Mercredi 7 janvier dernier, au Palais de la Mutualité à Lyon, à l’occasion du leur 40e anniversaire, les Rencontres Primevère* ont coorganisé avec Sans transition!, avec le soutien de La NEF et en coopération avec Lyon 2030, un « grand entretien » avec Timothée Parrique, économiste français, chercheur à HEC Lausanne, spécialiste de la décroissance et de la post-croissance (auteur de Ralentir ou périr - Seuil 2022), conduit par Magali Chouvion, journaliste de Sans Transition!, suivi d’un échange avec le public et d’une séance de dédicaces avec la librairie Raconte-moi la Terre.
Avant d’ouvrir la soirée, Sylvain Godinot, adjoint à la transition écologique de la Ville de Lyon, rappelle que la Ville et la Métropole de Lyon viennent d'obtenir le niveau « Gold » de l'European Energy Award, plus haute distinction européenne qui reconnaît les collectivités engagées dans la transition énergétique et climatique. Ivan Chaleil, lui, Président du directoire de la Banque La Nef, souhaite « rendre l’argent vertueux » car « le système capitaliste n’est plus soutenable », d’où « le besoin de récits alternatifs » tels que ceux de Timothée Parrique.
Timothée Parrique identifie les notions de PIB et de croissance comme des moteurs majeurs du dépassement des limites planétaires. Il rejette le concept de la « croissance verte », considérant qu'une croissance sans pollution, sans extraction de ressources et sans émission de gaz à effet de serre est impossible et propose à la place un modèle de société post-croissance, fondé sur l’égalité, la justice sociale et le bien-être collectif.
Ainsi, pour lui, c’est « la décroissance choisie, ou l’effondrement subi » car « passé un certain seuil, la croissance du PIB cesse d'être une valeur ajoutée et devient une valeur arrachée, sorte de razzia du domaine social et écologique » et que « s'entêter à vouloir croître sans limites, ce n'est pas du développement, c'est de la boulimie ». Selon lui, le PIB est « borgne quant au bien-être économique, aveugle au bien-être humain, sourd à la souffrance sociale et muet sur l'état de la planète ». Alors, « ce qui compte ne peut pas toujours être compté et ce qui est compté ne compte pas forcément ». Il rappelle que « l’ESS en France a déjà partiellement inventé l’économie du futur, qui survit dans l’ombre du capitalisme actuel », et que « la décroissance doit aller avec une politique de justice sociale ». Il poursuit avec autodérision : « certains ont oublié que le but d’une économie est d’économiser ! » et que « l’innovation économique doit nous permettre de libérer des ressources naturelles », car de très nombreuses initiatives existent désormais et si nous parvenons à « les tisser toutes ensemble, on peut obtenir une économie bien plus réjouissante que le système capitaliste actuel ».
Plus d'infos en vidéo à venir très prochainement !
* Les Rencontres Primevère sont, tous les ans, à Lyon, le lieu des solutions alternatives écologiques, sociales et solidaires. Elles fêteront leur 40e édition à la Halle Tony Garnier les 20, 21 et février 2025.
