Santé

[DOSSIER] Ces forêts qui nous font du bien

Créé le : 13/10/2020

crédit photo : Marie Martinez

Par Marie Martinez

Comment se sentir bien et renforcer son système immunitaire sans se fatiguer ? Il suffit d'aller faire un tour dans les bois, de respirer profondément, de profiter du moment présent. La science l’affirme : la forêt a des effets bénéfiques sur la santé physique et mentale.

Nous avons tous fait l'expérience d'une balade en forêt qui requinque, physiquement et moralement. Mais comment expliquer ce bien-être ? Est-ce l'atmosphère sereine des forêts, l'air pur, les parfums agréables, le chant des oiseaux, le bleu du ciel, le vert des arbres, le paradis retrouvé, le moment de détente... ? Tout cela à la fois.

Selon la sagesse populaire, « se mettre au vert », c'est aller se reposer à la campagne, d'autant que le vert est une des couleurs les plus apaisantes avec le bleu, l'autre couleur dominante de la nature[i]. Dans les années 80, Georges Plaisance, un ingénieur des Eaux et Forêts, avait déjà écrit des livres sur le rapport entre forêt et santé. Ce n'est que dans les années 2000 que les chercheurs japonais ont lancé des études qui ont mis en évidence le caractère bienfaisant de la nature sur la santé humaine[ii]. Des influences sensorielles sur le corps et le cerveau agissent notamment sur le système cardiovasculaire, le taux de stress, la tension artérielle, l'humeur... Le système immunitaire est renforcé pendant...

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[ SANTÉ ] Santé et huiles essentielles : faire les bons choix

Créé le : 19/04/2020
Photo : Mohamed Hassan / Pixabay

Par François Delotte

Pour certains, elles apparaissent comme une alternative naturelle efficace aux médicaments de synthèse. Le marché européen des huiles essentielles devrait progresser de 8,80 % entre 2017 et 2022, selon le cabinet américain Market Research Reports. Un succès commercial qui cache parfois un manque d’informations et de conseils sur des produits vendus librement.

Huiles essentielles : à qui faire confiance ?

Utilisées pour prévenir des maux, nous soigner ou dans un souci de bien-être : les huiles essentielles font désormais partie de notre quotidien. Vers quels professionnels et produits se tourner pour profiter au mieux de ces substances naturelles qui contiennent des principes actifs loin d’être anodins ?

Pour contrer l’hiver et les assauts du froid ou encore lutter contre le stress : les huiles essentielles sont de précieux alliés. Des produits naturels vendus librement en supermarchés, magasins bio et autres commerces spécialisés dans le bien-être.

« Depuis 4 ou 5 ans, le marché est très actif. Les consommations en matières premières naturelles ne font qu’augmenter. Les sociétés du secteur ont des taux de croissance allant de 10 à 20 % par an », annonce Michel Krausz, directeur de la Société coopérative agricole des plantes à parfum de Provence (SCA3P), l’un des principaux acteurs du secteur. Il poursuit : « Le grand public demande à se soigner nature. »

Mais, en matière de soin, les choses ne sont pas à prendre à la légère. « Il y a peu de danger d’intoxication aiguë. Mais des risques importants peuvent exister chez des personnes fragiles concernant certaines substances. Illustration : la menthe Pouillot peut par exemple provoquer un arrêt de la respiration pouvant aller jusqu’à entraîner la mort chez de jeunes enfants », alerte Tony Poirot, pharmacien, auteur d’une thèse intitulée Bon usage des huiles essentielles, effets indésirables et toxicologie.

Sans en arriver là, des effets indésirables, notamment des réactions allergiques, peuvent être observés. « L’huile de thym contient des substances irritantes pour l’estomac », cite par exemple Jean-Michel Morel, médecin généraliste. « Les huiles essentielles peuvent présenter une concentration en principes actifs allant jusqu’à 99 %. Il faut bien connaître leurs particularités », prévient le professionnel de santé.

Ce disciple du docteur Jean Valnet, pionnier de la réhabilitation de la phytothérapie (médecine faisant appel aux plantes), dans les années 1960 et 1970, se bat depuis des décennies pour une plus grande reconnaissance et un meilleur usage des huiles essentielles. Et pour y recourir de façon optimale, il convient de bien les connaître. « La lavande vraie peut ainsi être utilisée en dermatologie pour ses priorités calmantes, l’arbre à thé contient une substance anti-infectieuse et l’huile essentielle d’eucalyptus citronnée peut être utilisée en tant qu’anti-inflammatoire », énumère Jean-Michel Morel.

 

Attention à la qualité

L’efficacité des produits dépend de caractéristiques précises. « C’est le gros problème des huiles essentielles. Des entreprises n’apportent pas la preuve de la qualité », affirme Tony Poirot. « On ne sait pas comment ces huiles sont distillées, si elles ont été extraites avec des solvants, si elles comprennent des métaux lourds, si la plante a été cultivée avec des pesticides... Ces éléments peuvent jouer sur la toxicité du végétal, dit-il. Lorsque l’on voit les prix de certains produits, on peut se poser certaines questions quant à leur qualité. Car pour qu’une huile soit bonne, il faut que la plante ait poussé sur le bon terrain. L’Immortelle, qui est cultivée en Corse ou en Italie, doit pousser en montagne. Et évidemment, les rendements sont faibles et les tarifs élevés. »

La qualité, Jamil Hadjaj y est particulièrement soucieux. Ce petit producteur d’huiles essentielles certifiées biologiques, près de Montpellier, pratique notamment la cueillette des plantes sauvages. « Cette pratique permet d’obtenir une qualité optimale. La plante grandie dans son environnement naturel. Par exemple, le biotope naturel de la lavande fine, c’est à partir de 800 mètres d’altitude », témoigne celui qui distille les végétaux récoltés dans son propre alambic. Il commercialise ensuite ses produits dans des commerces locaux. « Nous n’avons pas de problème de traçabilité lorsqu’on connaît le producteur », défend-il.

La provenance de la plante est une garantie. Mais, au-delà du conseil délivré, le pharmacien est le seul à pouvoir demander à un laboratoire la chromatographie d’une huile essentielle, sorte de carte d’identité du produit. « Je peux ainsi identifier les molécules présentes ou absentes. Et voir si l’huile respecte la composition annoncée », précise Tony Poirot.

De fait, la vente libre des huiles essentielles en France et en Europe, pour plusieurs professionnels de santé, pose problème. « Peut être que les commerces qui vendent des huiles essentielles dans un but de santé ou de bien-être devraient être obligés d’employer un vendeur spécialisé ? », s’interroge le docteur Morel.

S’adresser aux professionnels de santé

Mais pour l’heure, ce dernier est très clair : « Si l’on veut se soigner avec des huiles essentielles, il faut aller voir un pharmacien ou bien un médecin phytoaromathérapeute1. C’est-à-dire un professionnel qui a fait la démarche de se former en validant un Diplôme universitaire spécialisé. Ou en ayant réalisé un travail de recherche approfondi sur les huiles essentielles. »

Problème : peu de médecins sont aujourd’hui formés à ces disciplines. Et peu acceptent de prescrire des huiles essentielles à leurs patients. « L’aromathérapie reste très peu abordée dans le cursus de médecine. Et lorsque l’on n’a pas appris un savoir durant ses études, on peut avoir la pensée immédiate que la chose n’est pas valable, voire dangereuse », déplore le médecin.

Même logique pour les pharmaciens. « Il est important de nouer une relation de confiance avec son pharmacien. Tous ne sont pas à même de donner des conseils en aromathérapie. Par exemple, dans la pharmacie dans laquelle je travaille, je suis le seul à connaître ce sujet », assure Tony Poirot, qui officie dans le XVIIe arrondissement de Paris.

Toutefois, les Diplômes universitaires (DU) centrés sur la phyto et l’aromathérapie destinés aux professionnels de santé sont en plein essor : les facultés de Besançon, Montpellier, Paris, Lyon, Limoges ou encore Clermont-Ferrand ont ainsi développé des parcours de ce type.

« Nous n’avons pas assez de place pour inscrire toutes les personnes qui souhaitent effectuer la formation », témoigne Corine Girard-Thernier, responsable pédagogique du DU de phytoaromathérapie de l’université de Franche-Comté. « Nous sommes confrontés à une augmentation de la demande ces dernières années. Les professionnels ont besoin de se former face à une attente forte du grand public », précise cette professeure de pharmacologie.

 

Gare aux charlatans

« Le public se méfie de plus en plus des médicaments dits “chimiques” et exprime une volonté de se tourner vers une médecine plus “naturelle”. Mais l’on ne peut pas tout traiter par la phytothérapie et par l’aromathérapie », prévient-elle.

Cette dernière déplore aussi l’absence de cadre pour exercer l’aromathérapie. « On peut se déclarer naturopathe2 du jour au lendemain. Cela pose problème. Certains peuvent aller trop loin. Des personnes atteintes de cancer sont fragiles et feraient n’importe quoi pour se soigner. Et des gens qui se prétendent naturopathes peuvent éloigner des malades de leurs traitements », affirme Corine Girard-Thernier. En France, la naturopathie n’est pas encore une discipline reconnue.

Les personnes se déclarant « naturopathe » peuvent exercer mais, en l’absence de titre de médecin, elles ne peuvent ni établir de diagnostic ni prescrire d’huiles essentielles. Bien sûr, elles n’ont pas le droit d’inciter une personne à stopper un traitement médical. Le naturopathe peut néanmoins donner des conseils de prévention en matière d’habitudes alimentaires et d’hygiène de vie. Certains peuvent orienter des personnes venant les consulter vers des plantes ou la prise d’huiles essentielles. Un flou relatif qui a amené plusieurs « praticiens » à être condamnés par la Justice pour « exercice illégal de la médecine ». Prudence donc... Notons néanmoins que des acteurs de cette profession comme le Syndicat des professionnels des la naturopathie (SPN) militent « sans conteste pour réglementer la profession ». Et lui offrir un véritable cadre légal d’exercice, voir une reconnaissance par l’État.

 

Recréer le diplôme d’herboriste ?

Pour d’autres, l’essor des Diplômes universitaires destinés aux professionnels de santé renvoie au fait qu’il manque une véritable profession réglementée. Celle-ci pourrait être spécifiquement dédiée à la délivrance des plantes médicinales et des huiles essentielles. Patrice de Bonneval milite depuis les années 1970 pour que soit recréé un diplôme d’herboriste, supprimé par le régime de Vichy en 1941. Ce pharmacien retraité est le créateur de l’École lyonnaise de Plantes médicinales et des Savoirs naturels, qui a la particularité de ne pas uniquement s’adresser aux professionnels de santé.

« Les pharmaciens n’apprennent que trente plantes dans leur cursus. Et ils apprennent surtout à reconnaître ce qui est dangereux. Alors que le rôle de l’herboriste consiste à suivre la personne et à lui donner le mélange de plantes ou les huiles essentielles qui lui soient le plus adaptés », avance Patrice de Bonneval. « Nous défendons l’idée de recréer un métier complet. Un métier qui comprend la vente, la distribution de plantes et d’huiles essentielles et bien sûr le conseil autour de ces produits, continue-t-il. Il s’agit de délivrer un accompagnement adapté à la personne, à ses caractéristiques physiques et morales. » Son maître-mot est donc la compétence : « Tellement de gens prétendent faire des huiles et pouvoir soigner avec ces substances. Mais on ne peut être spécialiste que si on a appris dans une école spécialisée. Notre travail consiste à former des gens compétents », poursuit-il. D’où pour lui, une nécessaire connaissance complète des plantes : « La plante est un être vivant, il faut savoir où et comment elle pousse. Et comment la préparer. Notamment pour obtenir des huiles essentielles. » En somme, c’est un métier à part entière !

 

1La phytothérapie est la médecine visant à prévenir ou à guérir via l’usage des plantes. L’aromathérapie est la branche de la phytothérapie recourant spécifiquement aux huiles aromatiques.

2La naturopathie est une médecine dite « alternative » recourant à des soins basés sur des éléments naturels et biologiques, notamment les plantes.

 

 

[ SANTÉ ] À la case de santé, on soigne le corps et " la galère au quotidien "

Créé le : 02/12/2019
La Case de santé se niche entre les petits commerces et les restaurants de la place du quartier Arnaud-Bernard (crédit : Florence Brau).

Depuis près de 13 ans, la Case santé apporte soins et soutien à l’accès aux droits des personnes les plus démunies de Toulouse, dans une démarche qui se veut globale. Convaincue de son utilité, l’équipe œuvre pour l’ouverture d’une deuxième structure, mais se heurte au manque de financements.

Par Florence Brau

À Toulouse, un centre de santé associatif réunit soignants et travailleurs sociaux dans une démarche de santé globale et participative, au plus près des besoins d’un quartier populaire. Devenue une référence pour les plus démunis, la Case de santé cherche à ouvrir un autre centre. Non sans obstacles.

« Ici, ils sont sur tous les fronts, avec une philosophie incroyable », s'enthousiasme Raja(1), qui consulte depuis peu à la Case de santé. Aux murs de la salle d'attente, l’annonce d’une exposition photo sur les discriminations côtoie celle d’un ciné-débat « humain ou finance, quelle priorité », ou encore des manifestes pour le droit à la santé des étrangers… Pour Fabien Maguin, gestionnaire administratif de ce centre de santé associatif, c’est une évidence : « Nous avons développé un modèle de soins pour ceux qui en sont les plus éloignés, impossible de rester aveugles aux inégalités sociales ».

Depuis 2006, la Case se niche en plein cœur de Toulouse, dans un vieil immeuble à l’étroite façade colorée du quartier Arnaud-Bernard, bien connu pour son atmosphère populaire et son identité...

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[CONFERENCE] - Les effets sur notre santé des pesticides et des Perturbateurs endocriniens – François Veillerette (Générations Futures)

Créé le : 10/10/2018
François Veillerette, directeur de Générations Futures - Crédit : Générations Futures

François Veillerette, Directeur de l'association Générations Futures, donnera une conférence exceptionnelle sur le thème « Pesticides, Perturbateurs endocriniens, quels effets sur notre santé ? » , jeudi 11 octobre à 19 heures à la Maison de l’Environnement de Lyon, 14 avenue Tony Garnier, Lyon 7ième. Un événement auquel Sans Transition ! Auvergne-Rhône-Alpes est partenaire. 

Comment nous protéger ?

François Veillerette décrira les graves effets nocifs de ces produits dangereux et surtout nous donnera des clefs pour nous protéger et protéger nos enfants. Il est est une voix forte en Europe sur le sujet et auteur de nombreux ouvrages, notamment Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, coécrit avec Marine Jobert aux éditions Buchet – Chastel (2015). Plus récemment, il a écrit avec Fabrice Nicolino le manifeste Nous voulons des coquelicots, (Les Liens qui Libèrent, 2018) en lien avec la pétition du même nom demandant l'interdiction des pesticides de synthèse.

A lire : notre enquête, Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ? 

Entrée libre.

Plus d'infos : www.facebook.com/events/179310989615389/

Conférence avec François Veillerette et Gilles Nalbone : "les perturbateurs endocriniens, quels risques pour la santé ?"

Créé le : 28/05/2018
François Veillerette, porte-parole de Générations Futures - DR

On les trouve dans notre alimentation, dans les produits cosmétiques, dans les meubles et même dans nos vêtements. Les perturbateurs endocriniens ont envahi notre environnement. Quels dangers exactes représentent-ils pour notre santé ? Comment les éviter ? A l'occasion de la semaine du développement durable, Sans Transition ! Provence, l'associationPain et Liberté et la Biocoop Nature Eléments, invitent François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures pour une conférence sur les perturbateurs endocriniens le 30 mai à Vaison-la-Romaine (84).

François Veillerette sera accompagné de Gilles Nalbone, Directeur de recherche émérite àl'INSERM et correspondant local (Marseille) du Réseau Environnement Santé. Ainsi que de André Bucher, paysan bio et écrivain.

La conférence sera suivie d'un cocktail offert par la Biocoop Nature Elements de Vaison-la-Romaine et Pain et Liberté avec les produits Artisans du Monde.

- Mercredi 30 mai à 19h au centre culturel de Vaison La Romaine -

 


 

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Un perturbateur endocrinien est un agent chimique capable d’interférer dans le système hormonal d’un organisme. 

"Un perturbateur endocrinien qui se fixe sur le récepteur hormonal d’un organe ou d’un tissu peut alors créer un stimulus et modifier le comportement de celui-ci, même lorsque aucune hormone n’a été sécrétée. Les perturbateurs peuvent aussi bloquer l’action des hormones en se fixant en grand nombre sur les récepteurs que ces dernières doivent utiliser ".

Selon  Générations Futures, " 73,3 % pesticides le plus souvent décelés dans les eaux souterraines ou les cours d'eau seraient pour la plupart des perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques, qui perturbent le système hormonal et peuvent générer maladies et anomalies, ont été décelées à 53,3% dans les pesticides prélevés dans les eaux souterraines... et à 50% dans ceux existants dans l'eau du robinet."

François Veillerette est également président du réseau européen Pesticides Action Network, l’auteur de «Pesticides, le piège se referme» et coauteur de «Pesticides, révélations sur un scandale français»

Retrouvez l'interview de François Veillerette pour Sans Transition ! lors de sa venue pour une conférence sur les pesticides à Manosque (04)

Pour aller plus loin, retrouvez notre dossier Perturbateurs endocriniens : comment les éviter ?, dans le numéro 8 de Sans Transition !

 

Dépassements d’honoraires à l’hôpital : un pas en avant, deux pas en arrière !

Créé le : 18/01/2017
Crédit : Pixabay

Par le Collectif interassociatif sur la santé 

Dans le genre « j’y vais, je n’y vais pas », le dossier des dépassements d’honoraire à l’hôpital fait figure de référence. Autant de gloses, de commentaires catastrophistes, d’hésitations et de rétropédalage sur un dossier aussi problématique pourraient prêter à sourire s’il ne s’agissait pas de compromettre l’égalité d’accès aux soins.

La dernière loi de santé laissait présager la fin des dépassements à l’hôpital public

Pour rappel, la loi de modernisation du système de santé de janvier 2016 (article L. 6112-2 du code de la santé publique) prévoit que les établissements de santé assurant le service public hospitalier (hôpitaux publics et cliniques privées assurant des missions de service public) et les professionnels de santé qui exercent en leur sein garantissent à toute personne qui recourt à leurs services l'absence de facturation de dépassements d’honoraires.

Dès lors, il était explicitement interdit à tout médecin exerçant au sein d’un établissement de santé assurant le service public hospitalier de facturer des dépassements d’honoraires dans le cadre de son activité libérale. Interdiction confirmée par l’interprétation de nombreux juristes suite à l’avis du Conseil Constitutionnel au moment de l’adoption de la loi.

Les associations d’usagers se sont félicitées de cette avancée en faveur de l’égalité de traitement qui abolissait une aberration difficile à justifier sauf à supposer que les établissements de santé gagnent à ce que les médecins facturent des dépassements d’honoraires… Néanmoins, la loi est passée sans que les pratiques ne changent, et les dépassements ont continué leur progression dans le cadre de l’activité libérale à l’hôpital.

Une récente ordonnance vient rétablir les dépassements à l’hôpital public, mais pas dans les cliniques privées participant aux missions de service public

Nous attendions un rappel à la loi mais « Patatra ! », une ordonnance du 13 janvier 2017 est venue corriger le texte de loi pour y introduire une dérogation en faveur des praticiens statutaires à temps plein exerçant au sein des établissements publics de santé. Ce faisant, les praticiens exerçant à l’hôpital public pourront ainsi officiellement continuer de facturer des dépassements d’honoraire au sein de l’activité libérale qu’ils pratiquent dans ses murs, tandis que les médecins officiant dans les cliniques privées en charge de mission de service public ne le pourraient plus. Logique ? Non. Ubuesque. Discriminatoire. Inexplicable.

Et cette ordonnance est d’autant plus étonnante que le Gouvernement l’a prise sur le fondement d’une habilitation législative dont l’objectif est de permettre des « mesures relevant du domaine de la loi visant à assurer la cohérence des textes au regard des dispositions » de la loi de modernisation de notre système de santé. Or, en l’occurrence, cette mesure corrective est contraire à l’esprit du Législateur. Elle outrepasse le cadre strict de l’habilitation législative et elle participe de l’inintelligibilité des coûts de soins.

Tout cela pour satisfaire les intérêts d’une extrême minorité de praticiens hospitaliers, les quelque 1.900 exerçant en secteur 2 à l’hôpital :

-          soit environ 43% des 4 500 praticiens hospitaliers y pratiquant une activité libérale, 57% l’exerçant déjà sans effectuer de dépassements d’honoraires ;

-          et surtout, seulement 4% de l’ensemble des quelque 40.000 praticiens hospitaliers qui sont une grande majorité à n’avoir aucune activité privée au sein de l’hôpital public.

Que craignait-on à assumer une disposition législative interdisant les dépassements d’honoraires dans les établissements assurant le service public hospitalier ? Le courroux d’une poignée de « médecins stars » qui proposent des réductions de délais d’attente et leur expertise en échange de prix souvent très élevés, en menaçant de quitter leurs responsabilités au sein du système hospitalier public si on les en empêche ? La contestation des établissements de santé qui ont l’air de s’accommoder de ces pratiques qui leur rapportent ? En tout état de cause, c’est l’indignation du côté des usagers.

Le CISS s’oppose à la ratification de cette ordonnance qui vient contredire une disposition législative votée et applicable depuis le 26 janvier 2016. La fin des dépassements d’honoraires est un objectif ambitieux. Celui de les interdire dans les établissements de santé assurant des missions de service public l’était moins mais à portée de main. Revenir sur cette interdiction, dans de telles conditions, c’est faire insulte au processus démocratique. On ne peut pas, en outre, d’un côté se louer d’avoir réintroduit un service public hospitalier fort porté par de solides principes de solidarité et d’égalité, et de l’autre permettre une dérogation à l’un de ces principes au détour d’une ordonnance !

Plus d'infos :

www.leciss.org

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Découvrez les programmes "santé" des candidats à la présidentielle

Créé le : 01/12/2016
DR

Avec la Mutualité française

Quelle place est accordée à la santé dans les différents programmes des candidats à l'élection présidentielle ? La Mutualité française lance Placedelasanté.fr, une plateforme web participative visant à "décrypter" les programmes et à "interpeller" les prétendants à la fonction présidentielle. 

 

Passer les programmes au crible

Le site passe au crible les propositions de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou encore Yannick Jadot. Il rappelle par exemple que François Fillon souhaite faire faire 20 milliards d'euros d'économie à la Sécurité sociale en se concentrant sur le remboursement des maladies graves et de longue durée. Mais la plateforme prend soin de préciser que ces 20 milliards d'euros devront être pris en charge par les ménages ou leurs complémentaires santé. Soit un coût supplémentaire de 300 euros par personne et par an...

Interpeller les candidats

Place de la santé propose aussi d'interpeller les candidats sur les questions relatives à la santé, via un formulaire. Les interpellations pourront être ensuite publiées sur le site de la Mutualité française et/ou sur les réseaux sociaux.

Plus d'infos :

www.placedelasante.fr  

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Traversée, sur Radio Occitanie : "L'accessibilité à des produits sains n'est réservée qu'à une minorité"

Créé le : 27/06/2016

 

Le magazine Sans Transition est partenaire de l'émission Traversée, sur Radio Occitanie 98.3 le jeudi de 17h à 18h.  
"Une émission sans ogm, produite et animée par Christian Moretto, qui offre une grande place à l’écologie, à la littérature, aux alternatives" sur les territoires.
L'émission se concentrait sur les liens entre alimentation et santé, parlant notamment des systèmes alimentaires alternatifs, par exemple les Jardins de Cocagne.
A ce sujet, un article sur les jardins du Girou, par Christian Moretto, à paraître dans le prochain magazine qui sortira début juillet.

Plus d'infos

www.radio-occitania.com/

"La question n'est plus de savoir si les pesticides sont dangereux mais comment en utiliser moins"

Créé le : 22/06/2016

Générations Futures, et son porte-parole François Veillerette, se battent depuis 20 ans contre les pesticides et leurs effets nocifs. Récemment, c'est contre les néonicotinoides, les fameux « tueurs d'abeilles » que s'est mobilisée l'association, recueillant près de 670 000 signatures sur une pétition remise le 16 juin à Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie. Le lendemain, François Veillerette participait avec nous à une conférence intitulée : « Pesticides, s’informer pour agir au bénéfice des générations futures ! ».

Retrouvez l'intégralité de cette conférence audio, ainsi que le débat avec François Veillerette et Denis Lairon, chercheur à l'Inserm, autour des pesticides et de l'alimentation bio.

 

"La question n'est plus de savoir si les pesticides sont dangereux mais comment en utiliser moins"

Créé le : 22/06/2016
Les participants de cette journée Excellence Bio, réunis. Crédit photo : Amaëlle Olivier

Le 17 juin, Provence Durable animait la journée Excellence Bio, à laquelle une centaine de personnes ont participé, en partenariat avec Aval Bio PACA et la ville de Manosque. Pour l'occasion, François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, donnait une conférence sur les pesticides. Une Table ronde avec Denis Lairon, directeur de recherche à l'Inserm et auteur du livre Manger bio c'est mieux, poursuivait la réflexion.

 

A l'honneur en ce 17 juin : réfléchir à « la vraie bio, celle qui va plus loin que le "SMIC" du label ». C'est ainsi que Luc Ronfard, président d'Aval Bio PACA a introduit cette journée de débats à Manosque, face à une centaine de participants venus assister à la conférence de François Veillerette, porte-parole de l'association Générations Futures. Il milite depuis de nombreuses années pour la fin des pesticides. D'emblée, ce dernier rappelle que la France est tout de même "le deuxième consommateur mondial de pesticides, juste derrière l'Espagne !", avant de mettre l'accent, tout au long de son intervention, sur l'épineuse question des perturbateurs endocriniens, dont font partie les pesticides. Pour mémoire, les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui miment, bloquent ou modifient l'action d'une hormone et perturbent le fonctionnement d'un organisme. "Ces substances sont encore plus dangereuses quand ce sont des jeunes enfants ou des fœtus qui y sont exposés", souligne François Veillerette en citant de nombreuses études. Des mesures ont donc été prises pour limiter l'exposition près des lieux sensibles, comme les écoles. Mais le porte-parole de Générations Futures explique, chiffre à l'appui : "Les femmes enceintes, particulièrement exposées, elles ne vivent pas à l'école, elles sont à la maison, dans la rue, elles vivent leur vie. Qu'est-ce qui les protègent alors des pesticides et autres perturbateurs endocriniens ?". Ceux-ci exposent tout de même à des problèmes de fertilité, d'obésité et de maladies neuro-dégénératives !

 

 

 

 

 

 

 

« Que mangent nos enfants ? »

Après une bonne demi-heure de démonstration sur la nocivité des pesticides, François Veillerette s'interroge. "A mon sens, désormais la question n'est plus de savoir s'ils sont dangeureux, mais comment en utiliser moins", insiste-t-il. "Car dans une journée, on ingère en moyenne 36 pesticides", poursuit François Veillerette, dans la deuxième partie de cette journée, lors du débat animé par Provence Durable et auquel participait également Denis Lairon, directeur de recherche à l'Inserm et auteur du livre Manger bio c'est mieux.

"L'Inserm a publié en 2013 un bilan des études internationales sur le lien entre l’exposition aux pesticides et les risques pour la santé, souligne Denis Lairon. Chez l'homme, il y a d'ores et déjà un consensus international sur la très haute association entre exposition aux pesticides et développement de certaines maladies (dont plusieurs cancers, l'obésité, le diabète de type 2, les allergies...). C'est aussi le cas chez les enfants. Les résidus de produits de traitement se retrouvent dans 45 % des produits habituellement consommés (rapport Efsa- 2010), dont 50 % environ sur les fruits et légumes. Pour être en bonne santé, poursuit le chercheur, il est important de privilégier des aliments ayant une bonne densité nutritionnelle, surtout chez l'enfant, pour générer suffisamment d'énergie sans prise de poids, tout en offrant les apports en nutriments essentiels. Or, de nombreuses études internationales montrent que les teneurs en magnésium, en vitamine C, en anti-antioxydants, en acides gras polyinsaturés (oméga 3), sont supérieures dans les aliments bio..." Autant de raisons de privilégier l'alimentation Bio !

 

 

 

Le Prix de l'Excellence Bio

 

Luc Ronfard, président du réseau régional des entreprises bio Aval Bio PACA, a également remis le trophée Excellence Bio. Pour la première année, ce prix décerne l'excellence à une entreprise engagée dans une démarche biologique de longue date. Pour cette première édition,c'est l'entreprise Bleu-vert, spécialisé en cosmétiques bio, qui a été récompensée « pour la qualité de sa démarche globale en faveur de la bio et de la responsabilité sociale et environnementale ». Saveurs des truques, basée à Forcalquier, étaient finalistes, en reconnaissance également de la qualité de leur travail.

 

Retrouvez ici le contenu de la conférence de François Veillerette ainsi que celui de la Table Ronde avec Denis Lairon

Vous pourrez retrouver dans les prochains jours les interviews des deux lauréats sur le site de Sans Transition !

 

 

Plus d'infos :

www.generations-futures.fr/

www.avalbiopaca.com/

www.boutiquebleuvert.fr/

www.saveursdestruques.com/

 

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