compost

[INTERVIEW] : « Le BRF est un déclencheur de l’agriculture du vivant »

Créé le : 12/07/2020
Photo :  DR

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chapeau : Benoît Noël est ingénieur agronome à l’association internationale Jardinier du Monde et expert en agroécologie. Selon ses recherches, le bois raméal fragmenté (BRF) favorise l’agroforesterie et permet de reconstituer les sols.

Le bois raméal fragmenté (BRF), qu’est-ce-que c’est ?
Il s’agit de branches et de rameaux d’arbres broyés, de moins de 7 cm, incorporés au sol. Le procédé a été inventé par les Canadiens dans les années 70.

Si on compare le BRF avec le compost, quels en sont les avantages ?
Le compostage, procédé hors-sol, émet du CO2 dans l’atmosphère et produit moins d’humus. Au final, le BRF permet de produire 2 fois plus d’humus dans le sol que le compost. Cela signifie aussi que de l’énergie est perdue durant le compostage, alors que si on mélange le BRF directement au sol, l’énergie reste disponible pour la vie du sol. Elle représente l’équivalent de 4000 L de pétrole à vers de terre par ha et par an(1). Le BRF est donc un excellent moyen de refertiliser le sol.

Avec le BRF, nous sommes également capables de pomper les nitrates et de les stocker à un endroit où ils seront mobilisables pour les plantes quand elles en auront besoin. Notons que l’humus formé est 10 fois plus riche que le fumier en azote, ce qui permet, à terme, d’assurer des rendements élevés. Enfin, le BRF incite à développer l’agroforesterie pour le produire, ce qui est la méthode la plus efficiente : 20% de SAU (Surface agricole utile)  apporte alors ce qu’il faut en feuilles et radicelles,  pour alimenter le sol vivant.

Et d’un point de vue écologique, pourquoi l’agroforesterie est-elle intéressante ?
Les arbres entretiennent la biodiversité, mais aussi la fertilité du sol, limitent l’érosion et fixent le CO2. Ils ont une action positive contre la sécheresse, puisqu’ils aident à stocker l’eau et font même pleuvoir ! Le BRF lui-même et l’humus constitué sont des éponges. Grâce à l’activation de la vie du sol, une structure améliorée permet aussi à l’eau de s’infiltrer au lieu de ruisseler.

Le BRF favorise donc la durabilité de l’agriculture ?
Absolument. Il est un déclencheur de l’agriculture du vivant : il peut reconstituer des sols très vite. Et même, nous travaillons actuellement sur l’agriculture vegan qui est rendue possible par ce procédé permettant en quelque sorte de recréer l’écosystème des forêts, tout en produisant des aliments pour les hommes. En résumé, c’est un système très performant écologiquement, agro-écologique et aussi potentiellement vegan, puisqu’il créé de la fertilité avec une base végétale uniquement.

Plus d’infos 

www.jardinierdumonde.be

(1) « L'énergie disponible pour la vie du sol a pour représentant emblématique le vers de terre. On peut calculer que l’énergie présente dans la dose BRF recommandée pour nourrir la vie du sol (100 m3/ha.an) est de 40 000 kWh, soit en fait l'énergie fixée par la photosynthèse sur 1 ha. L'énergie contenue dans 1 litre de diesel mis dans le réservoir d’une voiture est d'environ 10 kWh/l. Ainsi lorsque l’on composte du bois broyé, on perd en chaleur dégagée dans le tas de compost une énergie qui pourrait servir à faire vivre la vie du sol, cette énergie, pour 100 m3 de BRF est de 40 000 kWh, soit l'équivalent de 4000 l de diesel. »

 

[BIODÉCHETS] :Les Détritivores à l’assaut des déchets alimentaires

Créé le : 10/01/2020
crédit Alice Mariette

Par Alice Mariette

Limiter l’impact des déchets alimentaires dans la restauration, c’est le défi relevé par les Détritivores. Le credo de cette jeune entreprise lyonnaise ? Collecter, composter les biodéchets et leur trouver une nouvelle vie, comme servir de compost pour verdir les ronds-points.

Collecter, composter, valoriser. Ainsi pourrait se résumer la mission des Détritivores Lyon. Chaque jour, ils récoltent les biodéchets et huiles alimentaires de quelque 50 professionnels de la restauration lyonnaise. L’objectif : les revaloriser en un compost 100 % naturel.

Dans un local en bois qui sent bon la forêt, Gaétan Lepoutre, à l’origine des Détritivores Lyon, est fier de montrer la matière qui sort tout juste de son nouveau composteur électromécanique, inauguré en juillet dernier. « C’est formidable le compost ! », lance-t-il. Cette cabane de quelques mètres carrés abrite la deuxième plateforme de compostage de la jeune entreprise sociale, qui s’est lancée dans le compostage de proximité des biodéchets de restaurants à l’été 2018. « Les déchets alimentaires représentent un tiers de nos poubelles et dans les métiers de la restauration c’est plutôt la moitié, explique-t-il. Ces déchets sont constitués d’eau et de plein de choses bonnes pour la terre. Donc, quand c’est envoyé en incinérateur, on brûle de l’eau… On voulait contrer cette aberration...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

Lorient Agglomération prépare la fin des sacs plastiques

Créé le : 29/06/2016

Les sacs en plastique à usage unique seront interdits dans les commerces à compter du 1e juillet 2016. Le 1er janvier 2017, l'interdiction sera étendue à tous les sacs plastiques non compostables utilisés pour les denrées alimentaires. Dans ce cadre, Lorient Agglomération distribue des sacs en plastique biosourcés dans dix supermarchés de son territoire. Le but : familiariser habitants et grande distribution à l'utilisation de produits biodégradables. Une initiative mise en place avec le réseau national pour la collecte et la valorisation des biodéchets, Compost+ et l'ADEME. Échange avec Odile Robert, en charge de la valorisation des déchets à Lorient Agglomération.

Pourquoi avoir choisi de distribuer des sacs en bio-plastique et pas en tissu, par exemple ?

L'agglomération de Lorient a fait, dès 2000, un choix politique : celui d'éviter l'incinération et de mettre en place au maximum une logique de valorisation de matières, dont de biodéchets. Depuis cette date, une collecte de biodéchets en porte-à-porte a été instaurée pour 100% de la population. Nous avons une unité de traitement biologique pour transformer nos biodéchets en compost de qualité, labellisé pour une utilisation en agriculture biologique. Ce compost est ensuite directement revendu aux agriculteurs par l'exploitant de l'usine de traitement. Les sacs biosourcés utilisés pour faciliter le geste de tri des biodéchets à la maison, s'inscrivent donc dans un cycle de gestion des déchets qui est déjà mis en place dans l'agglomération lorientaise.

 

Si le système de gestion des déchets est déjà mis en place, quel est alors l'enjeu de cette campagne ?

Les sacs biosourcés sont déjà mis à la disposition des ménages depuis 10 ans mais il faut se déplacer en déchetterie pour les obtenir. L'objectif de cette campagne, est de les rendre plus accessibles en les distribuant en grandes surfaces. Il s'agit surtout d'une démarche de sensibilisation auprès de la population sur le tri des biodéchets.

 

Comment avez-vous sélectionné les enseignes partenaires ? Avez-vous rencontré des difficultés à faire accepter ces sacs par les grandes surfaces ?

Nous avons démarché 10 grandes surfaces, nous permettant de toucher les habitants des 25 communes de l'agglomération de Lorient. Ce sont celles avec qui nous avions déjà un contact, , mais nous ne pouvions pas approcher tous les types de commerce, faute de temps. Il n'y a pas eu de problème, puisque nous les connaissions déjà. Nous avons par contre pu remarquer que nous étions les premiers à les informer de l'interdiction des sacs plastique non-biosourcés.

Notre démarche a été celle-ci : nous leur offrons les premiers sacs, en espérant qu'ils renouvellent ensuite leur approvisionnement. Cela les interpelle, certains se renseignent déjà sur les fabricants, les prix, font des devis... Nous retournerons les voir dans quelques mois pour évaluer les progrès effectués, mais nous avons seulement un pouvoir d'incitation. Pour ceux qui ne poursuivent pas l'opération, il sera mis un étiquetage à côté des distributeurs de sacs pour informer les consommateurs du « retour au sac non-biosourcé », en espérant une réaction de leur part.

 

Amaëlle Olivier

 


Comment reconnaître un sac compostable ?

Difficile de se repérer entre les différents labels  ! La plupart des sacs plastiques portent le logo « Oxo Biodégradable ». Contrairement aux idées reçues, cela ne signifie pas qu'ils sont compostables mais qu'ils sont conçus pour se fragmenter, ce qui n'est pas idéal pour l'environnement !

Pour reconnaître un sac compostable, vérifiez qu'il est certifié « Ok Compost » ou « Ok Compost Home » !


Plus d'infos

www.lorient-agglo.fr

www.ademe.fr/

www.compostplus.org/

Partager

S'abonner à compost