permaculture

[VIDEO] Rob Hopkins : « Pour l’écologie et la santé mentale, résistons à la 5G ! »

Créé le : 27/10/2020

Par Sans Transition!, 

Le fondateur du mouvement mondial des villes en transition et enseignant en permaculture est revenu en septembre en France à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, Et si ... ? Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, paru au printemps chez Actes Sud. Lors de sa tournée de conférences avec Sans Transition!  il nous a accordé un moment d'entretien à Mazan, autour de questions d'actualité : la 5G, le plan de relance européen, et la compatibilité de tout ceci avec la transition. 

 

>> Retrouvez également notre hors-série sur Rob Hopkins et la transition, ainsi que notre dossier complet sur la 5G dans le numéro 25 de Sans transition! 

[INTERVIEW] Rob Hopkins : « Faire vivre cette autre vision du futur »

Créé le : 24/09/2020
conférence à Toulouse le 19/09/20

Photo : Conférence à toulouse le 19/09/2020. crédit Bénédicte bernard

Par Sans transition! 

Ce jeudi soir à Mazan (Vaucluse), s'achève notre cycle de conférences avec Rob Hopkins, enseignant en permaculture et initiateur du mouvement mondial des Villes en transition. A l'occasion de cette dernière soirée, Sans transition! vous livre un extrait de son interview, à retrouver en intégralité dans notre Hors-Série consacré à la transition. 

Propos recueillis par Julien Dezécot

Interprétariat : Rachelle Brévière et Xavier Combe

Comment s’est passé le confinement pour vous Rob ? En avez-vous profité pour faire travailler votre imagination ?

J’ai passé beaucoup de temps chez moi avec trois de mes quatre fils. C’était un moment privilégié en famille. Au début, c’était un peu comme un congé : j’ai jardiné, je me suis consacré à des tâches que j’avais remises à plus tard. J’ai beaucoup lu. Et puis j’ai pu dessiner. Dans ma vie, c’est par l’art que je m’exprime pour faire travailler mon imagination. À l’âge de 17 ans, je faisais de la litho-impression. Je n’ai pas eu l’occasion de faire ça depuis très longtemps mais la lumière de ce printemps était si merveilleuse que ça m’a relancé. Cette possibilité de regarder la nature, de me concentrer pendant quelques heures nourrit mon imagination, me donne de l’espace, du temps, et me permet de comprendre qu’il faut mieux lui prêter attention. Je crois que cette période était ce que l’on peut appeler d’extraordinaire. Un moment de pause et de réflexion. Et comme beaucoup de personnes, je me sens différent à l’issue du confinement. 

En quoi la transition, que vous racontez dans vos ouvrages, est-elle une réponse collective enthousiasmante pour un monde d’après, plus juste et solidaire ?

Les sondages que j'ai pu lire pendant le confinement montrent que beaucoup de gens se disent : « Nous ne voulons pas du monde d’avant, nous devons exploiter cette opportunité pour avancer, pour mettre en place quelque chose de différent et de meilleur ». À Milan, par exemple, 130 km de pistes cyclables vont être construites. Des zones piétonnes se sont étendues dans différentes villes. On regarde aussi l’alimentation de manière différente, avec de nouvelles opportunités, plus locales et biologiques. Les questions sur le monde d’après sont vraiment très présentes dans le mouvement de transition. Celles et ceux qui se posent des questions, mais qui ne connaissent pas le mouvement de la transition, regardent notre mouvement et se disent : « C’est peut-être là que se trouve l’espoir d'un monde plus juste et solidaire ». Et peut-être y aura-t-il, dans les mois à venir, une deuxième vague de pandémie. Peut-être, alors, y aura-t-il aussi une deuxième vague de transition.

Pouvez-vous nous dessiner, à l’échelle d’une ville ou d’un territoire, cette transition concrète construite avec les citoyens ?

L’imagination fleurit lorsqu’elle n’a pas de limite. Lorsqu’une ville ou une région facilite l’imagination de manière explicite et puis la convoque, le champ des possibles s’ouvre. Nous pouvons envisager un modèle économique nouveau, qui maximise le temps et les connexions à notre disposition. Mais nous devons absolument nous éloigner de ce modèle économique d’extraction (extractive top-down economy), en commençant pas nous extraire le plus possible des hydrocarbures pour décarboner nos villes. Pour cela, utilisons les institutions, les hôpitaux, les écoles, les institutions publiques pour mettre en place un modèle où le pouvoir de dépenser de l’argent sera transformé. Donc cette ville en transition, ou cette région, repenserait la démocratie avec des assemblées de citoyens, la mise en place de budgets participatifs, de nouveaux modèles démocratiques qui créeraient des bureaux de l’imagination civique, comme c’est déjà le cas à Bologne. Le but : faire revivre la démocratie et l’imagination, précieuses car vitales. À mesure que les choses se développent, les municipalités, les régions, réétudieraient l’école et la pédagogie : moins de sanctions, de notes et ainsi de suite ; plus d’acquisition de compétences, de culture de l’imagination, plus de rapport avec le lieu, le « local » où se trouve l’école. Je crois que le message principal est : toutes les choses dont nous avons besoin ou que nous pourrions faire pour changer le monde existent déjà, quelque part. Tout existe, tout est à notre disposition. Nous devons simplement utiliser les bonnes ressources à la bonne échelle pour aller de l’avant.

C’est le puzzle de la transition.

Oui. Et ce sera l’époque la plus extraordinaire de l’histoire. La promesse des élections municipales françaises va en ce sens. Dans votre pays les régions, les villes, seront désormais gérées à l’aune de l’urgence climatique. Cette dynamique montre aussi que, dans les années à venir, il faudra une révolution de l’imagination en France. Cette idée est tout à fait stimulante et passionnante.

Comment se construit et évolue le réseau des Villes en transition  que vous avez largement contribué à bâtir ?

La transition, ce n’est pas quelque chose qui fonctionne comme une franchise Coca-Cola. Ce n’est pas contrôlé à partir d’un noyau central. C’est un exemple tout à fait fascinant de comment une idée peut trouver son propre rythme dans le monde. Dans tous les endroits que je visite où la transition est en marche, il y a des choses qui me paraissent familières. J’entends par là, une certaine manière d’envisager le travail, de rêver ensemble, d’imaginer ensemble, de s’engager collectivement, de travailler sur le terrain de manière tangible. Ce qui est vraiment formidable, c’est que chaque endroit, chaque culture, crée sa propre version de la transition. Souvent sans financement, juste avec des bénévoles. 

Aujourd’hui, combien de villes sont en transition dans ce réseau mondial, ou se déclarent comme telles ?

C’est une question difficile. Dans la plupart des villes, la transition se met en place dans des quartiers. À Paris par exemple, il existe 15 ou 20 groupes en transition dans différents quartiers. À Londres, on en compte 45 ou 50. « Transition Londres » n’est qu’un réseau très informel. Le pouvoir de la transition, c’est qu’elle part du terrain. Elle naît à l’échelle d’un quartier, et parfois même à l’échelle d’une rue, d’une école, d’un immeuble. À Sao Paulo, au Brésil, les groupes en transition travaillent dans des quartiers de classes moyennes mais également dans des favelas. L’estimation de leur nombre est donc, de fait, très difficile. Et puis un groupe peut être très actif pendant une certaine période de temps, puis entrer en latence et un autre groupe prend le relais. Je crois qu’au Royaume-Uni, on a recensé quelque 400 groupes. La moitié d’entre eux travaillent en zone urbaine. À l'échelle mondiale, je dirais que plusieurs milliers de groupes sont actifs aujourd'hui.

 

Ce soir, Rob Hopkins donnera une dernière conférence après une tournée exceptionnelle dans toute la France, à 20h30 à la Boiserie de Mazan (route de Modène, Mazan). Plus d'informations sur http://www.sans-transition-magazine.info/rob-hopkins-mazan 

>>>>>Retrouvez nos entretiens vidéos de Rob Hopkins sur notre site Internet : www.sans-transition-magazine.info

>>>>>Commandez notre hors-série consacré à la transition sur http://www.sans-transition-magazine.info/kiosque

[ VIVRE AVEC LA TERRE ] Entretien avec Charles Hervé-Gruyer

Créé le : 15/11/2019

Le 21 octobre dernier, nous avons eu la chance de rencontrer Charles Hervé-Gruyer à l'occasion de la conférence organisée en partenariat avec Actes Sud. Le fondateur de la ferme mondialement connue du Bec Hellouin définit l'écoculture comme étant un " véritable art de vivre avec la terre ", qui prend la nature comme modèle. Entretien.

Charles Hervé-Gruyer est d'abord spécialiste en permaculture. Une pratique qu'il définit comme étant une manière d'habiter durablement la planète à travers une culture permanente. Au fur et à mesure de l'avancée de ses travaux communs avec son épouse, Perrine, il a introduit un nouveau vocable : l'écoculture. L'écoculture est quant à elle, une agriculture qui selon lui, prend la nature comme modèle, tout en intégrant toutes les autres formes d'agricultures naturelles (permaculture, agroécologie...). C'est un véritable " art de vivre avec la terre ".

Il était en conférence à la banque éthique La Nef de Vaulx-en-Velin, le 21 octobre dernier, à l’initiative de Sans transition ! magazine.

Son dernier ouvrage, Vivre avec la terre, est paru cette année chez Actes Sud.

Permaculture : un retour à la nature ?

Créé le : 25/09/2018
Un espace de permaculture © Quentin Caffier

Par Cyprien Caddeo

Ne jouissant pas encore d’une reconnaissance universitaire et institutionnelle en France, les méthodes de permaculture se transmettent à l’occasion de cours certifiés de permaculture. Des stages aux faux airs de colonies de vacances, qui mettent l’accent sur l’écologie et plus largement sur le lien social et le collectif. Reportage à La Gaude, dans les hauteurs de Nice, aux côtés de l’association Permacultive.

C’est à la Seguinière, dans un domaine dévoré par la végétation sauvage, que se tenait, du 19 août au 2 septembre, un cours certifié de permaculture (CCP), sous la forme d’un stage de deux semaines. Le matin, avant le début des cours à 9 heures, le groupe se rassemble et forme un cercle. Tout le monde se tient par l’épaule. Une musique de méditation s’élève, mais l’esprit zen est rapidement contrecarré par des rires et des petites blagues. On se félicite brièvement de la démission de Nicolas Hulot, qui vient d’avoir lieu en direct à la radio. L’heure est à la convivialité, les chakras attendront. Certains prennent la parole, remercient le groupe pour « cette super belle énergie, ce sentiment d’unité ».

À la pause de midi, le groupe se rassemble pour déjeuner. Au menu : lentilles, quinoa, briques au fromage de chèvre, mousse au chocolat. ...

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Auray (56) : l'Université Terre & Mer valorise les « économies positives »

Créé le : 23/11/2017
L'auteure Isabelle Delannoy intervenant lors des Journées des Économies Positives - DR

L'Université Terre & Mer organisait les premières Rencontres des Économies Positives, à Auray, les 7 et 8 novembre derniers. Retour sur cet événement et sur cet établissement d'enseignement pas comme les autres, avec Pierre Tarayre, responsable du pôle transmission de l'Université.

Qu'est ce que l'Université Terre et Mer ?

L'Université Terre & Mer est un espace de transmission innovant destiné à accompagner les acteurs du territoire engagés dans des actions de transition à impact positif. Notre démarche est systémique. Nous estimons qu'il est nécessaire d'agir ensemble par la coopération et l'intelligence collective. Avoir des impacts positifs à l'échelle de son écosystème entraîne une amélioration sociétale par l'intermédiaire des individus.

Terre & Mer est une structure pionnière pour accompagner ce changement positif bienveillant. Nous sommes ancrés en Pays d'Auray et nous faisons le choix de penser global tout en agissant au niveau local. Le tout en replaçant l'humain au cœur du territoire dans son contexte vivant.

L'université propose concrètement des formations professionnelles, des ateliers et parcours pour les citoyens sous la forme de stages ainsi que des voyages d'études. Enfin, nous sommes organisateurs d'événements et de rencontres.

Vous avez justement organisé les Rencontres des économies positives, les 7 et 8 novembre, à Auray. Quels étaient les objectifs de cet événement ?

Nous avions trois objectifs différents. Il s'agissait de réunir des approches économiques qui commencent à entrer dans le champ de connaissance des acteurs du territoire : l’Économie sociale et solidaire, l’Économie circulaire ou encore la perma-économie... Le tronc commun à tout cela pourrait être une économie qui respecte et s'inspire du vivant. Puis, il s'agissait d'innover dans la forme en maximisant le caractère participatif de l'événement. Chaque participant a pu notamment s'exprimer via des conférences interactives. Nous avons fait en sorte qu'il soit possible d’interagir en temps réel avec le public. Enfin, il s'agissait de rassembler les acteurs locaux autour de la question « quelle économie à impact positif demain ? ». Un village des économies positives a été créé avec une vingtaine d'acteurs locaux. Le but : voir ce qu'il est possible d'initier collectivement pour impulser une dynamique locale.

Qu'entendez vous par "économies positives" ?

À l'image de l’événement, il n'est pas possible de répondre à cette question avec une vison unique. Car les économies positives doivent être co-construites. Mais il s'agit, dans tous les cas, d'une économie respectueuse du vivant dans nos territoires. On peut aussi affirmer que c'est une économie qui va s'intégrer dans les écosystèmes, qui va respecter l'humain, le bien-être, via la participation des organisations. C'est aller au-delà du développement durable en produisant une économie qui entraîne des impacts positifs dans son sillage.

Ainsi, durant ces deux jours, des ateliers, des jeux ont pu questionner la notion de pouvoir et de gouvernance. Une tête d'affiche, Isabelle Delannoye, auteure de l'ouvrage, L’Économie symbiotique - Régénérer la planète, l'économie et la société, est venue partager son approche de l'économie. Le militant écologiste breton Jean-Claude Pierre a par ailleurs parlé de la façon dont l'économie peut répondre aux enjeux climatiques.

Quelles suites donner à ces rencontres ?

Ces rencontres ont été le vecteur d'un enthousiasme encourageant. Nous souhaiterions donc renouveler l'expérience sur un mode similaire. Il s'agit de donner accès à la pluralité des approches et voir ce qui peut être initié par cette énergie.

Plus d'infos : www.terre-et-mer.eu

TOP DÉPART DU TOUR DE FRANCE DE L'AGROÉCOLOGIE

Créé le : 16/06/2017

Le « Fermes d’Avenir Tour » a été lancé à 19h hier soir, jeudi 15 juin 2017. L’association Fermes d’Avenir, qui met en place des dispositifs en faveur d’un modèle de développement agricole, organise ce premier Tour de France dédié à l’agroécologie et la permaculture.

Du 15 juin au 17 septembre, l’équipe sillonnera la France en marquant des haltes de trois jours dans chaque localité visitée. Ces trente étapes sont l’occasion de mettre en avant chaque terroir. Sérieuses ou plus ludiques, les activités proposées ont pour ambition d’éveiller les consciences sur la pertinence de développer l'agroécologie. A cette occasion, une monnaie alternative est créée : le FAT Coin. Il permet de traduire l'euro en « coin » et offre des réductions sur les achats effectués dans le village du tour auprès de producteurs locaux. Conférences, formations, musique, soirées festives, mais aussi projections de documentaires en exclusivité, ce festival mobile et éco-responsable s'engage pour rendre la transition accessible à tous.

La carte interactive suivante vous permettra de découvrir chaque étape programmée aux quatre coins de l’hexagone.

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