peut pas changer la nature humaine, simplement elle est plastique. Elle est tiraillée en permanence entre une aspiration à faire le bien ou au contraire le mal. Dans le manifeste, le projecteur est braqué sur ce problème central qui à mon sens est le celui de l’humanité depuis ses débuts. C’est la propension de l’espèce humaine à vouloir toujours plus, à être perpétuellement insatisfaite et à basculer dans un désir de toute-puissance. Ce désir a été en partie conjuré à travers l’Histoire par des régulations religieuses, éthiques, politiques ou morales, mais aussi freiné par l’absence des moyens techniques dont on dispose aujourd’hui, qui lui donnent des proportions quasiment apocalyptiques. Il nous faut retrouver des valeurs centrales auxquelles tout le monde puisse se référer, qui sont des valeurs de survie et de coexistence. Pour le dire simplement, il faut refonder une vraie moralité publique. Il y a eu une perte du sens du bien commun, et il est urgentissime de le retrouver.

En quoi l’hubris est-il lié au néo-libéralisme ?

Le néo-libéralisme est l’ennemi déclaré. Nous en proposons une caractérisation assez précise au début du manifeste qui repose sur six allégations : la société n’existe pas, seuls existent des individus ; la soif du profit est une bonne chose ; plus les riches seront riches et mieux ce sera ; le seul mode de coordination efficace et légitime entre les humains est le marché financier ; il n’y a pas de limite (toujours plus veut dire toujours mieux) ; enfin, il n’y a pas d’alternative. Il s’agit des propositions de Margaret Thatcher. Aucune ne tient debout ni théoriquement ni empiriquement, et pourtant cela forme l’ensemble du discours qui domine le monde depuis plus de trente ans et auquel on ne sait pas s’opposer. Le convivialisme réfute donc ce capitalisme rentier et spéculatif qui est un capitalisme dérégulé.

Comment faire adhérer le plus de monde au convivialisme, convaincre toutes les franges de la population, y compris les plus démunis ?

Il y a urgence à montrer concrètement, avec un texte d’une autre nature que ce manifeste, ce que la grande majorité de la population aurait à gagner au convivialisme. On voit bien que la mondialisation profite environ à 10 % de la population, et à seulement 1 pour 1000 de manière vertigineuse. Il faudrait donc expliquer cela à des catégories de la population qui l’ignorent très largement, c’est-à-dire en France aux gilets jaunes, aux gens de la France périphérique, du monde rural en déshérence, mais aussi aux salariés notamment de la fonction publique, aux gens des cités, aux cadres supérieurs de bonne volonté citoyenne...

Presque tous les partis politiques pensent résoudre les problèmes avec toujours plus de croissance et d’argent. Or, nous sommes confrontés à une stagnation séculaire de la croissance : ses forts taux ne reviendront pas, et de toute façon c’est insoutenable écologiquement. Il faut donc inventer tout un art de vivre. La question fondamentale qui demeure est comment, sans davantage d’argent, pourrait-on mieux enseigner à l’école, mieux soigner à l’hôpital, avoir une justice plus efficace, des prisons qui ne fabriqueraient pas des délinquants ? Nous devons convaincre la majorité de se dire convivialiste, ne serait-ce que pour devenir le symbole d’un espoir.

Quelle réponse le convivialisme peut-il apporter à la crise sanitaire,  sociale et économique causée par le covid-19 ?

Il est un peu tôt pour vous répondre. L'avenir proche est encore très incertain. Mais il est peu douteux que le monde de l'après-Coronavirus devra être moins inégalitaire, plus solidaire, plus convivialiste, donc. Cela passera par l'instauration d'un revenu universel, dont de premières formes risquent d'être expérimentées assez prochainement avec une distribution possible de « monnaie hélicoptère », de l'argent versé directement sur le comptes des citoyens, et notamment les plus démunis.

  1. Marcel Mauss, Essai sur le don. Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques, PUF, coll. « Quadrige Grands textes », 2007, 248 p.

 

> À lire : Second Manifeste Convivialiste, Actes Sud, février 2020, 9,80 euros.

> Plus d’infos : http://convivialisme.org/

[ PÉTITION ] Des associations et ONG appellent à préparer "le jour d'après"

Créé le : 07/04/2020
Photos : Orna Wachman/Pixabay

Jusqu'au mardi 7 avril, 15 associations et syndicats, dont la FSU, lancent une pétition pour un "Jour d'Après écologique, féministe et social". Cette pétition est issue de la tribune "Plus jamais ça, préparons le jour d'après".

Les 15 organisations* souhaitent faire entendre leur voix pour défendre des mesures sociales, environnementales et féministes dans le but de "construire le monde d'après". Selon elles, il est vital de repenser et reconstruire un système qui ne mène qu’à l’impasse, preuve en est aujourd'hui. Une impasse sanitaire, mais aussi sociale et climatique, contre laquelle ces associations et ONG luttent depuis des années.

Cette crise sanitaire représenterait pour elles une "opportunité historique", celle de remettre à plat d’un "système injuste, climaticide et sexiste".

 * Liste des associations : Action Non-Violente COP 21, Alternatiba, les Amis de la Terre France, Attac France, CCFD Terre Solidaire, Confédération paysanne, CGT, Convergence nationale des Services Publics, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Greenpeace France, Oxfam France, Reclaim Finance, Union syndicale Solidaires, 350.org

> Plus d'infos.

[ "PLUS JAMAIS CA !" ] 18 responsables d’organisations appellent à préparer « le jour d’après »

Créé le : 27/03/2020

« Plus jamais ça ! Préparons le "jour d’après" », 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

Ces organisations lancent un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes [...] pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

Les signataires de cette tribune :

  • Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
  • Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France
  • Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
  • Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
  • Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
  • Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
  • Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
  • Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
  • Clémence Dubois, responsable France de 350.org
  • Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP 21
  • Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba
  • Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
  • Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
  • Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
  • Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
  • Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
  • Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
  • Héloïse Moreau, présidente de l’UNL

> Plus d'infos

 

[ CONFINEMENT ] Sans transition ! prend soin de vous

Créé le : 20/03/2020

Pour rendre cette situation de confinement moins oppressante, Sans transition! vous propose un peu de lecture ! Nous vous avons concocté une sélection d'articles en libre accès. Bonne lecture !

L'équipe a choisi des articles relevant de thèmes adaptés à ce contexte si particulier. Vous trouverez de quoi vous informer, vous creuser les méninges et surtout, de quoi vous faire du bien !

 

> GILLES CLÉMENT :  " Nous appartenons à la Nature et nous en dépendons ! ".

Pour ce jardinier paysagiste et philosophe, il faut cesser de concevoir la nature comme une altérité, et accepter d’en faire intimement partie. Notre avenir en dépend ! Entretien.

> ÉCOLOGIE : Un revenu universel pour sortir du productivisme ?

Produire moins permettrait de réduire la production de CO2. Mais comment faire pour que la baisse de la production n’appauvrisse pas davantage les plus pauvres ? À cette question certains répondent : « revenu universel ».

> LA SÉLÉCTION DE NOS LIBRAIRES : Renaissance écologique, 24 chantiers pour le monde de demain de Julien Dossier

Interloqués ou révoltés, pragmatiques ou rêveurs, lanceurs d’alerte, poètes ou romanciers, des auteurs, sélectionnés par des libraires qui diffusent Sans transition !, manient la plume et l’encre pour dire leurs convictions en termes d’écologie et d’humanisme.

> LOW TECH : Des technologies de transition

Les low-tech — technologies simples, solides et sobres en énergie — proposent de répondre à une multitude de nos besoins de base, tout en réduisant nos impacts environnementaux.

> LA RUÉE VERS L'ORGE : La Berlue, apporter sa bière à l'édifice

Située à Gaillac dans le Tarn, la microbrasserie la Berlue tente de se faire une place dans la région, tout en conciliant son artisanat avec le choix d’une économie circulaire et le respect de l’environnement.

> SANTÉ & HUILES ESSENTIELLES : Comment faire les bons choix ?

Leur succès commercial qui cache parfois un manque d’informations et de conseils sur des produits vendus librement.

> EDGAR MORIN : " Tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique doit être mis en œuvre ! "

Cet ancien résistant, témoin du Front populaire, reste habité par la lutte pour les progrès sociaux et écologiques. Du haut de ses 97 ans, il demeure un observateur averti de la vie politique. Rencontre.

> CARBURANTS : Quelles alternatives aux carburants fossiles ?

Agrocarburant, bioGNV, hydrogène... Des alternatives à l’essence et au gazole existent déjà. Mais la faiblesse des réseaux de production et de distribution les cantonne encore à des flottes captives, pour les entreprises et les collectivités.

> ROB HOPKINS : " Exorter le pouvoir de l'imagination ! "

Enseignant en permaculture puis initiateur du mouvement des Villes en transition, il rappelle le puissant pouvoir de l’imagination, indispensable pour créer des villes en transition. Il donne ici des clés et des exemples pour un futur positif et joyeux qui reste à construire.

 

[ ÉCOLOGIE ] Travailler moins pour sauver la planète ?

Créé le : 13/03/2020
lecture. Crédit pixabay

Par Guillaume Bernard.

Réduire son temps de travail, seul salut pour la planète ? La question est sérieusement posée par des chercheurs qui soulignent la corrélation entre croissance économique et destruction de la planète. Et pour y parvenir, peut-on envisager un revenu universel pour sortir de la logique productiviste de nos sociétés, et ainsi, faire baisser nos émissions de CO2 ? Analyse.

Alors que les courbes de la croissance économique et des émissions de CO2 augmentent parallèlement, plusieurs chemins s’offrent à nous : renouveler l’outil de production pour le rendre moins polluant ou produire et travailler moins ?

Savez-vous quelle est la dernière fois que nos émissions mondiales de CO2 sur une année ont été plus basses que celles de l’année précédente ? Pas besoin d’aller chercher une réponse au paléolithique ou au Moyen-âge, cette date est récente : 2009. À l’époque, le monde vient de vivre deux années de crise économique majeure et les pays les plus riches affichent une croissance négative : aux États-Unis et en France le produit intérieur chute de 2,5%. Si économiquement tout va mal, il y a néanmoins une grande gagnante à la crise des subprimes : la planète. Dans les pays riches, l’émission de CO2, principale cause identifiée du changement climatique, a drastiquement baissé en 2009 : - 5,2 % en France, - 6,9 % aux États-Unis, - 8,6 % au Royaume-Uni, - % en Allemagne et jusqu’à - 11,8 % au Japon. Même si, à l’échelle mondiale, cette réduction est presque entièrement compensée par la croissance...

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[Communiqué] - La réaction de France Nature Environnement sur les expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Créé le : 10/04/2018

Par France Nature Environnment 

France Nature Environnement et ses associations membres des Pays de Loire et Bretagne dénoncent une opération de manipulation médiatique qui fragilise le dialogue engagé avec l’ensemble des acteurs locaux autour du projet de territoire.

L'intervention en cours à Notre-Dame-des-Landes, à l'initiative de l'Etat, risque de compliquer la recherche de solutions pérennes, respectant le droit. Elle se déroule sous le signe prioritaire de la communication, et ne s'imposait pas dans ces délais ni sous cette forme. Alors que le dialogue commençait à bien s’enclencher entre toutes les parties, il n’y avait aucune urgence à une intervention au nom d’un soi-disant « État de droit ». Cette analyse a été transmise vendredi dernier par le président de France Nature Environnement à plusieurs membres du gouvernement, au Premier Ministre et au Président de la République. France Nature Environnement n’a pas été entendue et est aujourd’hui très inquiète.

France Nature Environnement appelle à sortir de la spirale de l'affrontement, à refuser toute provocation à la violence et à recréer au plus vite les conditions d'un dialogue respectueux entre les parties prenantes, seule voie efficace de construction de l'avenir.

Mais dans les conditions présentes, comment la fédération et les associations locales membres (France Nature Environnement Pays de la Loire, Bretagne-Vivante, la coordination régionale LPO Pays de Loire, Eau et Rivière de Bretagne…), vont-elles pouvoir continuer à apporter des propositions ?

France Nature Environnement rappelle son soutien à la construction d'un projet de territoire impliquant tous les acteurs locaux, à la fois respectueux du droit et incluant des formes innovantes d'occupation de ce territoire, associant des pratiques agroécologiques à la préservation d'écosystèmes précieux et d'une biodiversité très riche.

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

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