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Qualité de l'air : « Toulouse-Blagnac n'a pas d'impact problématique sur les populations »

Créé le : 16/02/2018
Vue de la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac - Crédit : Prasetyo Muhammad ECTOR / Wikimédia Commons

Atmo Occitanie, observatoire régional de la qualité de l'air, présentait mercredi 14 février les résultats du partenariat qui le lie à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Les mesures effectuées par l'association sont plutôt rassurantes. Entretien avec Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie.

Quelle est la nature du partenariat qui vous lie à l'aéroport de Toulouse Blagnac ?

Nous réalisons des mesures sur les pistes et les zones de parking depuis 2004. Nous mesurons trois polluants de l'air : l'oxyde d'azote et les particules fines – polluants qui sont réglementés – ainsi que le benzène. En 2014, nous sommes allés plus loin en utilisant des techniques de modélisation. Nous avons eu accès à toutes les sources potentielles de pollution : utilisation de véhicules, matériel de chargement des bagages, dispositifs de chauffage... Cela a permis de réaliser des cartographies des polluants. Nous avons eu également accès à l'ensemble des vols par l'intermédiaire de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Nous avons pu prendre en compte les émissions en phases de décolage et d'atterrissage.

Nous avons pu mettre en place un inventaire des sources de pollution en zone aéroportuaire. Notre méthodologie fait référence au niveau national.

Nous avons pu connaître la quantité de polluant émise à tel endroit sur la zone aéroportuaire à l'échelle d'une année. Nous avons renforcé tous nos dispositifs de mesure. Nous avons mis en évidence le fait que l'impact des activités aéroportuaires sur les populations n'est pas problématique en termes d'émissions d'oxyde d'azote et de particules fines.

Les activités aéroportuaires de Blagnac n'ont donc pas un impact considérable sur la qualité de l'air ?  

Concernant la qualité de l'air, nos mesures n'ont pas mis en évidence de problématiques particulières. Ce travail que nous continuons de mener va nous permettre de mettre à jour l'inventaire des émissions tous les deux ans et de refaire des modélisations régulièrement. Ce qui permet de visualiser la qualité de l'air aux alentours de la plateforme, sur une année.

Que représentent les émissions de l'aéroport à l'échelle métropolitaine ?

Nous avons pu mettre en évidence que l'aéroport émet environ 5% de l'oxyde d'azote émis dans l'ensemble de la métropole toulousaine. 85 à 86% de cette pollution provient des avions. Au niveau métropolitain, 67% des émissions d'oxyde d'azote proviennent du trafic routier.

Plus d'infos : www.atmo-occitanie.org

Loïc Marion : « Notre-Dame-des-Landes, c'est la double peine pour l'environnement »

Créé le : 16/09/2016
Crédit : FD / LMDP

Aigrette, grand cormoran, passereau ou encore canard. Le lac de Grand-Lieu (44) abrite une remarquable diversité d'oiseaux d'eau. Des animaux qui pourraient être fortement dérangés par les avions qui décollent et atterrissent sur la piste de Nantes-Atlantique, située à proximité du lac. C'est en tout cas l'un des arguments développés par les partisans du projet de Notre-Dame-des-Landes pour justifier le déménagement de l'actuel aéroport. Loïc Marion, chercheur en écologie au CNRS, spécialiste du Lac de Grand-Lieu et membre du collectif d'opposants à NDDL « Les Naturalistes en lutte », n'est pas de cet avis. Il a d'ailleurs écrit au Premier ministre pour lui faire part de son point de vue sur le sujet. Interview. 

Retrouvez notre dossier sur les coûts environnementaux, sociaux et économiques dans le n°1 de Sans Transition

 

Les oiseaux qui viennent nicher au lac de Grand-Lieu sont ils gênés par l'aéroport de Nantes-Atlantique ?

La piste de Nantes-Atlantique est orientée vers l'Est du lac. Les avions ne survolent que partiellement la rive Est. Le milieu n'est pas impacté, notamment parce que les appareils volent suffisamment haut. Bien-sûr, lorsqu'ils se posent, leur hauteur décline progressivement. Mais la piste est à trois kilomètres du lac, et les oiseaux ne sont pas dérangés.

Les animaux se sont habitués à cette présence puisque l'aérodrome existe depuis 1920. Cela ne les a jamais empêchés de venir se reproduire à Grand-Lieu. La seule fois où j'ai pu constater une gène des oiseaux à cause des activités aéronautiques, c'était pendant un week-end durant lequel furent organisés des baptêmes de l'air.  

Le lac fait t-il l'objet d'une protection particulière ? 

Le lac est protégé par une réserve naturelle de 2700 hectares. La superficie du lac en été est de 4000 hectares et de 6500 en hiver. La totalité de ce périmètre d'hiver fait est concerné par un classement qui interdit toutes constructions sur 7500 hectares. De plus, la rive la plus proche de l'aéroport est elle concernée par un périmètre de protection anti-bruit qui interdit aussi d'y édifier des bâtiments. Or, si l'aéroport venait à déménager, ce périmètre situé entre le lac et la piste deviendrait constructible et l'urbanisation pourrait menacer les milieux naturels de Grand-Lieu.  

Les partisans du projet, et notamment Manuel Valls continuent pourtant d'invoquer des raisons environnementales pour justifier le déménagement de Nantes-Atlantique...

Oui, et c'est un sacré paradoxe ! Par ailleurs, les élus locaux de Grand-Lieu et Bouaye (communes voisines du lac, ndlr) ne rêvent que de voir disparaître les contraintes environnementales pour pouvoir construire. Et c'est la même chose pour Nantes Métropole. C'est d'ailleurs le principal argument de Jean-Marc Ayrault qui répète à l'envie que la zone fait face à des problèmes de bruit et de saturation urbaine.

En réalité, déménager l'aéroport actuel à Notre-Dame-Des-Landes, c'est la double peine pour l'environnement. On sacrifierait le lac de Grand-Lieu à l'urbanisation et la zone humide de Notre-Dame, que l'on a longtemps sous-estimé mais qui se révèle être un milieu très riche. Et là, les pistes seraient construites sur la zone humide elle-même, alors qu'aujourd'hui la piste n'empiète pas sur le lac de Grand-Lieu !

Plus d'infos :

naturalistesenlutte.wordpress.com

Festival NDDL2016 : « Œuvrer en commun pour un idéal de démocratie »

Créé le : 08/07/2016
Crédit Photo : Magali Chouvion

Conférences, débats, mais aussi concerts et soirées festives, c'est le programme du traditionnel festival de Notre-Dame-Des-Landes, dont la première édition date de 2013. Les 9 et 10 juillet, les opposant-e-s au projet d'aéroport se rassemblent pour échanger sur le thème de la démocratie, et témoigner d'une opposition continue après la consultation du 26 juin.

 

« Le week-end sur la Zone à Défendre, c'est un espace convivial où on lutte par l'occupation des lieux. Mais c'est aussi l'occasion de tester de nouvelles formes de démocraties. On sent l'urgence après le Oui lors de la consultation, le gouvernement a la pression », explique Chloé, membre du mouvement Jeunes Écologistes, qui se rend pour la première fois au festival NDDL cette année.

La richesse du festival de Notre-Dame-Des-Landes, c'est la diversité des gens qui s'y déplacent. Venant de toute la France, parfois même du reste de l'Europe on retrouve des militant-e-s des luttes sociales et environnementales, des collectifs opposés à d'autres GPII [Grands Projets Inutiles et Imposés] comme Sivens ou Bure, des représentant-e-s de partis politiques et élu-e-s, mais aussi des agriculteurs/trices ou des associations ! De quoi alimenter et enrichir les discussions.

Pour Rémi Lung, ex-directeur de campagne des écologistes lors des régionales 2015 en Pays de la Loire, « ce rassemblement, c'est l'occasion de se compter, de montrer qu'on n'abandonne pas la lutte. L'enjeu ce week-end, c'est aussi de faire savoir qu'on sera mobilisé en cas de tentative d'évacuation à l'automne ».

En effet, explique Rémi Lung, les opposant-e-s redoutent les prochaines décisions du gouvernement : « Valls et Hollande, avec l'aide des médias dominants, tentent de délégitimer la lutte sociale en se focalisant par exemple sur les casseurs. Cela vise à rendre plus acceptables d'éventuelles évacuations, donc oui, on craint le passage en force. Les procédures pourraient être lancées à la rentrée, une période peu propice à la mobilisation mais on reste vigilant, toujours solidaire avec les habitant-e-s et les occupant-e-s de la zone, notamment les onze familles désormais menacées d'expulsion. »

 

« Semailles de Démocratie »

Ces craintes, ainsi que le goût amer laissé par la consultation du 26 juin mènent à un choix de sujet engagé pour ce rassemblement : « Semailles de Démocratie ».

La consultation, considérée comme un ersatz de démocratie par certain-e-s militant-e-s à la fois à cause d'une information jugée incomplète (pas de précisions sur le coût lié au réaménagement de l'aéroport Nantes Atlantique, ni quant à la desserte du nouvel aéroport) et d'une délimitation géographique qui fait débat (jugée trop restreinte et ressentie comme un choix politicien destiné à garantir la victoire du Oui), relance les questionnements quant aux enjeux de la démocratie participative.

« La crise démocratique est particulièrement bien symbolisée par ces projets démesurés, commence Rémi Lung, Il est primordial de repenser notre démocratie. Cela a d'ailleurs toujours été au cœur de la lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés : il y a un conflit permanent autour de leur légitimité et même de leur légalité. Sivens en est le parfait exemple, puisque le projet vient tout juste d'être reconnu illégal deux ans après le début de l'occupation et un an et demi après la mort de Rémi Fraisse. La démocratie, ce n'est pas uniquement des institutions et des élections, c'est un idéal pour lequel nous décidons d’œuvrer en commun. Et pour reprendre l'idée de Françoise Verchère [NDLR : co-présidente du CéDpa, Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport NDDL], la recherche de la vérité, le refus de la destruction irréversible, le respect du vivant sont des valeurs démocratiques qui légitiment bien plus notre lutte que tout vernis électoral autour d'un projet environnementalement et socialement destructeur et économiquement absurde. »

Amaëlle Olivier
 


Plus d'infos
www.notredamedeslandes2016.org/

www.jeunes-ecologistes.org/
 

Ronan Dantec : "Pour NDDL, il y a un compromis à trouver"

Créé le : 27/06/2016
La ZAD de NDDL - Crédit Photo : Magali Chouvion

Le 26 juin, la consultation sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes s'est close sur une victoire du « oui » à 55,17 % avec 51,08 % de participation. Une consultation nationale en ligne avait elle récolté 98% de « non » sur près de 90 000 votants, et un récent sondage Opinion Way pour France Nature Environnement déclarait 60% de français défavorables au nouvel aéroport. Ronan Dantec, sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, nous a donné son interprétation des résultats du vote du weekend dernier.

 

 

Le oui au nouvel aéroport l'emporte sans ambiguïté, mais les communes les plus concernées ont voté non au projet d'aéroport... Qu'est-ce que cela révèle, selon vous ?

 

On constate, et ce malgré le oui significatif, que les deux communes les plus concernées par le projet, c'est-à-dire celle de l'actuel aéroport Nantes Atlantique et le territoire de Notre-Dame-Des-Landes ne sont pas favorable au nouvel aéroport. Cette consultation révèle donc la photographie étonnante d'un projet qui n'est pas désiré par les plus impactés. Ce qui fait basculer le oui, c'est un vote politique des territoires de droite et notamment des territoires en souffrance du nord du département qui voient dans le projet une aubaine économique. Les résultats doivent donc être observés avec attention, on ne peut pas parler d'un oui massif et homogène, ce n'est pas le cas. Nous avons affaire à une consultation biaisée, à la fois de part le choix du périmètre mais aussi le manque d'informations : le coût réel du réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantiques n'étant pas connu. La consultation de ce week-end n'est pas à prendre comme autre chose qu'une simple consultation : elle ne règle pas le problème et ne démobilise pas les opposants.

 

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement quant au projet de Notre-Dame-Des-Landes ?

 

Il faut maintenant respecter les recours juridiques. Il n'y a toujours pas eu de réponse quant au contentieux européen ni quant à la loi sur l'eau. Il reste de même la question du projet en lui-même : il a été demandé un projet plus réduit, cette option est à explorer pour trouver un compromis environnemental. Pour cela, il faudra examiner le rapport qui a été remis à Ségolène Royal.

 

 

Vous dites que le résultat ne démobilise pas les opposants, que reste-t-il alors comme moyens d'action après la consultation ?

 

Il reste l'action politique, il s'agit de ramener ce projet sur le terrain politique. C'est la mobilisation à droite qui a permis le succès. On voit que le débat divise profondément la gauche. C'est désormais dans les urnes qu'il reste à s'exprimer, puisque c'est le terrain central de la démocratie. Je ne remets pas en cause le résultat, plus de la moitié de la population s'est déplacé. Cela montre tout de même que le projet reste très clivant. Il y a une solution à trouver pour arriver à un compromis et c'est notre responsabilité à tous.

Amaëlle OLIVIER

Plus d'infos :

Pour le Projet d'aéroport : www.desailespourlouest.fr/

Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

nddl-debatpublic.fr/

Chut ... Les citoyens sont consultés !

Créé le : 09/06/2016
Crédits photos: Pixabay CC0 Public Domain hpgruesen

Le 26 juin aura lieu la consultation locale en Loire-Atlantique sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des Landes. France Nature Environnement appelle à la transparence du gouvernement pour avoir un avis éclairé sur la question. 

Mercredi 1er juin, la CNDP a adopté le document de synthèse censé présenter « de façon claire et objective » le projet d’aéroport à NDDL pour la consultation locale en Loire-Atlantique le 26 juin prochain. Avec cette consultation, le gouvernement prétend ainsi régler ce dossier en semblant jouer le jeu de la démocratie. Malheureusement, la première étape de la démocratie, c’est l’information. Or, bien des zones d’ombres subsistent sur ce dossier !

Un rapport officiel à la trappe

La ministre en charge de l’Environnement a commandité, à la mi-janvier dernier, au Conseil Général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) un rapport sur les avantages et inconvénients de différentes options concernant le développement des infrastructures aéroportuaires de la région nantaise et notamment le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL).Ce rapport, rendu public en avril dernier, concluait que « Le projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes apparaît surdimensionné. ». On pouvait donc légitimement s’attendre à ce que le gouvernement renonce au projet initial et approfondisse enfin les alternatives plus économes. En effet, quel est l’intérêt de demander à certains citoyens leur avis sur un projet s’il est jugé surdimensionné par une expertise ministérielle ? Et pourtant, la consultation locale est maintenue… et la question initiale aussi ! Le gouvernement a confirmé, lors d’une séance de question au Parlement, qu’il fera comme si ce rapport, officiel mais dérangeant, n’avait jamais existé. Le seul choix qu’auront les habitants de Loire-Atlantique le 26 juin sera de voter pour ou contre un projet surdimensionné, sans alternative possible.

Service minimum pour informer le citoyen

Le délai minimum de mise en ligne du document de la CNDP permettant aux citoyens d’avoir les informations nécessaires à un vote en connaissance de cause n’est que de quinze jours avant le vote ! Précisions qu’il sera uniquement disponible sur internet et dans les mairies. Les personnes n’ayant pas accès à internet et travaillant aux horaires « de bureau » n’auront donc pas accès à l’information. Nous sommes loin des délais raisonnables prévus normalement pour toute démarche d’information du public dans les dossiers environnementaux, comme le prévoit la Convention d’Aarhus.

La dissimulation : une tradition administrative ?

C’est la cinquième fois que les associations ont recours à la Commission d’accès aux documents administratifs pour que soient rendus publics des documents relatifs à NDDL (pour lire le dossier de FNE sur les dissimulations sur ce dossier, cliquez ici). La dernière fois, c’est uniquement suite à une fuite dans le Canard Enchaîné qu’une note de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) confirmant que le réaménagement de l’aéroport actuel serait bien moins destructeur que la construction du nouveau, contrairement à ce qu’affirmé par les supporters du projet. C’est aussi par une fuite dans ce journal qu’ont été rendues publiques des données montrant que le futur aéroport sera en fait bien moins fonctionnel et important que l’actuel aéroport de Nantes Atlantique.

Plus d’informations :

www.fne.asso.fr

www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=CFA0FC1C295C280735DA892ABFDA48B5.tpdila10v_1?cidTexte=JORFTEXT000032447327&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000032447114

 

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